Jour 2 : Bêtises d'enfant

Adelphie : Poséidon, Hadès & Zeus (Percy Jackson)

Plusieurs notes : je ne sais plus si les dieux peuvent pénétrer l'enceinte de la colonie, on va dire que oui. Ensuite j'ai écrit à la première personne, d'habitude je n'aime pas ça mais ça reprenait bien l'esprit des livres donc voilà. Finalement j'aime bien le résultat, comme quoi.


Je ne voyais pas souvent mon père.

Forcément, quand votre père était Poséidon, c'était le genre de chose à laquelle il fallait s'habituer : votre parent divin n'avait pas beaucoup de temps pour vous. Ainsi, lorsque mon père me rendait visite, j'étais généralement plutôt heureux et excité de le voir.

Ce jour là, toutefois, j'étais plutôt morne, je n'étais pas vraiment intéressé par son récit. Pourtant, ce dernier avait l'air plutôt cool – il impliquait de ce que j'avais écouté un combat contre un monstre féroce et une fête d'enfer pour célébrer la victoire qui en avait découlé, le genre de chose qui me plaisait d'ordinaire. Mais là, j'avais l'air si atterré que mon père ne tarda pas à se rendre compte.

- Percy... dit-il de sa voix caverneuse. Cesse de penser à cette histoire. Je n'ai déjà dit que ce n'était rien.

Sauf que ce n'était pas « rien ». Si cette histoire relevait vraiment du « rien » comme il le prétendait, il ne s'en serait pas vraiment souvenu – c'était un autre inconvénient d'avoir un parent divin. Généralement, vos petites histoires leur passait au-dessus. Sauf que là, j'avais réussit à détruire son bungalow, alors forcément, ça avait un peu attiré son attention. Il était arrivé furieux et j'avais bien cru qu'il allait me désintégré ou me transformer en algue jusqu'à la fin des jours. Sauf qu'il avait vu mon air et c'était calmé. Pour cause, j'étais encore plus furieux que lui.

- Vous vous êtes excusés et pardonnés, n'est-ce pas ? Insista-t-il.

- Oui, marmonnais-je dans ma barbe inexistante.

Oui, Tyson et moi nous étions pardonnés. Il fallait dire que notre dispute était assez idiote. Nous ne nous étions jamais disputés auparavant. Mais cette soirée là, j'étais complètement crevé et Tyson s'évertuait à frapper un bouclier avec son marteau. Je lui avait demandé d'aller faire ça ailleurs car le bruit m'empêchait de dormir, il m'avait dit que tous ces outils étaient là, je m'étais énervé, lui aussi, et une chose en entraînant une autre, le bungalow avait explosé. J'aurais pu m'alarmer si je n'étais pas entièrement concentré envers ma dispute. Il fallait dire que Tyson, qui ne s'énervait jamais, était maintenant occupé à me crier dessus ; enfin, il pleurait devant son bouclier cassé tout en criant, donc le résultat n'était pas vraiment effrayant, mais plutôt culpabilisateur. Forcément, je m'étais sentit mal. J'avais alors recouru à la meilleure des solutions : me réfugier dans ma colère pour éviter de faire face à ma culpabilité. Un jet d'eau avait fait voler la table basse qui avait atterrit par magie sur les deux jumelles du bungalow d'Aphrodite. Là, si quelqu'un avait manqué la scène qu'on faisait, il venait d'être alerté. Malgré les dizaines de paires d'yeux tournées vers nous, je n'avais décoléré que lorsque mon père était arrivé.

Il était grand, majestueux et complètement furieux.

- QUI OSE...

Puis, il nous avait vu, Tyson et moi, ses deux idiots de fils recouverts d'eau et de briques, et avait soupiré.

Avant de nous attraper chacun par un bras pour, je cite, « vous remonter les bretelles en tête à tête »

Oui, ce truc allait me poursuivre à vie.

À cet instant toutefois je n'étais pas vraiment tracassé par le fait que mes camarades sang-mêlés me vanneraient éternellement sur le fait que mon daron m'avait collé la honte – oui, c'était Poséidon, mais ça restait un daron alors ça craignait fort. Là, j'étais plutôt occupé à remarquer que le sol tremblait sous le poids de mon père, ce qui ne présageait rien de bon.

Au final, il nous avait juste salement engueulé, ce qui n'avait pas été très agréable, mais j'en étais ressorti avec tous mes doigts, alors j'estimais être plutôt chanceux. Tyson et moi nous étions excusés – enfin, surtout moi, étant le responsable initial de cette dispute – et la vie avait reprit son court.

Enfin, presque.

Parce qu'une semaine après, mon père était revenu. Pour voir l'avancé des travaux de reconstruction qu'il avait dit. Sauf qu'il m'avait traîné sur la plage, pour me faire un petit sermon. J'avais acquiescé humblement tout du long. Satisfait, il avait décidé de rester un peu plus longtemps pour discuter de tout et de rien, sauf que là, je n'avais pas vraiment la tête à ça, ce qui nous ramenait à ce moment où mon tout puissant père c'était rendu compte que ses exploits me passaient au-dessus de la tête.

- Si ce n'est pas ta dispute qui te tracasse, de quoi s'agit-il ?

J'envisageais un instant de répondre « rien » mais je me suis rappelé que c'était un dieu immortel et millénaire.

On ne pouvait pas vraiment le chasser d'un coup de « va t'occuper de tes oignions ».

- Je me suis fait peur, décidais-je donc d'avouer.

- C'est-à-dire ?

- J'étais juste un peu énervé et... Tu as vu ce que ça a fait ? J'ai détruit ton bungalow ! Juste parce que Tyson m'a un peu tapé sur les nerfs ! Je suis dangereux si je ne peux pas me contrôler... dois-je vraiment rester en vie ? Ou du moins à la colonie ?

Là, mon père explosa de rire.

Forcément, je fus un peu vexé de voir ma crise existentielle réduite ainsi à néant. Mais là encore, le côté immortel et divin me conduit à essayer de le cacher.

- Mais c'est rien du tout, voyons ! Rigola-t-il. Des disputes entre frangins qui vont exploser des choses, c'est normal ! Ce sont juste des bêtises d'enfants ! Écoute, quand je n'étais encore qu'un jeune dieu, Hadès et moi, on a fait une plaisanterie à Zeus.

- Vraiment ? Demandais-je surpris – bizarrement, je sentais que ça allait mal se finir.

- Vraiment, oui. On lui a planqué des vipères dans sa toge de nuit. D'accord, c'était un peu idiot comme farce, reconnut-il en voyant mon regard septique. Mais on était plutôt content de nous. Bref. On a mis le piège en place et l'attente a pu commencer. On s'est bien marré.

- C'est tout ?

- Comment ça « c'est tout » ?

- Bah, Zeus, il a réagit comment quand il a découvert les vipères ?

Là, mon père eut l'air un peu gêné, confirmant ma première intuition.

Ça ne s'était pas bien terminé.

- Il l'a mal prit. Aucun humour, sérieux. Enfin, il nous a chassé du ciel, on s'est réfugié sur la Terre en attendant que ça lui passe. Sauf que Zeus, il a un goût de la vengeance... approfondit. Il a donc essayé de nous noyer.

- Quoi ?!

- Oui, oui. Bon, moi je ne crains pas l'eau, et Hadès peut se réfugier là où aucune pluie ne peut l'atteindre. Mais tout de même, Zeus a fait pleuvoir pendant un paquet de temps, j'ai cru qu'il allait vraiment tout détruire... Heureusement yavait ce chic type avec son bateau qui a accepté de prendre avec lui quelques bestioles pour que tout ne disparaisse pas... Comment il s'appelait d'ailleurs ?

- Oh mes dieux...

- Non, non, c'était pas un dieu, c'était un humain tout ce qu'il y a de plus banal...

- Non je voulais dire : putain de bordel de merde !

Là, l'espèce de sociopathe qui me servait de père eut l'audace de paraître indigné.

- On ne jure pas jeune homme !

J'aurais pu lui faire remarquer qu'après avoir été responsable du Déluge, il était mal placé pour me faire des reproches. Toutefois, là encore, revint à mon esprit le côté immortel, éternel, super puissant. Je me contentais donc d'un « désolé ».

Cependant, mon « putain de bordel de merde » restait solidement ancré à mon esprit.

Parce que sérieusement, qui considérait une noyade généralisée à l'échelle de la planète entière comme « une bêtise d'enfant » ? Si jamais j'en avais eu besoin, je venais d'en avoir une nouvelle preuve : ces dieux étaient fous.