Chapitre très spécial qui fait ouvertement référence à cette œuvre de la BD française que sont les Eaux de Mortelune de Patrick Cothias, dessinée par Philippe Adamov.
Chapitre 262 : Mortelune
Nous voici en chemin pour ce royaume oublié et décadent. De mémoire, il y règne une faune assez particulière... Un prince pourri y domine par la terreur, un cousin envieux autant que belliqueux lui fait une guerre incessante, une cour pervertie, un Paris crasseux souffrant d'une vie sans eau. Il existe, force d'expériences génétiques, une population hybride que le prince a nommé "blêmes" ; considérés comme des sous-hommes, ils servent généralement de montures et ont été décrétés comme comestibles par le prince - il faut bien nourrir Paris affamé, que diable !...
La jolie voix de Hunt me tire de mes pensées.
"Je ne t'ai pas raconté : la milice de Malleus m'est tombée dessus récemment."
Je cligne.
"Que... voulait-il ?..."
"Il s'inquiète pour le sort de Wonderland. Surtout depuis qu'un joli élément perturbateur y a fait son entrée... Je n'ai pu en savoir plus ; tu connais Malleus... même sous la torture, il ne lâcherait rien."
Le prince loge à la Conciergerie.
Paris est très similaire à ce que j'avais connu.
Si je devais le résumer : des êtres excentriques, dépravés, pervers et ignobles dirigés par une sorte de monarque jouisseur et lubrique qui règne sur une cour des miracles bigarrée, composée de satires, d'obsédés sexuels et de dégénérés qui se vautrent dans la fange sexuelle la plus trouble.
Quant à Jérôme, comment le définierai-je ?... Une ordure délicate et cruelle ?
"Je suis très étonnée, tu sais, que tu en viennes..." dis-je à Hunt. "Cet univers demeure glauque à souhait, émaillé par la guerre que se livrent deux tyrans."
"Penses-tu que Wonderland soit un exemple de sobriété bienséante ?..." amusé. "Dans Vil, il m'arrive souvent de découvrir certains traits que je retrouvais chez Jérôme."
Nous y voici, je franchis les portes du vaste palais avec plus d'assurance qu'autrefois. Tant de chemin parcouru... tant d'obstacles franchis.
Nous sommes accueillis par Goliath - le nain capable de développer une puissance de combat insoupçonnée. Ah, Goliath... nos discussions franches, nos parties de rigolade, nos verbes cyniques. Goliath le rouquin demeure pour moi un univers à part entière.
"Tiens, tiens, tiens. Voyez-vous cela..." m'avisant. "Tu es venu accompagné, Chasseur ?... Accompagné par un visage familier. Qui n'a rien perdu de sa beauté." me faisant le baise-main.
"Bonjour Goliath."
"Si je m'attendais à cela !... J'en connais un qui en sera également fort surpris." nous conduisant jusqu'à la salle du trône.
Toujours la même faune qui copule dans les coins, à la vue de tous.
Hunt semble ne pas les voir.
Le regard aiguisé de Jérôme plisse à mon arrivée.
"Mon prince..." introduit Goliath. "Voici le Chasseur Hunt accompagné d'une fort délicieuse revenante."
"Ha ! Si je m'attendais à cela. Tu m'honores, Chasseur." trônant aux côtés de son épouse qui accuse le poids de ses années ; fripée, osseuse, lèvres retroussées sur des dents apparentes.
"Je ne présente plus mon épouse : Vera Lune."
"Inutile, en effet." soulevant son chapeau pour faire voltiger la plume.
"Quelle délicieuse surprise." amusé, tête penchée sur un poing fermé, jambe élégamment ramenée sur l'autre.
"Inutile que je me présente non plus."
"En effet."
Goliath me tourne autour. "Fidèle à mon souvenir. En plus femme, évidemment."
"J'y vois surtout une assurance aussi fièrement brandie qu'assumée."
"Mon prince." me courbant légèrement.
"Mon bon vieux Hunt, tu t'autorises là un bien joli joyau."
"J'en ai parfaite conscience, mon prince."
Il descend les quelques marches qui nous séparent, glissant deux doigts gantés sous mon menton.
"Comme si ce temps était d'hier. Pourtant... des décennies se sont écoulées. Le temps t'a embelli. Non que tu ne l'étais pas déjà mais... il te rajoute quelque chose de différent. Le temps te réussit mieux qu'à moi."
"N'y voyez aucune offense, mon prince." souriante.
"Tu accompagnes Hunt ?..."
"Absolument."
"Je veux te voir dans mes appartements privés tout à l'heure."
Hunt serre la mâchoire.
"Nous avons certains souvenirs à évoquer." regagnant sa place. "Goliath, aurais-tu l'obligeance de leur montrer où nous avons choisi de les loger ?"
"Bien sûr, mon prince."
Les couloirs me sont familiers. Nous traversons le vaste aquarium qui remplit tout l'étage.
"Le comble serait qu'un des Leech, voire les deux, vienne s'agglutiner à la vitre."
"Les Leech ?..." questionne Goliath à qui rien n'échappe.
"Des anguilles du clan Octavinelle."
"Des murènes." rieuse.
"Hmm mmm."
"Mademoiselle a des affinités avec l'une d'entre elles."
"Parfois les deux mais c'est rare."
Goliath se retourne, hilare. "Nous avons de très beaux spécimens de raies manta."
"Qu'est-ce qui te contrarie, dis-moi ?..." enserrant Hunt, placée dans son dos, notant que quelque chose le travaille. "C'est l'invitation du prince qui te chagrine ?"
"On ne peut rien te cacher."
"Je ne compte pas remettre le couvert avec Jérôme si c'est ce qui te tourmente."
"On ne refuse pas les avances du prince."
"Si. On les refuse poliment."
Il se retourne.
"Parce qu'on a d'yeux que pour un Chasseur blond comme les blés." allant l'embrasser.
J'entre au moment où Jérôme quitte son bain - un luxe dans ce Paris assoiffé.
Il m'invite à m'installer à mon aise sur un vaste canapé, lui-même en peignoir.
"Nous avons très peu parlé lors de notre rupture. Tu t'es pour ainsi dire sauvée du palais."
"Nous savions très bien de quoi il en retournait, Jérôme : j'étais jeune. Beaucoup trop jeune pour assumer de tels frasques."
"Je comprends. Et te voici de retour avec le Chasseur le plus compétent après Goliath." sur un sourire doux, doigts allant caresser mon visage. "Je vais t'apprendre une chose avant qu'elle ne te parvienne aux oreilles..." se levant pour nous servir un vin fin. "... je suis amoureux."
"Ah ?..."
"De la fille d'un négociant parisien."
"Oh ?..."
"Une jolie roturière." me présentant le verre.
"Rook trouverait cela sans doute fortement romantique."
"Rook met le romantisme à toutes les sauces." riant dans sa manche avant de faire tinter son verre contre le mien. "Je ferai en sorte qu'il ne t'arrive rien. Nous sommes deux à veiller sur toi. Trois, avec Goliath."
"Merci, Jérôme. Mais j'ai appris à me défendre. Je peux savoir où tu as déniché Rook ?"
"Oh, c'est une bien longue histoire !..." s'installant à mes côté, en appui sur un coude. "Au milieu des ordures. Il cherchait à se nourrir. Comme bon nombre de Parisiens."
"Rook est donc... Parisien ? Ce qui explique sa maîtrise du français..."
"Il ne m'a jamais précisé son lieu de naissance, ce qui laisse place au doute. Il ne parlait guère français lorsque je l'ai découvert ; quelques mots de base, tout au plus. J'ai immédiatement noté l'arc qu'il portait sur lui. Une arme peu usitée dans mon royaume." buvant une gorgée. "Il était... crasseux. C'était abominable. Je lui ai offert un bain. Et lui sa gratitude en retour."
"Ce qui explique aussi pourquoi il a fini par soigner son apparence."
"C'était un roturier, totalement illettré. Mais très bon chasseur déjà à l'époque, autodidacte de ce qu'il m'a dit... laisser pareille beauté à la merci des ordures a été au-dessus de mes forces. Je l'ai recueilli et instruit."
"Je vois. Le résultant est bluffant." sur un petit sourire.
"Il apprend vite." accorde Jérôme.
Je fus surprise de trouver Goliath, stationné devant la porte, à ma sortie.
"Goliath ?..."
"Je tenais à m'assurer que tout allait bien après cette entrevue." m'accompagnant jusqu'à la suite que j'occupe avec Hunt. "Je ne l'ai pas évoqué, par pudeur vraisemblablement, mais si partager l'espace de Hunt te dérange, je me ferai fort de te trouver des appartements plus intimes."
Je ris. "Ce ne sera pas nécessaire, Goliath. Hunt et moi partagerons bien plus que nos espaces de vie." explicite.
"Oh !..." souriant. "Voilà une chose qui me surprend à peine, je dois dire."
"Cela ne s'est pas arrangé, bien au contraire." carnassière.
"Il me tarde d'entendre tes récits autour de quelques mignardises."
Ah ! Le sens du verbe habilement mené par Goliath m'avait manqué !... Nous nous sommes toujours fort bien entendus et nos points de vue se rejoignent souvent.
Hunt ne me semble pas à l'aise. Et je suis loin de me douter pourquoi...
Chez le prince, il n'y a pas de murs opaques dans les appartements ; il s'agit, comme pour le Mostro Lounge, de parois vitrées renforcées qui contiennent l'eau d'un aquarium géant dans lequel s'ébattent des créatures marines - la superbe collection du prince.
"Qu'est-ce qui ne va pas ?..."
"J'ai l'impression que deux anguilles vont venir s'agglutiner à la vitre pour lorgner ce qui s'y passe." se secouant de dégoût.
J'éclate de rire.
"OK. Donc... nous ferons vœu de chasteté le temps de notre séjour." index barrant mes propres lèvres étirées en un sourire explicite.
Hunt cligne puis finit par rire lui aussi.
La fête bat son plein. Hunt et moi scrutons les invités qui se succèdent jusqu'à ce que la salle soit comble. Pour le moment rien d'anormal. Arrivent un homme bedonnant de haute stature, flanqué de sa fille en robe claire. La fille est une splendeur !...
Petit coup d'oeil à Hunt qui opine vaguement du chef.
Lors de la soirée, la jeune demoiselle, favorite du prince depuis trois ans maintenant, indétrônable, se fait alpaguer par Ariane de Clignancourt qui souligne à quel point la robe lui offre un attrait virginal.
La jeune pouliche rétorque derechef : "Elle vous rappelle sans doute une comptine de votre enfance... lorsque vous aviez mon âge."
"Brrr. Dis donc, c'est qu'elle mordrait presque !..." dis-je à Goliath.
"Pour moi, cela demeure du poison. Un poison dont le prince est malade."
Plus tard dans la soirée, il nous faut intervenir discrètement Hunt, Goliath et moi pour assurer les arrières du prince qui a choisi, par amour, de se substituer à sa belle roturière, désignée par le sort d'un jeu la désignant comme gibier lors d'une partie de chasse nocturne !...
"Cette situation me débecte au plus haut point." renifle Goliath.
Le prince apprécie régler ses comptes en sous-sol, à proximité de l'installation qui draine et filtre les eaux impropres à la consommation.
Hunt et moi sommes de la partie. Hunt placé en hauteur, arc armé, aux aguets.
Je préfère m'immerger pour profiter du nouvel avantage offert par ma nature spectrale.
Vu que les choses dégénèrent, Hunt les darde de flèches létales.
Pour ma part, le bout de ma caudale surgit lentement de l'eau et va s'enrouler autour de quelques chevilles pour noyer les opposants au prince, leur offrant une noyade en représailles.
C'en est assez. Floyd me manque atrocement. Ainsi que toute ma vie à Wonderland.
Il me saute littéralement au cou - ce qui est une façon de parler lorsqu'on mesure le mètre 91 !... - m'étouffant de câlins à mon retour.
"Tu m'as manquééééé, Shachiiiii-chan !... Je vais te garder tout contre moi pour les trois jours à venir !..."
"Ce qui sera sans doute très pratique durant le service." taquine Jade.
"Oh mais Jadeeeeee !..."
En terrasse avec Lune, sirotant un café.
"Lévichoute, je dois t'avouer un truc..."
Je pose ma tasse sur la soucoupe, attentive.
"Tu te rappelles quand tu m'as piqué Livaï ?..."
"Euh... oui. Enfin, ça s'est fait naturellement, hein !..."
"Oui, bah, on s'en fout !... Ben je ne suis pas restée là à vous regarder copuler à tout va." sur un sourire en coin.
Je cligne.
"Je me suis consolée dans les bras d'un grand blond." laissant volontairement planer le doute sur l'identité dudit blond !... Cela pouvait être aussi bien Erwin Smith que Reiner Braun.
"OK. Lequel ?"
"Hahahaha ! T'aimerais savoir, hein, petite curieuse ?... Ben je vais te laisser péter de curiosité, tiens !..." sirotant à son aise, savourant l'instant.
"Lune !..."
"Bah quoi ? Tu m'as piqué Livaï, je te rappelle !..." revancharde.
L'homme rejoint son véhicule qu'il n'a pas pris soin de verrouiller - après tout qui serait assez couillu dans le secteur pour s'attaquer à lui, ce baron notoire de la drogue ?
Il s'installe, notant immédiatement l'odeur d'essence qui y règne, siège conducteur détrempé.
Il grimace, écœuré face à l'état du cuir de prix, colère lui montant au nez.
C'est à cet instant que Floyd ouvre la porte opposée pour s'installer à son tour côté passager, laissé intact.
"Bordel !" le fixant. "Je peux savoir ce que tu fiches dans cette bagnole, petit con ?!" cherchant l'arme qui trône habituellement dans le bac côté conducteur.
Floyd lui présente l'arme de poing. "C'est ça que tu cherches, peut-être ?..."
"Rends-moi ça, enfoiré !" tendant les mains avec la ferme intention de s'en emparer.
Floyd étale sa large paume dans la face du gars, le repoussant.
"Doucement, doucement !..." d'une voix envolée.
L'autre jure de plus belle.
"Bon, avant que tu crèves lamentablement, je te rappelle qu'il ne fait jamais bon ne pas honorer un contrat signé avec Octavinelle."
"Où sont... mes... ?..." cherchant ses hommes de main des yeux.
"Mon frère s'en est occupé. Ils ne sont plus en état de faire autre chose que de gémir à ses pieds."
"PETITE... ORDURE !..."
"Hey, doucement j'ai dit !..." sortant un briquet, le faisant lentement balancer devant son regard hétérochromique.
Au moment où l'homme veut ouvrir la porte pour se sauver, Jade y plaque son dos depuis l'extérieur.
"Notre boss est vraiment très, très mécontent, tu sais. Et nous, on n'aime pas voir boss broyer du noir."
"Espèce de... salopards !..." tentant toujours d'en réchapper.
Floyd quitte le véhicule, bloquant l'autre porte.
Affolé, l'homme bedonnant tente de passer par l'arrière pour s'évacuer par les ouvertures arrières, secouant tout le véhicule en se contorsionnant pour ce faire.
"Il n'apprécie même pas notre surprise." déclare Floyd, déçu.
"Je dois avouer qu'il est contrariant." tique Jade, balançant un tissu imbibé enflammé à l'intérieur, se plaquant au sol avec Floyd qui rit aux éclats tandis que le véhicule explose en un souffle.
Mes deux jumeaux sont aux anges car Ashengrotto leur a fait floquer quelques t-shirt qu'ils portent la nuit, sur leur bas de pyjamas : estampillés "Utsubo" avec un dessin comique ou "Under the Sea".
Nous nous tenons sur le lit de Jade, ce dernier lisant son chapitre avant le coucher, moi blottie contre Floyd qui s'amuse sur son smartphone.
Soudain une pub apparaît, laissant passer des sons explicites de femmes en pleine prise de plaisir.
"Woooops !..." s'empressant de la faire riper.
Petit rire de Jade. "Très discret, Floyd."
"Bah, ce sont ces pubs là..."
"Qui ne s'afficheraient sans doute pas si tu ne fréquentais pas certains sites."
"Beuuuuh !" lui tirant la langue. "On sait que Monsieur Jade est parfait des pieds à la tête, hein, c'est bon, pas la peine d'en rajouter !..." manifestant sa jalousie à l'égard de la rigueur de Jade.
"Pas autant que tu l'imagines. J'ai... quelques littératures érotiques à mon actif." sur le ton de la confession.
Je cligne, finissant par rire.
"L'avantage de ces lectures est qu'elles demeurent silencieuses. Contrairement aux pubs qui apparaissent de manière intempestives et bruyantes." assène Jade.
Ronchonnant, Floyd récupère une sucette dans le pot posé sur l'étagère, la déballant.
Jade tique. "Tu viens de te brosser les dents, Floyd."
"Ça va, Monsieur Parfait." l'engloutissant en bouche. "J'ai besoin d'une dose de sucre."
"Quel dommage... tu as la bouche occupée maintenant..."
Il la retire derechef. "Pourquoi ? Tu avais des projets ?..."
"Hmm mmm. J'ai toujours des projets avec toi."
"Vrai ?" ravi, arborant ce visage de gamin comblé.
Je glisse une main sous le t-shirt, le caressant, cherchant notamment ses jolis boutons de seins pour les titiller, lui arrachant des appréciations discrètes.
"Prière de vous rendre dans la chambre de Floyd, tous les deux. J'ai envie de terminer ma lecture au calme." annonce Jade.
"Hmm mmm. Et te livrer à une littérature érotique par la suite ?..." lançais-je.
"Vous entendre à travers le mur devrait suffire, Sugar Cake."
"T'es pas marrant, Jade." lui annonce Floyd.
"Ce n'est, en effet, pas mon point fort." d'un calme d'eau.
Je glisse une jambe contre la sienne, à moitié retournée. "Pas même un peu envie ?..."
Il suit le jeu de ma jambe d'un œil.
"Moi, j'ai très envie !..." signale Floyd.
Jade soupire. "C'est toujours le cas, Floyd."
"Hey, j'y peux rien si j'ai été pourvu d'appétit !..." ronchonné.
"Tu es surtout très fidèle à ce que tu étais dans l'océan."
"Un séducteur ?" questionnais-je, offrant un sourire doux à Floyd, main toujours active sous le t-shirt.
"Avec des moyens racoleurs, oui." lance Jade.
Floyd fronce et fonce sur Google.
"La lecture te permettrait de t'épargner Google, Floyd."
"Ta gueule !..." glissant la main pour donner une tape au livre de Jade avec la ferme intention de le faire basculer afin que la page en cours de lecture soit perdue.
C'était cependant sans compter sur les réflexes sauvages de Jade qui éloigne le précieux livre de la tentative de Floyd.
"Cesse, Floyd."
Le cadet pose son smartphone et bascule sur mes jambes, décidé à faire la guerre à sa moitié !...
"Floyd !" plus sévère cette fois.
Mais une fois lancé, rien n'arrête Floyd et nous le savons tous les deux.
"Ne m'oblige pas, Floyd !" repoussant énergiquement le cadet.
La prise ne tarde pas, se hissant sur le dos de Floyd pour une clé de bras.
Le cadet couine.
"Doucement, Jade, tout de même." tentant de temporiser.
Jade se penche jusqu'à l'oreille de son frère. "Tu sais ce qui serait dans ton intérêt, Floyd Leech : que tu regagnes bien sagement ta chambre avec Sugar Cake sans demander ton reste."
Dans un grognement de rage, le cadet tente de se débattre, en vain. La prise de Jade est si ferme que son bras y resterait.
Pour pousser la provocation à son comble, Jade demeure sur le dos de Floyd, récupérant son précieux bouquin pour y lire.
"RAAAAAH ! DÉGAGE, JADE !" se livrant à quelques soubresauts.
"Jade. C'est bon, je crois."
L'hétérochromie de Jade me fixe un moment avant de rendre sa liberté de mouvements à Floyd qui peste tout ce qu'il peut, faisant craquer bras et nuque.
Jade reprend calmement sa lecture, ne nous calculant absolument plus.
Je quitte le lit, prenant Floyd par la main. "Bonne nuit, Jade." aimable.
Floyd ronchonne mais je suis certaine que je parviendrai à lui changer les idées une fois dans sa chambre.
