Voici la suite de notre couple biquette/caille !

Bonne lecture !


Les jours se succèdent, tranquillement, sans grands soucis...

Je me sens plus détendu dans mes approches envers mon hidalgo, bien, que je le reconnais, je suis très souvent...Timide ? Incertain ? C'est assez vague pour expliquer...

Shura continue à être calme, patient et continue à bien prendre mes avances. Je le ressens, assez intimidé quelques fois, ce qui est assez normal, vu nos statues.

Oh, Athéna, je vous envie, vous qui avez l'attention d'un tel homme comme lui, je suis sûr que vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez. Heureusement, le grand pope ne cherche pas à obtenir une affection similaire...

Un jour, alors que le soleil pointe vers midi, plongeant bientôt la journée dans sa période la plus chaude. Je me rends chez Shura, un bouquet à la main. Ce n'est pas vraiment habituel comme présent, surtout pour un homme, néanmoins, je veux montrer que je n'ai pas froid aux yeux et que je suis prêt à tout, pour lui montrer mon amour, ma fidélité et mon sérieux.

Un brin de cosmos, circulant à travers sa demeure, suffit, pour l'ameuter au palier de son temple. Il arrive, dans sa tenue d'entraînement, à pas rapide, avant de hausser les sourcils et d'écarquiller les yeux, semblant surpris. Je souris, un peu mal à l'aise, alors que je lui tends le bouquet.

"C'est pour toi"

Hochant la tête sur le côté, il approche ses mains, et saisit le bouquet, presque timide.

"Un bouquet ?" dit-il "Pourquoi ?"

"Et bien, il y a-t-il besoin de raison, pour offrir un présent à un être cher ?"

Il sourit, amusé, alors qu'il contemple les fleurs en question, il dit "Pas de rose ?"

J'ai, en effet, opté pour des tulipes.

"Mes roses n'ont, disons-le, pas bonne réputation" je lui réponds, penaud "Et je ne voulais pas que tu imagines que je puisse t'empoisonner"

Il rit légèrement, m'invitant d'un hochement de tête, à me suivre. Pénétrant dans sa demeure, qui n'a pratiquement plus de secret pour moi, il part chercher un vase pour le bouquet, me laissant dans la cuisine.

Je suis un peu nerveux, espérant qu'il n'a rien de prévu pour le déjeuner. Il revient après avoir déposé le bouquet dans son salon.

"Alors, euh...Dis-moi Shura" je lui demande "Comment ça va, en ce moment ?"

"Rien de spécial"

Réponse simple, direct...Comme à son habitude.

"Et toi ?" me demande-t-il.

"Oh, les missions, le grand pope qui ne cesse de me quémander des services, la routine"

Il répond, amusé "Il semble beaucoup t'aimer le grand pope, plus que la plupart de ses sujets"

Choqué, je fixe mon bel hidalgo. Quelle horreur ! Imaginer le grand pope vouloir de moi...Abomination ! Cauchemars ! Hérésie même !

"Eh Aphro" dit Shura, contemplant ma rengaine horrifié "Je plaisante"

"Oh ! Euh...Bien sûr ! Je m'en doutais ! Ahah !"

Shura répond, faussement surpris "Ca alors, le chevalier des poissons qui ment mal...Décidément, tu me surprends de plus en plus"

"J'ose espérer, certes, peut-être vainement, que c'est dans le bon sens"

Shura semble amusé de ma situation, en profitant pour me tester, comme il le fait depuis des jours, et dont, aujourd'hui, ne ferait sûrement guère exception.

"Et donc ?" demande Shura "Je pense que tu n'est pas venu à ma porte, simplement pour quérir de mes nouvelles ? N'est-ce pas"

"Oh, très juste"

Me raclant la gorge, je me tourne vers lui.

Au fur et à mesure de nos rencontres, je me suis rendu compte, que dans ma vie de tous les jours, je n'ai pratiquement jamais, aborder quelqu'un. Nul besoin quand on est le plus beau des chevaliers, ma beauté à elle seule suffit pour attirer l'œil, alors que je marche à travers mes compagnons d'armes. Les yeux captivés, leurs faux-airs impassibles, pour masquer leur attirance et leur gêne...

C'est assez plaisant, de voir, que mon travail sur mon physique, porte très souvent ses fruits.

Cependant, hormis dans des missions, ainsi, qu'avec des hommes et femmes, n'étant pas, insensible à mon charme...Je n'ai pas tant, que ça, aborder une personne.

Pour un homme taciturne, calme, dont il faut plus pour faire perdre ses moyens, comme Shura...C'est un vrai casse-tête.

Quelques fois, il reste impassible, sans montrer la moindre émotion, d'autres, il sourit légèrement, me fixe, me permettant d'admirer les émotions voguant au gré de ses humeurs...

Il ressemble à une œuvre à mes yeux...

"Je voulais te proposer, en tout bien tout honneur, de déjeuner au restaurant avec moi"

Il me regarde, curieux, la proposition ne semblant aucunement le surprendre.

"C'est la première fois que tu me proposes le restaurant" dit-il d'une voix neutre "Tu en as envie ?"

"Shura mon cher" lui dit-je "Si je n'en avais guère l'envie, je ne t'aurais pas formulé cette phrase, à voix haute, en face de toi"

Son regard sombre s'adoucit, du moins, je pense...Cela n'a pas duré très longtemps.

"C'est d'accord"

Je me sentais rassuré et heureux, alors que des sensations agréables me parcourent dans mon corps. Il n'a fallu qu'une seconde, mais, cela m'a semblé une éternité...


Shura pouffe à côté de moi...

Tandis que je suis à ses côtés, m'interrogeant sur mon choix de restaurant. Dans ma tête, cela sonnait bien mieux...

"Je vois que tu connais tes classiques" dit-il.

"Allons bon, je ne vois pas ce qu'il y a de drôle" je lui répond "C'est un simple restaurant rustique et accueillant"

"Je veux bien le croire"

La prochaine fois, j'évite le restaurant italien et j'y réfléchirais plus sérieusement...Néanmoins, je n'ai jamais pu imaginer un autre endroit ou déjeuner avec lui.

Je ne pense pas que cela soit dû à mes romans à l'eau de rose et aux histoires romanesques qui m'ont inspiré dans cette idée, ironie, quand le seul rital que je connais personnellement dans cette vie, est Deathmask. L'Italie, je n'en ai pas gardé longtemps, l'image belle et romantique que l'on a tendance de se faire de ce pays.

Cependant, le restaurant italien, la nourriture italienne, les spaghettis...

Tout le monde connaît, tout le monde en rêve, d'une soirée à la chandelle autour d'un bon plat. Bon, il n'y a aucune chandelle pour un déjeuner du midi, et je n'ai pas la garantie que ce petit restaurant, aux allures rustiques et agréable, a une cuisine digne de son nom.

La réaction de Shura me confirme que même lui, taciturne et peu sociable aux autres autour, connaît ce genre de diner, bien, que j'ai un gros doute qu'on l'a déjà invité à une soirée.

"Fufufu..."

"Pourquoi ris-tu ainsi ?" demande Shura.

"Oh, rien de spécial" je le regarde, l'air narquois "Je me dit juste, que je suis très, très probablement, ton premier"

Il me regarde, légèrement étonné, avant de se tourner vers le restaurant et dit en souriant discrètement "Ne te fait pas des idées trop vite, tu ne me connais pas autant que tu le crois..."

"Attends...Quoi !" je crie, surpris "Shura, reste ici, que veux tu dire, enfin !"


Le service fut pour l'instant, tout bonnement parfait.

On nous a conduits à une bonne table, près de la fenêtre, et prêtés les menus. Shura observe la pièce autour de lui, j'espère qu'il apprécie.

"T'y connais tu en cuisine italienne, mon cher ?"

Il me regarde "Un peu, sans plus"

"Laisse-moi deviner, les spaghettis ?"

Il sourit légèrement "Comment a tu deviner, m'aurait-tu donc espionner, Aphrodite"

"Pourquoi penses-tu donc cela ?"

Répondant doucement, il me fixe, de ses beaux yeux sombres "L'un des espions du sanctuaire, et sûrement le préféré du grand pope, doit aimer se tenir informé ?"

Un silence s'ensuit entre nous, alors que mon sourire s'affaisse...Shura le remarque, et reprendre un visage stoïque.

"Aphrodite ?"

Soupirant, je réponds "Je ne suis pas le préféré du grand pope...Absolument pas"

Shura ne comprit rien de ce que j'insinue, du moins, seulement, qu'il a commis une gaffe.

"Pardonne-moi"

Le ton ne laissant pas la place à l'humour, ni au sarcasme, il me montre qu'il est sincère dans sa phrase. Allons bon...Jamais de la vie je pourrais lui en vouloir, après tout, il voulait participer à l'ambiance...

Fichtre ! Voilà que je me sens mal !

"Mon hidalgo ?"

Shura hausse un sourcil, alors que je passe un doigt sous son menton "Comment pourrais-je en vouloir à un si bel homme, tel que toi ?"

Il décale mon doigt avec son index, me jetant un regard curieux "Je me demande comment tu m'aurais traité si je n'étais pas à ton goût ?"

"Je suis un gentleman, poli et civilisé" lui dis-je "Mon respect, tu l'as eu avant, tu l'as eu ici, et tu l'auras encore et toujours"

Cela le fit légèrement sourire, alors que je prends sa main. Délicatement, comme si ce fut celle d'une fragile demoiselle, je la ramène un peu plus vers moi et y accomplis un baise-main.

Shura retire rapidement cette dernière.

Oh non, je l'ai vexé ? Il est apeuré ? Déesse, pourquoi j'ai fait ça ? Quel imbécile je fais !

Je n'ose pas lever les yeux de mes mains, peur de croiser un regard, dont je n'espère jamais avoir affaire. Diantre, mes mains en tremblent sous ma table, vont-elles cesser ces castagnettes ! Pour l'amour d'Athéna !

"...C'est, enfin..." dit Shura, étrangement, nerveux "Plutôt inhabituel pour un homme de recevoir un baise-main..."

"Certes, certes ! " je le rassure là-dessus "Ce n'est pas que je ne te considère pas comme un homme ! Aucunement !"

Je titille nerveusement mes mains...

"Simplement...Je...J'avais envie de te le faire...Car...Enfin..." voilà que je trouve plus un mot convenable "Enfin...Je t'ai gêné ?"

"Disons..." dit Shura calmement "Que cela m'a surpris, rien de grave je te rassure"

"Excuse-moi"

"Ne t'excuse pas" dit-il stoïquement "C'est moi qui te demande d'être sincère avec moi, et de ne pas te défiler"

Cela me rassure, alors qu'il continue de me regarder, sans aucun reproche, ni gêne. Sa main fut posée sur la table, alors qu'il tourne un instant la tête, pour voir si un serveur arrive avec notre commande. Timide comme un chaton, j'avance, tapotement à tapotement, sur la table, mon index touche, prudemment, le dessus de sa main.

Shura réagit très peu, se contentant de tourner son regard vers sa main. Sans aucune réponse à cet acte, je le pris comme un signe de continuer...

"Je...peux ?"

Je lui demande, malgré tout, la peur de mal interpréter ses signaux, devenant plus forte que mon courage.

"Oui"

Un petit sourire heureux, sur mon visage, je pose finalement deux doigts dessus, tournoyant dessus, testant la peau, durcit par les années d'entraînements.

Petit à petit, je passe ma main, petite comparée à la sienne, dessous, afin de prendre sa paume dans la mienne. Ce ne fut pas extraordinaire en soit, cependant, pour moi, ce fut une chose dont j'ai tant rêvé, mais que je ne pensais jamais y avoir droit...Et Shura, m'y autorise...

"Merci" je lui dis, chaleureusement.

Un léger haussement d'épaule et un petit sourire au coin, me répondent, nul besoin de mot à cet instant si doux...


Des papiers, des papiers...Toujours des papiers...

Le grand pope à quelque chose à me reprocher, je ne vois que ça ! Ce n'est pas envisageable, même pour un chevalier d'Athéna !

Regardez-moi toute cette montagne ! Mon pauvre bureau...Lui qui était propre et ordonné, le voilà transformé en capharnaüm...Des jours que je suis coincés dedans, avec à chaque fois des piles qui vont et vienne de ma demeure au palais popal, et à peine un serviteur pour m'aider, et seulement pour les transporter de haut en bas...

"Mes cheveux et mon visage..." me dis-je, alors que je prends un miroir dans mon tiroir "Quel honte pour moi, le plus beau des chevaliers..."

Soupirant de lassitude, j'entendis, tout à coup, un quelqu'un toquer à ma porte. Tient, le serviteur est rapide aujourd'hui. Me soulevant de ma chaise, je me dirige d'un pas ferme, vers elle. J'ouvre calmement la porte, essayant de refaire d'une main, ma coiffure, quand, je vis la personne devant moi.

"SHURA !" je crie alors que je claque soudainement la porte.

"Aphrodite ?" dit-il, étonnamment calme après ce que j'ai fait "Tout va bien ?"

"Oui, oui !" Lui dis-je en cherchant ma trousse à maquillage "Pardonne moi ! Je suis actuellement affreux !"

Shura ouvre doucement la porte "Allons bon, toi ? Affreux ?"

"Aaaah ! Ne me regarde pas"

Il soupire devant mon attitude, oh non, ne me dit pas qu'il me trouve immature !

"Ce n'est rien, voyons" dit-il en souriant "On a tous des mauvais jours, et puis, ses papiers ont dû te prendre un temps fou"

Je le regarde tendre sa main vers moi, m'invitant à me lever de ma cachette, sous mon bureau, et à le suivre.

"Tu veux boire quelque chose ?"

"Je ne dirais pas non"

Quelques instants plus tard, nous voilà installés sur des escaliers, une boisson chacun, contemplant la pluie tombant à la reverse.

"Quel temps..." je marmonne dans ma barbe "On dirait que Zeus, a voulu représenter mon humeur actuelle à travers ça"

"Tu es tant que ça miné" dit Shura, stoïque.

"Mmm, et bien, disons que derrière cette météo effroyable, tu es mon rayon de soleil"

Il rigole légèrement "C'est gentil"

"Surtout sincère, mon cher"

Le silence devient plus confortable, alors que le chocolat nous réchauffe les entrailles. Shura semble se concentrer sur les plics-plics incessant de la pluie, formant, je l'admets une berceuse idéale.

C'est assez étrange comme situation...

Autrefois, j'aurais été plus nerveux à l'idée d'être comme ça, côte à côte, avec lui. Dans une ambiance que je qualifierai, presque, intimiste...A moins que cela mon imagination ? Je ne sais pas si cela veut dire que je m'habitue à sa présence, néanmoins, j'aime tout ceci...

J'aimerais que l'on continue encore ainsi, pour le reste de nos vies...

"Aphrodite ?"

"Oui ?"

Shura semble nerveux...Cela n'est pas trop son genre habituellement.

"Parfois, tu n'as pas l'impression, de commettre de choses horribles ?"

Je reste figé, stupéfait par cette question, pour le moins...Surprenante...

"Pourquoi ? Quelque chose te tracasse ?"

Il soupire, l'air légèrement affligé "Aiolos..." dit-il penaud "Je ne cesse de repenser à ce jour maudit..."

Je le regarde "Tu regrettes ?"

"Oui...Mine de rien, c'était un grand frère pour moi..."

Je gratte mon cou, un peu gêné...Pour ma part, je reste toujours jaloux de cet homme, cependant, je ne peux pas le dire à Shura, il n'a pas besoin d'entendre ça.

"Même aujourd'hui après toutes ces années, toutes ces nuits douloureuses, je n'ai cessé de me demander..."

"...Continue"

"Si je n'aurais pas, pu trouver une meilleure solution..."

Je ne dis rien, mais, je n'en doute pas que Shura connaît déjà ma réponse.

"Tu sais ce qu'il arrive aux traîtres ?"

"Evidemment..."

Sa mine s'assombrit tristement, comme s'il se rejouait sans cesse les souvenirs dans sa tête, cherchant une solution, inapplicable, pour un passé irréparable...

Je déteste ce visage...

Je ne veux pas le voir souffrir à cause de ce défunt. Je sais que la tristesse et inévitable dans ce monde, cependant, je veux contribuer à ce qu'il retrouve une mine radieuse, à ce qu'il croque la vie...

Raison de plus de détester Aiolos...Même si dans les faits, les vrais faits, il n'en est que victime...

On ne change pas de ce côté-ci...Maudit je sois.

"Shura" je lui murmure "Regarde moi, mon cher"

Il tourne la tête vers moi, curieux, alors que je penche vers lui, pour le regarder droit dans les yeux, je me sens un peu nerveux...

"Rien de tout cela n'est de ta faute, ne pense plus ainsi"

"Aphrodite..."

"C'était soit toi, soit lui, si tu n'as pas tué, ça aurait pu être toi qui aurais été exécuté"

"Certes, mais..." tente-t-il de dire.

"Chuuut..." je lui dis en passant un doigt sur ses lèvres "Laisse moi terminer, je t'en prie"

Semblant s'exécuter, il me regarde, passivement, sans un mot...

"Tu n'as fait que ton devoir, et même si c'est douloureux, on ne t'a pas laissé le choix" je lui dis "Et ne me dit pas que mourir aurait pu être un choix, moi, vivant, je me serais battu à corps et à cris, contre le sanctuaire tout entier s'il le fallait, pour t'épargner ce funeste destin"

Il me regarde, fixement, ne sachant pas comment réagir...

"Aiolos était un homme bon, du moins, il nous l'a montré ainsi...Mais il t'a lui-même appris l'honneur, la fierté et le courage, peu importe si cela lui a mené à sa perte, il a contribué à devenir le chevalier que tu es aujourd'hui"

Je reprends mon souffle "Et, je l'en remercie malgré tout"

"Pourquoi ?"

"On me surnomme le plus beau des chevaliers, mais ma beauté reste que physique à mes propres yeux..." je lui caresse la joue "A mes yeux ton âme et ton corps, sont mieux, comme un Excalibur, beau et chatoyant, mais néanmoins puissant..."

Je m'écarte un peu "Je ne sais pas si j'aurais le pouvoir de t'effacer cette douleur en toi, mais je veux être celui sur qui tu peux compter, celui, ou tu n'auras pas peur de dire sur le cœur...Celui qui est prêt à te protéger"

Enfin, je le vois faire un micro-sourire à mon égard, me rassurant légèrement "La rose et l'épée...Drôle de duo"

"Mais un duo imparable"

Son regard s'adoucit, alors qu'il murmure un doux mot...

"Merci..."

Alors qu'il se retourne vers la pluie, semblant plus apaisé...

Je ne suis pas dupe, je sais que cela ne se résout pas en une seule conversation...Probablement jamais...Mais, j'espère qu'il saura, qu'il peut me faire confiance...

Sans un mot, nous retournons à notre paisible ambiance, profitant du temps, me semblant moins déprimant...

Les minutes passent, je me sens somnoler légèrement, prêt à faire une pause plus longue dans mes paperasses. Quand, tout à coup, je sentis une pression sur mon épaule. M'empêchant de sursauter, je tourne ma tête pour voir Shura, sa tête posée sur mon épaule...

Oh déesse, par tous les dieux de l'Olympe !

Shura dort sur mon épaule ! Shura et contre mon épaule ! C'est décidé, je ne me laverai plus jamais celle-ci !

"Mon hidalgo" je murmure, attendrit, alors que je passe, une main sur sa joue "Qu'a tu donc fait pour être fatigué ?"

Je le laisse ainsi, au-cas-ou, s'il se réveille, mais visiblement, plus le temps passe, plus il semble profondément endormi. Doucement et prudemment, je le dirige afin de l'avoir dans mes bras, il remue un peu, mais sans plus...Alors que je réussis à l'avoir dans mes bras, dans un style nuptial.

Discrètement, je l'emmène dans ma chambre, afin qu'il puisse se reposer en paix, sans craindre d'être dérangé...

Une fois que je l'ai installé, les couvertures remontées jusqu'à son menton, je le laisse profiter d'un sommeil réparateur, sortant de la pièce, fermant la porte, le cœur serein...

Je suis retourné à mes papiers depuis un petit moment et déjà, cela me parut une éternité, heureusement, déesse merci, j'en vois le bout, et pas de nouvelles piles à l'horizon, j'en pleurerais presque de joie !

L'appétit me rongeant, je me lève à nouveau, constatant au passage que la porte n'a pas bougé, je me dirige tranquillement vers ma cuisine, quand...Soudainement...Je sentis un cosmos, familier et sombre. Soupirant mentalement, je fonce rapidement dans la partie publique de mon temple.

Je trouve Deathmask, mains dans les poches et dos courbé, me regardant de son regard blasé...

"En quoi je peux t'aider ?" je lui demande poliment.

"A ton avis ? Je souhaite passer"

"Et bien, passe"

"Et récupérer les papiers"

Je soupire, il n'aurait pas pu dire ça en premier ?

J'accours les chercher et le lui ramène un sac entier, de feuilles classé et noué avec un ruban, afin de ne pas les mélanger. Il prend le sac, nonchalamment, et le porte d'une main, sur son dos. Je m'attendais à ce qu'il parte maintenant, jusqu'à ce qu'il parle...

"Le grand pope est d'humeur mauvaise ces temps-ci"

"En effet"

"Il supporte mal quelques insubordinations de la part de certaines personnes"

"Dont le bélier ? Je le sais, tu ne m'apprends rien"

Il ricane, semblant se satisfaire de mon visage agacé. J'allais lui sommer de partir, prétextant que j'avais des affaires à m'occuper, quand, il dit...

"Shura est chez toi ?"

"Hein ?"

"Je l'ai vu rentrer dans ton temple, en plus..." il rajoute "je sens son cosmos dans tes appartements"

"Qu'est-ce que cela peut t'intriguer ?"

Il sourit narquoisement "Des rumeurs se répandent à votre sujet, à tous les deux, comme quoi, vous partager une relation"

"Précise ?"

"Intime"

Je passe une main dans mes cheveux "Allons Death, depuis quand t'intéresse tu à ces rumeurs, même celles qui me concernent ?"

Il pose son sac et commence à allumer une cigarette, dégageant rapidement une odeur, désagréable.

"Je m'ennuie, il n'y a rien à faire dans ce coin paumé" dit-il blaser "Sans compter, que votre relation à deux est assez intéressante sur le papier"

Je hausse un sourcil, méfiant "Détaille un peu, je ne te suis pas"

"Aphrodite des poissons, le plus beau des chevaliers..." il prend une bouffée avant de la recracher "Une rose magnifique, aux épines mortelles, faisant tournoyer les têtes avec ses mots suaves et tranchants...Un être, que personne ne peut rester indifférent"

Un sourire fier orne mon visage, c'est qu'il sait faire plaisir quand il y met du sien ce cher rital...

"Shura du capricorne, le plus fidèle d'Athéna..." dit-il en reprenant à nouveau une bouffée de nicotine "L'homme possédant Excalibur, un homme taciturne, sérieux, ne se déviant jamais de son devoir, avec un honneur à toute épreuve..."

Je le fixe, toujours méfiant, bien, que je ne cache pas, que je suis très intrigué par ou il veut en venir...

"Drôle de couple"

"Si cela te fait plaisir de penser ainsi" je soupire, repoussant une mèche derrière mon visage "Si tu veux m'excuser, j'ai, des choses à faire"

D'un pas gracieux, je m'éloigne doucement de lui...

"...Tu l'as sauté ?"

"..."

Je me retourne, lentement, le fixant "...Pardon...?"

Cigarette en bouche, il continue "Ben quoi, vu comment il est coincé, on se demande si tu as réussi à le mettre dans ton lit ?"

Je vis rouge, alors qu'il garde encore cet habituel, sourire arrogant, sur la face. Je souris, comme si cela ne m'atteignait pas, alors, que je marche, plus près de lui. Avec un ton doux, je lui demande...

"De quoi fait tu donc allusion, mon cher ? Je suis tout ouïe"

Il devient un peu plus méfiant, semble-t-il...

"Les nouvelles sont, croustillantes, tout le monde se demande comment le grand Aphrodite, a accompli l'exploit, d'avoir Shura sous sa coupe"

"Dans quel sens ?" je lui demande innocemment.

"Pour le sexe"

"Et pourquoi ?" je lui demande sous le même ton.

"Tu vois bien comment il est assez farouche" dit-il, de plus en plus narquoisement.

Je le vois bien qu'il me teste, qu'il me connaît assez...

"Comment il est, en petite donzelle ?"

Son expression change rapidement, alors que je l'éclate d'une main, contre une colonne...

Lui serrant la gorge de ma poigne, le tenant sous ma coupe, je ressens un frisson me parcourir agréablement le dos, quand je le vis étouffer...En temps normal, en plein combat, il l'aurait vu venir, visiblement, il a poussé sa chance, loin...

Trop loin...

Je sens la colère m'envahir, alors que des images sordides et sanglantes traversent mon esprit, dont, le cancer, est au centre...Mes doigts écrasent sa gorge, y enfonçant mes ongles dans la peau...Je ne peux pas voir ma tête à cet instant, cependant, nulle doute, qu'elle ne doit pas être très rassurante, même pour un monstre sans âme qu'est Deathmask...

"Laisse-moi te dire, quelques mots...Cancer"

Il me fixe...

"Je t'interdis de parler, à nouveau de lui, de cette manière..." je lui dis, en penchant la tête sur le côté "Particulièrement, en face de moi..."

Il tient mon bras, mais, ne se dégage pas...

"Cet homme à bien plus d'honneur et de fierté qu'un chien dans ton genre, qui se contente de cracher sa haine au monde, parce qu'il ne fut pas désiré à la naissance...Il a tout ce que tu n'es pas, et que tu ne seras, jamais..."

Il me défie du regard...

"Ecoute-moi bien...Ceci, est un avertissement" j'approche mon visage du sien.

Ainsi, je lui prononce, telle une sentence...

"Fait preuve encore, d'irrespect, à son égard...Et je ferais en sorte, que le prochain visage, ainsi, que le dernier, qui ornerait ton temple hideux, soit le tien...Et je tuerai de mes propres mains, d'une façon si horrible, que tu me supplierais d'abréger tes souffrances avec mes roses..."

Il ne dit rien, ne montre rien, mais, je sais, qu'il n'en pense pas moins...

Je finis par le relâcher, alors qu'il part, me jetant un regard noir...Je reste assez étonné que malgré sa fierté, il ne se venge pas maintenant...Mauvais jour, je suppose...

Une fois seul, je fixe ma main, choquée de par mon propre geste...

Moi, qui ne fais que dans la subtilité...Moi, qui n'ai jamais cherché à me comporter comme une brute...Moi, qui me pensais imperturbable...

Et si je deviens dangereux, à la suite...Et si quelqu'un en profiterait pour m'atteindre...

Deathmask sait pour Shura désormais, mais, il ne devrait plus s'en mêler...

Par contre...Il faut que je m'assure que personne ne le toucherait, avec de sombres desseins...Levant la tête, déterminé, je fixe le treizième temple popale, le regarde fixe, ma main toujours en face de moi, tremblante...

Je sais ce que je dois faire...


Fin du chapitre.

Merci d'avoir lu ^^