Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi, ils appartiennent à leurs créateurs et exploitants japonais ou autres dont je ne fais pas légalement partie. Que celui ou celle qui ne les a jamais utilisés me lance la première review de protestation à ce sujet.

Genre : Je crois qu'il va y avoir du angst. Pour le reste je ne sais pas.

Personnages : 1,2,3,4,5 et d'autres encore.

Commentaire : cette fic est faite de chapitres volontairement courts. J'espère que vous apprécierez.

Avertissement : Des scènes de torture et leurs séquelles sont mentionnées.

Bon courage aux courageux qui persistent.

Hahn tah Yhel


La part des ombres

Chapitre 54) Délicate négociation

AC 201

Pendant que Quatre refusait d'entendre le représentant du clan Or, une autre rencontre avait lieu dans une salle du bâtiment des Nations Unifiées.

La plupart des participants n'étaient pas présents en personne, mais s'exprimaient à travers des écrans, tous avaient cependant la même détermination.

Le procès, censé débuter dans moins d'une journée, était au cœur de leur échange mouvementé.

En effet, alors même qu'il ne restait que quelques heures avant qu'il ne doive commencer, les différentes personnes en train d'en débattre, n'étaient toujours pas parvenues à se mettre d'accord sur un point de détail pour le moins capital : le lieu où il allait se tenir.

Pour des raisons de sécurité, ils avaient attendu le dernier moment pour en décider, afin de réduire le plus possible les risques d'attentat.

Ils étaient tous conscients qu'un procès impliquant un ancien pilote de gundam, et qui plus est, pas n'importe lequel, mais Heero Yuy en personne, allait déchaîner les passions.

Même si le jeune homme n'était pas l'accusé, mais la victime, sa seule présence allait ramener dans l'esprit de certains de mauvais souvenirs.

C'était donc avec un mélange d'espoir et d'appréhension que les personnes présentes échangeaient ce jour là.

La plupart des intervenants ne voulaient à aucun prix voir le procès se dérouler sur le sol de leur pays. Même s'il s'agissait d'un événement capital, ils n'avaient aucune envie de devoir gérer ce que cela aurait pour conséquences dans le pays où il aurait lieu.

- Puisqu'il se trouve actuellement à Hong-Kong, je propose que le procès ait lieu là bas. Lança l'un des participants.

- Je proteste ! Contra immédiatement le représentant de Hong-Kong. Heero Yuy ne se trouve pas sur le territoire de ma région. Je vous invite à mieux vous informer cher collègue, aucun Heero Yuy n'est entré sur notre espace.

- Vous jouez sur les mots, il est de notoriété publique qu'il est chez vous.

- Dans ce cas, la notoriété publique est dans l'erreur. Je persiste, il n'y a personne portant le nom d'Heero Yuy actuellement présent sur le territoire de Hong-Kong.

Les deux hommes se regardèrent en chien de faïence tandis qu'un troisième intervenait.

- Assez ! Tout ceci est ridicule, Heero Yuy, le véritable Heero Yuy était originaire des colonies, c'est là bas que doit avoir lieu le procès.

- Ce sont vos propos qui sont ridicules, rétorqua un autre en ricanant, les colonies sont bien trop éloignées, nous avons moins d'une journée pour tout mettre en place, il est impossible d'y parvenir si nous nous décidons pour les colonies.

Relena Peacecraft écoutait ces échanges avec un mélange de tristesse et de consternation.

Elle écoutait et commençait à regretter très sérieusement d'avoir choisi de dissoudre Sank. Si elle ne l'avait pas fait, elle aurait pu proposer ce lieu pour le procès, cela aurait été acceptable aux yeux du monde. Après tout, son Heero Yuy n'était il pas lié à Sank ? Mais Sank n'existait plus, elle n'était plus reine, plus du tout, elle n'avait pas son mot à dire pour le moment.

Mieux valait qu'elle reste neutre et accepte que la décision soit prise sans elle. Même si elle se devait d'être présente et d'assister à tous les échanges à ce sujet.

Près d'elle, Lila, son assistante actuelle, s'efforçait de rester silencieuse, mais il était clair qu'elle était profondément mal à l'aise.

Relena se tourna vers elle, soucieuse.

- Lila, quelque chose ne va pas ?

Son assistante rougit et se redressa vivement sur son siège.

- Non Madame, tout va bien... protesta t'elle nerveusement.

Comme Relena la fixait toujours elle baissa les yeux, embarrassée.

- C'est juste... que je trouve cela révoltant... à les entendre, on croirait presque que c'est Heero Yuy le coupable qui va être jugé. Ils ont beau dire qu'ils le reconnaissent comme victime... leurs propos disent le contraire.

Relena s'efforça de rester impassible, ne voulant pas donner à d'éventuels opposants la moindre faille à exploiter pour lui nuire. Elle partageait l'opinion de Lila, mais elle ne pouvait pas se permettre d'abonder dans son sens.

- Je suis persuadée qu'ils ont à cœur de se montrer juste et impartiaux et que leur décision finale sera la meilleure qui soit. Affirma t'elle avec douceur.

Lila la regarda avec surprise.

Relena se détourna, espérant lui faire ainsi comprendre que le sujet était clos et qu'elle n'entendait pas en discuter d'avantage. Lila était assez intelligente pour comprendre le message et n'insista pas.

Elles reportèrent leur attention sur les échanges en cours.

Pour l'heure, l'idée de faire se passer le procès dans les colonies semblait définitivement écartée, mais la situation n'était pas réglée pour autant.

Quelqu'un avait fait valoir que le premier tuteur de la victime était d'origine allemande, et que par conséquent, Heero devait l'être aussi, et que donc le procès devait se dérouler là bas, ce à quoi le représentant allemand se refusait totalement.

Tandis que les échanges agressifs reprenaient de plus belle, un des participants, jusqu'à là resté silencieux, pris la parole à son tour.

- Le premier Heero Yuy était effectivement une figure importante des colonies, mais il n'y était pas né. Il était d'origine japonaise et sa famille y vit toujours. C'est pour cette raison que notre nation, le Japon, se porte volontaire pour accueillir ce procès. Il va sans dire que pour ce faire, nous sommes prêts à tout mettre en oeuvre pour que tout se déroule pour le mieux et à accorder à ce jeune homme la nationalité japonaise.

Alors qu'un silence pesant retombait sur la salle Relena observa le représentant du Japon d'un œil attentif. Elle ne lui avait pas trop prêté attention jusqu'alors, peut être avait elle eu tort. Il avait visiblement plus d'intérêt que la plupart des personnes présentes. Du moins, il en aurait s'il était en mesure de faire vraiment ce qu'il venait de dire.

La situation des anciens pilotes de gundam était en effet problématique.

Du fait de leur statut, reconnu mais pas toujours très bien vu, de héros de guerre ayant participé à établir une paix durable, leur présence sur le sol terrestre était admis, mais pas d'avantage.

On les tolérait, mais sans pour autant voir en eux des citoyens de la terre.

Peut être que les choses allaient enfin changer à ce niveau.

Puisque le Japon semblait enclin à accorder à l'un des pilotes de gundam la nationalité qui lui faisait défaut, un précédent juridique serait ainsi créé, qui faciliterait les choses pour les autres.

Elle attendit, pleine d'espoir, la réaction des autres représentants des nations unifiées.

Pour le moment, ces derniers semblaient encore sous le choc des paroles du représentant japonais. Il était clair qu'il avait pris tout le monde par surprise.

Enfin, revenus de leur surprise, les autres participants se mirent à murmurer entre eux.

Si plusieurs étaient contrariés de ce qu'ils venaient d'entendre, et surtout que l'on puisse vouloir naturaliser un des pilotes, pour d'autres, c'était l'occasion rêvée d'en faire autant sans trop prendre de risques.

À nouveau, les échanges se firent vifs et Relena, qui commençait à en avoir assez, quitta son siège.

Lila l'imita, un peu surprise cependant.

Même si elle aurait préféré partir et laisser les autres à leurs échanges à la limite du ridicule, Relena ne pouvait pas se le permettre.

Elle gagna posément la place centrale de la salle, l'endroit d'où elle pourrait s'exprimer clairement et être vue de tous et prit la parole d'un ton décidé.

- Cela suffit ! Poursuivre est une perte de temps. Nous sommes tous surpris et désorientés par la brusque proposition émanant du Japon. Cela mérite que nous prenions le temps d'y réfléchir. Je propose que le procès soit repoussé d'au moins dix jours et que nous nous retrouvions dans une semaine afin de reprendre les discussions commencées aujourd'hui. Ce délai nous laissera à tous le loisir de choisir la position qu'il nous conviendra chacun d'adopter.

Tous les autres participants se rendirent à son avis, à son grand soulagement.

Même si elle n'était plus la reine du monde, ce qui lui convenait parfaitement, ce titre n'avait jamais eu la moindre véritable valeur, elle avait tout de même encore un certain poids sur l'échiquier politique.

Elle se retira avec soulagement et assez satisfaite de ce qu'il s'était passé au final.

Les choses allaient bouger dans les jours à venir et Heero aurait quelques jours de répit avant l'épreuve du procès.

À suivre