Jour 14 : Dispute
Adelphie : Elsa & Anna (La reine des neiges)
Posté aujourd'hui en l'honneur de l'anniversaire de Idina Menzel qui prête sa voix à Elsa !
Elsa s'était enfermée dans sa chambre depuis trois heures maintenant et durant tout ce temps, elle n'avait pas cessé de pleurer. De colère, de tristesse, d'injustice, de culpabilité... Elle n'aurait pas vraiment su quelle émotion primait sur les autres. Comme à chaque fois que ses sentiments prenaient le dessus, une tempête de neige s'était formée autour d'elle. Cette fichue magie... tout était de la faute de ce don qu'elle n'avait jamais désiré !
Anna et elle étaient en effet en train de jouer lorsque la cadette avait commencé à lui tirer les cheveux, une de ses mèches blondes s'étant échappée de son chignon. Elsa lui avait dit de la laisser, mais elle n'avait pas écouté. À ce moment là, elle n'était pas encore énervée ; elle savait que les jeunes enfants de l'âge d'Anna pouvaient être fascinés par ce genre de chose. « Mon petit frère aussi faisait de petites bêtises comme cela » lui avait dit son père alors qu'Anna avait tenté d'arracher un pan de sa robe. « Ils ne se rendent pas comptent de ce qu'ils font, alors dit lui gentiment d'arrêter si cela se produit » L'aînée s'appliquait donc à respecter ce précepte, mais la rousse avait continué de tirer, ce qui avait commencé à lui faire mal à la tête. Le ton d'Elsa était alors monté, en vain. Finalement, sans qu'elle puisse vraiment la contrôler, sa magie lui avait échappé : elle avait incanté sans faire exprès un pic de glace qui était venu repousser Anna à l'épaule.
Sous le choc, des larmes s'étaient formées au coin des yeux de la petite, et bientôt le palais avait frémis sous ses hurlements. Elsa lui avait immédiatement demandé pardon, mais quand ses parents étaient arrivés, Anna pleurait toujours.
- Qu'est-ce que tu as fait, Elsa ? S'était alarmée sa mère. Tu as de nouveau blessé Anna !
La blonde avait caressé l'espoir de pouvoir donner sa version des faits, expliquer qu'elle était peut-être fautive, mais que la petite avait aussi sa part de responsabilité, qu'il ne s'agissait là que d'une petite dispute fraternelle. En vain. Le couple s'était empressé de consoler l'enfant sans chercher à l'entendre. Ni une ni deux, ils l'avaient consigné dans sa chambre.
- Nous en reparlerons tout à l'heure, lui dit son père. Mais pour l'instant l'urgence est que tu te calme. Elsa... la maîtrise de toi-même est la conquête la plus importante de ta vie. Je crois en toi, je sais que tu peux y arriver. Mais tu dois travailler.
Elsa savait que son père était autant démuni qu'elle face à ses dons, qu'il voulait se montrer encourageant avec ces mots, mais ces pensées ne la calmèrent pas. Elle avait bien vu le regard effrayé que ses parents avaient posés sur elle. Pour eux, elle était un danger. Elle s'était alors ruée dans sa chambre, n'osant plus en sortir.
Devant le souvenir, un nouveau nuage de neige apparut. Elsa tenta de le chasser, en vain. Elle ressassait bien trop l'histoire pour y parvenir – comment était-elle censée se calmer alors que ceux qui étaient censés l'aimer sans condition avait peur d'elle ? Ils prétendaient souvent le contraire, mais cela faisait maintenant trois heures qu'elle était seule : ils n'étaient toujours pas venus la voir. Cela ne prouvait-il pas quelque chose ?
Toutefois, quelques coups finirent par être portés. Elsa s'empressa d'ouvrir la porte, mais elle ne trouva pas ses parents : c'était Anna.
La petite fille avait des yeux larmoyants. Sans un mot, elle lui tendit un dessin : il les représentait toutes les deux. Finalement, elle se racla la gorge.
- Je suis désolée... dit la rousse. Je voulais pas te faire mal. Je veux être comme sur le dessin.
En regardant de plus près la modeste œuvre, Elsa vit que Anna les avaient représentées souriantes, et surtout se tenant la main. Alors la blonde n'y peut plus : elle fit un grand sourire.
- Je t'excuse. Et je suis désolée aussi de t'avoir fait mal. Moi non plus je ne voulais pas.
Se disant, elle lui tendit la main. Anna s'empressa de la prendre, un grand sourire sur le visage, toute trace de l'accrochage oublié. Mais ce qui marqua plus Elsa, ce fut ses yeux : elle l'avait blessé quelques heures plus tôt, pourtant, il n'y avait aucune trace de peur.
Ce constat, en plus de lui faire chaud au cœur, lui fit comprendre quelque chose : tant que Anna serait de son côté, tout irait bien.
