Cette fiction est classée MA, contenu Mature explicite.


Chapitre 5 : Jour 5

Harry se réveilla en douceur, un rayon de soleil caressant sa joue.
Il était surpris d'arriver à dormir aussi bien avec tout ce qui lui arrivait.

Une potion ? Sûrement.
L'homme lui avait bien avoué lui en donner pour son estomac et sa maigreur. Alors pourquoi pas pour son sommeil ?

Oui. Ce devait être ça.

Ouvrant lentement les yeux il fut heureux de constater qu'il y voyait. Et son bonheur augmenta quand il reconnut l'éclat de ses lunettes.
Il les enfila rapidement et soupira.
Enfin.

Evidemment, la chambre n'avait pas changé en soi.
Mais il pouvait désormais l'examiner plus en détails. Et pour lui c'était un pas de plus vers un semblant de liberté.

Il s'étira avant de se lever. Des serviettes étaient posées sur le bureau, à côté des mêmes livres que la veille. Cela voulait-il dire qu'il avait le droit de se laver ?

Il hésita.
Il sentait encore sur son torse des résidus de ce quelque chose.

Il y avait la serviette. Mais était-ce une autorisation ?

Oncle Vernon avait déjà fait ça. Laisser une assiette sur la table à sa place d'habitude vide. Laisser un jouet pas loin de son placard. Ou laisser la porte de sa chambre ouverte.
A chaque fois il avait osé supposer qu'il avait le droit. Et la punition était tombée.

Douloureuse et implacable.

Il ignora la douche et posa les yeux sur les livres.
L'homme ne lui avait pas explicitement dit qu'il avait le droit de les lire. Et il l'avait fait.
L'homme avait juste écrit « Tu trouveras ton petit déjeuner et des livres sur le bureau. Mange tout. ».
Pas d'autorisation pour les lire. Et pourtant Harry y avait touchés, les avais lus, les avait feuilletés et l'homme n'avait rien dit.

Donc il ne dirait rien pour la douche ?
Il se leva et marcha vers la serviette pour la prendre dans ses mains. Il pouvait bien tenter ?

Prenant son courage à deux mains et décidant qu'au pire il pourrait supporter une punition injuste – il n'en été pas à sa première – il marcha jusqu'à la douche et alluma l'eau.

Courageux mais pas téméraire il n'alluma cependant pas l'eau chaude et se lava rapidement frottant son torse pour enlever la sensation du liquide visqueux et des doigts. Frottant sa peau pour effacer le toucher.

Il sortit rapidement de crainte d'être surpris et/ou rejoint et se sécha en savourant la douceur de la serviette sur sa peau. Puis se faisant à l'idée il retourna dans le lit nu et se mit à lire un nouveau chapitre du livre de sortilège.

OoOoOoO

Harry s'ennuyait désespérément.
Il avait mal aux yeux et à la tête à force d'avoir lu.
Il avait tellement lu !

Il ne savait pas quelle heure il été mais il avait vu le soleil monter haut dans le ciel puis engager une longue descente.
Longue.
Affreusement longue.

Il avait lu pas moins de cinq chapitres du livre de Catullus Double-Bazon ! Puis après un repas seul - apparu par magie - il les avait même relu afin d'en comprendre les subtilités. Deux fois.
Et quand son cerveau avait failli se liquéfier il avait opté pour un sujet plus léger. Le Quiddicth par exemple.
Et il avait encore lu. Encore.

Jusqu'à avoir l'impression qu'il allait se mettre à pleurer d'être trop concentré.

Rien à voir avec le fait que lire lui faisait penser à Hermione et le Quidditch à Ron.

Que faisaient-ils ? Hermione était-elle entrain de visiter un pays et Ron de voler dehors ? Ou peut-être étaient-ils tous les deux au square avec l'ordre. Parce que l'ordre devait encore s'y réunir malgré… malgré la mort de Sirius.

Il renifla et sentit un sanglot monter.

Il s'ennuyait.
Il était seul. Sans Hermione, sans Ron. Sans Sirius.
Il pleurait.

OoOoOoO

- Harry ?

Le brun ouvrit les yeux et se redressa en sursautant.
Il faisait noir.
Il n'était plus seul.

- Tu vas bien ?

Non. Bien sûr que non.
Il l'ignora superbement et se roula sur le côté.

- Harry, réponds-moi.

Non.

- Harry …

Une main se glissa sur sa nuque et il se crispa.
Non.
Il ne voulait pas parlé. Il ne voulait pas être touché.
Pas par un homme ! Pas par cet homme !
Pédé, montre, déchet, violeur…

- Non !
Il se retourna et poussa la main avant de relever les genoux contre son torse pour se cacher.

- Harry…
- Ne me touchez pas !

Il entendit un soupir et sentit un mouvement de drap. Puis il entendit la porte et fut seul.

Seul.

OoOoOoO

Il faisait nuit quand il entendit à nouveau la poignée. Il ne tourna pas la tête, ne bougea pas. De toute façon il n'avait plus sa vue depuis que l'homme était venu tout à l'heure.

Alors à quoi bon ?

Il ne bougea pas non plus quand il sentit l'homme s'asseoir et le tirer vers lui, contre son torse chaud.

- Ouvre la bouche.

Harry obéit en silence. Il avait senti l'odeur de la nourriture alors il se doutait que l'homme allait le nourrir.
Il se laissa nourrir mécaniquement, ne faisant même pas attention au goût de la nourriture.
Il mâcha, croqua, avala sans se rendre compte de rien.

Il ne réagit même pas à la baguette sur la peau de sa nuque et au son de la voix de l'homme qui prononçait des mots désormais connus. Et détestés.

- Libidi Voccis.

Harry gémit de désespoir alors qu'il sentait encore la chaleur traitresse envahir son corps.

- Non…

Non, il ne voulait pas aller bien. Il ne voulait pas sentir cette chaleur, douce, délicieuse. Il ne voulait pas haleter sous les mains de cet homme, son ravisseur.

- N… non…

Il se sentit chaud et haleta. Ce n'était pas les mains de l'homme sur son épaule.
C'était sa bouche. Chaude, douce, humide.

- A…ah …

Il laissa sa tête aller en arrière sur l'épaule musclée et gémit.
La bouche léchait sa nuque, mordillait sa peau, embrassait avec insistance chaque parcelle.

Harry n'avait jamais gouté à cette caresse.

Les lèvres glissèrent vers son épaule puis son bras alors que des mains chaudes allaient caresser son ventre et ses cuisses.
Le brun ne fut alors plus que gémissement et plaisir. Il s'était senti durcir depuis un moment quand l'homme l'allongea sur le lit pour poser sa bouche miraculeuse sur son torse, ses tétons, son ventre.

Le brun cru défaillir quand la peau autours de son nombril fut attaquée. Délicieusement attaquée.

C'était si bon…

Les mains laissaient des cercles de feu sur ses cuisses et la langue traçait un chemin vers l'extase directement sur sa peau.
Un chemin qui avançait lentement vers le bas, laissant la peau humide et sensible.
Un chemin qui mena bientôt la bouche tentatrice jusque sur son sexe.

Harry cria.

Harry se débattit.

Repoussant l'homme sans douceur il lui cria d'arrêter.
Repoussant l'homme avec force il se débattit pour échapper à ça.

Il n'aimait pas cet homme ! Il ne le désirait même pas ! Il n'avait pas le droit ! Pas le droit de le toucher de cette manière ! Pas le droit de … de faire un de ces trucs de pervers !

Seamus avait beau dire que tous les hommes aimaient cette caresse … il savait lui ! Il se souvenait du jeune du quartier qui s'était fait lynché et qui avait dû déménager il y a de ça deux étés. Pris dans les toilettes de son établissement à genoux entre les jambes d'un autre.

Harry se souvenait de l'avoir vu au magasin. Bras dans le plâtre, tête basse et œil au beurre noir. Il se souvenait des regards dégoutés de tante Pétunia. De son murmure : « va au diable, détraqué ».

Il se souvenait des regards dégoutés des autres. Tous les autres.

- Harry …

- Non ! Ne me touchez pas ! Pervers ! Monstre ! Déchet ! Non !

- Harry.

- Non ! Pervers ! Pervers ! Pervers !

Il répétait en boucle ce même mot, les mains serrés autours de son corps, cherchant à fuir cet homme. Cherchant à fuir les regards dégoutés de sa tante, les mots de son oncle, les poings de son cousin.

- Harry !
- Non !
- Bien.

Le brun n'entendit pas les mots suivants, ne perçut pas la porte qui s'ouvrait et se fermait.
Le laissant seul.
Répétant les mots de son oncle.
Seul.

OoOoOoOoO

Harry se réveilla en sursaut.
Il avait pleuré longtemps et s'était endormi d'épuisement.

- Harry. Ouvre la bouche.

Il obéit à moitié endormi et fronça les sourcils en sentant le froid de la fiole sur ses lèvres.

- Hum…

Ce n'était pas la première potion qu'il buvait. Il soupçonnait une potion de sommeil sans rêve comme les fois précédentes – il n'avait après tout pas été visité par ses horribles cauchemars depuis qu'il était ici.
Il avala en silence et se reposa sur le matelas.

- B'nuit…

Une main se glissa sur sa nuque et il se fit violence pour entendre les mots.

- Bonne ? Longue nuit Harry. Demain je te laisserais, tu auras le temps de … réfléchir.

Le brun hocha de la tête sans comprendre et se laissa aller.


Fin de chapitre


Encore un jour de passé et des heures à venir qui s'annoncent ... longues ?

Je vous laisse y réfléchir.

Merci de m'avoir lue