Jour 7 : Séparation

Adelphie : Charlie & sa fratrie (Harry Potter)

Le sujet me rend toujours très émotive alors je n'ai pas relu car je chiale déjà. Désolée donc pour les fautes.


Charlie est peut-être bien un des rares à aimer prendre le Portoloin.

Là où la plupart des sorciers n'y trouvent qu'un moyen pratique de se déplacer mais extrêmement désagréable, il y voit le voyage. La liberté. La perspective d'inconnu à découvrir. À côté de tant de merveilles, qu'est-ce que sont que quelques nausées ? À ses yeux, rien du tout. Ainsi, il est toujours le premier à poser son doigt sur l'objet, le premier à le lâcher aussi, tout dans sa hâte de découvrir les terres où le portoloin l'a amené. À l'entendre en parler si passionnément, l'on pourrait croire qu'il en prend chaque mois ; or rien n'est plus faux. Il n'a prit le portoloin que trois fois dans sa vie, pour des mariages. Mais ce ratio va changer, il se l'est promis à quinze ans.

Et maintenant, à dix-huit ans, il est sur le point d'accomplir cette promesse. Il est à l'aéroport, à la recherche du terminal sorcier habilement dissimulé aux yeux des moldus. Là, doit se trouver le Portoloin qui va l'amener dans les profondes vallées de Roumanie, où l'attend la réserve de dragons dans laquelle il a gagné un poste. Autrement dit, le début de sa nouvelle vie d'adulte, le début de l'aventure et de la liberté. Un moment qu'il a tant attendu.

Son rêve.

Et pourtant, durant toute cette course à travers l'aéroport, il retient des larmes de tristesse.

Parce que devant lui, il y a Bill, qui a posé un jour de congé exprès pour venir lui dire au revoir.

Parce que à ses côtés, Percy, en train de lui lire à voix haute toutes les notes qu'il a réunis sur les bonnes manières en Roumanie, pour qu'il ne fasse aucun impair. Après tout, il va devenir un représentant du Royaume-Uni, il doit faire honneur à leur pays, rabâche son trop sérieux frère, mais dont les mains tremblent d'émotion alors qu'il tient son précieux carnet.

Parce que du coin de l'œil, il distingue Fred et Georges s'approcher d'un peu trop près de sa valise, la remplissant de mille facéties qui risquent de lui exploser à la figure dès qu'il l'ouvrira ; enfin, si elle passe les contrôles de sécurité. Connaissant les jumeaux, cela ne serait pas improbable.

Et enfin, parce que tenant la main d'une Ginny en pleurs, Ron essaie de la réconforter, lui disant d'être heureux pour Charlie qui va terrasser des dragons et ça, c'est super classe.

« Oui, mais il ne sera pas là pour ma rentrée à Poudlard » rétorque la cadette.

Et c'est bien là toute la difficulté de cette délicate journée.

Charlie part. Il part pour apprendre le métier de ses rêves, pour accomplir sa promesse de rester toujours libre, pour découvrir le monde. Il part pour mille bonnes raisons.

Ce qui signifie qu'il doit laisser derrière lui mille autres bonnes choses, ou tout du moins, six. Six frères et sœurs, qui l'ont toujours accompagnés, soutenus. Comme le dit Ginny, il va rater des choses, des étapes importantes, des histoires banals dont on a connaissance qu'en étant là tous les jours. Il quitte sa vie d'enfance, tout simplement. Ainsi, même si il ne regrette pas un seul instant de poursuivre ses rêves, il se sent tout de même nostalgique en ce jour de départ.

Alors pour la première et dernière fois, lorsqu'ils arrivent enfin au terminal, Charlie est le dernier des passagers à toucher le portoloin. À la place, il reste quelques secondes de plus auprès des siens.

Puis, il attrape l'objet, et le Portoloin avale son corps et son enfance.

Adieu le Royaume-Uni, bienvenue en Roumanie.