Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi, ils appartiennentà leurs créateurs et exploitants japonais ou autres dont je ne fais pas légalement partie. Que celui ou celle qui ne les a jamais utilisés me lance la première review de protestation à ce sujet.
Genre : Je crois qu'il va y avoir du angst. Pour le reste je ne sais pas.
Personnages : 1,2,3,4,5 et d'autres encore.
Commentaire : cette fic est faite de chapitres volontairement courts. J'espère que vous apprécierez.
Avertissement : Des scènes de torture et leurs séquelles sont mentionnées.
Bon courage aux courageux qui persistent.
Hahn tah Yhel
La part des ombres
Chapitre 49) Duo au bord du gouffre
AC 201
Duo n'avait fait que quelques mètres dans le couloir, incapable d'aller plus loin. Il ne pouvait pas abandonner Heero à terre de la sorte, il devait au moins le remettre dans son fauteuil, pour ménager un minimum sa pudeur. Il ne pouvait pas lui infliger l'humiliation d'être trouvé ainsi par des étrangers ou peu s'en fallait. Même si les gens du centre leur étaient désormais familiers, ils n'étaient pas pour autant devenus des amis.
Galvanisé par ces pensées, Duo fit demi tour et retourna vers la salle, déterminé à faire ce qu'il venait de décider.
Mais alors qu'il était sur le point de pousser à nouveau la porte, il entendit la voix d'Heero s'élever.
- Duo... j'espère que cette fois tu ne m'empêcheras pas de mourir.
Les mots le stoppèrent net. Il se figea, douloureusement atteint par eux.
Alors... ils en étaient là ?
Après tous ces mois d'efforts... tout le temps qu'il avait consacré à celui qu'il aimait, tout ce qu'il avait consenti à faire pour lui, Heero voulait toujours en finir avec la vie.
Bouleversé par cette constatation, Duo recula sans faire de bruits, ne voulant pas dévoiler sa douleur à celui qui venait de lui faire mal à nouveau.
Maintenant, tout était clairement dit, il ne pouvait plus rien pour Heero, il n'était pas celui dont il avait besoin. Même si cela le dévastait de l'admettre, il était temps pour lui de passer la main à quelqu'un d'autre. Mais à qui ?
Qui donc pourrait prendre sa place auprès d'Heero et le guider vers la guérison, ou au contraire, l'aider à en finir si c'était vraiment ce qu'il souhaitait ?
Il ne pouvait pas demander cela à Quatre et à Trowa, c'était bien trop dur, bien trop risqué. Même si Quatre était revenu à de meilleurs sentiments vis à vis d'Heero, rien ne garantissait qu'il ne basculerait pas à nouveau vers une hostilité certaine. Duo ne pouvait pas lui faire confiance à ce niveau, même s'il s'en voulait de le soupçonner de la sorte. Il s'en excuserait si cela était nécessaire, mais il ne reviendrait pas sur cette décision. Pour les mêmes raisons il ne pouvait pas faire appel à Trowa, il ne pouvait pas le mettre dans une position aussi délicate, même s'il était certain qu'il ne refuserait pas, ce ne serait pas juste de l'exposer à la rancune de Quatre si ce dernier basculait encore.
Alors, à qui faire appel pour seconder Heero ?
À qui le brun accepterait il de faire confiance ?
Il était encore en train de se creuser la cervelle lorsque son téléphone sonna, le faisant sursauter. Il le tira machinalement de sa poche et répondit. Qui que soit la personne qui cherchait à le joindre, il était reconnaissant de cet appel qui le détournait pour un temps de ses tourments.
- Duo Maxwell, j'écoute. Dit il sobrement.
Wufei, qui avait mis le haut parleur afin que sa compagne puisse elle aussi suivre la conversation, échangea un regard soucieux avec elle en entendant le ton de la voix de Duo.
Le natté semblait presque absent, il devait être particulièrement fatigué pour leur répondre de la sorte.
- Bonjour Duo, ici Wufei... Sally et moi aimerions vous rencontrer Heero et toi. Déclara Wufei avec prudence.
Duo resta un moment silencieux, pesant le pour et le contre.
Laisser Wufei rencontrer Heero ? Était-ce une bonne ou une mauvaise idée ?
Il se laissa aller à sourire tristement.
Quelle que soit la bonne réponse, si toute fois il y avait une bonne réponse, il n'avait plus rien à perdre à accepter. Bien au contraire, faire venir Wufei et Sally étaient sans doute la meilleure chose à faire au vu des circonstances.
Il s'efforça de retrouver un ton léger pour répondre, même s'il peinait à cela.
C'était comme un mensonge pas vrai ?
Lui... mentir...
- Wufei ! Vous tombez à pic ! J'ai un truc urgent à faire et je ne peux pas laisser Heero seul. Il a besoin que quelqu'un vienne le ramasser, il est tombé dans la salle de rééducation. Ramenez vous au plus vite, je vais faire en sorte qu'on vous laisse entrer et je file.
Le ton faussement enjoué n'était pas pour rassurer le couple, qui échangea un second regard inquiet.
- Duo, nous aimerions te voir aussi. Insista Wufei.
- Navré, mais cela ne sera pas possible. Murmura Duo en réponse. Je ne peux pas vous attendre.
- Tu n'auras pas à le faire, nous sommes déjà à proximité. Fit valoir Wufei.
Duo sentit un frisson désagréable le parcourir.
Bien sur, il aurait du s'en douter. Wufei faisait sa ronde nocturne à l'extérieur.
Qu'il ait fait venir Sally était vraiment surprenant, mais il n'avait pas le temps de s'en préoccuper.
Il prit une profonde inspiration et ferma les yeux quelques secondes.
Ce qu'il allait faire était assez moche, mais il n'avait plus d'autre choix.
Il n'avait pas la force de rencontrer le couple.
Il allait mentir encore.
Il était vraiment en train de descendre bien bas.
L'estime que Wufei pouvait avoir pour lui allait en prendre un sérieux coup.
- OK... on se retrouve dans la salle de rééducation alors. Je vais vous ouvrir une porte à l'arrière du parc et je préviens les membres du personnel. Dit il après avoir rouvert les yeux.
Wufei eut le sentiment que quelque chose clochait, mais il ne pouvait pas dire exactement quoi.
Duo ne mentait jamais, et pourtant, il avait le sentiment désagréable qu'il était en train de le faire.
La communication se coupa avant qu'il ne puisse dire un mot de plus.
- Nous devrions y aller. Affirma Sally. Si Heero est tombé je vais devoir l'examiner.
Wufei approuva et ils se mirent en marche.
Duo lui courait déjà vers l'arrière du parc, vers la porte qu'il était censé ouvrir et qu'il entendait bien passer avant que les deux autres ne l'atteignent.
Il devait filer avant qu'ils ne soient en mesure de le voir.
Ils ne devaient pas savoir qu'il foutait le camps en leur laissant Heero à charge.
Il n'avait plus la force pour des explications, pour d'éventuels reproches, un sermon de Wufei, un échange avec Sally.
Il déverrouilla la porte, l'ouvrit, regarda au dehors avec prudence et se rassura, personne n'était en vue, le couple n'allait pas le voir foutre le camps.
Il passa la porte et fonça droit devant lui, allant aussi vite que ses jambes le lui permettaient de le faire.
La destination n'avait aucune importance, le fait que toutes ses affaires, en dehors de ce qu'il avait sur lui, se trouvaient dans la chambre qu'il partageait avec Heero, y compris ses papiers d'identité, non plus.
Tout comme Heero avait disparu quelques années plus tôt, Duo Maxwell allait s'évaporer dans la nature, mais volontairement cette fois.
Courir, se cacher, survivre, il était doué pour cela après tout, pas vrai ?
Survivre...
Ce mot avait un goût amer.
Son corps allait survivre oui, mais pour le reste...
Il n'était pas certain d'être encore vraiment en vie à vrai dire.
Il était en train de renoncer à tout ce qu'il avait toujours voulu défendre, même lorsque la situation, sa situation, semblait désespérée.
Il retournait à son état premier, à celui qu'il avait été avant d'être recueilli par le père Maxwell et sœur Helen.
Il renonçait à ce qu'il avait fait sien des années plus tôt.
Son personnage de Duo Maxwell n'avait plus de raisons d'être, il allait le laisser derrière lui, comme il avait déjà laissé tant de choses par le passé.
C'était sans importance.
Duo Maxwell n'était qu'une imposture, un mensonge, un fantôme créé de toutes pièces par le gamin bouleversé qu'il avait été.
Un rire silencieux l'agita.
Et il se targuait de ne jamais mentir ?
La bonne blague !
Il était un mensonge vivant.
Il était plus que temps que cela cesse.
Il allait redevenir une ombre des rues, mais il n'était plus le gosse de jadis, il avait appris plein de choses qui lui seraient utiles pour tenir bon.
Pour le reste, advienne que pourra.
À suivre
