Helloooooo ! Ouais, je sais, ça fait un bail... désolée pour ce retard conséquent, d'autant plus que le chapitre précédent était minuscule. J'ai eu une période très chargée entre la fin du stage et la soutenance. Bref... me revoilà.

kama-chan59 : Merci pour ton soutient inconditionnel ! Vraiment, voir tes reviews à chaque chapitre me fait très plaisir. Alors, Aomine n'aura sûrement pas la conclusion que tu peux espérer... Concernant la suite de l'histoire, j'ai eu le temps de réfléchir et je pense être arrivée à un compromis entre mes deux idées. Bon, après tu me connais, ce sera pas une fin Bisounours XD les personnages paie souvent un prix assez élevé dans mes histoires pour parvenir à la fin... Merci encore et j'espère que ce chapitre, beaucoup plus long, va te plaire ^^

Bonne lecture !


Seijuro regarda les garçons plonger un à un dans le sommeil. D'abord Murasakibara, puis Kise, Midorima et en dernier Kuroko. Yukimaru et les autres chevaux broutaient de l'herbe non loin de là. Ils commençaient à fatiguer après presque deux semaines à explorer tout le royaume. Mais les terres du pays de Kinzaku étaient en vue. Le pays n'était pas très grand. D'après les calculs de Seijuro, il leur faudra trois jours pour le traverser et atteindre la côte puis l'île où devrait se trouver l'Orbe.

Le garçon était curieux de découvrir le pays de Nash, mais également très inquiet à l'idée de croiser quelqu'un qui le connaîtrait ou pire, un membre de sa famille. Le pays de Kinzaku était grand, peu large. En raison des conditions climatiques extrêmes, la population était concentrée dans certaines zones géographiques très limitées.

Comme tous les soirs depuis sa rencontre avec Aomine Daiki, Seijuro peinait à trouver le sommeil. Il voulait savoir quel était ce message que Nash avait voulu lui transmettre. C'était forcément quelque chose de la plus haute importance. Un simple "je t'aime" ou "je pense à toi", lui suffirait. Et à vrai dire, le seul fait d'avoir croisé Aomine lui redonnait espoir. Nash pensait à lui de là où il était.

Et si Nash était parvenu à se libérer ? Et si son entreprise ne servait plus à rien ? Bien évidemment, Seijuro ne retournerait pas au palais. Maintenant qu'il était libre, il voulait le rester.

Alors qu'il sentait enfin que le sommeil allait l'emporter, Seijuro remarqua un éclat près du promontoire rocheux à lauré de la clairière. Aussitôt, le garçon se releva et saisit le fourreau de son épée. Sans un bruit pour ne pas réveiller ses acolytes, il s'éloigna vers la petite lumière qu'il avait vu. Son cœur battait à toute allure dans sa poitrine et il avait l'impression qu'il pouvait l'entendre à l'autre bout de la forêt.

Seijuro contourna la roche, à l'affût du moindre mouvement. Il repéra des traces dans l'herbe et les suivit. Une branche craqua sur sa droite. Le garçon se retourna et dégaina son épée qui illumina la forêt alentour et Aomine Daiki.

-Salut, dit le criminel.

Seijuro garda son épée brandie devant lui.

-Que veux-tu cette fois ?

-Juste te parler, Akashi Seijuro. J'ai un message à te transmettre, non ?

-Il me semblait que cette mission ne t'enchantait pas.

-C'est le cas. Mais j'ai fini par y trouver un intérêt personnel.

Seijuro n'avait pas d'autre choix que de l'écouter. De toute façon il n'avait rien à perdre. Il garda son épée menaçante devant lui et surveilla chaque mouvement du criminel.

-Je t'écoutes.

-Nash Gold m'a demandé de te prévenir qu'un mage noir risquait de chercher à sympathiser avec toi afin de te voler un artefact. Voilà.

-Ça pourrait être toi le mage noir.

Aomine haussa les sourcils, surpris.

-T'as pas tord. Mais moi je n'ai aucune intention de te rejoindre dans ta quête. Je ne fais que te transmettre un message.

-Rien ne me prouve que tu ne vas pas nous suivre comme tu le fais depuis quatre jours.

-Certes, mais...

Seijuro n'eut qu'à peine le temps de voir quelque chose d'argenté miroiter devant ses yeux, puis s'enfoncer dans le front d'Aomine Daiki. Ses yeux bleus nuit désorbitèrent et il tomba à la renverse. Sa tête heurta le sol et ce fut la dernière douleur qu'il ressentit.

Seijuro resta pétrifié une seconde d'effroi avant de se précipiter vers l'homme à terre. Mais ses yeux vides, déjà baignés de sang, lui indiquèrent qu'il venait de mourir.

Dans l'ombre de la forêt se tenait Midorima, arc à la main.

-Pourquoi ?! Hurla Seijuro.

-C'était un bandit.

-Il était en train de me transmettre des informations capitales !

Midorima fronça les sourcils.

-Tu croirai un criminel ? Un type qui a massacré tout un village pour le plaisir ?

Seijuro se releva d'un bond, poings serrés. Il sentait la rage qui l'avait déjà habité chercher à émerger et à le dominer. Il ne voulait pas faire de mal à Midorima mais il avait beaucoup de mal à se retenir à cet instant.

-Oui, je le crois ! Il savait des choses que...

-Akashi-kun ? Que se passe-t-il ?

Tirés de leur sommeil, Kise, Murasakibara et Kuroko arrivèrent à leur tour. Avant de perdre le contrôle de ses émotions, Seijuro se précipita vers Kuroko, lui agrippa le bras et lui demanda de le suivre. Aomine Daiki était mort. Et malgré le fait que c'était un criminel, Seijuro avait confiance en sa parole. Ce qu'il savait, il ne pouvait que le tenir de Nash. Ce n'était pas lui le mage noir.

Non ?

Ce serait une idée plus réconfortante maintenant qu'il était mort.

-Akashi-kun ?

Dans tout ses états, le garçon se mit à faire les cent pas, la main sur le front.

-Aomine Daiki avait un message pour moi. De la part de Nash.

-Oui, je sais.

-Il m'a dit qu'un mage noir allait chercher à m'approcher pour me voler l'artefact.

-Vous le croyez ?

-Oui !

Seijuro s'immobilisa et regarda Kuroko droit dans les yeux.

-Je le crois. Il n'aurai jamais pu inventer une histoire pareille ! Qui d'autre que Nash aurait pu lui demander de venir à ma rencontre.

-Mais comment Nash-san aurait-il su pour l'artefact ?

-Il...

-Ou même pour le mage noir ?

-Je ne sais pas... De là où il est peut-être que...

Le visage de Kuroko s'emplit de douceur et il avança vers Seijuro avant de poser sa main sur son épaule.

-Vous devriez vous calmer et y repenser plus tard.

-Je suis navré, Tetsuya... Je dois te demander comment tu as décidé de choisir Kise, Midorima et Murasakibara pour cette expédition.

Aussitôt, la main de Kuroko se crispa.

-Il n'y a aucun mage noir parmi eux.

-Midorima aurait pu tuer Aomine pour qu'il ne me donne pas d'informations complémentaires.

-Ne devenez pas paranoïaque, Akashi-kun. Je connais Midorima-kun depuis plusieurs années.

-C'était un de tes amis d'enfance. Mais entre temps il aurait pu...

-On naît mage noir. On ne le devient pas.

Seijuro sentit qu'il ne pouvait pas ébranler les certitudes de Kuroko. Il avait confiance en ses amis. Une confiance aveugle ? Quelle était l'étendue des pouvoirs d'un mage noir ? Serait-il capable de tromper l'esprit de Kuroko ?

-Tu as raison, Tetsuya. J'y réfléchirai demain...

Le lendemain matin, il préféra ne pas en reparler. Seijuro se contenta d'analyser les comportements des garçons. Il voulait y déceler des traces suspectes. Mais à trop chercher, il risquait de trouver et d'être biaisé.

Néanmoins, il ne pouvait pas rester dans cette situation incertaine. Mais comment savoir s'il y avait un traître parmi eux ? Ne pouvait-il que se tenir prêt le jour J, quand il récupérera l'artefact ? Certes, Seijuro savait où le trouver, mais il ignorait comment l'obtenir. Pourra-t-il protéger l'artefact à ce moment délicat ?

Et si Kuroko avait raison ? Et si Aomine était le mage noir et avait cherché à le tromper ? Après tout, comment Nash aurait-il pu savoir qu'il allait chercher un artefact ? Comment aurait-il pu savoir qu'un mage noir chercherait à le voler ? Nash n'était pas devin.

Mais un mage noir se serait-il laissé tué par une flèche ?

Avant de reprendre la route, Seijuro retourna vers l'endroit où Aomine l'avait entraîné la veille. Son corps n'était plus là. Ne restait qu'une tâche de sang dans l'herbe. Cependant sur la terre humide se trouvait un sillon qui partait vers les profondeurs de la forêt.

Seijuro entendit des pas derrière lui. Il se retourna en un clin d'œil, la main sur le pommeau de son arme.

-On va partir, Aka-chin, lui annonça Murasakibara de sa voix égale.

-Où est son corps ?

Murasakibara haussa les épaules.

-Des charognards ont dû le voler dans la nuit. J'ai entendu des grognements.

Les épaules de Seijuro s'affaissèrent. Il aurait voulu donner une sépulture digne de ce nom à Aomine. C'était la moindre des choses. Cet homme était un criminel, mais Seijuro ignorait la grande partie de son tableau de chasse. Il était avant tout son informateur et, instinctivement, il croyait en ce qu'il lui avait dit.

Le groupe repris la route, laissant derrière eux la dernière forêt avant les terres asséchés et venteuses du pays de Kinzaku. Le sol, trop riche en métaux divers et variés, ne laissait pas la possibilité aux plantes de pousser. Les lacs étaient toxiques pour la plupart, colorés, seulement peuplés de bactéries extrêmophiles. Et pourtant, au milieu de ces terres inhospitalières se tenaient d'immenses villes, souvent encastrés dans les montagnes pour se protéger des vents. Dans ces mégalopoles vivaient la majorité des habitants de Kinzaku. Seijuro savait que c'était probablement là que Nash avait grandit. S'il s'aventurait à l'intérieur, croiserait-il une personne aux cheveux aussi blonds que les siens ? Aux yeux de jade ?

Même si Seijuro était dévoré de curiosité, il savait qu'il n'avait pas de temps à perdre. Il préféra contourner la grande ville plutôt que de faire une halte. À quelques kilomètres, ils empruntèrent un passage pour atteindre la côte.

Le vent sec de Kinzaku se transforma en brise iodée. Face à eux, l'immensité de l'océan, les falaises blanches, les oiseaux, les vagues et la plage de galet. Il leur fallait désormais descendre vers le sud pour atteindre l'île où devait se trouver l'Orbe.

Durant toute la fin du voyage vers l'île, Seijuro se montra encore plus suspicieux envers les garçons qui l'accompagnait. Chaque mimique, chaque geste, était soigneusement analysé. Ce manège n'échappa pas à Kuroko.

À un jour de marche de l'île, Seijuro hésita à partir seul. D'après le rythme de la marée, il pourra atteindre l'île avant midi. De plus, ils étaient désormais si loin de Shuto qu'il n'y avait plus de danger. Le plus grande menace était ce mage noir inconnu. D'ailleurs, à bien y réfléchir, c'était probablement le même mage noir qui l'avait envoyé dans la dimension Omega. Mais pourquoi ? Pour pousser Nash à venir le sauver ? Pour le tuer grâce au sceau des Shirogane ? Le plan était-il d'enfermer Nash dans la dimension Omega à son tour ? Tout ça pour... l'Orbe ?

Tandis que les garçons étaient en train de chercher le sommeil, allongés autour du feu, Seijuro commença à rassembler ses affaires. Il se leva une fois tout le monde endormis et rejoignit Yukimaru.

Il accrocha son sac à la selle de la jument et mit un pied dans l'étrier pour monter sur son dans quand il main attrapa sa veste.

-Je vous interdis de partir, Akashi-kun, ordonna Kuroko avec une voix inhabituellement dure.

Seijuro se tourna lentement vers lui.

-Vous avez voulu que je trouve du monde pour assurer votre protection et vous accompagner. Vous ne pouvez pas nous abandonner à quelques heures de notre objectif.

-Tetsuya... je n'ai jamais eu besoin d'autre protection que la tienne. Je voulais surtout me fondre dans un groupe, comme ceux qui quittent régulièrement la capitale pour partir à l'aventure... Mais nous sommes dans la dernière ligne droite et je peux le faire seul. Je dois le faire seul.

-Certainement pas !

Seijuro fronça les sourcils.

-C'est encore cette histoire de mage noir, n'est-ce pas ? Demandât Kuroko.

-Oui.

-Je vous ai répété que ni Murasakibara-kun, ni Midorima-kun, ni Kise-kun n'étaient des mages noirs. Vous croyez la parole d'un criminel plutôt que la mienne ?

-Actuellement, je ne crois personne. Je fais ce qui me paraît le plus censé. À savoir continuer seul.

-Et ensuite ? Vous allez retourner seul au mont Karasu ?

-Peut-être.

-Je ne suis pas d'accord avec ça ! Je ne peux pas vous laisser partir seul. Je suis chargé de vous protéger en toutes circonstances.

Seijuro soupira. Il ne voulait pas blesser Kuroko en le laissant de côté ainsi.

-Accepterai-tu de venir avec moi ? Rien que toi.

Kuroko regarda derrière lui ses trois amis qui dormaient.

-C'est moi qui les ai entraîné dans tout ça... Je... Akashi-kun, allons tous ensemble chercher l'artefact.

-Soit j'y vais seul, soit j'y vais avec toi. Mais pas avec eux. C'est hors de question.

Les yeux de Kuroko passèrent de Seijuro à ses amis jusqu'à ce qu'il prenne sa décision. Il finit par aller chercher ses affaires et monter sur son cheval. Discrètement, dans la nuit noire, les deux garçons s'éloignèrent. D'après les calculs de Seijuro, ils devraient arriver vers midi face à l'île, soit quand la mer sera basse.

Il avait observé le cycle des marrés depuis qu'ils longeaient la côte. L'île n'était accessible qu'à marrée basse, pendant environ trente minutes. Il était improbable qu'il parvienne à récupérer l'artefact en moins de trente minutes donc ils devront attendre sur l'île la prochaine marrée basse. Ce n'était pas la perspective la plus réjouissante.

Au petit matin, ils firent une halte de quelques minutes pour manger avant de reprendre la route. Seijuro prit le temps de contempler l'Océan. En raison de la topographie de la côte, il avait du mal à voir l'évolution de la marrée.

Au bout de plusieurs heures, enfin, l'île était en vue. C'était un amas de roches sombre se dressant dans l'océan. Des oiseaux tournaient tout autour se posaient de temps en temps. On pouvait discerner des lieux de nidification au sommet des rochers. Le silence qui régnait autour de cette île lui donnait un air oppressant.

-La marrée n'est pas basse, remarqua immédiatement Seijuro.

Le chemin rocheux qui permettait d'atteindre l'île était encore engloutis pas plusieurs mètres d'eau.

Seijuro descendit rageusement du dos de Yukimaru et s'approcha de la falaise qui bordait la plage d'où partait le chemin.

-Vous avez peut-être fait une erreur dans vos calculs.

-Non ! Hier, la mer était basse à onze heure. Elle se décale de presque une heure par jour. Mais là, compte tenu de la quantité d'eau... il reste au moins trois heures avant que le chemin ne soit dégagé !

-Peut-être que la plage a une topographie particulière qui fait que la mer se retire très vite à la fin... tentât Kuroko dans l'espoir de calmer Seijuro qui commençait à s'agiter.

Le garçon, dans ses pensés, ne prit pas la peine de répondre. Il faisait des allers et retour sur le bord de la falaise. Est-ce que Yukimaru parviendrai à suivre le chemin si seul un mètre d'eau le recouvrait ? Pouvait-il tenter d'accéder à l'île à la nage ?

-Akashi-kun, nous voyageons depuis plusieurs semaines. Sans vouloir vous vexer, je ne pense pas que trois heures d'attente changerons grand chose à ce stade.

-Je ne comprend pas d'où vient mon erreur... J'observe les marrés depuis des jours... Nous avons longés des centaines de plages et de falaises aux formes très diverses... Le rythme des marrés n'a jamais changé. Elle se décale d'une heure par jour. Elle est basse toutes les douze heures. Qu'est-ce qui m'échappe ?

Seijuro parlait tout seul et continuait à faire les cents pas. Kuroko soupira et descendit de son cheval. Il voulu aller vers lui pour essayer de le calmer et de trouver les mots pour le rassurer, en vain. Même s'il lui parlait, il sentait que Seijuro était hermétique.

Ils scrutèrent la mer en silence pendant que les minutes s'écoulaient. Les rochers ne se découvraient pas. Les vagues s'écrasaient toujours à la même hauteur. Peut-être que Kuroko avait raison et que la mer se retirait d'un coup ? Après tout, ce lieu n'obéissait peut-être pas à la même logique. Rien ne semblait tourner rond ici.

À une demie-heure de la marée basse, les deux garçons entendirent des chevaux approcher. Murasakibara, Midorima et Kise avaient eu le temps de les rattraper.

-Finalement, c'est à toi qu'on ne peut pas faire confiance, fit remarquer Midorima en descendant de sa monture.

-A ce stade, votre présence ne change plus rien, répliqua Seijuro. Seul un Akashi peut remplir cette mission.

-A ta guise si tu souhaite nous payer à ne rien faire.

L'argent n'avait jamais été le problème. Seijuro ignora cette remarque et resta concentré sur la marée. L'eau s'était un peu retirée depuis leur arrivée, mais pas assez pour dégager le chemin.

-J'irai seul sur l'île.

-Akashi-kun...

-J'ai dit : j'irai seul sur l'île.

Midorima croisa les bras sur sa poitrine.

-Nous sommes des aventuriers. Nous aussi nous avons envie de la découvrir. Désolé, mais tu ne nous en empêchera pas. Nous n'avons pas à obéir à chacun de tes ordres.

-Je vous paie, comme tu l'a si bien fait remarquer.

-Ça ne te donne pas le droit de nous tenir en laisse.

Cette réflexion calma Seijuro. Tenir en laisse. C'était ce qu'il avait subit pendant des années. Même si le contexte était différent, elle lui fit mal au cœur.

A ce moment, sous leurs yeux, la mer se retira d'un coup, comme aspirée au loin. De petits tourbillons apparurent près des rochers au loin en raison de la vitesse de l'eau. Seijuro se précipita pour descendre sur la plage et rejoindre l'île. Il entendit les pas des autres derrière lui. Tant pis. Il devra compter sur Kuroko pour les gérer.

Il traversa en courant, faisant attention à ne pas glisser sur les roches encore mouillées, le chemin qui menait à l'île. Un petit sentier, semblable à un escalier creusés dans la pierre montait vers le sommet de l'île.

Environ dix minutes après le recul de l'eau, celle-ci revint envahir la plage, refermant le passage pour les douze heures à venir.

Les garçons suivirent l'escalier. Ils grimpaient, encore et encore, mais ils n'avaient pas l'impression d'avancer. Le sommet semblait toujours aussi loin, la plage ne bougeait pas alors qu'ils montaient, encore et encore, les marches.

Après ce qu'il leur sembla plus d'une heure de marche, ils arrivèrent à un promontoire rocheux, à mi-hauteur de l'île. Le chemin n'allait pas plus loin. Ils étaient pourtant seulement à une cinquantaine de mètres d'altitude. Sur la gauche, dans la roche noire, se trouvait une ouverture plus sombre que la nuit. Aucune lumière ne semblait pouvoir entrer dans la cavité. Impossible d'en déterminer sa profondeur. Ce n'était qu'une sorte de trou noir dans la roche.

Midorima s'approcha et toucha les rebords de la grotte. Il les sentait sous ses doigts mais quand il enfonçait sa main, il ne voyait plus cette dernière.

Seijuro s'approcha à son tour. Il posa sa main sur la roche et celle-ci s'illumina, éclairant l'entrée de la cavité. Émerveillés, les garçons s'approchèrent. Seul un Akashi semblait pouvoir pénétrer cet endroit.

-Restez ici.

Cette fois-ci, ils ne purent protester. Seijuro échangea un regard avec Kuroko. Quand il reviendra de cette grotte, ce sera avec l'Orbe. Et alors, si Aomine Daiki avait dit juste, quelqu'un cherchera à lui voler. Kuroko sera son meilleur atout.

-A tout de suite, Akashi-kun.

-Je reviens vite.

Seijuro s'enfonça dans la grotte, gardant sa main sur la roche. Les parois s'éclairaient petit à petit sur son passage. Quand il se retourna vers la sortie, il ne vit que le noir. Et s'il retirait sa main... il osait à peine l'imaginer. Il serai englouti par le noir le plus intense. Pourrait-il retrouver la paroi ? Celle-ci ne serait-il pas également avalée par cette singularité ?

Le garçon continua à avancer. Impossible de reculer à ce stade, malgré sa boule au ventre.

Au bout de ce qui lui sembla plusieurs minutes de marche qui n'en était peut-être qu'une seule, il parvint dans une immense salle. Les parois s'illuminèrent toute, dévoilant un promontoire rocheux qui s'enfonçait dans un lac de lave. Au bout du lac se tenait un petit piédestal sur lequel un orbe d'un blanc éclatant se tenait. Malgré la présence de la lave, il ne faisait pas particulièrement chaud. Une étrangeté de plus sur cette île hors des lois du monde.

L'orbe se tenait à cinq mètres du bout du promontoire. Impossible de l'atteindre en tendant juste le bras. Devait-il marcher sur la lave ? Le Grand Livre des Mondes ne disait rien sur les particularité de l'île et encore moins sur la façon de récupérer l'orbe. Seijuro supposait qu'il devait s'en remettre à son instinct.

Le garçon s'assit pour retirer ses bottes et s'approcha du bout du promontoire. Il descendit lentement un pied vers la lave. Pourquoi n'avait-il pas peur ? Il se sentait en confiance dans ce lieu. Il n'avait pas eu peur dans le couloir sombre alors que la situation était oppressante. Il n'avait pas peur de se brûler le pied.

Et quand sa plante de pied toucha la lave, celle-ci se transforma en glace. Une fine couche recouvra même les roches alentours. Seijuro sourit et posa le deuxième pied avant d'avancer d'un pas tranquille vers l'orbe.

Il était là. Enfin. Devant lui. L'Orbe des Mondes. Celui capable de libérer les mondes. Celui qui libérera Nash.

Seijuro tendit les mains vers l'Orbe et le saisit. Il eut l'impression d'attraper un nuage. Sa peau effleurait à peine la surface lisse et brillante et celle-ci semblait se dérober. Alors Seijuro voulu le saisir plus fort mais l'orbe se contracta et rétréci, comme s'il voulait lui échapper. Bientôt, ne restait qu'une petite balle, puis les mains de Seijuro se refermèrent sur le vide.

Où était-il ? Pourquoi, lui qui était un Akashi, il ne pouvait pas le saisir ? C'était impossible !

Seijuro regarda ses mains et vit alors la lueur en leur creux. Ses paumes étaient chaudes, éclairées de l'intérieur. L'orbe était là, en lui. La chaleur et sa force l'irradiait. Seijuro sourit et rapprocha ses mains de sa poitrine pour sentir cette force.

Il savoura cet instant hors du temps avant de revenir au présent. Il fallait repartir. Il songera plus tard au moyen de rendre l'Orbe des Mondes.

Seijuro retourna sur le promontoire, remit ses bottes et repris le chemin. Le couloir s'illumina de nouveau devant lui et après plusieurs minutes, le cœur battant la chamade à cause de l'excitation, Seijuro retourna dans le monde extérieur.

Il vit la douce lumière du soleil, sentit une brise et émergea du passage.

En une seule seconde, il n'eut que le temps de voir les trois cadavres sur le sol. Puis, il sentit quelque chose de froid et dur contre sa tête, un flot sombre en lui et il s'évanouit.