Disclaimer : Les personnages de Gundam Wing ne sont pas à moi, ils appartiennent à leurs créateurs et exploitants japonais ou autres dont je ne fais pas légalement partie. Que celui ou celle qui ne les a jamais utilisés me lance la première review de protestation à ce sujet.
Genre : Je crois qu'il va y avoir du angst. Pour le reste je ne sais pas.
Personnages : 1,2,3,4,5 et d'autres encore.
Commentaire : cette fic est faite de chapitres volontairement courts. J'espère que vous apprécierez.
Avertissement : Des scènes de torture et leurs séquelles sont mentionnées.
Bon courage aux courageux qui persistent.
Hahn tah Yhel
La part des ombres
Chapitre 57) Une visite inattendue
AC 201
Heero se morfondait dans sa chambre.
Après sa tentative malheureuse de la nuit, on lui avait confisqué son fauteuil roulant, en représailles, ce dont il se moquait totalement.
Ce n'était pas du fauteuil dont il se languissait, mais de la présence de Duo.
Il eut un moment d'espoir lorsque le nouvel infirmier en charge de lui vint lui dire que quelqu'un demandait à le voir.
Peut être que Duo était revenu, qu'il lui en voulait un peu, d'où le fait qu'il ne soit pas revenu le trouver, mais qu'il lui pardonnerait, s'il savait se montrer convaincant.
Empli de cet espoir, il se laissa installer dans un fauteuil bien moins équipé que celui fourni par Quatre et pousser vers la salle des rencontres.
Il fut dépité de constater que la personne qui demandait à le voir n'était pas Duo mais une adolescente visiblement nerveuse.
Il était surpris qu'elle soit venue le voir, ne comprenait pas qu'elle en éprouve le besoin. Elle ne devait pas garder un très bon souvenir de lui, pas après la mort de son père. Même si Treize était mort de la main de Wufei, il l'avait combattu à plusieurs reprises.
Il avait aussi lutté contre le groupe qui prétendait servir la fillette cinq ans plus tôt.. il était en partie responsable des blessures qu'elle avait reçu, même s'il ne l'avait pas tuée, elle avait reçu des blessures graves à cause de lui.
Il la considéra en silence, attendant qu'elle parle.
Elle avait bien grandi en cinq ans, elle serait sans aucun doute une belle jeune femme dans quelques années, avec ses cheveux roux et ses yeux bleus. Elle semblait totalement remise de ses blessures et se tenait bien droit.
Mariemaia le regardait elle aussi, sentant sa nervosité première disparaître peu à peu.
Le jeune homme en fauteuil roulant qui était devant elle n'avait plus grand chose en commun avec l'adolescent qui avait mis un terme aux projets de son grand-père.
Il avait un visage plus marqué, un regard plus sombre.
Elle avait protesté avec vigueur lorsque Lady Une lui avait demandé d'aller le voir afin d'exorciser le passé, arguant qu'elle n'avait aucune envie de ranimer un passé dont elle affectait ne pas se souvenir clairement.
Maintenant, elle était contente d'avoir fini par dire oui.
Lady Une avait raison, elle avait besoin de se confronter à nouveau à cet homme.
Elle avait des choses à lui dire, elle espérait qu'il croirait ses propos. Mais... s'il s'y refusait, tant pis, elle aurait au moins la satisfaction de lui avoir dit ce qu'elle gardait en elle depuis des années.
Pourtant, au lieu de dire ce qu'elle avait si souvent répété en secret, elle se lança dans un tout autre discours.
- Lady Une m'a demandé de passer vous prévenir que le procès aurait lieu au Japon. Des gens vont venir vous chercher très bientôt pour vous conduire à l'endroit où vous séjournerez jusqu'à la fin du procès. Elle vous souhaite que ce soit court. Dit elle nerveusement.
Heero inclina la tête en silence, sans montrer la moindre émotion et cela mit quelque peu Mariemaia mal à l'aise.
Il était donc resté le même malgré les années et les épreuves ? Toujours aussi froid et taiseux ?
- Vous n'avez donc rien à dire ? Questionna t'elle avec un peu d'irritation. Je viens de vous expliquer que vous allez être transporté dans un autre pays, qu'on va vous trimballer d'un endroit à un autre, pour vous faire aller quelque part dont vous ignorez tout !
- Je connais le Japon. Répondit Heero avec calme, nullement troublé par la colère de l'adolescente.
- Mais vous ne savez pas où on va vous envoyer ! Vous n'avez aucun moyen de le savoir, Lady Une elle même l'ignore ! S'emporta Mariemaia. Vous devriez être un peu nerveux à cette idée, dans votre état !
Heero cilla légèrement en entendant ces mots.
Ils le touchaient plus que le fait d'être sur le point d'être déplacé en direction d'un lieu inconnu.
La jeune fille était une personne de plus à voir en lui un infirme.
Il n'aimait pas cela.
Il ne l'aimait pas du tout.
C'était vrai, il ignorait tout du lieu où on entendait le faire séjourner, mais en quoi cela avait il de l'importance ? On ne lui demandait pas son avis, on n'attendait pas de lui qu'il réagisse d'une manière ou d'une autre, seulement qu'il suive le mouvement et fasse ce que l'on attendait de lui au cours du procès.
Il n'était plus un soldat, mais les choses ne changeaient pas ou si peu...
Il y avait toujours des combats à mener, des ordres à suivre.
Quelque part, c'était même réconfortant, rassurant, de n'avoir d'autre option que de se laisser faire.
- Que je sois d'accord ou pas, je vais devoir y aller. Être nerveux ne m'apportera rien de bon. Je préfère garder mes forces pour être en mesure de faire ce que je vais devoir faire une fois là bas. Dit il au bout d'un moment.
Mariemaia le regarda, les sourcils froncés.
- Je ne pensais pas que vous pouviez renoncer. Murmura t'elle. Dans mes souvenirs, vous étiez fort. Même si vous n'étiez pas très impressionnant par le physique, vous dégagiez quelque chose d'impressionnant. Je suis déçue. Je ne pensais pas que vous étiez de ceux qui baissent les bras. Que vous seriez moins fort que moi. Je me suis battue pour survivre, pour guérir, pour remarcher, et j'ai réussi à atteindre tous les objectifs que je me fixais. Comment l'homme qui a tant lutté peut il se montrer faible à présent ? Cela me dépasse.
- J'ai été détruit. Commenta amèrement Heero. Je n'ai plus grand chose à espérer.
- Sottises ! Vous êtes encore vivant, ravagé je veux bien, mais vivant. Vous avez des gens qui tiennent à vous, qui attendent que vous vous releviez, Lady Une m'a dit tout ce que votre ami à la natte a fait pour vous. Je ne crois pas qu'il aurait fait cela si vous étiez vraiment détruit.
- Il est parti. Souffla Heero. Il n'a pas résisté à ma faiblesse.
Mariemaia haussa les épaules.
- Dans ce cas, vous allez devoir aller le rechercher, une fois que vous en aurez fini avec le procès. Enfin, c'est ce que moi je ferai si j'avais des amis. Si j'avais la chance d'appartenir à un groupe comme le votre, j'aurai guéri encore plus vite que je ne l'ai fait je crois. S'il y a bien une chose que j'ai retiré de notre rencontre de l'époque, c'est l'envie de vivre et de me battre pour obtenir ce que je voulais vraiment, et non ce que d'autres voulaient que je désire. Merci de m'avoir épargnée, merci de m'avoir donné l'élan nécessaire à un nouveau départ, par vos propos et par vos actes.
Mariemaia sourit en voyant Heero la regarder avec un peu de surprise et d'incrédulité.
- On dirait que ce que je viens de dire vous étonne. Pourtant, je le pense vraiment, vous m'avez sauvée cette année là. Même si j'ai été gravement blessée, que pour beaucoup j'ai tout perdu, je sais que cela n'est pas vrai. J'ai gagné le plus important, le droit de vivre pour moi, de vivre libre et non pas en temps qu'instrument de ma famille.
Elle lança un regard entendu en direction d'Heero.
- J'ai dit ce que j'avais à dire, j'ai transmis le message de Lady Une également. Je crois que nous sommes quittes pour le moment. Je vais donc vous laisser, mais j'espère qu'on pourra se revoir un jour, et que ce jour là, vous serez debout et non plus dans un fauteuil.
Heero la regarda partir. Elle ne se retourna pas une seule fois et il songea que Treize non plus ne se serait pas retourné. Elle ressemblait vraiment beaucoup à celui dont elle était la fille. Elle avait la même capacité à s'exprimer et à convaincre.
Ce qu'elle lui avait dit lui donnait à réfléchir, même s'il devait bien admettre qu'il n'était pas agréable d'avoir été ainsi comme sermonné par une gamine qui n'avait pas encore quinze ans.
Elle avait raison, il n'était pas seul, il avait des amis sur qui il pouvait compter. Même si Duo était parti, il pourrait le retrouver un jour, s'il ne baissait pas les bras.
Duo attendait sans doute de lui qu'il surmonte cette épreuve là également.
Il ne pouvait pas le décevoir à nouveau. Il ne voulait pas le décevoir à nouveau. Il lui avait fait trop de mal, il devait expier ses fautes.
À suivre
