Hello ! voici la suite. Ce chapitre a été posté en même temps que le 14, donc n'oubliez pas de le lire avant celui-ci !

Bonne lecture.


Chapitre 15 - A un cheveu d'y passer


Sasuke, toujours accroupi, fini de contourner la voiture derrière laquelle il est caché pour commencer à se faufiler dans la ruelle qui mène à l'arrière du club, mais une bride de la conversation arrive jusqu'à ses oreilles, reconnaissant la voix de son détenu.

« - Toujours à faire le sale boulot ? Où est-ce qu'ils sont tous tes potes ? Ils t'ont encore laissé en retrait ? »

Naruto est purement dans la provoque, sa diversion est plus qu'efficace et Sasuke réussit enfin à longer le mur où la porte qu'il souhaite atteindre se trouve. Mais là encore, l'échange verbale réussi à arriver jusqu'à ses oreilles et le rire sans saveur de leur ennemi le fait frissonner.

« - En ce moment je pense que ça doit être une vrai boucherie à l'intérieur… »

Sasuke se fige alors qu'il a déjà la main posée sur la poignée de porte face à lui. « Merde, Jûgo. » Il serre les mâchoires et jette un œil à son détenu pour s'assurer qu'il gère la situation mais il est indécis, il se demande si laisser Naruto face à l'ennemi est la bonne solution. Ces hommes ne veulent que ça, Naruto. De plus, il sait que les deux hommes ne sont pas à arme égales, le blond n'arrivera à rien à une telle distance et l'homme qui est devant le blond le sait tout aussi bien que lui et il semble en jouer pour rester un minimum en sécurité.

Lui, a réussi à passer derrière l'homme pour atteindre la porte du club, alors il pourrait tout aussi facilement revenir sur ses pas et le prendre par surprise, ainsi, ils pourraient s'en débarrasser sans donner l'alerte sur leur présence et leur position.

Sasuke prend sa décision sans hésitation et se met droit sur ses pieds. Les bras tendu devant lui, il marche tout droit en direction du dos de leur ennemi.

Naruto l'aperçoit une fraction de seconde mais ne souhaite pas attirer l'attention de l'ennemi sur son agent, alors il continu de faire diversion. Le brun préfère ne pas essayer de comprendre ce qu'il se dit entre les deux hommes et se concentre sur ce qu'il va faire. Il sait que Naruto fait la conversation pour maintenir l'homme concentré sur lui, alors il en profite et avance à pas rapide.

Il arrive finalement à leur hauteur et une question de leur ennemi se fait entendre :

« Il est où ton agent ? Il s'est fait descendre par Munashi ?

Sasuke souris et appuis directement le canon de son arme sur la tempe de l'homme le prenant de court.

- Dis bonjour au monde des morts si ton pote m'a descendu.

L'homme s'est arrêté de respirer dès qu'il a senti le froid du canon toucher son front, et Naruto profite de cet effet de surprise pour s'approcher rapidement d'eux.

- Lâche ton arme Mizuki.

Sasuke n'attend pas plus longtemps que Mizuki veuille obéir et lui arrache lui-même l'arme des mains. Naruto est enfin en face d'eux et lui non plus n'attend pas plus longtemps, le coup qu'il porte au visage de Mizuki avec la crosse de son arme le fais tomber raide au sol.

- Pourquoi t'as pas suivi le plan ? – S'empresse de dire Naruto alors qu'il range l'arme de Mizuki dans son dos.

L'agent roule des yeux. C'était à prévoir que ça écorcherait la bouche de son détenu de lui dire un petit « merci » pour l'aide qu'il vient de lui apporter.

- T'avais aucune chance toi seul face à lui. T'aurais obligatoirement attiré l'attention ici, et la discrétion qu'on a actuellement, c'est bien le seul avantage qu'on a… D'ailleurs ça tire plus de l'autre côté, alors j'espère que c'est vraiment pas une boucherie, comme vient de le mentionner ton ancien collègue.

Naruto fronce les sourcils et il se penche vers son agent pour lui répondre :

- T'as raison. Je te laisse t'occuper de lui alors, je fonce à l'intérieur.

Le blond fini à peine sa phrase qu'il embrasse la joue de son agent et se dépêche de le contourner pour prendre la direction de l'arrière du club.

Sasuke reste plusieurs secondes à gober les mouches avant de comprendre ce qu'il vient de se passer. C'est sûrement une façon pour le blond de dire merci.

Il reviendra sur cet événement plus tard, pour l'instant il s'accroupi près de l'homme inconscient et étendu au sol, et se met derrière son dos pour passer ses bras sous ses aisselles afin de le soulever et de le tirer. Il traine le fameux Mizuki sur une courte distance, le mettant simplement à l'abri des regards, avant de lui faire prendre appuis au pied d'un lampadaire.

C'est les mains dans les poches à la recherche de quelque chose pour l'attacher, qu'il se rend compte qu'il n'a rien sur lui. Ses yeux se posent alors un peu partout pour trouver une solution, puis tombent sur les lacets des chaussures de l'homme. Ni une ni deux, il les défaits et les utilises comme menottes.

Fier de sa trouvaille, Sasuke regarde l'homme aux cheveux grisonnant, ses poignets attachés derrière le lampadaire dans son dos, de sorte à ce qu'il ne prenne pas la fuite, et ses chevilles elles aussi attachées entre elles. Mais là encore, quelque chose ne va. Ce Mizuki de malheur à toujours la bouche de libre et il lui faut trouver de quoi le bâillonner.

Il va falloir qu'il fasse preuve d'imagination.

.

Quand Naruto passe le pas de la porte, le plus discrètement possible, il voit cinq corps au sol. Il analyse la scène d'un rapide coup d'œil et trouve Jûgo non loin, mais sa posture et sa gestuelle ne lui disent rien qui vaille, alors il avance dans le club d'un pas assuré.

En entendant le bruit qui provient de derrière lui, Jûgo se met en état d'alerte et stop ce qu'il fait pour pointer son arme vers le détenu. Naruto s'arrête pour lui laisser le temps de prendre connaissance qu'il n'est pas une menace, mais son regard lui ne loupe pas l'homme qui est étendu sous le garde du corps. En un éclair il comprend ce que le rouquin était en train de faire et sa propre voix s'élève pour lui dire :

- T'arrête pas !

Le garde se remet en mouvement et Naruto se dépêche de s'agenouiller en face de lui. Le corps de Jiraya étendu sous ses yeux.

- Où est-ce qu'il est blessé !? – Demande Naruto alors qu'il scrute le corps du vieil homme à la recherche d'une plaie.

- Nulle part. – Répond Jûgo entre deux massages.

- Quoi ?

- Il a fait un arrêt cardiaque.

- Pousse toi de là.

- Où est Sasuke ? – Demande Jûgo sans écouter le blond.

- Dehors. Pousse toi de là je te dis !

Le blond n'attend pas que Jûgo s'écarte pour prendre la relève et pousse ses mains sans aucune délicatesse. Il entame lui-même le massage cardiaque, vigoureusement et méthodiquement et ne fait plus attention à ce qu'il l'entour, trop concentré par sa mission actuelle, sauver Jiraya.

Jûgo le regarde faire, mais l'adrénaline commence à retomber pour lui et il prend conscience de l'état dans lequel il est. Il n'a malheureusement pas le temps de prendre appuis sur le mur non loin de lui pour reprendre son souffle, car la porte arrière s'ouvre de nouveau. Rapidement debout et de nouveau sur ses gardes, il a son arme en mains pour pointer ce qu'il a en face de lui, mais là aussi il relâche sa position en voyant qu'il ne s'agit que de Sasuke.

Ce dernier le regarde avec des yeux grands ouvert en voyant à quoi il ressemble et il se précipite droit sur lui à grandes enjambées.

- Jûgo ! Tu n'es pas blessé ?

Le rouquin secoue la tête en signe de négation alors que ses bras retombent le long de son corps et que lui-même retombe sur son postérieur, à même le sol.

L'agent balaye l'endroit d'un regard et c'est un vrai carnage. Le sol est jonché de corps et cette vue lui remémore de douloureux souvenirs. Jûgo a fait le ménage et c'est une bonne chose, mais ce n'est pas bon signe pour le rouquin. Il n'a cependant pas le temps de lui porter toute son attention car son détenu est lui aussi à même le sol, toujours à prodiguer un massage cardiaque à un vieil homme.

Le prénom « Jiraya » qu'il a entendu de la bouche du blond en peu plus tôt lui revient alors en tête et un lien logique entre son détenu et le propriétaire des lieux se fait.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? – Demande l'agent au rouquin.

- Il a fait un arrêt cardiaque sûrement sous la panique...

La conversation n'a pas l'occasion de se poursuivre car au même moment le blond s'exclame d'une voix forte, s'attirant le regard de l'agent et du garde du corps.

- Jiraya ! Jiraya tu m'entends !?

Naruto se dépêche de redresser la tête de son ainé pour le coller contre lui. Le vieil homme a les yeux qui papillonnent un peu avant de se poser sur le visage du blond qui le fixe intensément.

- Bon sang papi, tu m'as fait une de ces peurs…

Sasuke jongle du regard entre le blond qui vient de réanimer le propriétaire des lieux, et Jûgo, qui devrait aller se nettoyer avant qu'il ne soit pris d'une crise à la vue de tout ce sang. Mais il ne sait pas par où commencer, qui gérer en premier ni quoi faire, et pour couronner le tout le bruit des sirènes de polices commencent à se faire entendre.

Il réfléchit à toute vitesse à un plan, afin de gérer au mieux la situation.

Fuir n'est pas une possibilité, laisser le club dans cet état est impossible, il y a trop de dégâts, de corps, de sang, c'est simple on ne dirait plus du tout un bar/club de striptease. Partir maintenant ne ferait que leur porter préjudice et appuierais l'hypothèse que ce sont eux les coupables dans cette histoire.

De plus, Jiraya vient de reprendre conscience et il est presque sûr que l'état dans lequel il est après cette crise cardiaque doit lui nécessiter des soins de toute urgence. Alors ils doivent rester ici jusqu'à l'arrivée des secours, et il va malheureusement devoir faire confiance aux policiers qui vont arriver.

- Jûgo, va aux toilettes pour te rincer un peu et… ne plus avoir cette vue sur ces… sur tout ça…

- Et la police ? – Demande le rouquin.

- Je m'en occupe. Il faut aussi appeler une ambulance pour Jiraya. – Répond Sasuke tout en regardant son détenu et le vieil homme au sol.

Jûgo se met debout, écoutant le conseil que le brun lui donne. Arrivé à sa hauteur, il ne peut s'empêcher de tout de même lui demander :

- C'était qui ces hommes Sasuke ?

L'agent ne peut soutenir son regard, et avec regret il lui répond :

- Je suis désolé que tu es dû t'impliquer là-dedans, c'était pas prévu et –

- Je sais… je sais que ces hommes ne sont pas du bon côté… et ça me va… tant que ce n'est pas des innocents que je blesse ou tue… Mais… mais je vais pas réussir à surmonter tout ça si tu es toujours là à…

- Je sais, je te jure Jûgo, je te jure que c'était pas du tout prévu… je… on peut en parler plus tard ? Je te promets qu'on en parle plus tard…

Jûgo plonge une dernière fois ses yeux dans ceux d'un noir profond et, sans ajouter quoi que ce soit, prend la direction des vestiaires.

L'agent décide de se reconcentrer sur son détenu qu'il voit, un téléphone collé à l'oreille.


À suivre...