Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi, ils appartiennent à leurs créateurs et exploitants japonais ou autres dont je ne fais pas légalement partie. Que celui ou celle qui ne les a jamais utilisés me lance la première review de protestation à ce sujet.
Genre : Je crois qu'il va y avoir du angst. Pour le reste je ne sais pas.
Personnages : 1, 2, 3, 4, 5 et d'autres encore.
Commentaire : cette fic est faite de chapitres volontairement courts. J'espère que vous apprécierez
Avertissement : Des scènes de torture et leurs séquelles sont mentionnées.
Bonne lecture aux courageux qui persistent
Hahn tah Yhel
La part des ombres
Chapitre 41) Guerre intime entre un infirmier et son patient
AC 200
Ce que Duo s'apprêtait à dire se perdit dans le bruit de la porte qui s'ouvrait brusquement sur un infirmier aussi discret qu'aimable.
Il fallait dire qu'entre lui et Heero la guerre s'était vite déclarée.
Cela n'avait pas été une surprise pour Duo, il connaissait le caractère d'Heero, il savait qu'un gars qui pensait pouvoir lui imposer des contraintes allait être mal reçu, dans le meilleur des cas.
L'infirmier avait l'habitude de se faire obéir des patients, pour la plupart peu désireux de tenir tête à quelqu'un qui pouvait leur faciliter la vie, ou faire d'elle un enfer.
Il avait l'habitude que lorsqu'il disait que c'était l'heure de faire telle ou telle chose, la personne en face de lui hochait la tête en signe d'approbation et faisait la chose en question sans discuter.
Donc lorsque Heero lui avait répondu non pour la première fois, mais pas la dernière, il l'avait assez mal vécu.
Heero était aussitôt devenu sa bête noire, le patient qui refuse de se montrer raisonnable, qui n'attend pas pour faire les choses, qui ne veut pas prendre son traitement pour dormir, qui ne veut pas cesser l'activité à l'heure prévue.
Bref, le patient qui lui tape sur le système et fout son planning en l'air, jour après jour.
Le patient qui donne envie de cogner, sauf que c'est interdit, on risque le renvoi si on lève la main sur un patient et on le sait très bien, alors on rage en silence et on se venge en douce.
L'infirmier n'avait pas manqué de se venger en effet.
Il savait y faire.
Il y avait plein de façons pour cela.
Déplacer le fauteuil par exemple, le mettre hors de portée du patient indocile, pour que ce dernier se retrouve coincé et doive attendre qu'on daigne le récupérer.
Non, ce n'était pas de la maltraitance, tout au plus un peu de négligence et cela ne pouvait pas être trop sérieusement sanctionné si le patient se plaignait.
Cela ne l'était pas si le patient ne se plaignait pas.
L'infirmier avait eu de la chance, Heero ne se plaignait pas.
Jamais.
Une autre cause de contrariété pour l'infirmier.
Si Heero s'était plaint on aurait fait le nécessaire pour le changer de secteur, afin qu'un autre infirmier prenne soin de lui.
Mais il mettait un point d'honneur à ne pas souffler un mot du comportement de l'infirmier en charge de sa chambre.
Pas que le comportement de l'homme ne lui soit pas désagréable, il en souffrait, mais parce qu'il avait conscience que se plaindre serait donner la victoire à son tourmenteur.
Il n'avait pas été de taille face à ceux qui l'avaient enlevé et torturé, qui avait fait de lui un infirme, il ne voulait pas à présent capituler devant un nouvel adversaire.
Surtout, avoir un ennemi, Heero voyait l'infirmier ainsi, un ennemi décidé à lui nuire, même si ce n'était que des tracasseries sans grandes conséquences, le motivait plus encore à progresser.
Chaque progrès qu'il ferait priverait son ennemi d'un avantage.
Heero avait lutté comme jamais, pour retrouver en premier lieu l'usage de ses bras.
Pouvoir s'en servir à nouveau lui donnait la possibilité d'une plus grande liberté.
Il n'était plus autant à la merci de l'homme, il pouvait manger seul, se laver en partie seul, et au bout d'un moment il réussissait même à passer de son fauteuil à un autre support sans aide.
Ces victoires successives satisfaisaient Heero.
Il en oubliait les souffrances endurées pour y parvenir.
Les chutes, les bleus et les meurtrissures obtenus au cours des tentatives vaines.
Les humilations de devoir attendre le bon vouloir de l'homme pour être relevé et remis dans son fauteuil.
La souffrance de devoir rester dans une position pénible, jusqu'à l'intervention de l'infirmier.
L'arrivée de Duo avait changé la donne.
Le natté n'avait pas manqué de remarquer les marques sur le corps d'Heero et s'il n'avait pas fait un scandale c'était uniquement parce qu'Heero lui avait affirmé qu'il s'était fait cela tout seul, ce qui était en partie la vérité après tout.
Quoi qu'il en soit l'infirmier n'avait plus eu d'autres occasions pour le tourmenter vraiment avec Duo toujours à ses côtés, même s'il ne manquait pas de maugréer contre la présence d'une personne qui n'était ni un patient ni un membre du personnel.
Il n'avait par contre pas renoncé à manifester son hostilité.
Comme en ce début de matinée, en débarquant vraiment tôt, sans la moindre délicatesse et en jetant plus qu'il ne posait le plateau du petit déjeuner sur la table.
Il tourna les talons sans attendre de réaction et quitta la chambre.
Duo le regarda partir, le regard sombre et les sourcils froncés.
Puis il se tourna vers Heero.
- Il est toujours comme cela avec toi ? Demanda t'il.
Heero haussa les épaules.
- Je n'ai pas fait attention. Affirma t'il calmement.
Ce n'était pas totalement un mensonge n'est-ce pas ? Puisqu'il se moquait bien que l'infirmier le déteste ou non...
Mais le visage de Duo restait sombre et son expression préoccupée.
- Heero, si ce gars te maltraite, il faut le dire. Insista t'il.
- Il ne me maltraite pas. Tu as bien vu. Répondit Heero.
- J'ai surtout vu qu'il te traite comme un chien alors que je suis là, et je me demande ce qu'il a bien pu te faire avant que je n'arrive.
- Il ne m'a rien fait qui puisse me nuire. Affirma Heero.
Une fois encore c'était une vérité, une demie vérité, mais une vérité tout de même.
Les actions de l'infirmier n'avaient pas entravé sa progression, bien au contraire, elles l'avaient favorisée.
Bon, Heero n'irait pas jusqu'à lui en être reconnaissant, il n'était pas masochiste.
Il fit rouler son fauteuil jusqu'à la table, inspecta le plateau.
Ils avaient de la chance, rien ne s'était renversé. Ils allaient pouvoir manger.
Heero réprima un sourire en demi teinte, entre ironie et chagrin.
Il y avait eu des matins où il n'avait pas eu cette chance, où le plateau avait fini par terre et où il avait du jeûner.
Heureusement pour l'infirmier Duo n'était pas encore là à l'époque, s'il avait été présent cela se serait assez mal passé pour lui.
- Tu viens déjeuner ? Appela t'il pour détourner le natté de ses préoccupations.
Duo soupira et se leva pour le rejoindre.
- Franchement Heero, tu es trop gentil avec ce type. On devrait signaler son comportement.
- Non. Déclara Heero avec fermeté en le regardant droit dans les yeux.
Duo soutint son regard.
- Pourquoi pas ? Je ne suis pas aveugle, ce gars essaie de te pourrir la vie et je ne crois pas que cela date d'hier.
- Ça me motive. Affirma Heero.
La réponse atteignit Duo en plein cœur, le faisant vaciller sur place.
Elle amena des larmes dans ses yeux qu'il s'efforça de contenir.
Une motivation ?
C'était cela que le comportement minable de cet infirmier était devenu pour Heero ?
Cette constatation blessait Duo, que son compagnon soit si mal qu'il lui faille être maltraité pour avancer.
Comment pouvait il espérer l'aider dans pareilles circonstances ?
Il était incapable de blesser volontairement Heero.
Même si cela pouvait aider ce dernier.
C'était au dessus de ses forces.
Mais...
Si cela voulait dire qu'il devait laisser un abruti malmener son ami, c'était tout aussi douloureux pour lui.
Heero vit l'eau envahir les yeux violets tournés vers lui, il vit les efforts que faisait le natté pour retenir ses larmes.
Il sut immédiatement pourquoi Duo avait envie de pleurer.
Pourquoi il ne le ferait pas.
Le dégoût qu'il s'inspirait à lui même n'en devint que plus fort encore.
Il était si faible...
Il progressait si peu...
A cause de lui, de la lenteur de ses progrès, Duo souffrait et il était impuissant à le protéger.
Il s'efforça de rester impassible.
De ne pas trahir sa honte.
Sa propre souffrance.
Pour ne pas ajouter encore à celle de Duo.
Il n'était qu'un idiot en plus d'être un infirme.
Pourquoi n'avait il pas gardé le silence ?
Pourquoi n'avait il pas fait ce qu'il fallait pour protéger Duo, rien qu'un peu.
Un tout petit peu...
Ne pouvait il donc rien faire pour protéger celui qu'il aimait ?
Vraiment rien ?
A suivre
