Petit détour du côté d'un certain rônin...
Chapitre 277 : Ishindenshin sono ichi
Je m'éveille, douce chaleur au creux des reins inondant mon bassin. Je... j'ai rêvé... de ses mains... des merveilles qu'il possédait fort fines... Jin était d'ailleurs "osseux" du fait qu'il était peu nourri.
On n'approchait pas Jin ainsi. Il fallait un "passe-droit". J'ignore encore aujourd'hui ce qui m'a valu pareille faveur !...
Me frayer un chemin jusqu'aux bras du rônin a été un exploit que je savourais en secret, petit sourire flottant de manière permanente sur les lèvres, indéchiffrable pensais-je par ce boute-en-train de Mugen jusqu'à qu'un jour il me "coince", se présentant nu comme un ver au sortir d'un onsen : "Tu crois que j'ai pas remarqué votre manège, à l'autre sinistre à lunettes et toi ?"
Pourtant, je vais vous raconter une tout autre version de notre rencontre que celle que vous connaissiez jusqu'à présent.
Rônin un jour, rônin toujours...
Sa silhouette se profila un jour à la porte du bâtiment des écuries. "Excusez-moi..."
Ouuuuh ! Sans aucun accent autre qu'une jolie part de noblesse !...
"... je cherche un endroit où loger quelque temps. Moyennant travail, évidemment."
Mon père se tourna vers l'interlocuteur à lunettes.
Jin tiqua d'emblée. Le profil n'était clairement pas du pays !...
"Y connaissez-vous quelque chose en rapport avec le métier de palefrenier ?"
"Non. Mais je suis prêt à y mettre toute ma bonne volonté."
"Approchez." lui intimant d'un geste.
Le regard de mon père tomba immédiatement sur les deux sabres, de taille différente, portés à la ceinture - le fameux daisho, composé du légendaire katana japonais ainsi que le wakizashi, sabre de même courbure, plus court.
Une tape sur la fesse d'un cheval pour qu'il se retourne, invitant le samurai à se placer devant l'animal, laissant ce dernier le humer à sa guise, finissant par sortir sa langue, emportant la branche des lunettes, aussitôt récupérées par le jeune homme.
"Je..." parti pour s'excuser une nouvelle fois.
"Validé." sourit mon père, se fiant au jugement de la belle jument qui venait d'adopter Jin d'emblée. "On ne trompe jamais un cheval. Et si vous étiez mal-attentionné, vous auriez été immédiatement débusqué."
Jin cligna. Quel... étrange jugement !...
Le saké était excellent, dégusté chaud. Jin avait affaire à un connaisseur, à l'évidence.
"Je suis très étonné de... trouver un non-Japonais dans la contrée."
"J'ai mes entrées."
Jin posa la chose. "Si vous pouviez vous montrer discret quant à ma présence ici, je vous en serai gré."
"L'endroit est isolé et nous ne recevons guère." le rassura mon père. "Ma fille ne va pas tarder."
Jin enregistra silencieusement l'information.
"Ne vous en faites pas ; tel père, telle fille !..." sur un clin d'oeil.
Ce débordement d'expressions spontanées désarçonnait Jin. Le samurai avait été élevé dans un dojo au décès de ses parents. Le bushido faisait partie intégrante de ses manières. Cependant... il lui était arrivé, depuis qu'il était en cavale, d'y faire quelques belles entorses.
"Si je puis me permettre... vos sabres ne visent pas uniquement à décorer votre ceinture, n'est-ce pas ?" les avisant, posés sur la table de bois.
"En effet."
"Quant au kamon(1) qui orne votre haori(2)... Takeda. Clan prestigieux."
Jin en était soufflé. Jamais aucun homme ne s'était à ce point intéressé à sa tenue, lisant aisément ce que seuls ses vêtements et ses armes manifestaient publiquement.
"Vous êtes... très fort." accorda Jin, rehaussant la monture de ses lunettes fines.
"Je m'intéresse aux traditions de ce pays. Notamment celles guerrières. Et vous autres, les samurai, en êtes les joyaux."
"A dire vrai, je tiens plutôt du rônin que du véritable samurai."
"Sans doute parce qu'aucun maître encore n'a su se montrer à la hauteur de vos attentes. Que j'imagine exigeantes et sans concession possible."
Jin ne put qu'entrouvrir la bouche. "Vous... lisez en moi." presque intimidé par la façon.
De l'agitation dans le couloir attenant.
"Ah !... Voilà ma fille !..." enjoué.
"C'est moi !..." apparaissant, notant immédiatement la présence de Jin, regard fixant sur le kamon de son clan. "Uh ?... Takeda ?..."
Jin se raidit. "Tel père, telle fille." souffla-t-il pour lui-même.
"Je vous l'avais dit !..." souriant.
Jin daigna enfin se retourner, offrant son visage impassible, gravité logée dans chaque trait, lui donnant dix ans de plus alors qu'il n'en avait que vingt.
Mon regard échoua sur les sabres posés sur le sol.
Je préparais quelques fruits de saison et un thé.
"Ma petite merveille." me caressant l'épaule, tendre.
Je compris immédiatement que celui qui me faisait face n'était pas aisé d'accès.
"Laisse-moi te présenter Jin. Je l'ai invité à demeurer ici quelque temps."
"Très bien. Je rajouterai donc un couvert." souriante.
Je montrais à Jin sa chambre. C'était un luxe de posséder sa propre chambre, il ne s'y attendait visiblement pas mais ne laissa rien passer sur son visage - question d'habitude.
"Vous pouvez camoufler votre joie." dis-je, taquine, histoire de voir si la sauce prenait.
Il haussa le sourcil, gardant ce pli de bouche.
"Bushido, uh ? Ne rien montrer. Tenir à la fois sa langue, préserver ses oreilles et couvrir ses yeux."
"La sagesse même." appuya Jin.
"La sagesse qui exsangue ?..."
"Pardon ?" piqué au vif.
"Les humains sont faits pour vivre et reconnaître leurs émotions. Moi, je ne fonctionne que comme ça. Sauf lorsque je tire à l'arc."
"Vous... tirez à l'arc ?..." ébahi, la discipline du yabusame(3) étant exclusivement réservée à la gente masculine.
J'affichais un sourire joueur. "Pourquoi pensez-vous que nous nous soyons isolés à ce point ?" croisant les bras, défiant ouvertement l'homme qui me faisait face.
Décidément ! Il n'y avait que des étrangers pour avoir des idées pareilles !...
"On est extravagants dans la famille. Vous êtes décidément très mal tombé." le chargeant une nouvelle fois.
"J'en jugerai." tombe aussitôt.
Je vois. Coriace dans son genre.
Je serai vraiment curieuse de découvrir son art du sabre !...
"De quelle école venez-vous ?"
Il tarda à répondre. "Mujushin." évasif. "Mais elle s'est éteinte en même temps que mon maître."
"Quelle tristesse que le déclin des samurai."
"Tous les maîtres ne sont pas dignes d'être servis." sec.
Ouhlaaaa ! J'y vois une rancœur certaine !...
"Est-ce que... je peux voir vos sabres ?..." curieuse.
Le propriétaire hausse un de ses sourcils fins, possessif envers ce qu'il considère comme sa propre âme.
"Rassurez-vous, vous pouvez les garder en main si cela vous est si précieux. Je souhaite juste... en découvrir la lame."
"Excusez-moi. Il s'agit d'une demande très particulière venant de la part d'une femme. Étrangère à notre culture, qui plus est."
"Ce que vous pouvez être vieux-jeu !..." riant doucement.
"Ce n'est pas drôle." reniflant discrètement.
"Vous n'avez aucun humour." croisant les bras.
"Jugement hâtif."
Je m'en pince la lèvre. "Bien joué." finissant par m'incliner légèrement.
Il a mis du temps à se livrer. Oh oui, il en a mis du temps !... Tous ses secrets étant bouclés à double-tour, l'accès n'en a pas été aisé.
Mais il a fini par parler. A avouer qu'il s'est vu, par légitime défense, tuer son maître alors que ce dernier l'a attaqué par surprise, en pleine nuit. A discriminer le gouvernement qui lui colle au train. A dénigrer certains enseignements.
Il est tranchant. Comme la lame qu'il porte à la ceinture.
Je kiffe !
La seule fois où j'ai vu Jin dégainer son sabre autrement que pour un entraînement était la fois où les membres du clan Nagatomi sont venus nous chercher des noises, troublant ainsi notre tranquillité...
Jin a sciemment attendu que les hommes de mains le provoquent.
Et là... la lame a tout d'abord reflété les lueurs ambiantes avant de frapper. Vive. Comme un éclair qui s'abattrait du ciel !...
Les trois hommes furent à terre et Jin avisa le quatrième. Il leva la lame et l'abaissa ; le sang qui la maculait allant tracer une ligne couleur carmin sur le dernier encore debout, dans un sifflement menaçant.
Que dire ?... Redoutable, diablement efficace.
Nous en apprenons beaucoup sur nos disciplines respectives, passant de longs moments à nous regarder dans nos arts, l'un l'autre.
Son art du sabre est pur, entaché par aucune influence extérieure.
Je suis capable de le regarder des heures utiliser cette unique frappe létale, la manier avec humilité puis replacer son sabre avec tous les égards dans son fourreau.
Jin n'est que tempérance glacée. Il est également cultivé et possède d'excellentes manières, notamment à table.
Pourtant... au fond de lui je débusque un feu. Suis-je la seule à apercevoir ces braises qui n'attendent qu'un souffle pour revenir à pleine combustion ?...
Cela s'est fait naturellement. Aucun de nous ne l'a prémédité.
C'est arrivé à un moment où nous étions détendus après un bon bain chaud dans le onsen attenant la propriété.
Nous ne l'avons pas cherché. Il y a eu le geste - je l'ai laissé venir. Puis le rapprochement. Et enfin le baiser.
Ses mains qui sont remontées de mes épaules jusqu'à ma mâchoire, tandis que nos langues se savouraient lentement, comme fondues l'une dans l'autre.
Il maîtrise véritablement l'art du baiser.
Et celui à qui j'ai arraché cette succession de geignements rauques alors qu'il me laissait osciller au-dessus de lui n'avait plus rien en commun avec la retenue affichée par Jin.
Dis donc, Monsieur-le-rônin a été à très bonne école et demeure un fervent acteur du plaisir partagé sur fond de créativité !...
Inutile que je tente de l'interroger sur ses conquêtes passées. Jin n'y répondrait pas. C'est privé. Strictement privé.
Au vu du personnage, je dirai qu'il a privilégié la qualité à la quantité.
Pourtant... un soir il me raconte, presque à demi-mots, avec une certaine émotion, ses sentiments pour une femme mariée que l'endettement de son époux a forcé à se prostituer dans une maison close.
Les propos sont mesurés - comme toujours avec Jin - et la pudeur est de mise.
Jin a sacrifié leur histoire pour la sauver et la placer à l'abri, dans un refuge.
Je caresse sa joue pale d'un revers doux. "Elle doit souvent penser à toi."
Il clôt les paupières et me présente l'aveu. "J'étais en chemin pour l'y rejoindre."
J'adore glisser les mains dans la ceinture de smoking de Floyd. Il creuse d'ailleurs joliment le ventre pour m'y autoriser l'accès. Debout, collés l'un à l'autre.
"Mmm... je kiffe cet endroit... presque autant que celui-là..." allant nicher dans le creux de son cou, montée sur la pointe des pieds.
Il m'enveloppe de ses bras. "Mmm... moi aussi, je kiffe, Shachi~ !..."
Je mordille la naissance des clavicules, le faisant frissonner durement.
"J'ai eu une idée cet après-midi, Shachi..." sur un ton neutre.
"Hmm ? Laquelle, Floyd ?..." levant les yeux sur lui.
Sa bouche dessine un sourire particulièrement lubrique. Ses yeux se font d'autant plus lascifs.
"Tu pourrais... reproduire sur moi les gestes que tu imagines à Jade." levant simultanément les sourcils, emballé.
"Et... tu vois ça comment, concrètement ?"
"Bah... debout, assis, couchés, je m'en fiche. Pourvu qu'on soit à l'aise." pragmatique.
"OK. Hâte." allant nicher à nouveau dans le creux de sa gorge.
"Cool." ravi que l'idée ait trouvé preneur.
Floyd s'allonge sur le lit, en boxer et t-shirt, à l'aise.
Je m'installe, allant le flatter de la paume, obtenant rapidement le renflement désiré.
"Mmm... Pussy..." s'en régalant, sensations se renforçant à chaque nouveau passage. "Ça commence... super bien..." en souriant de toutes ses pointes.
Je me glisse entre ses jambes ouvertes, face à lui, le faisant saillir du boxer sombre.
Mes mains paraissent si minuscules sur cette immense colonne de chair palpitante !...
"OK. Donc Jade, ça doit être subtil. Comme ça..." l'effleurant, doigts glissant lentement et sensuellement le long de la jolie raideur.
"Mmm... j'avoue."
"Et lorsqu'il te caressait, ça en était proche ?..."
"Ouais." sur un sourire. "Mais j'suis sûr... qu'il a des jeux qu'il ne... réserve qu'à lui... petit salopard..." sur une insulte tendre.
Je me sers des deux mains pour alterner les caresses, à tel point que je l'en fais joliment suinter.
"Appreciate ?..."
"Ha !... You're asking ?..." levant le menton face à l'afflux de sensations, relevant les jambes, main allant caresser ma cuisse. "Continue..." encourageant.
"Dos droit, Epel. Bon sang, comment peut-on être aussi petit et tordu à la fois, cela dépasse l'entendement !..." ronchonne Hunt, bras croisés.
Epel soupire, se concentrant à nouveau.
Comme à l'ordinaire, la flèche échoue dans l'herbe, devant la cible.
Bon. Il y a du progrès malgré tout : voilà quelques mois Epel était incapable de bander l'arc.
Rook doit s'en contenter. Il avise la position du soleil. Bientôt 16 heures... l'heure de notre rendez-vous hebdomadaire.
Il récupère son arc des mains d'Epel, le faisant passer par-dessus sa tête, le suspendant à l'épaule.
"Retourne à tes leçon, Epel. Quelque chose me dit que Vil sera avide de t'entendre réciter de la poésie ce soir." connaissant parfaitement les habitudes de Vil.
"Tu... t'en vas ?"
"Si je ne m'en charge pas, qui d'autre pourrait nourrir vos estomacs, dis-moi."
"Emmène-moi, Rook."
"Non, Epel." ferme.
"Oh, s'il te plaît !..."
"Tu as une poésie à apprendre." s'en allant, veillant à ce qu'il ne soit pas suivi.
Le Chasseur procède encore à l'ancienne, faisant mouche. Un lièvre. Voilà qui sera suffisant. Il attache la dépouille à la selle et s'avance jusqu'au club hippique.
Jamais on ne pourrait préjuger de la force de Rook en le voyant ; son corps demeure fin mais ses muscles sont capables de développer une réelle puissance.
Je le rejoins et nous nous accordons un baiser, les flancs de mon étalon contre ceux de sa jolie jument.
Le baiser est étourdissant et nous nous en régalons.
"Je t'ai manqué, on dirait..."
"Oh, Princesse..." souriant, s'en pourléchant les lèvres.
Nous cheminons jusqu'à la cabane, discutant en chemin.
Le sang pulse déjà dans ses tempes. Tout son corps n'attend que la délivrance.
La tension qui règne entre nous est phénoménale et nul doute qu'elle nous arrachera des cris !...
Il me fait regagner le parterre de feuilles, souriant avant de reprendre ma bouche, plantés entre nos deux montures.
"Ta reine... t'aurait-elle négligé cette semaine ?... Mon tout beau..." caressant sa joue d'un revers.
Il retire son chapeau à plume, dirigeant sa bouche jusqu'à mon oreille. "Qu'importe. C'est de ton corps dont j'ai le plus envie, Princesse."
Ses mots me tordent joliment le ventre. "Rook..."
Nous nous enfermons dans la cabane pour nous défaire à la hâte.
Des expressions éloquentes quittent déjà nos bouches lorsque nos peaux s'épousent, faisant courir ces arcs érotiques délicieux à travers tout le corps.
"De... bout... Rook..." à son oreille.
Il plaque mon dos contre la porte, me soulevant par l'arrière des cuisses pour me hisser sur ses hanches, s'invitant en moi, se voûtant tant le plaisir le soulève déjà.
Je m'arque, doigts perdus de ses épaules jusqu'à la blondeur de ses cheveux.
"ROOK !..."
Il affirme sa prise pour permettre des mouvements amples du bassin, voué aux sensations, visage littéralement dévoré de plaisir tant son sexe coulisse à merveille en moi.
Il est tant crispé de sensations qu'il doit réaffirmer régulièrement sa prise. A la fin, les mouvements sont tels qu'il en laisse échapper une de mes jambes et que nous poursuivons ainsi jusqu'à la jouissance.
Plus loin, un miroir vient d'être brisé par un coup de poing vif. "Rook. Tu n'as donc rien retenu..."
"Ma reine, c'est un honneur." assure Ashengrotto.
"Ouais. Même si... certains ne sont pas les bienvenus ici, j'le dis honnêtement." grimace Floyd, fixant Hunt comme s'il le plantait.
Vil lève la main pour grattouiller le menton de Rook. "Il est de bien vilains garçons, en effet, qui, au lieu de garder la leçon, retournent, de ce pas, se vautrer à nouveau dans la boue, à la façon d'un porc." me fixant d'un regard dur.
Je déglutis.
"Rook ne doit pas oublier qu'il appartient à Pomefiore avant tout." précise Vil.
Ashengrotto se racle la gorge. Jade suit l'échange d'un regard assumé.
Nous nous installons à table et Vil prend soin de garder Rook à proximité.
"Je ne pardonnerai pas à Rook de tourner le dos à la véritable beauté."
Floyd joue de la même possessivité en face.
"La laisse ne semble pas être suffisamment courte pour ça, hein, Hunt ?"
Le Chasseur laisse passer. C'est une torture.
"J'ai pourtant tout tenté. Il semble que la maladie qui les anime l'un l'autre demeure incurable."
Epel se contente de fixer son assiette.
Vil se saisit du menton de Rook pour lui appliquer un baiser marquant son appartenance. "Qu'allons-nous faire de vous ?"
Floyd a les traits déformés par la rage. "Vous rendez-vous compte que vous êtes la risée de nos deux clans ?"
Oui, mon cher Floyd, et nous nous en cognons royalement !...
"Par quel genre de démons êtes-vous possédés, l'un l'autre ?" sirotant un vin de prix. "Dire que je pensais n'avoir qu'Epel à éduquer..." tirant l'oreille de Rook.
"BAISSE LE REGARD, HUNT !" aboie Floyd alors que le Chasseur me fixe.
"Me pensais-tu suffisamment naïf pour ignorer les activités auxquels tu te livres dans cette cabane au fond des bois, Rook ?" amène Vil, sévère. "Mon miroir voit tout, Rook. Rien ne lui échappe."
L'humiliation est sans précédent. Nous en grimaçons tous deux.
"As-tu conscience que tu signes ta propre déchéance ?"
Rook finit par défier le regard de sa reine. "Je note surtout que vous faites flèche de tout bois depuis notre arrivée ici, ma reine."
"Très amusant, ton jeu de mots, Hunt." grince Jade.
"Je ne fais qu'écouter mon cœur. Celui-là même qui m'a ordonné de me mettre à votre service à mon arrivée dans cette contrée."
"Le même qui te fait te vautrer dans la fange, j'imagine, Rook. Si encore la dinde en valait la peine..."
"Aucune n'aurait trouvé grâce à vos yeux, ma reine. Vous ne bernerez personne ici."
La gifle. Vive.
Rook relève le regard.
"Purée, j'ai envie de t'éviscérer, Hunt." grimace Floyd dont les poings se serrent sur ses cuisses.
"Tu me dois tout, Rook. Je t'ai initié à l'art de la beauté alors que tu étais né dans le ruisseau."
Rook se lève, bousculant chaise et table. "Je refuse d'en entendre davantage."
La poigne de Vil vient s'accrocher à son manteau, lui intimant à reprendre place.
"Nous n'avons pas terminé."
(1) Blason familial
(2) Veste de kimono
(3) Discipline équestre de tir à l'arc
