Jour 9 : Echange de personnalité
Adelphie : Percy & Ginny (Harry Potter)
Percy et Ginny avaient toujours eu une faiblesse : leur amour pour les tartes au citron.
Dans la grande famille Weasley, c'était eux deux qui en raffolaient, tant et si bien que Molly avait prit l'habitude de parfois faire une tarte miniature pour qui se la partagent. Ainsi, ce jour là, quand les deux virent une tarte au citron tout juste prête à être dégustée, ils n'hésitèrent pas un seul instant avant de se jeter dessus. Sans qu'ils eurent besoin de parler, Ginny alla chercher des assiettes tandis que Percy s'occupait du découpage. Ils n'avaient jamais été très proches, se considérant comme beaucoup trop différents, mais ces moments de complicité muette leur rappelait le fait qu'ils étaient bien frères et sœurs.
Dans une coordination parfaite, ils croquèrent tous les deux en même temps dans leur part. Toutefois, au lieu de rencontrer le doux parfum habituel, ils sentirent un arrière goût bien étrange. Avant que Percy n'ait eu le temps de chercher du regard les jumeaux – dès qu'il y avait un truc bizarre, ils n'étaient jamais loin – il se sentit partir quelques secondes.
Quand il revint à lui après ce trou noir éclair, il se sentait... différent.
Il était toujours lui, Percy Weasley, mais... son esprit bourdonnait d'une étrange manière. Il n'y avait plus seulement les plans de dissertations, ses rapports au ministère ou son plan de carrière pour les vingt prochaines années qui se mélangeait dans son esprit. Il ressentait une autre pression, telle qu'il ne l'avait jamais eu. En écoutant un peu plus ce que celle-ci lui dictait, il finit par ressentir une angoisse sourde devant la sensation de n'être pas à sa place, de décevoir l'image que ses parents s'étaient fait de lui, de ne pas être assez doux, de ne pas pouvoir s'imposer face à tous ces frères, de n'être considérée que comme la « fille » qu'il fallait avoir, la récompense, et pas comme une personne en tant que telle, avec son propre caractère.
Et ce fut là qu'il comprit : d'une manière ou d'une autre, il entendait l'angoisse de Ginny.
Cette dernière n'était pas dans un meilleur état.
Elle se sentait assaillie par une pression forte, différente de la sienne mais tout aussi écrasante, celle de ne jamais être assez, de ne pas répondre aux attentes d'un bon « Weasley », la peur de ne pas intégrer Gryffondor et forcer le destin pour privilégier le choix de raison plutôt que de cœur. Elle ressentit aussi cette sensation d'être différent, d'être si précoce que personne ne vous comprenait, tant et si bien que renforcer cette image austère de penseur devenait votre seule bouée de sauvetage.
Et puis, tout aussi rapidement, tout s'en alla.
Percy et Ginny retrouvèrent leurs propres pensées, mais ne pouvaient oublier ce qu'ils avaient ressentit : la sensation qu'avait l'autre de ne pas être comprit. Ils jouaient tous les deux un rôle, Percy renforçant celui de l'intello, Ginny s'employant à casser l'image de poupée, tout cela pour se sentir exister pour eux-mêmes. Ils avaient choisit deux voies différentes mais au fond, ils étaient bien semblables.
Bien évidemment, ils ne se dirent rien. Ils se contentèrent de se sourire un peu maladroitement, et de reposer d'un commun accord la tarte.
- On devrait essayer de cuisiner la notre, une prochaine fois, suggéra Percy.
- Bonne idée. Ça éviterait d'avoir... de mauvaises surprises.
Puis, cet accord passé, ils retournèrent chacun de leur côté.
.
Cachés dans les couloirs, Fred et Georges étaient dépités.
- Non seulement ils ont sentit le goût différent, mais en plus le sort d'échange de personnalité n'a pas fonctionné.
- Oui, ce n'est vraiment pas une réussite...
Ils se trompaient lourdement.
Non seulement le sort avait fonctionné, mais surtout, il avait réussi l'inimaginable : faire comprendre à Percy et Ginny qu'ils se comprenaient bien plus que ce qu'ils auraient jamais pu imaginer.
