Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi, ils appartiennent à leurs créateurs et exploitants japonais ou autres dont je ne fais pas légalement partie. Que celui ou celle qui ne les a jamais utilisés me lance la première review de protestation à ce sujet.
Genre : Je crois qu'il va y avoir du angst. Pour le reste je ne sais pas.
Personnages : 1,2,3,4,5 et d'autres encore.
Commentaire : cette fic est faite de chapitres volontairement courts. J'espère que vous apprécierez.
Avertissement : Des scènes de torture et leurs séquelles sont mentionnées.
Bon courage aux courageux qui persistent.
Hahn tah Yhel
La part des ombres
Chapitre 56) Ce qui les attendait au bout du tunnel
AC 201
Au bout d'un assez long moment, Duo vit Dai marquer une pause et pianoter de plus belle sur son jeu vidéo dont la sonnerie changea de tonalité avant de se couper brutalement. La porte devant laquelle l'adolescent s'était arrêté s'ouvrit sans bruit.
Duo réprima avec peine un léger ricanement.
Un jeu vidéo hein ? Mais bien sur.. cet engin était tout sauf une banale console de jeux. Il ignorait qui l'avait conçu, mais c'était sans nul doute l'œuvre d'un hacker doué, et celui qui la détenait savait parfaitement en tirer le meilleur parti.
Il espérait bien pouvoir y jeter un coup d'œil, mais il avait le sentiment que cela ne lui serait pas permis. Dai semblait tenir énormément à son appareil, ce qui était tout à fait compréhensible.
Il fut tiré de ses pensées par le bruit d'une course et un cri de joie.
- Enfin vous êtes là ! On va pouvoir passer à la suite !
Celui qui venait de parler était un jeune garçon aux cheveux noirs coupés n'importe comment, dont les yeux dorés brillaient d'excitation.
Duo vit Dai s'incliner devant lui avec respect.
- Je vous avais promis de le ramener, j'ai tenu parole. J'espère que vous tiendrez la votre.
- Je ferai mon maximum dans ce but. Affirma le jeune garçon avec sérieux. Toi et tes amis pouvez rentrer au Japon sans tarder, je vous préviendrai lorsque le moment sera venu.
Dai hocha la tête et se détourna sans dire un mot de plus.
Duo le regarda s'éloigner avec le sentiment désagréable d'avoir été conduit à cet endroit et livré comme un vulgaire colis.
L'envie de foutre le camps lui passa par la tête, mais il n'eut pas le loisir d'y penser vraiment, déjà le jeune garçon concentrait son attention sur lui.
- Monsieur Maxwell, heureux de faire votre connaissance. Je suis Chao Bian, et d'ici quelques heures, je serai pour un temps indéterminé Kenneth Cho, votre fils et celui de la femme qui sera votre épouse pour le même temps, Lin Cho, que je vous présenterai plus tard, pour l'heure, vous avez sans doute besoin de vous reposer. Venez, suivez moi, je vais vous conduire à votre chambre, tout est prêt pour vous recevoir.
Le jeune garçon se mit à avancer en direction de la chambre en question, mais Duo lui ne bougea pas, sidéré par ce qu'il venait d'entendre.
Était-ce lui ou cet enfant qui n'avait plus toute sa raison ?
Est-ce que c'était un mauvais rêve ou une étrange plaisanterie dont il ne comprenait ni le sens, ni la raison ?
- Une petite minute ! Lança t'il d'une voix vibrante. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Comment cela, la femme qui sera mon épouse ? Je n'ai aucune intention de me marier.
Chao s'arrêta de marcher et fit face à nouveau. Masquant soigneusement sa nervosité, il s'efforça de sourire.
- Personne ne vous demande de vous marier monsieur Maxwell, nous formerons une famille fictive, seulement pour pouvoir nous rendre au Japon en toute sécurité.
- Au Japon ? Pourquoi est-ce que j'irai au Japon ? Je n'ai strictement rien à y faire ! Répliqua Duo.
Il ignorait qui était vraiment Chao Bian et s'en moquait totalement, tout comme il n'avait rien à faire de ses combines.
Il n'était pas question pour lui de quitter Hong-Kong, il avait des salopards à arrêter au plus vite.
- Vous allez devoir vous trouver un autre candidat pour le rôle de père et d'époux. Ajouta t'il.
- Non monsieur Maxwell, je ne vais pas faire cela. Mais nous en reparlerons après que vous ayez pris du repos, vous avez fait de grands efforts ces derniers jours, vous êtes épuisé. Je sais que vous vous refusez à l'admettre et que vous êtes encore sous le coup du stress enduré voila peu, mais il n'en reste pas moins que je dis vrai. Soyez raisonnable et suivez moi, il serait regrettable que vous vous écrouliez ici. Je ne suis pas assez fort pour espérer vous traîner jusqu'au lit confortable qui vous attend. Dit doucement Chao Bian.
Pour un gosse aussi jeune, il ne manquait pas d'assurance, et en d'autres circonstances, cela aurait plu à Duo, mais pour l'heure le culot qu'affichait le gosse l'agaçait plus qu'autre chose.
Cela l'agaçait d'autant plus que le gamin n'avait pas tort, son corps était au bord de l'épuisement et son esprit ne valait guère mieux. Il ne tiendrait plus très longtemps et le savait pertinemment. Il ne voulait cependant pas l'admettre.
Ce ne fut que lorsqu'il se sentit vaciller et qu'il vit une inquiétude sincère dans le regard du jeune garçon, qu'il s'autorisa à capituler provisoirement.
Même s'il lui en coûtait de le faire, cela ne pourrait que lui être bénéfique de se reposer. À son réveil il serait dans de bien meilleures dispositions pour reprendre la lutte, si cela s'avérait nécessaire.
- Très bien, mais je vous préviens, si vous essayez de me piéger, vous avez intérêt à ne pas me rater, parce que moi, je ne vous louperai pas.
- Je prends bonne note de votre avertissement monsieur Maxwell. Soyez sans crainte, je n'ai pas l'intention de vous faire du mal. Si j'avais voulu vous nuire il n'était pas nécessaire que je mette la vie de Dai en danger en l'envoyant vous sortir du mauvais pas dans lequel vous étiez. Il me suffisait de laisser vos ennemis faire le sale boulot.
- Pourquoi ne pas l'avoir fait dans ce cas ?
Le regard de Chao se fit plus dur.
- Parce que ces hommes sont aussi des ennemis de mon clan. Ils ont commis des crimes sur notre territoire et je veux qu'ils soient punis pour cela.
Un silence pesant suivit cette affirmation, que Chao rompit au bout d'un moment.
- Y allons nous monsieur Maxwell ? La chambre qui vous attend n'est plus très loin.
Duo approuva d'un signe de tête, ils se remirent à marcher en silence, tous deux perdus dans leurs pensées.
Quelques mètres plus loin le jeune garçon ouvrit une porte, dévoilant une chambre simple, sans décor superflu. Le mobilier en était également restreint. Il se composait d'un lit, d'une table, d'une chaise, d'une petite armoire en métal et d'un fauteuil recouvert d'un tissus noir.
- Voila... navré de ne pouvoir vous proposer mieux, mais ceux qui ont conçu cet abri souterrain n'ont pas vraiment pensé à soigner les détails dans les chambres des invités. C'est cependant confortable, mon père tenait à ce que cela au moins ne soit pas négligé. À son âge, on aime être bien installé et s'il n'a pas jugé bon de mettre d'avantage dans la décoration des chambres d'invités, il s'est assuré qu'ils n'en seraient pas moins bien traités.
Duo ne l'écoutait plus qu'à peine, et ne quittait pas le lit des yeux.
Maintenant qu'il se trouvait face à ce lieu, il avait de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts.
Toute la fatigue accumulée au fil des jours ces dernières semaines semblait lui être tombée dessus d'un seul coup.
Chao réalisa à quel point il était épuisé et se retira sans plus de manières.
Une fois seul Duo se laissa choir sur le lit et ne tarda pas à sombrer dans un profond sommeil.
Comme au temps de la guerre il s'était étendu tout habillé, ne retirant que ses chaussures. En cas de réveil brutal, il n'aurait qu'un geste à faire pour les récupérer avant de filer. Marcher pieds nus n'avait jamais été un soucis pour lui, il valait mieux cela que perdre du temps à passer des chaussures et ainsi courir le risque de se faire capturer.
Combien de fois avait il pris la fuite, chaussures en main, pour les passer une fois en sécurité ? Il aurait été bien en peine de le dire, n'ayant jamais pris la peine de compter à vrai dire.
Dans son sommeil il se recroquevilla instinctivement sur lui même, frissonnant légèrement.
Même si la chambre était bien chauffée et que les couvertures du lit étaient épaisses à souhait, il avait froid. Un froid qui naissait en lui et contre lequel aucune couverture, ni des températures élevées ne pouvait rien.
- Heero... murmura t'il sans s'éveiller, le visage crispé par le chagrin.
Il s'agita un instant avant de s'immobiliser à nouveau, tandis que des larmes roulaient sur ses joues.
Une fois de plus, les mauvais rêves étaient au rendez-vous.
À suivre
