Rappel :
Cette fiction est classée MA, contenu Mature Explicite.
Chapitre 4 : Jour 4
Harry ouvrit les yeux lentement, papillonnant.
Il grimaça et referma les paupières, agressé par la lumière.
Agressé ?
Le choc lui fit ouvrir brusquement les yeux.
Il voyait !
Il voyait !
Il cligna plusieurs fois yeux sous la surprise et regarda partout autour de lui. Le monde était flou.
Flou mais visible.
La surprise le laissa tétanisé sur le lit.
L'homme avait-il fait exprès ? Son sort s'était-il dissipé par hasard ? Etait-ce à cause de sa demande de la veille ?
Il parcourut la pièce du regard.
Bien qu'il voit affreusement flou il pouvait distinguer la couleur crème des murs, le bleu profond du tapis et des draps du lit, le bois sombre des deux portes et des meubles et la lumière provenant de la fenêtre.
Il se leva brusquement et marcha rapidement vers la fenêtre.
Le soleil était bas et Harry supposa qu'il devait être 9 ou 10 heures.
Il sentit les larmes lui piquer les yeux. Il retrouvait un semblant de contrôle.
Sur l'espace autour de lui.
Sur le temps aussi.
Il ne savait pas depuis quand il était là. Deux ? Trois jours ? Mais à la différence de ses précédents réveils il avait une vague idée du moment de la journée.
Sa main sur le carreau il essaya de plisser les paupières pour mieux distinguer l'extérieur mais il n'aperçut pas grand-chose. Des massifs de fleurs rouges, des buissons et ce qui semblait être une forêt.
Cela ne l'aida pas à savoir où il était. Etait-il toujours en Angleterre ?
Il supposait ne pas être trop loin puisque la météo semblait la même que celle de Privet Drive.
Mais peut-être était-il sur le continent ? France ? Allemagne ? Belgique ?
Il soupira et recula.
Regagnant le lit il aperçut un parchemin sur les draps et le prit pour le lire.
Il lui sembla que l'homme avait fait l'effort d'écrire grand mais il n'en était pas sûr.
« Harry,
Tu trouveras ton petit déjeuner et des livres sur le bureau.
Mange tout. »
Pas de signature. Cela aurait été trop simple.
Une écriture souple, belle, élégante. Appliquée et sans faute.
Pour lui qui écrivait avec des pattes de mouches - remercions ces maudites plumes et les Dursley - cette écriture était vraiment impressionnante.
Il releva les yeux et aperçut son repas sur le bureau.
Il se leva à nouveau et se rendit compte qu'il était nu.
C'était une chose d'être nu et aveugle. Et une autre de se voir nu. Pudiquement il attrapa le drap et essaya de le nouer autour de lui mais le tissu était trop grand, le lit étant pour deux personnes. Alors il attrapa rapidement le plateau et se rassit, le drap sur le bas de son corps.
Son ventre gargouilla alors qu'il sentait l'odeur du pain grillé, du bacon et des œufs.
Voilà plus d'un mois qu'il n'avait pas eu de vrai petit-déjeuner, les Dursley lui jetant en général – et au mieux - une pomme dans la matinée.
Sans attendre il attaqua son repas, mangeant avec la fourchette posée sur le côté et s'hydratant avec un grand verre de jus de citrouille. Le jus, bien que frais, avait un léger goût mais Harry l'ignora. De toute façon l'homme lui avait déjà fait avaler au moins quatre potions différentes sans se cacher alors il doutait qu'il veuille l'empoisonner.
Après avoir avalé toute son assiette – à son étonnement il avait pu tout manger malgré la grande quantité pour son estomac déshabitué à la nourriture – il se leva et marcha vers la porte d'en face. Sa main se posa sur la poignée qu'il fit pivoter lentement.
Génial.
Il avait au moins accès à la salle de bain.
Il rentra dans la pièce et observa la grande baignoire. Il rougit brusquement en se souvenant du bain.
Merlin …
Il avait réclamé.
Il avait réclamé la main de l'homme, sa caresse appuyée et affolante.
Il avait gémi pour qu'il continu.
Il avait aimé.
Le mot était si faible.
A chaque fois cet homme lui faisait vivre des sommets de plaisir et il finissait pantelant, vidé mais satisfait.
Il frissonna.
Monstre. Déchet. Pédé.
Il détourna rapidement le regard et se rapprocha des toilettes pour se soulager.
La pièce était simple. Le carrelage blanc cassé.
Il n'y avait rien d'autre que le cabinet de toilette, un lavabo avec un savon, une simple douche et la baignoire d'angle.
Pas de miroir. Pas de serviette. Pas de rideaux.
Harry aurait aimé prendre une douche rapide. Mais il n'en avait pas vraiment l'autorisation. Si ?
Et puis de toute façon il n'y avait pas de quoi se sécher.
Il ferma les yeux un instant et eut l'impression de sentir les effluves de la veille.
Fleur. Bois. Mélasse. Eau de Cologne. Menthe.
Il inspira et rougit encore.
Un sursaut le prit quand il se rendit compte qu'il était excité.
Légèrement.
Pervers !
Pédé !
Il tira la chasse rapidement, se lava les mains en tremblant et se dépêcha de retourner se cacher sous les draps pour ne plus voir son corps. Ne plus penser. Oublier tout ça.
OoOoOoO
Harry était longuement resté dans le lit à penser à tout sauf à ce qui lui arrivait. Il s'était repassé un film qu'il avait entraperçu à la télévision en faisant la cuisine pour son oncle et sa tante. Trois fois. Se répétant inlassablement les paroles dont il se souvenait.
Mais l'ennui était revenu.
Alors lentement il était ressorti du lit et avait approché du bureau où quelques livres attendaient.
Vie et habitat des animaux fantastiques Tome 2 pour sorcier et sorcières confirmés. Intéressant, il ne savait pas qu'il y avait une suite à son manuel d'école.
Le Quidditch à travers les âges. Classique mais pas moins désagréable.
Les grandes victoires du Quidditch du XIVème siècle à nos jours. Celui-là il ne le connaissait pas. Il l'attrapa et l'observa rapidement. Il y avait quelques photos en mouvement et des explications de figures qui avaient permis de gagner à certaines équipes.
Il le posa sur le lit et regarda les deux autres livres qui semblaient beaucoup plus épais et anciens.
Sortilèges pour sorciers et sorcières souhaitant se protéger. Harry fut surpris du titre. Pourquoi un mangemort voudrait-il lui apprendre à se défendre ? C'était … inconcevable.
Il secoua la tête mais prit le livre dans ses mains. Il était lourd. Il sentait le vieux et les pages étaient abimées.
Il ouvrit la première page et se rendit compte que l'ouvrage était manuscrit. Et ancien.
Très.
La date était indiquée en bas ainsi que le nom de l'auteur.
1687. Catullus Double-Bazon.
Le nom ne lui rappela rien mais il posa le livre sur le lit pour le sélectionner. Au moins le feuilleter.
Son regard se posa sur le dernier livre.
Il rougit.
Hoqueta.
Plaqua bruyamment Le Quidditch à travers les âges dessus.
C'était quoi ça ?!
Il était hors de question qu'il ouvre – ou touche – un livre appelée : Luxure et lascivité : Découvrir les affres du plaisir à travers son corps et celui d'un autre.
Il s'assit loin de ce livre maudit et releva les genoux contre lui.
Pervers.
Déchet.
Monstre.
OoOoOoO
Harry lisait en silence Les grandes victoires du Quidditch du XIVème siècle à nos jours appuyé sur un oreiller.
Il avait lu un long moment le livre de Catullus Double-Bazon et bien qu'il soit vraiment très fourni Harry avait dû le refermer.
Les sortilèges et les explications étaient écrits dans un langage peut évident à comprendre et le brun avait senti un mal de tête poindre après quelques chapitres. Mal de tête augmenté par son absence de lunettes et l'écriture serré de l'auteur.
Alors il feuilletait en silence les images de Quidditch et les schémas.
Il avait bien essayé d'ouvrir la porte ou la fenêtre. En vain. Tout était fermé. A double tour.
Dehors le soleil avait atteint son apogée et redescendait lentement.
Quelle heure était-il ? 14 h ? 15 h ?
Il sursauta en entendant le bruit de la poignée et tourna la tête.
Il allait enfin voir son ravisseur ! Savoir quel mangemort s'amuser à l'enfermer !
Le noir le surpris.
Il ne voyait plus rien. Le sort s'était remis en place à peine la porte ouverte.
Qu'à cela ne tienne.
Il bondit hors du lit et courut vers l'entrée.
Son corps rencontra brusquement celui de l'homme et il se sentit basculer en avant.
Il se rattrapa, il ne savait sur quoi, il ne savait comment. Mais il réussit à se stabiliser et à s'extirper de la chambre.
Il fit trois pas.
Trois pas qui lui donnèrent un goût de liberté.
Trois pas qui le firent respirer à plein poumons.
Trois pas qui firent s'accélérer son cœur d'espoir.
Il fit trois pas.
Uniquement trois pas.
Quelque chose le frappa au dos.
Il tomba.
Hurla.
La douleur le fit se tordre sur le sol et il cria en grattant le parquet sous ses doigts.
Il cria.
Hurla.
Se débattit.
Le sort cessa.
Il gémit faiblement.
De douleur. De peur. D'angoisse.
Une main se posa sur son épaule. Une autre sur sa hanche. Il sentit que l'homme le soulevait, le portait vers le lit. Il entendit la porte se fermer emportant avec elle liberté et espoir.
L'homme le posa sur le lit et s'assit derrière lui.
- Sais-tu Harry que si tu es sage je te récompenserais mais que si tu tentes de résister ou de t'échapper alors tu seras puni ?
Il ne répondit pas. Ne bougea pas. Il sentait la main de l'homme sur sa hanche mais avait trop peur de se prendre un nouveau sort pour se débattre.
- Peut-être n'as-tu pas bien entendu ?
- S…si…
- Si qui ?
- Mon… sieur…
- Bien.
La main caressa son ventre et il ne put s'empêcher de gigoter légèrement.
- Non, ne bouge pas. Raconte-moi ce que tu as lu.
Harry hésita mais finit par ouvrir la bouche en sentant la pointe d'une baguette sur son torse.
- Je… j'ai lu… le livre… le livre de Sortilège.
- Explique-moi ce que tu as appris.
Il obéit en bégayant un peu, la main sur son ventre et sa hanche le déconcentrant mais il essaya de résumer ce qu'il avait appris. Il ne comprenait pas pourquoi l'homme lui demandait ça mais il obéit. C'était beaucoup plus simple de parler que de sentir à nouveau le sort lui brûler la peau et les nerfs.
Il s'arrêta cependant de parler quand après avoir entendu une fiole s'ouvrir il sentit un liquide chaud être versé sur son torse. Sur ses tétons plus exactement.
- Qu… que faîtes-vous ?
- Calme-toi Harry. Tu m'expliquais le sort de bouclier terrestre.
- J…
- Continue.
Il obéit, continuant de raconter ce dont il se souvenait.
La main glissa de sa hanche vers son torse et il se crispa alors qu'un doigt se posait sur son téton pour le masser lentement.
- M…monsieur ?
- Respire Harry. As-tu lu le chapitre sur le sortilège d'expulsion ?
- O…oui…
- Raconte-moi.
- Non…
- Harry. Si tu es sage je te récompenserais mais que si tu tentes de résister ou de t'échapper alors tu seras puni.
Il hoqueta et reprit son explication. Essayant de faire abstraction des mains – car maintenant les deux étaient sur lui – qui caressaient son torse et ses tétons.
Pourquoi faisait-il ça ?
Il se souvenait de la voix de Seamus qui commentait une image d'une jeune femme nue. Qui expliquait à qui voulait bien l'entendre dans le dortoir – principalement Dean et Ron, lui-même et Neville étant beaucoup trop timides – que les femmes adoraient qu'on leur touche les seins, la poitrine, les tétons. Que c'était son cousin Robin qui lui avait dit. Et que son cousin Robin il s'y connaissait en femmes car il en avait fréquentait quelques-unes.
Mais lui il n'était pas une femme.
Alors pourquoi l'homme faisait-il ça ?
Sa peau chauffait doucement.
Harry aurait pu trouver cela agréable si ce n'était pas cette partie-là de son corps et si ce n'était pas cet homme inconnu qui le touchait.
Il se mordit la lèvre au milieu de sa phrase alors que les doigts devenaient plus insistant.
- M…monsieur ?
- Oui.
- J'ai faim…
Peut-être que s'il demandait à manger, l'homme arrêterait de toucher sa poitrine ainsi ?
Comme s'il était une femme.
Comme si…
Un bruit de transplanage le fit sursauter et il sentit quelque chose être glissé sur le lit à ses côtés.
- Laisse-nous.
Second bruit de transplanage. Etait-ce un elfe ?
Sûrement.
- J'espère que tu aimes les légumes.
Le plateau fut déplacé et posé sur ses genoux et l'homme manœuvra doucement sa main pour lui mettre un grand verre entre les doigts.
- Bois.
- Qu'est-ce ?
- Du jus de citrouille avec une potion nutritive et qui t'aidera à avaler ton repas en entier.
Harry serra ses doigts sur le verre.
Evidemment l'homme avait deviné. En même temps il ne fallait pas être Merlin pour comprendre qu'il était peu nourri.
Il n'y avait pas de miroir dans la salle de bain mais Harry savait ce à quoi il ressemblait. Petit. Malingre. La peau sur les os lui donnant un air maladif à peine contrasté par sa peau halé d'avoir passé un mois à désherber.
- Bois Harry.
Le brun obéit et avala lentement le jus, savourant le goût sucré et familier.
Se concentrant sur ses papilles pour oublier la main qui massait encore son téton gauche.
Comme une femme.
Il posa lentement le verre en essayant de ne rien renverser.
- Vous m'aidez ?
Tout pour qu'il arrête cette caresse.
- Avec plaisir Harry.
L'homme lâcha enfin sa peau et lui souffla d'ouvrir la bouche avant de le nourrir. Lentement. Bouchée par bouchée.
Il était doux, patient.
Harry l'entendait même soufflait légèrement sur le flan avant de lui donner, certainement quand il estimait que c'était trop chaud.
Le moment dura longtemps et Harry ne fit rien pour l'écourter. C'était plus simple que de subir les caresses de l'homme.
Bien qu'il doutait que cette pause durerait éternellement.
Mais elle était agréable.
Comme la veille, il sentait le torse de l'homme contre son dos - cette fois ci habillé.
- As-tu aimé lire aujourd'hui Harry ?
- Oui, mais …
- Mais ?
- Sans mes lunettes, c'est désagréable. Et ça me donne mal à la tête.
- Je vais y réfléchir. Redresse-toi.
Il obéit.
Le repas était terminé.
Il serra ses doigts sur le drap, prêt à se recevoir un sort.
Ce drôle de sort qui le rendait toute chose.
Il serra ses doigts sur le drap, son souffle s'accélérant.
Angoisse. Peur.
L'homme bougea dans son dos, se releva puis il le sentit se pencher sur lui.
Angoisse. Peur.
Quelque chose se posa sur son front. Légèrement humide. Doux.
Des lèvres.
- Bonne nuit Harry.
Puis il l'entendit s'éloigner, ouvrir puis fermer la porte.
Partir.
Le brun cligna des yeux alors que sa vue revenait peu à peu.
Il faisait désormais nuit dans la chambre.
Et bien qu'Harry puisse sentir les résidus du parfum de l'homme, il était seul.
Seul.
Fin de chapitre
Encore un jour de passé.
Que pensez-vous de l'emprise des mots des Dursley ? Du comportement de Harry ? Des ses ressentis ? Et des actions de l'homme ?
Merci de m'avoir lue
