Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi, ils appartiennentà leurs créateurs et exploitants japonais ou autres dont je ne fais pas légalement partie. Que celui ou celle qui ne les a jamais utilisés me lance la première review de protestation à ce sujet.

Genre : Je crois qu'il va y avoir du angst. Pour le reste je ne sais pas.

Personnages : 1,2,3,4,5 et d'autres encore.

Commentaire : cette fic est faite de chapitres volontairement courts. J'espère que vous apprécierez.

Avertissement : Des scènes de torture et leurs séquelles sont mentionnées.

Bon courage aux courageux qui persistent.

Hahn tah Yhel


La part des ombres

Chapitre 45) La découverte de Duo

AC 201

Duo progressait à travers le centre, silencieusement, pour ne pas risquer de troubler le repos des résidents.

Il avait obtenu, non sans mal, l'autorisation de patrouiller la nuit, les responsables du lieu n'avaient pas fait mystère de leurs réticences à le laisser agir à sa guise, seul le fait qu'il n'agissait que dans l'intérêt de tous, avoir de potentiels tueurs entre leurs murs plaisait encore moins aux dirigeants du centre que de le laisser se promener dans les couloirs nuit après nuit. Entre deux maux, ils avaient fini par choisir celui qui leur semblait le moins risqué.

Les membres du personnel avaient eux accueilli bien plus favorablement sa demande, le fait qu'il patrouille la nuit les soulageait d'une part de leur travail. En dehors de l'abruti de service, dont Duo ne se souciait aucunement, ils lui avaient fait bonne impression et lorsqu'il passait les voir, au terme de son inspection, ils le recevaient toujours avec le sourire.

Lui appréciait de passer un peu de temps auprès d'eux, d'échanger quelques mots. Il ne parlait pas de sa ronde, sauf s'il remarquait quelque chose d'anormal en cours de route, préférant aborder d'autres sujets.

Au fil des nuits, il avait appris à les connaître, à connaître les autres résidents également. Il avait désormais pour eux, en dehors bien sur de l'abruti, un profond respect.

Le centre n'accueillait que peu de patients, les résidents n'étaient donc pas nombreux, tous jeunes, ils étaient pour la plupart issus de milieux modestes et n'auraient jamais eu les moyens de se payer un séjour dans un endroit aussi couteux. Ils ne devaient d'être là qu'à la générosité de quelques mécènes fortunés. Duo était à peu près certain que Quatre en faisait partie même s'ils n'avaient jamais abordé le sujet. Cela expliquait comment il avait pu les orienter si vite vers ce lieu et comment Heero y avait été accepté si facilement. Cela expliquait également pourquoi on ne leur demandait pas un centime en échange des soins prodigués.

Il avait bien l'intention d'en remercier Quatre un jour prochain, lorsqu'ils se reverraient.

Tout en réfléchissant à la meilleure manière d'aborder le sujet, il continuait sa progression dans les couloirs. Il ne prenait même plus la peine d'allumer les lumières, il n'en avait pas besoin, il connaissait parfaitement les lieux, depuis le temps qu'il arpentait ces espaces.

Il s'arrêta cependant brutalement en entendant une porte s'ouvrir. Aussitôt sur ses gardes, il posa la main sur la poche où était rangée son arme et tourna la tête en direction du bruit.

Un jeune homme en fauteuil roulant entra dans son champs de vision et leva aussitôt les mains en le découvrant.

- Ce n'est que moi monsieur Maxwell. Dit il d'un ton amusé.

Duo écarta la main de sa poche et secoua la tête avec ennui. Celui qui lui faisait face était arrivé au centre le matin même, le hasard avait voulu qu'il soit dans la cour au moment de son admission, il lui avait servi de guide dans ses premiers déplacements à l'intérieur du site. Le nouveau venu lui avait semblé être un jeune homme tranquille, mais le voir éveillé à une heure si tardive poussait à réviser quelque peu la première image qu'il avait eu de lui.

- Tu ne devrais pas être au lit ? On est au milieu de la nuit Ronan. Dit il d'un ton calme.

Il ne voulait pas passer pour un moralisateur, mais il n'aimait pas trop l'idée qu'un tout nouveau résident se promène en pleine nuit, même si le résident en question était en fauteuil roulant. Au vu de la situation, tout nouveau venu pouvait être une éventuelle menace et lui devait se montrer prudent. Même si l'arrivant lui avait fait bonne impression, il ne savait que trop bien à quel point les apparences pouvaient être trompeuses parfois.

Le jeune homme aux cheveux noirs et aux yeux gris haussa les épaules.

- Je n'ai pas sommeil... demain je dois subir une nouvelle intervention, je vais bien assez dormir avec l'anesthésie.

Duo hocha la tête, comprenant ce qu'il pouvait ressentir pour avoir vu Heero se débattre face à ses angoisses.

Même si le visage de Ronan ne montrait rien et qu'il avait parlé d'un ton amusé, il devinait qu'il était loin d'être aussi serein qu'il affectait de l'être.

- Je comprends que cela soit ne soit pas évident de trouver le sommeil, mais tu as tout de même besoin de dormir, même si on doit t'anesthésier, tu auras besoin de toutes tes forces.

Ronan soupira et fit tourner son fauteuil. Visiblement, le natté n'était pas d'humeur à discuter et il n'avait pas envie de perdre un temps précieux à tenter de le convaincre. Il n'allait pas non plus l'informer du fait qu'il avait entendu son ami passer dans le couloir avec son fauteuil. Il n'était pas une balance, et puis, mieux valait ne pas se mêler de leurs affaires pour le moment. Surtout si le gars en fauteuil était allé faire ce qu'il pensait dans la salle de rééducation. Il était absolument certain que le natté n'apprécierait pas du tout de le découvrir dans la salle en question. Même si ce n'était pas une attitude des plus correctes, c'était la plus prudente pour l'heure.

Il se recoucha sans tarder, il en avait assez fait pour le moment, il aurait d'autres occasions de parler avec les deux hommes. En vérité, le seul avec qui il entendait parler le plus n'était pas le natté mais celui qui suivait une rééducation dans le centre. C'était à cause de lui qu'il avait été envoyé dans cet endroit précis, après avoir été sorti d'un autre endroit bien moins prestigieux.

Les yeux ouverts, couché sur le dos, il fit le point sur cette première journée.

Dire qu'il avait été surpris de recevoir la visite de la mère de celui à qui il devait d'être désormais dans un fauteuil roulant était un euphémisme. Il n'aurait jamais imaginé qu'elle puisse se donner la peine de vouloir le rencontrer, mais cela s'était pourtant produit.

Cependant, ce n'était pas seulement par pure bonté d'âme qu'elle était venue à lui. Même si elle entendait le faire bénéficier des meilleurs soins, elle attendait quelque chose de lui en retour. Quelque chose qu'il n'était pas certain de pouvoir lui procurer.

Tout comme il n'avait pas l'intention de pardonner au chauffard qui l'avait renversé et avait pris la fuite en l'abandonnant sur le bord de la route, il n'avait aucun désir de se vendre, même si cela signifiait qu'il ne pourrait pas être guéri.

Il avait accepté la proposition de la vieille femme, accepté d'aller dans cet endroit et d'entrer en contact avec une certaine personne, mais il ne ferait rien qui soit de nature à nuire à quelqu'un. Il n'était pas de ceux qui construisent leur bonheur sur le malheur des autres.

Même s'il devait rester cloué dans ce fauteuil, il trouverait un moyen pour s'en sortir, comme il le faisait depuis l'enfance, depuis que ses parents et sa petite sœur avaient trouvé la mort dans un attentat alors qu'il dormait lui chez un camarade de classe, loin de leur quartier.

Il tourna la tête vers la table de nuit où il gardait les photos de sa famille perdue. Une fois de plus, le sourire de sa petite sœur amena des larmes à ses yeux.

Elle lui manquait tellement.. elle n'avait pas mérité une fin aussi cruelle, elle était si jeune encore... pourquoi avait il fallu que des terroristes viennent poser des bombes dans leur quartier ? Dire qu'ils n'avaient jamais été identifiés, ni arrêtés... ils devaient vivre tranquillement, avaient sans doute oublié le nombre de victimes causées par leurs actions. L'avaient ils seulement su un jour ? Des terroristes se souciaient ils des victimes qui perdaient la vie à cause d'eux ? Pouvaient ils avoir des remords ? Probablement pas. Ce n'étaient que des assassins sans âme ni morale.

Une fois encore, avant de sombrer dans le sommeil, il murmura une prière pour le repos de ses proches décédés et pour que ceux qui avaient causé leur mort soient un jour punis pour leurs crimes.

À suivre