Rappel : Fiction classée MA

Remarque : Si vous lisez ce chapitre à sa publication, attention, j'ai publié deux chapitres en même temps (le chapitre 9 étant particulièrement court).


Chapitre 10 : Jour 10

Harry ouvrit les yeux difficilement, réveillé par le soleil sur son visage. Il protesta vaguement et tira le drap sur lui.

Il ne savait pas qu'elle heure il était. Mais il savait qu'il avait mis longtemps à s'endormir. Très longtemps.
Une éternité à fixer le plafond en essayant de ne pas penser à son érection douloureuse.
En essayant de combattre l'envie de se masturber.

Pervers. Déchet. Monstre.

Il entendait la voix grinçante de tante Pétunia. Il sentait le souffle chaud de l'homme contre sa nuque.
Il voyait le regard dégoûté d'oncle Vernon. Il frémissait du toucher de l'homme sur ses tétons.

Pervers. Déchet. Monstre.

Il avait approché sa main, la glissant vers son sexe en érection.
Peut être juste … cinq minutes ? trois ? une ?

Pervers !

Non ! Non ! Il n'avait pas le droit ! C'était sale !
Il n'allait pas se toucher dans cette pièce ! Il n'allait pas se toucher en pensant aux doigts de l'homme.

Monstre !

Harry s'était mis à pleurer.
De peur. De rage. De frustration. De tristesse.

Il avait longtemps pleuré et le sommeil l'avait emporté sans qu'il ne s'en rende compte.

Alors ce matin, le réveil était compliqué.

- Monsieur Harry Potter ?

Le brun sursauta et se retourna pour être face à la petite créature.

- Missy ?

La petite elfe, remarqua Harry, était vêtue d'une sorte de robe, propre et d'un léger gris. On était bien loin de la taie d'oreiller de Dobby. La tenue bien que sobre était correcte.

- Monsieur Potter, votre bain est prêt. Le maître m'a demandé de vous réveiller.

- Je… j'y vais Missy.

- Bien monsieur.

Harry attendit que l'elfe parte mais elle le regardait toujours.

- Missy… tu peux… hum… partir ? Le temps que j'aille à la salle de bain.

L'elfe écarquilla les yeux et disparut dans un bruit caractéristique. Le brun soupira et alla se baigner, l'esprit amorphe.

Lorsqu'il sortit du bain, une serviette propre et chaude l'attendait ainsi que des draps propres et sentant le frais.
Il ignora le mot sur le bureau et alla regarder par la fenêtre, se fichant d'être nu.
De toute façon il était seul. Il n'y avait personne dehors.

Il n'y avait que lui.

Seul.

OoOoOoOoO

Harry lisait son livre de métamorphose avec attention. Missy était apparu dans la matinée pour lui poser un repas chaud, un jus de citrouille et lui rappelait que « le maître » attendait de lui qu'il travaille sur ses devoirs.

Après un long moment et beaucoup d'hésitation il s'y était mis.
Par crainte d'énerver son ravisseur. Et non pas pour autre chose.

Avec surprise il avait retrouvé son brouillon – il n'avouerait pas que ce n'était pas un brouillon – commenté et raturé à divers endroit avec une encre verte émeraude.
Des questions. Des remarques plus ou moins sarcastiques. Des pistes.

Harry avait pu cerner un peu mieux le travail demandé. Et avec l'aide des deux autres livres que lui avait laissé l'homme il avait pu trouver des précisions et des réponses.

Pour une fois le brun était satisfait d'un travail de vacanc. D'habitude il les faisait en vitesse à la rentrée à la lumière d'une bougie la veille de les rendre aidé de celui de Ron ou de Seamus.
Ce n'était pas comme si oncle Vernon lui laissait récupérer ses affaires ou faire autre chose que des tâches ménagères durant les vacances habituellement.

- Allez courage Harry. Plus que le propre à faire...

OoOoOoOoO

Harry souffla. Inspira. Expira. Inspira.

Il était allongé, parallèle au sol, ses bras soulevant son poids dans un rythme qu'il essayait de garder régulier et soutenu.
Il aurait surement dû compter ? Il devait être à la cinquantième ? Non ?

Il arrêta et s'assit sur le sol. Il était en sueur après ces cinquante – il supposait – pompes. Et les squats d'avant n'avait pas aidé à le garder propre.

Après avoir eu fini de rédiger sa rédaction de métamorphose, il s'était rapidement à nouveau ennuyé. Il avait somnolé dans son lit puis regardait dehors. Puis l'ennui l'avait repris.

Il voulait faire de l'exercice ! Bouger ! Faire autre chose que lire et dormir…

Puis il avait pensé au Quidditch. Et à leur entrainement.
Il ne pouvait pas utiliser de balais, il ne pouvait pas courir… mais il pouvait faire du sport. Comme sur le prospectus que l'infirmière avait donné à tante Pétunia, pour les problèmes de poids de Dudley. Problème que sa tante avait évidemment nié. Mais le prospectus avait trainé sur la table basse entre deux magazines et Harry l'avait trouvé en rentrant pour l'été.

Il se souvenait de quelques mouvements. Les pompes. Les squats. Le gainage. Les jumping-jack…

Alors il s'était mis en mouvement. Une série de squat. Une série de pompe.

Un peu reposé, il se remit au travail, comptant cette fois ci chaque répétition. Pour être sûr de bien faire et pour pouvoir en faire plus demain.

OoOoOoOoO

Harry eut un mouvement de sursaut quand sa vision disparu alors qu'il était en train de faire sa douzième pompe.
Il se redressa vivement, incertain.

- Monsieur ?
- Bonsoir Harry. Que faisais-tu au sol ?

Le brun était légèrement essoufflé et en sueur.

- De l'exercice monsieur.
- Vraiment ?
- O… oui…

Pourquoi hésitait-il ? Mince ! Il avait le droit de faire du sport ! Il avait le droit de faire autre chose que d'attendre les rares visites de son ravisseur !

Merde !

- Tu as fait tes devoirs ?

Sa colère retomba immédiatement. La voix était froide. Menaçante.
Harry repensa aux punitions d'oncle Vernon. Et à la punition de l'autre fois.

- Oui ! Tout est sur le bureau.

L'homme bougea, Harry le sentit. Il s'approcha du bureau et prit le parchemin en tête. Lui avait peur. Peur d'avoir mal fait. Peur que l'homme se mette en colère.

Le silence se prolongea et Harry se tendit au fur et à mesure. Etait-ce bon signe ? S'il continuait de lire c'est qu'il n'avait pas vu de trop grosse ânerie ? Non ?

- Mon… sieur ?
- Attend Harry.
- O… oui…

L'attente était stressante et le brun tremblait sans s'en rendre compte, le cœur à cent à l'heure et l'estomac serré.

- Bien.

Le bilan tomba dans ce silence angoissant.

- Approche.

Le jeune homme obéit sans attendre, comme monté sur ressort et il ferma ses yeux – aveugle – quand la main chaude de l'homme se posa sur sa joue et glissa sur sa nuque.

- Tu es couvert de transpiration.

- Je suis désolé ?

- Ne t'excuse pas. J'aime ça.

La remarque soufflée le fit déglutir. L'homme était un pervers. Un pervers qui était… excité par la transpiration ? En voulant s'exercer Harry n'avait fait que se jeter dans la gueule du loup ?

La main glissa sur son torse et pinça un téton, le faisant gémir.
Gémir ?
Pourquoi ? Pourquoi c'était devenu agréable ? Non !

Pervers ! Déchet ! Monstre !

Ce n'était pas agréable ! Non ! NON !

Il se laissa entraîner vers le lit en silence. Il se laissa positionner entre les jambes de l'homme. Il se laissa caresser le torse sans bouger.
L'homme était-il en train de le renifler ? Harry se sentit rougir à ce constat. L'homme était en train de le renifler !

- A… arrêtez…
- Pourquoi ?
- C'est … gênant…

L'homme ne répondit pas.
Quelque chose d'humide passa sur sa nuque le faisant sursauter. Une langue ?

- Qu'est-ce que vous faîtes ?! Arrêtez !
- Tais-toi Harry.
- Non.. s'il vous plait… non…

Il se débattait légèrement dans les bras de l'homme et sentit sa prise se resserrer. Cependant la bouche s'éloigna de sa nuque et il put respirer un peu mieux.
La main sur son torse bougea lentement vers ses tétons.

- M…monsieur ?
- Laisse-toi aller Harry. Ou peut-être préfères-tu que j'utilise le sort ?
- Non ! Non … je … je me détends. Je me détends…

Le brun se força à respirer, à penser à autre chose, à se calmer. Il ferma les yeux et pensa au quidditch. À la sensation de vent sur sa peau. À la vitesse qu'il faisait varier. À la douceur des nuages qu'il avait l'impression de frôler lorsqu'il virait de bord. À l'adrénaline.

À la liberté.

Son corps se détendit et il oublia un instant la chaleur de l'homme dans son dos et la main sur sa peau.

Mais le léger pincement sur son téton droit le fit revenir à lui.

- Reste avec moi.

Harry répondit par un vague oui. Il y avait quelque chose dans l'air ? Une odeur de bois… de mélasse…

- hum…

L'homme avait posé ses deux mains sur son torse et jouait avec ses tétons. C'était agréable.
Pourtant il ne sentait pas la substance gluante sur sa peau qu'il avait sentie les fois précédentes.

Devenait-il plus sensible ? Etait-ce possible ? Etait-ce un effet de la potion ?

Harry sentait sa température corporelle monter alors que les doigts sur ses tétons devenaient de plus en plus agréable. C'était doux, chaud, bon…

- Aimes-tu Harry ?
- M…mmm…

Cette fois ci lorsque la sensation humide revint sur sa gorge il ne fit rien. Ce n'était pas si dérangeant. C'était étrange au pire. Etrange et chaud.

- Mo…monsieur…
- Laisse-toi aller Harry. Respire doucement. Je sais que tu aimes.

Les caresses montèrent à la tête d'Harry qui se laissa aller contre son ravisseur, les yeux fermés et le souffle apaisé.

La bouche gourmande déposait des baisers appuyés sur son épaule, sa nuque, sa gorge … et il sentait la langue venir lécher sa peau à plusieurs endroits, plus ou moins longtemps. Les doigts titillaient son torse et revenaient régulièrement sur ses tétons qui devenaient de plus en plus sensibles aux caresses.

Au bout d'un moment dont il ignorait la réelle durée il s'aperçut qu'une main remontait sur sa gorge lentement. Les doigts se posèrent sur son menton et lui firent tourner la tête avant que l'homme ne l'embrasse avec douceur.

L'embrasse ?

L'embrasse !

Harry recula son visage et se débattit.

- Non !

Il repoussa l'homme et s'éloigna de lui. Il sortit du lit et partit dans la salle de bain.

Non !
Pervers !
L'homme n'avait pas le droit de l'embrasser ! C'était… c'était les gens qui les couples qui faisaient ça !
Déchet !
Il n'avait eu qu'un seul baiser avec Cho et … et l'homme… l'homme osait !
Monstre !

OoOoOoO

Harry était resté longuement assis sur le sol de la salle de bain. La chaleur de son corps avait depuis longtemps laissé place à un engourdissement, dû au carrelage froid, lorsque la porte s'ouvrit.

Le brun ne bougea pas. A quoi bon ? L'homme lui dirait s'il devait bouger. Après tout il était son otage.

- Harry.

Il ne répondit pas.

- Lève-toi. Viens.

Comme un automate – un peu rouillé – il obéit et se rapprocha de l'homme. Il tremblait. Il se sentait mal. Il avait repoussé l'homme.
Il tremblait. Il avait peur. Il avait repoussé l'homme et craignait la punition.
Qu'allait faire l'homme ?

Oncle Vernon … Oncle Vernon l'aurait frappé jusqu'à l'évanouissement.

Mais cet homme…

Qu'est ce qui était le pire ? Les coups ou le toucher de l'homme ?

- Assis-toi.

Le brun se posa sur le lit et se crispa. Il avait envie de se rouler en boule.
Il avait envie de pleurer.
Il avait envie de tout sauf d'être ici.

Mais alors qu'il tremblait d'être frappé, d'être touché, d'être torturé… il entendit la voix de l'homme parlait comme si lui-même n'était pas au bord de la crise d'angoisse.

Harry, craignant le moindre mouvement, la moindre respiration trop forte, le moindre clignement … mit cinq minutes à se rendre compte que l'homme lui lisait sa rédaction et la commentait à voix haute. Soulevant des tournures de phrases hésitantes ou maladroites et appuyant des idées intéressantes par un ou deux exemples.

La voix de l'homme était posée. Tranquille. Comme si rien ne s'était passé juste avant. Comme… un professeur commentant une rédaction – plutôt réussie mais améliorable – de son élève.

Le brun resta silencieux, restant sur ses gardes et fut soulagé quand le point final fut atteint. Les commentaires étaient plutôt positifs et il savait avoir réussi sa rédaction.

- Bien. Cela mérite à minima un Acceptable. A demain Harry.
- Mon…sieur ?

Sa voix était hésitante et faible mais il dû l'entendre car il répondit d'un ton calme.

- Oui Harry.
- Je … Non… rien… a demain. Bonne nuit.

Un bonne nuit lui fut répondu alors que la porte se fermait doucement.

Laissant une fois de plus Harry seul.
Seul.

Déçu ?