Une fanfiction centrée sur le couple Aphrodite x Shura, bien, que le point de vue tournera que sur Aphrodite, j'espère qu'elle vous plaira ! Au début, cela devait être un OS, mais, j'ai décidé de faire plusieurs chapitres pour mieux développer la relation.

Bonne lecture !


Les contes m'ont toujours passionné...

Petit, dès que le temps libre me fut offert, je n'hésitais pas à me plonger dans des contes de princes et de princesses, des romans de cape et d'épée, ou bien encore, des histoires chevaleresque parsemé d'amour. J'adorais m'imaginer, malgré mon apparence peu virile, être le chevalier de quelqu'un, d'une dulcinée ou bien d'un homme humble, peu m'importais...

Je rêvais de trouver mon âme sœur...

Mais le destin fut, hélas, bien cruel, car, il décidait, certes, de me faire chevalier. Une destinée bien noble, si on oublie que je ne dois que servir Athéna, si on oublie qu'il n'y a qu'elle, que je dois aimer. Je n'ai eu guère le choix, lorsque mon maître, est venu me trouver, et m'a emmené au sanctuaire.

Ce lieu, baigné d'histoire, gravé dans les pierres et peint, dans le sang. J'ai su, que tôt ou tard, j'y succomberai, tant la majesté de cet endroit couplé à la richesse, qu'apporte chaque membre, de chaque pays, me séduirait. A corps perdu, je m'y suis finalement jeté, dans cette destinée, à la fin pourtant si tragique...

J'ai dû subir nombre d'entraînements mortel, nombre de moquerie, d'insultes et de châtiments corporels, cependant, j'y tenais bon.

Mon maître, pourtant fort âgé, quand je l'ai rencontré, m'a encouragé à lire ses contes et ses romans, à m'inspirer de leurs valeurs nobles et héroïques, afin, de parfaire mon statue de chevalier, ainsi, que ma personne. Il fut sévère, mais, juste, je l'admirais. Je n'ai jamais oublié ses enseignements, même après sa mort.

Qu'importait ce qu'en disaient les autres, même de mes proches, de mes amis, je restais fière et digne. Je refusais de changer mon apparence, plus qu'une fierté, elle fut mon arme. Dans de nombreuses missions, quand je fus plus jeune, elle m'a aidé pour séduire de pauvres âmes faible, attiré par les plaisirs de la chair. Je n'avais ni de plaisir, ni de peine à les plonger six pieds sous terre, je ne fessais que mon devoir...

Néanmoins, je me sentais si seul...

Je n'avais que peu de personnes proches...

Seuls les autres membres, de la chevalerie dorée, sont de personnes pour qui j'ai un peu d'affection, que cela soit les plus jeunes ou bien ceux de mon âge comme Deathmask. Etrange coïncidence que je sois ami avec un être, peu gracieux, peu humble et sage, peut-être que son caractère franc et sa vision pragmatique de la justice m'a séduit...

Saga et Aiolos sont de grand modèles que j'ai toujours respecté, ils n'avaient pas totalement la même vision de la justice, mais, ils se battaient pour la même cause, cela est amplement suffisant...

Puis, ce jour est arrivé...

Le jour, ou je t'ai rencontré...

Tes cheveux, noir comme une nuit sans étoiles, ton visage, fin et doux, tes yeux, si profonds, que j'ai l'impression qu'ils peuvent lire mon âme. Tes yeux, mes aïeuls, ils en paraient aussi tranchant, que la lame, que tu allais hériter...

Sans avoir eu le temps de m'en rendre compte, je fut tombé sous ton charme...

Tu ne parlais peu, seulement, quand tu jugeais nécessaire, tu as bien du me trouvais ennuyant avec moi, qui te tourne autour, déblatérant mille mots, sans jamais réussir à te dire ce que je ressentait. Toujours sérieux, toujours assidu dans tes entraînements, le destin qu'il t'a été donné, semble te convenir.

Plus le temps passait, plus j'avais envie de me rapprocher de toi, de te serrer dans mes bras, de sentir ton odeur naturelle. Je n'en fis rien, j'avais peur, que tu me regardes avec haine et effroi, que notre amitié soit détruite, alors, que j'y ai mis si longtemps pour la bâtir avec toi. Je m'en mordais les doigts quand je voyais le jeune Aiolia t'approcher, se montrer si tactile avec toi...

Passe encore...Il te regardait, nulle autrement, que comme un grand frère...

Mais Aiolos...

Je n'ai, jamais eu envie, de torturer un autre être humain avec mes roses...Non, de mes propres doigts...

C'est seulement ma faute, je le sais, il n'y a que moi qu'il voit des choses déplacées dans les gestes du sagittaire, moi, qu'il interprète mal les mots rassurants, qu'il distribue pourtant, comme des sucreries, à tout le monde. Peut-être, ton regard remplit d'admiration envers lui, le fait que tu le places sur un grand piédestal, me rend jaloux, alors que moi, je me contente de fantasmer en silence, de peur, que tu coupes les ponts avec moi...

Même ainsi, je me suis tu...

Car, si c'est pour ton bonheur, je garderai mes rêves doux, mes désirs passionnels, ainsi, que mon amour grandissant jusqu'à ma mort. Si tel est le destin...

Les années passèrent...

Sans que personne ne s'y attend, le drame, arrive, comme un éclair...Aiolos avait trahi le sanctuaire...

Mais le pire, c'est que tu fus désigné pour appliquer la sentence. Quand je l'ai appris, je te connaissais assez, pour savoir, que tu en serais dévasté. La nouvelle m'étant parvenu, j'ai couru jusqu'au grand pope, voulant m'assurer de la véracité de l'information...

Cela fut trop tard, quand je t'ai vu, dans la grande salle, le bras en sang...Celui de ta victime...

Il ne fallut que d'une semaine, pour que la vie au sanctuaire, change radicalement...

Aiolos fut hué et hait, Aiolia prit sur lui, les erreurs de son frère, Mu partit...Tous les ors, les argents, les bronzes...Tous ceux du sanctuaire, ne seront, plus jamais les mêmes...

Malheureusement, tu y es aussi passé...

J'aurais préféré que cela soit moi, j'aurais tout fait, pour effectuer cette mission à ta place, si cela pouvait t'épargner, ce sang tachant tes mains, ton visage encore plus fermé qu'auparavant...Pire, la lueur dans tes yeux, celle, d'une profonde tristesse, que je ne pourrais jamais enlever...

Je ne me sentais rarement autant impuissant, mais, quand cela m'est arrivé, je n'ai pas tant eu de mal, à passer outre...Cependant, l'amertume, présent en moi, ne s'est jamais évaporé...

Les jours se sont succédé depuis la mort du traître...

Je ne t'avais pas vu depuis, personne d'autres ne t'avait même eu aperçu. J'étais inquiet, je tentais de me rassurer, me disant que tu es sûrement parti t'entraîner, perfectionner ton épée, ou bien, en mission...

Ta présence manquante en est devenu bien trop inquiétante, j'ai décidé de te chercher.

Mais, tu n'étais nulle part, personne ne t'avait vu partir du sanctuaire, on me confirme même que tu n'es pas parti en mission...Alors, ou est tu...?

Finalement, je me suis posé, y ai réfléchit, réfléchit...Le temps me semblait figé, alors que je cherche ton cosmos...

Rien...

Ou es-tu donc, Shura...? Mon hidalgo...?...Mon preux chevalier...?

Soudain, je viens de penser à ton temple, vide depuis un moment...Vide...L'est-il réellement...?

A pas rapide, j'arrive au temple du capricorne, majestueux et imposant. J'y rentre calmement, utilisant mon cosmos, afin d'alerter ma présence...Néanmoins, je ne ressens pas la tienne, comme d'habitude...

Je sais que tu n'aimes pas que l'on rentre dans ton intimité, que tu aimes avoir ton propre cocon, j'ai donc, toujours évité d'aller autre part, que dans la partie accessible à tous. Soupirant, je décide de m'aventurer, dans tes quartiers...

A pas de loup, je m'aventure dans des pièces, que je n'avais jamais vu avant. Un couloir se présente en face de moi, l'empruntant, je finis par arriver, dans une grande pièce. Les quelque sobres meubles installés, m'indiquent un salon.

"...Shura ?" j'appelle doucement.

Pas de réponse...

Je m'aventure prudemment dans les autres pièces...Cuisine, salle de bain, chambre d'ami...J'arrive enfin devant ta chambre. Levant doucement ma main, avec appréhension, je toque...

"Shura..."

Pas de réponse...

"C'est moi, Aphrodite..."

Soudainement, j'entendis du bruit de l'autre côté...J'hésite un moment, avant de toquer à nouveau...A nouveau du bruit, plus fort...

"Shura, j'entre..."

Trop inquiet, je ne pouvais m'en empêcher. Une fois ouverte, j'avance...Doucement, apercevant la figure dans le noir...

Ce fut Shura...

"Shura..." lui dis-je "Tu vas bien...?"

Shura détourne le regard, murmurant "...Oui...Que fait tu ici...?"

"Cela fait des jours, que je ne t'ai pas vu..."

"...Et ?"

"Je...M'inquiétait"

Il me regarde, surpris, alors que je m'approche un peu plus...Au fur et à mesure, je remarque dans la pénombre, qu'il cache ses mains derrière lui...

"Shura, que caches tu ?"

Aucune réponse...

"Shura..."

Il détourne un peu plus la tête...

"Montre-moi tes mains..."

Alors que je me tenais près de lui, posant doucement ma main sur son bras, l'intimant gentiment de me les montrer, il écarte son bras. Je voyais qu'il était gêné, voir intimidé...Avec plus de fermeté, je lui repris la main...

Il résiste...

"Shura, montre moi tes mains..."

Il refuse...

"Shura"

Au fur et à mesure, je finis par lui prendre de force ses mains. Alors qu'il se débattait comme un beau diable, j'ai tenu ses mains fermement dans les miennes...

Ce que j'ai vu m'a horrifié...

Il avait, certes, des cicatrices de part et d'autres sur son corps...Ses mains et bras également...Mais...Celle que je vis...Ce n'est pas dû à un entraînement...

"Que t'es, tu fais..."

Il ne me regarde pas...

"Tes mains...Tes pauvres mains...Oh, Shura..."

Il se débat encore, sans que je le laisse partir. Je ne peux pas, pas après ce que j'ai vu, le laissé à nouveau seul...Peu à peu, je réussis à le prendre dans mes bras, à le maintenir contre moi, non sans difficulté...Je lui parlais, le supplier, de se calmer, de ne pas paniquer...Encore et encore...

Le temps me semblait si long, quand, je l'ai senti s'arrêter enfin. Mon cœur s'est serré quand j'ai senti de légers tremblements à travers son corps...

"Ca va aller..."

Je lui murmure doucement, les mots les plus doux, et les plus paisibles possibles. Je ne veux pas le voir ainsi, peu importe les raisons, il ne le mérite...

A mon grand malheur, ses tremblements s'accentuent, pire, des larmes coulent de ses yeux clos. Doucement, je l'ai emmené sur son lit, l'asseyant tranquillement, sans le lâcher...Je le tiens dans mes bras, comme si c'était la chose la plus précieuse au monde...

"Je suis là Shura...Tu n'es pas seul..."

D'une main, je caresse l'une de ses paumes, le rassurant du mieux que je peux...

"On est ensemble...Personne ne nous regarde..."

Ses tremblements se firent plus forts, ses larmes roulent encore sur son beau visage...

"Tu peux te laisser aller...Je te soutiendrais..."

Sa tête se terre un peu plus sur mon épaule...

"Quoi qu'il arrive..."

Mes mots, semblent miraculeusement faire effet, quand enfin, Shura me serre dans ses bras, enfouissant son visage dans mon cou. Je le serre avec toute la douceur, dont mes mains sont capables de faire...

"...Je..." murmure-t-il tristement.

"Oui" je lui murmure à l'oreille "Lâche ce que tu as sur ton cœur...Je suis là...Uniquement pour toi, et toi seul..."

Les larmes redoublent d'intensité...

"Je...Je l'ai..." dit-il alors qu'il avait du mal à parler "...Oh...Aphro..."

"Oui..."

"...Aiolos...Je..."

Ce nom, rien qu'à ce maudit nom, j'ai compris ce qu'il te faisait tant souffrir, mon beau chevalier...

"Chuuut..." je lui susurre "J'ai compris, ne t'inquiète pas"

"...Aphro..."

"Je serais là, désormais, je ne vais plus te laisser tomber..."

Je lui tiens sa main, près de mon cœur, dans une promesse silencieuse...

"Je serais toujours là..."

Ainsi, Shura reste près de moi, pendant un long moment, cela m'importait peu, tant, que je m'assurais, qu'il fut apaisé...

Le temps passant, Shura s'est endormi, épuisé, dans son propre lit. Discrètement, j'utilise mon cosmos afin de guérir ses affreuses cicatrices, les faire disparaître une bonne fois pour toute...

Néanmoins, il ne fallait pas être un génie, pour comprendre, que les vraies blessures, sont plus profondes...

Shura étant plongé dans un lourd sommeil, je pose ma paume sur sa joue, encore mouillée par les larmes, et lui susurre...

"Je vais te protéger Shura...Je te le promets..."

Le temps passant, je devais m'absenter afin de récupérer des affaires. La nuit n'étant pas loin de tomber, je devais m'y atteler...Je ne veux pas qu'il se réveille seul...

La chance fut de mon côté, Shura devait être si épuisé. J'ai réuni quelques vêtements et affaires, ainsi, que de la nourriture, ses armoires n'étant que très peu garni. Une fois installé, je passe le reste de la nuit, avec lui, mon pauvre hidalgo...Jusqu'à l'aurore...

Annonçant un nouveau jour...

Peu à peu, j'ai pris place dans l'enceinte du temple, ne sortant que pour effectuer des missions ou s'occuper de mes roses. Cependant, Shura fut renfermé sur lui-même, encore plus muet comme une tombe. Je n'arrivais pas à lui faire sortir ce qui alourdit son pauvre cœur...Et ceux, même si les doutes m'envahissaient, je continuais à l'aider...

De jour en jour, il se remit à l'entraînement, reprenant un rythme convenable. Pour ma part, je lui prêtais main-forte, ne voulant pas qu'il pense à ses tourments. Je l'aidais au quotidien, voyant qu'il avait du mal à s'occuper de lui-même.

J'avais peur...

Peur qu'il finit par se laisser mourir de faim, ou bien, qu'il refait encore ses cicatrices. J'essaye de ne pas être trop collant, de lui laisser un peu d'espace, ce qui, compliqué...

Me cache-t-il des choses ? Me ment-il quand il dit qu'il va bien ? Quelqu'un lui a fait du mal ?

Comment le savoir...

Néanmoins, le temps passant, j'ai l'impression que Shura me laisse envahir, petit à petit, son espace personnel. C'est une bonne chose, certes, mais je ne veux pas qu'il me voie comme son infirmier, ni comme un simple camarade...

Un jour, alors que le soleil ne s'est pas encore levé, je veille calmement sur le sommeil de mon hidalgo...Pensant qu'il dormait, je tripotais doucement l'une de mes roses, regardant sans grand intérêt par la fenêtre...Quand, soudainement, une voix, me marmonne...

"...Aphrodite ?"

Je me tourne, voyant Shura me fixer, l'air fatigué "Oui Shura, tu as besoin de quelque chose ?"

"...Non...J'aimerais juste te poser une question..."

Curieux, j'attends que Shura se met assis...Avant de lui dire "J'écoute"

"Pourquoi...M'aides-tu ?"

"...Pardon ?"

"Pourquoi cherches-tu à m'aider...En quoi cela te rapporte ?"

"Et bien...Je ne cherche pas spécialement quelque chose en retour, Shura, je le fais...Parce que..."

"Oui...?"

"Parce que...Hem...Tu est...Un camarade..."

Il ne semble pas convaincu...

"Enfin...Je tient beaucoup à toi"

"Vraiment...?" dit-il, plutôt surpris "...Pourquoi ?"

Pris un peu au dépourvu, je bafouille ma réponse "Car...Tu es mon camarade"

Il me regarde, assez curieux...C'est vrai que ma phrase parut assez bateau, et peut s'appliquer à n'importe qui...Enfin presque...

"Un compagnon d'arme, mon voisin..." je rajoute pour tenter de le convaincre...Les mots d'amitiés traversant ma bouche, alors que je ne pense pas à cette relation...A ce lien qui n'a que peu de sens à mes yeux...

Ou bien, est-ce juste avec toi ? Qui sait...

Shura me fixe de ses yeux, noir comme une nuit sans lune...Comme s'il voulait lire en mon âme, elle est ses plus noirs secrets...

Si beaux, si envoutants...Le calme soudain dans la pièce, m'incite à m'y noyer en eux...De plus en plus, je voulais me rapprocher, sentir son odeur et le toucher. Ces cicatrices...Ces cheveux...Sa voix...

Déesse...Il ne faut pas que je reste...

"Je dois y aller..."

Je lui ai dit avec un petit sourire, alors que je part le dos droit et d'un pas assuré. Il me regarde surpris, levant légèrement la main, comme s'il avait hésité à m'arrêter. Je me force à ne pas jeter un dernier regard, alors que je ferme la porte, le plus calmement possible...

Sans m'autoriser un seul halte, ce ne fut, qu'une fois chez moi, dans mon temple, que je m'autorise à m'arrêter...

C'est trop tôt, bien trop tôt...Je ne peux pas le lui dire, il va penser que j'ai abusé de sa situation...Pire...Il pourrait me voir comme un être dégoutant. Je me tient à l'une des colonnes, réfléchissant...

"Il faudrait que je tâte le terrain...Pour au moins, espérer ne pas perdre le peu de relation que j'ai réussit à construire...Cependant, son refus pourrait m'être assez dévastateur..." marmonnant dans ma barbe.

Après notre discutions, nulle doute qu'il sait que je lui cache quelque chose...La solution serait de trouver un vrai prétexte...Mais, quoi ?

Athéna, pourquoi donc ne m'a tu appris aucunement à séduire les hommes...Je veux te servir au-delà de la mort, mais ne pourrais-je pas avoir, ne serait-ce, le droit d'être avec lui ? Et Shura, lui donne tu ce droit si cela arriver ?

"Tiens, tiens...C'est rare de te voir dans cet état, Aphrodite..."

Dit soudain, une voix grave et calme...

Je me tourne rapidement, foudroyant du regard l'individu ayant osé, rentrée dans ma demeure, sans, mon, autorisation...

"Deathmask ?" lui dit-je "Que me vaut ta présence chez moi ?"

Il montre ses mains "Je reviens de la mission, la tête d'un traître à ramener" tâché encore du sang de sa victime "La routine..."

"Charmant..."

Il s'approche "Je peux savoir pourquoi tu adore abîmer la colonne de ton temple ?"

Etonné, je me tourne vers ladite colonne, admirant des fissures, causée sans m'en rendre compte par ma main...La force surhumaine n'a pas que des avantages.

"Cela n'a aucune importance"

"Je vois ça"

"Bon et bien, je suis ravi d'avoir vu ton visage, mais peux-tu rentrer chez toi, je dois retourner dans mes appartements et..."

"Songer à passer à l'action ?"

"Tu parles de ma prochaine mission je suppose ?" lui demande avec méfiance.

"Ben ouais...Le grand pope te demande demain à la première heure"

Je me tourne et lui demande la mission...Allons bon, une mission banale, sans aucune importance, il y vraiment besoin d'un chevalier d'or pour ça ?

"A part m'abîmer mes cheveux et mes ongles, cette mission ne va être qu'une corvée sans plaisir..."

"Tu aurais sans doute préféré rester avec Shura ?"

Je reste figé à cette déclaration...

"Vous êtes souvent ensemble dernièrement, je me trompe ?"

"Oui, et donc ?"

Il me répond "Ce n'est pas ton genre de rester autant avec quelqu'un...Bien, qu'avec lui, tu as toujours apprécier sa présence"

"Que veut-tu donc insinuer ?" je lui dit avec calme "N'ai je pas le droit de me soucier d'un camarade ?"

"Si, si..."

"Alors ?"

"Mais considère-tu Shura comme un simple camarade ?"

Sans être surpris par cette phrase, j'orne mon visage d'un sourire confiant, et lui répond "Allons bon, à quoi donc veut faire allusion ? Shura est une personne assez chère à mes yeux, mais notre histoire ne reste que purement platonique"

Je le voit aisément qu'il ne me croit guère, alors qu'il cherche de son regard sombre et perçant, à connaître, ou du moins, être sûr, de mes intentions...Peine perdu, quand on est un menteur né. Haussant les épaules, il part, marmonnant en chemin un faible au revoir.

Il est plus intelligent que je le croyais, sacré cancer.

La soirée, ainsi que le reste de la semaine fut passé sans encombre. Ma mission ayant été réussit d'une facilité déconcertante, dire que j'avais un peu d'espoir d'avoir un combat digne, qu'elle déception...Tout ça m'ayant éloigné de Shura pendant si longtemps, ce fut le cœur plus joyeux, que je rentre enfin au sanctuaire.

J'ai hâte de le voir, mais en même temps, un peu nerveux en sachant que l'on s'est quitté d'une manière un peu rapide.

S'est-il fait des idées ? M'en veut-il ? S'est-il à nouvelle touché les veines ? Déesse, j'espère que ma dernière question sera fausse...

D'un pas rapide, je passe en accordant que quelques minces salutations à mes voisins, même Deathmask. Jusqu'à enfin arrivé au temple de mon hidalgo, ou je le cherche du cosmos, sa présence...

"Tu est rapidement rentré ?"

Je me tourne pour le voir arriver en tenue d'entraînement, je suis soulagé de voir qu'il a l'air en forme, déesse merci.

"Elle fut ennuyante" je lui dit en passant nonchalamment ma main dans les cheveux "Le grand pope n'avait aucune raison de m'y envoyer, un argent, que dit-je, même un bronze aurait suffit amplement"

"Peut-être voulait-il s'assurer de la réussite ?" me répondit-il innocemment "Et comme tu est discret dans les missions, il t'y voyais bien"

Souriant et bombant le torse, je lui répond "Ton compliment ma va droit au cœur"

Il me répond, le visage stoïque "J'ai du café si tu veux, tu as l'air épuisé"

"Merci"

Il m'emmène dans la cuisine du temple, me servant un café soluble immonde, enfin bon, on n'est pas des prince après tout. Néanmoins, je fut curieux...Shura ne dit rien à propos de la dernière soirée, aurait-il oublié ? Non, ce n'est pas son genre...Il a bonne mémoire. Peut-être veut-il me laisser le lui dire...Possible...

"Tu est bloqué dans tes pensées Aphrodite"

"Oh !" dit-je étonné par moi-même, alors que je reviens à nous deux "De futiles détails Shura, excuse moi"

"Ces détails ont l'air de te rendre soucieux" dit-il "Il y a quelque chose qui t'inquiète ?"

Je lui sourit d'un air rassurant "Allons bon, aucune réel importance, nulle besoin d'être soucieux"

Il hausse les épaules peu convaincu, allons bon, comme Deathmask, je commence à croire que mes talents de comédiens faiblissent. La pièce fut plongé dans un silence tranquille, alors que nous savourons nos tasse chaude au breuvage immonde. Je n'osais pas trop le regarder, de peur de le gêner...

Quoique...Un petit coup d'œil, ce n'est pas suspect.

Je lève doucement la tête, voulant apercevoir le visage de mon hidalgo.

Le soleil s'étant glissé dans dans la pièce, alors qu'il doit être l'heure du crépuscule, elle illumine son visage, lui donnant un air doux et magnifique. J'en faillit déglutir en admirant la beauté de ses yeux, ses cheveux sombres aux quelques mèches clair. Mes yeux ne peux se détacher de ses lèvres défendu, de son visage fin mais viril.

Sans m'en rendre compte, je le fixe, pendant combien de temps, je ne sait pas, lui-même regarde par la fenêtre depuis un moment, songeur...

J'espérais qu'il ne me regarde pas, qu'il met fin à ce portrait que j'admire, cette toile vivante...

"Peux-tu arrêter de me fixer ?"

"Je..."

Je détourne le regard gêné, il ne m'a même pas regardé, il continue encore de regarder la fenêtre...Pourtant, malgré ça, il continue d'observer à travers la fenêtre...Quoi, je n'en sais rien...

"Il faut que je rentre..." je lui dit le plus calmement possible.

Il me regarde enfin, stoïque "D'accord"

Se levant, il me raccompagne au palier du temple, celle menant vers celui du verseau. Le silence paru une éternité, alors que j'allais le saluer, il me répond...

"Reviens quand tu veux"

Je suis resté étonné, avant, que je lui répond "Merci"

"A bientôt"

"Oui, toi aussi"

Mon cœur palpite, alors que je m'efforce de garder contenance. Une fois mon temple atteint, je m'empresse d'aller dans mon jardin, histoire de ne pas être vue par des yeux indiscrets. Enfin, je m'agenouille auprès d'elle, alors que je ne peux plus contenir mon sourire, ni mon cosmos, débordant de joie...

Il veut encore me voir, il veut que l'on soit toujours proches...Je me fait peut-être des idées, mais, quel mal il y a t'il à rêver ?

Ainsi, au fil des jours, des semaines...Je suis revenu auprès de Shura aussi souvent que possible, sans attirer les soupçons. J'ai découvert bien plus de choses, quand des années.

Je ne savais qu'en dehors de ses entraînements ainsi, que de ses missions, il adorait la lecture. Dans mes souvenirs, je l'ai rarement vu tenu un livre, contrairement à Camus. Ceux que j'ai pu observer sont des livres d'aventures et de fantaisie, cependant, le plus étonnant, fut de découvrir qu'il porte des lunettes de repos. Cela lui allait si bien.

Il m'en a prêter, je les ai lu avec plaisir, même si, je n'ai pas osé lui dire que certain ne m'on pas plus. J'aimerai bien lui prêter quelqu'un des miens, mais je suis un peu sceptique, je ne pense pas que mes contes lui plaise. Alors, je lui ai prêter seulement ceux d'aventure.

Il est toujours à l'écoute, toujours attentif à ce que je lui dit. C'est tellement agréable mais si frustrant, car, à l'inverse, j'aimerai l'entendre plus me parler, entendre plus sa voix magnifique. Cette voix qui ne cesse jamais d'hanter mes rêves les plus fous, néanmoins, Shura n'est pas un naturel bavard, mieux vaut donc que je le laisse tranquille.

Seulement, ceci n'est, peut-être que mon impression, mais, j'ai l'impression qu'il attend quelque chose...Quelque chose de moi.

Je ne l'avais pas remarqué au début, il m'a quand même fallut un bon moment pour le comprendre, mais, Shura veut que je fasse quelque chose. Mais quoi ? Il ne m'a rien demandé de spécial, peut-être qu'il a besoin de parler ?

Ce n'est pas son genre de tourner autour du pot, cela doit-être délicat à aborder. Pourtant, même si c'est dur, il ne perdrait pas son temps, ce n'est pas son genre, de le faire.

Je me rappelle quand on fut plus jeune, même à cette âge, tu n'avais pas ta langue dans ta poche. Devant les petits et les adultes, tu était tellement honnête, que certains se demandaient si tu n'était pas une vipère.

Les gens préfèrent prêter oreille au doux mensonge qu'à l'amère vérité...

En parlant de vérité...Je me demande comment ils réagirait pour le pope ?

"Aphrodite ?"

"Oui"

Deathmask souhaitant passer par ma demeure, il semble...Soucieux ? Non, dans la lune...Lui non plus, ce n'est pas son genre.

"Quelque chose ne va pas ?" je lui demande, alors qu'il commence à marcher de l'autre côté.

"Pourquoi cette question ?"

"Tu n'as pas ton habituel sourire malsain"

Il fit une tête encore plus sombre, avant de faire volte-face, et de marcher à pas rapide dans sa direction. Allons bon, la susceptibilité s'accrois encore chez lui...

Bien, il faut que j'aille revoir Shura, j'espère qu'il ne sera pas trop dérangé par ma présence...

Les jours passèrent, à nouveau...

Shura ne dit toujours pas un mot...

Je m'inquiète de plus en plus, le grand pope lui aurait-il fait quelque chose ? Un camarade l'aurait importuné ? Pense-t-il encore à Aiolos ? Aiolia lui aurait-il fait des siennes ?

Finalement, un jour, je décide de le voir, afin de mettre au clair son comportement distant. Un soir, alors que je lui ai donné rendez-vous chez moi, des tasses de thé l'attendent, afin de lui mettre à l'aise. Shura observe l'environnement, mon environnement...

"C'est la première fois que je viens dans le temple des poissons" dit-il doucement.

"C'est normal" je lui affirme "Très peu ose venir dans celui des poissons, pas même le pope, et pour être honnête...Les propriétaires n'aiment pas toujours les visites"

Il me regarde de ses beaux yeux, disant "Je dois me sentir honoré ?"

"Si cela te fait plaisir, cela me, fait plaisir"

Je lui ai répondu avec un petit sourire, alors qu'il goûte mon breuvage. J'admire ses traits changeant légèrement, son palet ayant que très peu connu celui du thé à la rose. De mes roses...

"Je t'écoute" dit Shura calmement "Tu ne m'as pas fait venir sans raison je suppose ?"

"En effet"

Je me sentais nerveux, c'est une sensation désagréable, dire que j'ai eu la chance de ne pas l'avoir trop connu...

"Je pense, Shura, que tu as quelque chose que tu veux me dire"

"...Quoi donc ?"

"Eh bien, je ne sais pas trop...C'est de toi que je veux savoir"

Shura penche la tête sur le côté, me fixant...Je m'empêche de déglutir, nerveux, mais fasciné par ses beaux yeux sombres. Déesse, j'ai envie de m'y plonger et de m'y noyer éternellement dedans...

"Aphrodite ?"

"Mmm...?"

"N'est-ce pas toi, qui as, quelque chose à me dire ?"

Je reste figé, ne comprenant pas ce qu'il veut dire dans l'immédiat...Cependant, peu à peu, une idée me vient en tête...

Non...

Il ne pense pas...

"Je ne vois pas vraiment"

Soudain, il se lève, sans un mot, marchant vers la sortie. Abasourdi, je me rue à sa poursuite, et me place sur sa route, lui demandant surpris...

"Pourquoi tu t'en vas ? J'ai dit quelque chose qui t'a offensé ?"

Il soupire "J'en ai assez que tu ne sois pas franc, Aphrodite"

"Pardon ?"

"Tu imagines que je suis assez bête et aveugle, pour ne pas voir ce que tu caches ?"

Il ne parle quand même pas...

"Précise, s'il te plaît"

Mais, n'acceptant pas ma réponse, il commence à partir et me contournant. Refusant cette attitude, je le retiens par la poignée, m'étonnant de ne pas le voir se dégager.

"Shura, ça suffit, ce n'est quand même pas à ce que je pense, ce dont tu fais allusion ?"

"Qui sait..." dit-il nonchalamment, alors qu'il retire sa main et recommence à marcher.

"Et cela te gêne ?"

Il ne regarde pas derrière lui quand il dit "C'est ta lâcheté qui me gêne"

"Shura, bon sang, je n'aime pas ton attitude !" je lui dis avec énervement "Si tu as quelque chose à me dire, parles franchement !"

Il fit volte-face, me toisant d'un air sévère "C'est drôle de t'entendre dire ça"

"En quoi je t'en prie ?"

On ne se lâche aucunement du regard, aucun de nous ne voulait abandonner le premier...

Mais, pourquoi je me bats avec lui...S'il m'a percé à jour, pourquoi ne veut-il pas me le faire savoir ? Pourquoi ne veut-il pas me le dire ? Lui qui est d'habitude d'une franchise parfois blessante...

"Shura..."

Il attend que je lui dise ? Non, plus que ça, Shura est un homme d'action, parfois calme et paisible, certes, mais il n'aime pas quand on ne lui dit pas clairement les choses...

"Tu veux que je te dise les choses clairement ?"

"Mmm" marmonne-t-il, sans sourciller.

"Ou tu préfères les actes ?"

Il ne dit rien, cependant, ses yeux parlent pour lui...Nerveux, je ne savais pas pour ou commencer, ni comment m'y prendre...Les quelques secondes de réflexion suffisent, pour que Shura se détourne et commence à partir...

Alors que je le voyais se détourner, pris d'une impulsion et d'un nouveau courage, je franchis la distance nous séparant, saisit avec force sa poignée, et le retourne soudainement vers moi.

Alors que je le maintiens, mes mains appuyées sur ses hanches, ne le quittant aucunement des yeux, il me fixe, avec un air de défi dans les yeux...

N'attendant plus, je finis par commettre l'irréparable...

Je le renverse soudainement, lui arrachant un air surpris et l'embrasse...Mes lèvres goûtant, enfin, aux siennes, je ne sais pas pendant combien de temps je suis resté scotché à elle. Je voulais garder la sensation agréable, l'étonnante douceur de cette chair, ce délicieux toucher provoquant des papillons dans mon ventre...

Je voulais tout sauvegarder au plus profond de mon être...

Le temps me semblait éternel, lorsqu'enfin, je me suis retiré, le plus doucement possible...

Anxieux, j'observe le visage de mon hidalgo, espérant trouver une émotion, un peu plus positif, que la peur, la colère, ou bien le dégoût...

"Aphrodite..." dit-il doucement.

J'observe son visage, étonné de le voir, rester neutre, après ce que j'ai fait. Il semblait réfléchir à ce que je lui ai fait, alors que je le tiens toujours serré étroitement contre moi. Il ne tente pas de me repousser, sans pour autant chercher à se coller à moi, ses bras, se contentant d'être sur mon torse, le seul endroit ou il a dû penser à les mettre, quand je l'ai pris...

"Tu te comportes, enfin, comme un homme"


Fin du chapitre, merci d'avoir lu, n'hésitez pas à me donner votre avis !