Salut ! Bonne année à vous !
Voici le deuxième chapitre, beaucoup plus court, de cette nouvelle histoire !
Bonne lecture.
-Vous avez trop bu, remarqua Tetsuya.
Seijuro soupira et remit correctement sa capuche. Tetsuya lui emboîta le pas tandis qu'il retournait vers le palais.
-Je n'ai pas bu tant que ça, se défendit Seijuro. Un seul verre.
-Un verre bien chargé, dans ce cas.
-Oui, sûrement...
Seijuro marchait d'un pas lent. Comme toujours, il retardait le moment où il devra passer les portes du palais. Tetsuya ne le pressait pas. Il le laissait agir à son rythme. La nuit était fraîche, mais ce n'était pas désagréable. Au contraire. Cela faisait du bien à Seijuro.
-Vous avez passé une bonne soirée. Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas vu rire.
-C'est vrai...
S'il n'y avait pas eu cette dernière phrase de Nash, Seijuro aurait passé la meilleure soirée de sa vie. Mais il avait fallut qu'il fasse cette proposition si vulgaire. Il pensait pourtant qu'il était différent. Seijuro s'était senti en confiance avec lui. Il avait tout de suite apprécié sa présence, à la fois tranquille et divertissante. Alors pourquoi avoir tout gâché ? Pourquoi l'avoir relégué au rang d'objet ? De choses qu'on peut acheter pour un soir ? Seijuro avait du mal à comprendre. En fait, non, il ne voulait pas comprendre. Il voulait occulter ses souvenirs.
Seijuro ne remarqua même pas que la colère lui faisait presser le pas. Il se retrouva plus vite que prévu devant les portes du palais. Tetsuya se chargea de lui ouvrir. Discrètement, ils rejoignirent le quartier où vivait Seijuro et son père. Tetsuya lui souhaita une bonne nuit et s'en alla vers sa chambre, située au bout du couloir.
Seijuro regarda la petite silhouette chétive de Tetsuya disparaître derrière une porte deux fois plus grande que lui. Il cache toujours aussi bien son jeu, songeât-il. Tetsuya était son garde du corps depuis quelques années. Des générations de Kuroko prenaient ainsi le relais pour veiller sur les Akashi. Lors de la guerre contre les mages noirs, les Kuroko avait joué un rôle primordiale. C'était la seule lignée capable d'invoquer des créatures venant des dimensions. Le dernier empereur, avant d'être renversé, avait engagé la famille Kuroko pour assurer sa protection. Depuis, ils lui restait fidèle et protégeaient ses descendants.
Le garçon referma la porte de l'appartement dans lequel il vivait avec son père. Il y avait un salon très spacieux qui donnait sur la cour intérieure du palais. Sur la droite, trois portes donnant vers des chambres munies de leur salle de bain. Sur la gauche, une autre chambre, occupée par Seijuro. Avant d'aller dormir, le garçon prit le temps d'aller vérifier que son père était couché. Vérification faite, il se rendit dans sa chambre, retira ses vêtements et se glissa sous les draps.
À sept heure, le lendemain, Tetsuya vint le réveiller. La longue journée commençait. Seijuro s'habilla puis alla prendre son petit déjeuner avec son père. Tetsuya avait déjà mangé et restait dans un coin de la pièce, invisible, aussi discret qu'une ombre.
-Je t'ai entendu rentrer tard, hier soir.
Seijuro cessa de boire et reposa son verre d'eau.
-Pas plus tard que les autres soirs.
Il attendit une petite seconde mais son père ne releva pas les yeux vers lui.
-J'étais sûr que vous dormiez, finit par avouer le fils.
Masaomi avait des traits très similaires à Seijuro. Un visage ovale au menton un peu plus large, un nez droit et des yeux étirés aux paupières basses qui donnaient, chez lui, l'impression qu'il prenait tout le monde de haut.
-Je ne m'endors jamais avant que tu ne sois rentré, Seijuro.
Il glissa un regard vers Tetsuya.
-Non pas que je n'ai pas confiance en ton garde du corps.
-Je vois. Vous me savez pourtant incapable de partir.
-Un coup de folie, ça peut arriver. Penses donc à ta pauvre mère.
Seijuro serra les poings. Il s'essuya la bouche avec sa serviette et se leva d'un bond. Il n'avait plus faim. Tetsuya comprit le signal et ouvrit la porte pour laisser Seijuro quitter l'appartement. Il était l'heure de rejoindre la salle du trône pour les interminables audiences du roi.
Le garçon devait se tenir à la droite du roi, debout, pendant quatre heures, sans bouger d'un pouce si on ne l'y autorisait pas. Seijuro avait désormais les jambes et le dos endurcis par l'habitude. Les premiers jours, il avait beaucoup souffert. Tetsuya se mettait dans un coin de la pièce et se faisait oublier, comme toujours.
Le roi requérait sa présence car Seijuro connaissait les lois et l'histoire du royaume sur le bout des doigts. En règle général, d'ailleurs, il savait tout sur tout. Rien n'échappait à son cerveau. Outre une grande intelligence et vivacité d'esprit, Seijuro était également hypermnésique. Il retenait absolument tout.
Durant les audiences, Seijuro sentait le regard du roi constamment posé sur lui. Ces yeux noirs le brûlait sans arrêt. Le garçon essayait de le regarder le moins possible. Ce visage ridé, ces cheveux aux tempes blanches et ce sourire insupportable lui donnait la nausée. De même que sa voix.
À l'heure du déjeuner, Seijuro rejoignait son père. L'après-midi, il la passait souvent à la bibliothèque pour parfaire son savoir. C'était le soir que Seijuro redoutait le plus. Après le dîner, Tetsuya venait parfois toquer tout doucement à la porte des Akashi. Il n'avait pas besoin de dire un mot. Seijuro comprenait immédiatement. Mais pour la forme, il l'annonçait tout de même.
-Le roi vous réclame, Akashi-kun.
Il attendait que le garçon trouve le courage de se lever pour le suivre. Les yeux inquisiteurs de son père suffisait en général à le pousser. Sinon, il lui disait quelques mots. Il lui rappelait son devoir. Et surtout, l'espoir que cela apportait.
Le regard vide, Seijuro suivait Tetsuya dans les couloirs jusqu'à la chambre du roi. Tetsuya frappait trois fois. Attendait et frappait à nouveau deux fois. Le roi savait alors que Seijuro était là. Il ouvrait et l'accueillait avec ce sourire qui rendait Seijuro fou et lui donnait envie de fuir à toutes jambes. S'il ne risquait pas autant, il le ferait. Et surtout si son père ne plaçait autant d'espoir en lui et en ces soirées, il serait déjà bien loi d'ici. Dans un monde où le sommeil est éternel.
Au lieu de quoi, la porte se refermait derrière lui et ses vêtements commençaient à glisser sur le sol.
J'espère que ce chapitre vous a plu. En général, quand j'écris, je me force à écrire environ 1500 mots par chapitre (environ 4 pages). Des fois, ça m'oblige à broder pour rajouter du contenu au chapitre. Mais désormais, et vous l'avez peut-être déjà remarqué, je ne m'oblige plus à respecter ce quota. Certains chapitres de cette histoire seront très longs, d'autres, vraiment très courts ^^
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