Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi, ils appartiennent à leurs créateurs et exploitants japonais ou autres dont je ne fais pas légalement partie. Que celui ou celle qui ne les a jamais utilisés me lance la première review de protestation à ce sujet.

Genre : Je crois qu'il va y avoir du angst. Pour le reste je ne sais pas.

Personnages : 1, 2, 3, 4, 5 et d'autres encore.

Commentaire : Et oui, je suis de retour ! Mon escapade sur le secteur White Collar est pour le moment terminée. Cette fic est (toujours) faite de chapitres volontairement courts. J'espère que vous apprécierez.

Avertissement : Des scènes de torture et leurs séquelles sont mentionnées.

Bonne lecture aux courageux qui persistent (s'il en reste).

Hahn tah Yhel


La part des ombres

Chapitre 40) Un réveil de plus avant le procès

AC 200

Duo entrouvrit les yeux, espérant que pour une fois il réussirait à s'être éveillé avant Heero. Un espoir qui fut immédiatement déçu, comme tous les matins depuis deux semaines qu'il l'avait rejoint, Heero s'était éveillé avant lui.

Si toutefois il avait fermé l'œil la nuit précédente.

Depuis qu'il savait que le procès approchait à grands pas Heero semblait plus déterminé que jamais à retrouver l'usage de ses membres.

Il avait redoublé d'efforts et cela n'avait pas été sans alarmer quelque peu son entourage, personnel soignant compris.

Même si les médecins appréciaient son esprit combatif ils n'avaient pas caché qu'ils étaient tout de même un peu inquiets de le voir forcer autant.

Ils n'en avaient été que plus disposés à laisser Duo s'installer aux côtés d'Heero, lui seul semblait réussir à raisonner Heero et à lui faire faire preuve d'un peu plus de modération.

Cela n'était pourtant toujours pas évident pour le natté. Heero avait décidé quelque chose et comme souvent lorsqu'il avait pris une décision il tenait à ne pas y renoncer.

Duo avait rapidement réalisé que pour Heero l'objectif n'était plus seulement de reprendre une vie normale, non, il semblait motivé par tout autre chose. Quelque chose qui le tourmentait fortement et que Duo ne parvenait pas à comprendre.

Il avait tenté d'interroger son compagnon à ce sujet, mais le visage du brun déjà tendu s'était fermé totalement et les yeux bleus d'Heero s'étaient détournés comme s'il n'avait aucune envie d'en parler.

Duo n'avait pas insisté, il ne tenait pas à imposer quoi que ce soit au brun, il préférait que ce dernier lui parle librement de ce qui le tracassait autant.

Pourtant, ce matin là, à voir le visage fatigué d'Heero il ne pouvait s'empêcher de se demander s'il ne faisait pas fausse route en choisissant cette voie.

Tout allait plus vite depuis qu'on leur avait annoncé la date du procès, beaucoup trop vite au goût de Duo.

A la demande des médecins la justice avait accepté de laisser un mois à Heero pour se préparer à l'épreuve que serait pour lui le procès, même s'il ne serait pas tenu d'y assister du début jusqu'à la fin. L'avocat engagé par Quatre qui continuait à prendre certains détails en main était venu rencontrer Heero afin de le préparer en vue du procès, il leur avait donné cette information dès le début, dans l'espoir sans doute de détendre un peu son sombre client.

Heero était de fait peu ravi de devoir supporter pour un temps la présence de personnes supplémentaires autour de lui et son expression trahissait son déplaisir bien mieux que des mots.

Lorsqu'il avait entendu cela Duo s'était senti soulagé, au moins Heero n'aurait pas à endurer cette épreuve pendant des jours. Il n'aurait à être présent que lorsque viendrait son tour de témoigner. C'était une bonne chose. Duo n'était pas du tout certain que son ami ait envie d'assister à l'intégralité du procès.

Le visage d'Heero s'était lui tendu un peu plus et s'il avait hoché la tête pour montrer qu'il comprenait et acceptait la chose il n'avait pas dit un seul mot.

L'avocat, un jeune ténor du barreau avait lancé à Duo un regard pour le moins inquiet. Même si l'affaire était des plus simples à juger l'attitude d'Heero n'allait pas lui simplifier la vie s'il persistait à présenter un visage tel que celui qu'il avait sous les yeux.

- Allons en parler dans le couloir. Avait proposé le natté.

Cette simple phrase avait fait exploser Heero.

- Je vous interdit de parler de moi dans mon dos ! Avait il crié en manœuvrant son fauteuil afin de les empêcher de sortir.

- Monsieur Yuy, il ne s'agit pas de parler de vous dans votre dos, avait tenté de l'apaiser l'avocat, mais de décider ce qui sera le mieux pour votre intérêt...

Le regard glacé d'Heero l'avait empêché de finir sa phrase. Les mains de l'ancien pilote étaient crispées sur les accoudoirs de son fauteuil et son visage avait brusquement pâli.

- Je crois que je ferai mieux de partir. Avait murmuré l'avocat.

Duo ne pouvait pas lui donner tort et n'avait pas cherché à le retenir, mais une fois que la porte s'était refermée sur l'homme de loi il s'était tourné vers Heero, les sourcils froncés.

- On n'allait pas comploter dans ton dos tu sais ? Avait il demandé avec un peu d'agacement. On voulait juste faire le point.

- Vous pouviez très bien le faire avec moi. Avait rétorqué Heero froidement.

La conversation en était restée là. Duo avait préféré sortir pour se calmer que de se laisser aller à répondre et ils n'avaient pas relancé le sujet à son retour.

Mais à voir le visage d'Heero, plus de dix jours après cet épisode, il n'était pas certain d'avoir fait le bon choix.

Se redressant sur un coude il fixa Heero déjà installé dans son fauteuil et qui visiblement avait passé un long moment à le regarder dormir.

Il aurait pu lui sourire, le saluer d'un mot gentil ou d'une phrase ironique, mais ce matin là il n'avait aucune envie de sourire, aucune envie de se montrer gentil ou ironique.

Ce n'était pas le moment pour ce genre de choses.

Il opta pour une approche plus sobre et brutale.

- Tu attendais mon réveil ? Demanda t'il.

Heero s'efforça de masquer sa déception.

Lui avait espéré ce sourire, ce mot gentil ou cette phrase ironique.

Ces preuves de l'affection de Duo pour lui.

Il répondit tout aussi sobrement.

- Oui.

- Tu aurais pu me réveiller tu sais.

- Tu avais besoin de dormir.

- Toi aussi.

Heero détourna le regard et s'empêcha avec peine d'hausser les épaules. Inutile de souligner qu'il ne dormait plus guère depuis quelque temps.

Duo se redressa d'un coup de reins et s'assit en face de lui. Il repoussa une mèche qui lui tombait dans les yeux et soupira.

Heero sentit son cœur se serrer.

Il peinait Duo... encore...

Ce n'était pas ce qu'il voulait !

Ce n'était pas le but qu'il poursuivait en forçant autant...

Mais il était incapable de s'en ouvrir à Duo.

Il avait trop peur, il était encore trop faible pour prendre le risque.

Il voulait d'abord progresser, donner au natté de bonnes raisons de lui faire confiance, d'être fier de lui.

Duo qui attendait autre chose secoua la tête avec accablement, ferma les yeux quelques secondes et les rouvrit, cherchant à river son regard violet à celui, bleu et fermé du brun.

- Heero, tu ne tiendras pas à ce rythme... fit il valoir.

Heero ramena son regard dans sa direction.

Il n'avait pas envie qu'ils abordent ce sujet là, il n'aimait pas voir Duo le fixer avec sérieux et inquiétude.

Il n'aimait pas d'avantage qu'enfin son ami se permette de s'ouvrir sur ses craintes.

Ce n'était pas la première fois qu'il voyait le natté le regarder de la sorte, mais jamais encore Duo ne s'était laissé aller à lui faire une remarque.

Cela convenait parfaitement à Heero, cela lui permettait de ne pas s'attarder sur ses propres craintes, de les refouler, encore et encore.

Tant que cela était possible.

Il savait fort bien que rien ne pouvait stopper la course du temps et que le jour du procès arriverait quoi qu'il fasse.

Qu'il devrait en passer par là et y assister, témoigner de ce qu'il avait subit.

Il ne voulait pas avouer qu'il redoutait ce jour.

Il était déjà si faible, si peu capable, comment Duo le regarderait il s'il lui avouait sa peur ?

Il avait plus peur du regard de Duo que de toute autre chose.

- Mais si. Protesta t'il d'un ton peu assuré.

Il n'était pas sans savoir qu'il poussait son corps bien au delà de ce qui était raisonnable, mais c'était plus fort que lui.

C'était le seul moyen qu'il ait trouvé pour lutter contre la terreur qui grandissait en lui.

A suivre