Retour d'un affreux, Lune. Mais je crois que ça reste lisible lol et nous allons commencer à mettre le pied dans le monde très particulier de Jujutsu Kaisen
Chapitre 286 : Strawberry Junkie
Sur la terrasse de l'aéroport, bavardant avec quelques connaissances de Floyd, notamment Ace et Jamil, sirotant quelques boissons fraîches.
Soudain, une effluve caractéristique met mes narines aux abois !... Ça embaume le Platinum à plein nez !...
Je me tends d'un seul tenant sur ma chaise.
Il est littéralement lové sur moi. "Hi, Girl. On s'éclate, je vois."
Floyd se lève pour accrocher sa main à la sienne en une prise virile. "Hey, mon pote ! Y'avait longtemps !..."
Je sirote, n'osant regarder ni Jamil ni Ace.
"Installe-toi !" lui reculant une chaise. "T'as bien un instant !..." enthousiaste.
"Ma foi."
Je trépigne. Espèce de sale... enfoiré !
Bien en face de moi, en prime.
"J'te présente Jamil et Ace."
Petit signe de la main. "Salut." avant de revenir à moi, me fixant de son hétérochromie qui crépite sous la lentille colorée, long sifflement. "Tu t'es constitué un petit harem, Girl ?" sur un ton plaisantin.
"T'es con !" lui lance Floyd. "Y'en a qu'un ici qui a droit à ses faveurs." appelant le serveur en levant le bras.
B. pose ses coudes sur la table, mains jointes sous son menton. "Tu m'en diras tant." sur un sourire entendu, m'avisant d'un regard plissé.
"Alors, qu'est-ce que tu deviens ? Toujours dans les airs ?"
"Comme tu vois." uniforme parlant pour lui. "Mais j'suis dans le privé maintenant."
"C'est plus intéressant ?"
"C'est... différent. En étant tout aussi bien payé."
B. se commande un diabolo fraise.
"Vous étiez dans la même école, si j'me souviens bien ?"
"Ouais." évasif.
"Et... elle était comment, ma Shachi ?..." curieux.
B. s'entend littéralement répondre : "Bandante. Comme aujourd'hui."
"Discrète."
Putain, arrête de me fixer comme ça, enfoiré !
Mon ventre n'en peut plus de s'agiter !...
"T'es pas très causante, Girl." me chargeant.
"Y'avait un mec qui l'intéressait ?" poursuit Floyd.
"Floyd. Arrête, c'est gênant." nez plongé dans mon verre, tirant nerveusement sur la paille.
"Mais oui. Girl avait de l'ambition. Elle en pinçait pour le premier de la classe." regard insistant.
Long sifflement de Floyd. "Dis donc !" plaçant une main dans ma nuque, geste qui n'échappe évidemment pas à B.
"J'ai jamais compris le délire, d'ailleurs : le mec était du genre mou de la bite." levant le doute quant à l'identité de celui qu'il reconnaît "premier de la classe".
Ace manque de recracher ce qu'il a en bouche tandis que Jamil écarquille les yeux.
Floyd fixe B. "Vache. T'es du genre direct, toi !" surpris par le vocabulaire employé.
Par pitié... qu'il se taise ! Qu'il déguerpisse !...
Je me tasse davantage sur ma chaise. Envie de disparaître.
"Vu qu'il lui demeurait inaccessible, elle a été forcée de se rabattre sur le deuxième."
Il n'a aucune intention de se la boucler, le salaud, bien au contraire !
Ma torture ne fait que débuter.
"Par chance pour elle, le deuxième a rapidement supplanté le premier. Hein, Girl ?" follement amusé par ce petit jeu auquel il se livre en toute impunité. "Que dis-je supplanté ?... Enterré serait un terme plus juste."
Floyd se gratte la tête, commençant à sérieusement douter de la santé mentale de B.
"Déso. C'est chargé en émotion tout ça..." fermant les paupières, derrière lesquelles l'œil de la mort crépite férocement, feignant d'être émotionnel.
"Ça avait l'air d'être le bagne, cette école." amène Ace.
"Ça l'était." confirme B. "Fort heureusement, nous nous sommes octroyés quelques amusements." me fixant à m'en faire hurler. "D'ailleurs, j'crois qu'ils ont presque tous crevé, là-bas, pas vrai, Girl ? Oh, Girl, t'as perdu ta langue ?"
Ta gueule, Beyond ! Putain, ta gueule, merde !
"Ouais, ils ont tous lamentablement crevé. Ha ha ! HAHAHAHAhahahaaaa !"
C'est fini, je m'enterre !... Tous le fixent, bouches ouvertes face au rire de Shinigami qui vient de franchir les lèvres pleines du Parsi.
"Mec... t'as un rire de malade..."
"Ouais, je sais." reniflant. "Et encore là, j'suis pas à fond." jouant avec le dessous de verre, nervosité commençant à poindre. "Bon, vous me ferez signe lorsqu'elle aura retrouvé sa langue, OK ?" se levant, replaçant sa chaise, payant sa conso et filant.
"Il est... barge... en fait."
Bien vu, Floyd !
"Etait-ce vraiment nécessaire, Beyond ?!" furieuse, par sms.
"Tu rappliquais moins en ma présence, Girl. Simple : on t'a pas entendu moufter."
"Je te hais ! Disparais de ma vie une bonne fois pour toutes !" rageuse.
"T'imagines le vide que j'y laisserai, sérieux ?"
Une pause. Chacun réarme.
"Je t'interdis de rappliquer au Lounge ; tu n'y es pas le bienvenu !"
"Rappliquer dans ce trou pourri, tu rigoles ou quoi ?! Par contre, c'est toi qui vas secouer ton cul et me rejoindre. J'suis dans la chambre 211 de l'hôtel Fly."
"TU RÊVES, B. !"
Je jette le smartphone sur le lit et enfonce mon visage dans l'oreiller.
Mon corps frappe si fort !
"Ta gueule, toi ! TA GUEULE !" chialant presque.
Floyd entre dans la chambre. "Shachi ?..." s'approchant, s'asseyant à mes côtés, paume large caressant mon dos. "Tu viens souper ?"
Je secoue la tête, visage toujours enfoui dans les plis du tissu.
Floyd... je suis ignoble !... Et ce salaud le sait !
Il est allongé sur le lit, sur le flanc, tête soutenue d'une paume, en débardeur et jeans, pieds nus, télécommande posée sur le couvre-lit, coupelle de fraises à portée de main, feuilletant un magazine scientifique, m'envisageant avec un sourire que je pourrai lui faire bouffer !
"J'ai failli attendre, Girl."
"La ferme, Beyond."
"T'as monté quel mytho à ton mec pour qu'il te laisse te barrer ?"
"Ta gueule, j'ai dit !"
Il s'en amuse, savourant ma détresse comme l'un des fruits qui garnit la coupelle.
Je me laisse tomber sur une chaise.
"Tu comptes passer ta nuit là-bas ?" amusé.
Je me frotte la nuque, passablement agacée par cet attrait qu'il exerce sur moi et qui ne s'éteint pas malgré les années qui passent.
"Je te hais. Vraiment."
"J'm'en contenterai." posant la coupelle sur le chevet, glissant jusqu'en pied de lit, s'y asseyant, mains remontant sous ma jupe.
Le toucher a pour effet de m'électriser sans délai. "B..." dodelinant lentement de la tête.
"That's my Girl." ravi de son petit effet.
Je m'attache aux bretelles de son débardeur. "Je veux... que tu m'embrasses."
Il me fixe un instant. "Quelle demande à la con !... T'as pas frappé à la bonne porte, Girl. Mais... j'pourrai faire une exception pour cette fois." approchant ses lèvres pleines des miennes, les prenant dans un baiser vertigineux qui nous fait perdre les sens.
Il m'attire sur ses cuisses, sexe commençant à tendre joliment la toile du jeans.
Il sait embrasser. Il a toujours su manier cet art !... et pourtant il me le refuse systématiquement. Enfoiré !
"Alors... je te baise à la régulière ?... C'est ça que t'es venue chercher, Girl ?"
"Tais-toi. Embrasse-moi." y retournant, avide.
Sa paume se déploie dans ma nuque, nos langues n'en finissent plus de se gâter - goût fraisé à l'appui.
Il se laisse basculer en arrière, cherchant les caresses du côté de mon sexe.
Mon corps réagit au quart de tour, comme à l'ordinaire avec lui.
Mon humidité le régale. "Girl, Girl, Girl !..." s'en léchant rapidement les lèvres. "Meilleure encore que dans mes souvenirs." usant de sa main libre pour se libérer, à vif.
Je glisse le long de ses jambes pour le prendre en bouche, gourmande, appréciant de le savourer à l'en faire suinter.
"Oooooh... putain !... Giiiirl !..." égarant les doigts dans ma chevelure.
Il me laisse le chevaucher et nous faire plaisir, laissant monter, gentleman pour une fois.
Les sensations se font rapidement aiguës et nous sommes incapables de retenir cette jouissance qui explose subitement.
"T'es bon aussi comme ça, tu sais..." parsemant le torse agréable de baisers. "Tu as eu ton compte, au moins ?"
"Ouais, t'inquiètes pas. J'sais prendre à la volée." caressant mon épaule nue.
"C'était vraiment... très agréable, B. Merci."
Il sourit. "T'es un coup inoubliable, Girl. Même comme ça. J'kiffe le sexe à ta façon, Girl."
"Voilà pourquoi tu me suis ?..."
"Va savoir pourquoi le destin te fout constamment dans mes pattes..."
"T'en as baisé beaucoup ?..." faisant référence à sa clientèle féminine friquée.
"Pas tant que ça, en fait." sur un sourire révélateur. "Bon, j'dis pas que j'la tiens en bandoulière, hein... j'dis juste que j'ai besoin d'un minimum de connexion maintenant."
"Be careful, B., you're getting emotional."
Il avise mon sexe, langue cheminant entre mes seins, direction le nombril où il effectue une halte.
"Quel dommage que l'histoire ne puisse être réécrite..." fourrageant lentement sa masse chevelue. "... je suis persuadée que tu aurais mis Kira plus bas que terre." sur un sourire audible, palpitant à la perspective évanouie à tout jamais. "Pour combattre un taré... il aurait fallu un plus dingue que lui..." comme une gifle.
Il relève la tête, pensant à un mirage auditif. Son regard vient de switcher. La bête est éveillée.
"Gaffe, Girl." grogné comme seul avertissement avant sanction.
"T'es frappé, B. A L. on pouvait encore pardonner. Toi, par contre..."
Il mord mon ventre, y apposant une marque sévère, me faisant crisper la mâchoire.
"Putain, je rêve ! Tu trouves encore des excuses à cet enfoiré de L. !" mauvais, m'avisant, dominateur.
"Regarde-toi, B. Le sujet t'est toujours aussi... sensible." amusée de le faire quitter ses gonds.
"J'te fuck, moi, Girl. Bien profond, en prime. Tu veux aller chialer sur la tombe de ce minable ?! Vas-y ! Ouais, j'aurai mis Kira hors jeu. Mais avant, je lui aurai permis de noter un certain nom dans le carnet, tu vois ? Et ce putain de carnet, j'en aurai fait de l'art. Abstrait, morbide, qu'importe. Personne n'a su l'utiliser jusqu'à la limite de ses capacités et tu sais pourquoi ?! Parce que vous êtes tous de piètres artistes. Vous êtes mornes à gerber. Tous."
"Tu as terminé ?"
"C'est toi qui me les gonfles sévère avec L. !"
"Viens là..." l'invitant entre mes bras.
"C'était un combat à mort. Les sentiments n'avaient rien à foutre là-dedans ! L. l'a joué trop sentimental. Sa première erreur tactique a été l'approche physique. Bordel, j'sais vraiment pas ce qui n'a pas tourné rond dans sa tête ce jour-là !" crispant le poing.
Je me redresse, l'avisant, choisissant de changer de sujet. "T'aurais aimé qu'il se passe un truc avec Misora ?"
La question à 100.000 !
"Moyen, vu que j'étais grimé en L. Mais j'dois avouer qu'elle m'a scotché quelques fois. Elle avait une sacrée paire de balloches !..." souriant au souvenir.
"T'approcher d'aussi près... Elle te plaisait ? Physiquement, je veux dire..."
"Elle était loin d'être à chier. Et une tête bien garnie." s'allongeant à mes côtés, récupérant ma main dans la sienne. "Mais jamais elle se serait attachée à un freak comme Ryuzaki... d'ailleurs, son mec c'était... la crème de la bonne société. Dans le genre BCBG." parlant de Raye Penber.
"Je suis sûre que tu as pris un malin plaisir à forcer le trait, justement."
"Ouais, j'avoue, j'ai mis la gomme et l'ai joué à 300 %."
"Pas un instant elle n'a soupçonné que le criminel que vous traciez et toi étiez la même personne ?"
"J'pense pas. Ou alors elle l'a foutrement bien caché."
"Si c'était à rejouer, tu te la taperais ?"
Il tourne la tête dans ma direction. "J'te l'ai dit : j'ai trop forcé le trait Ryuzaki pour pouvoir l'intéresser."
Je bascule sur le ventre pour le regarder. "J'essaye d'imaginer le truc..."
"Hahaha ! T'es une véritable petite tordue, Girl, à fantasmer comme ça !... Personne n'avait envie de passer à table avec un dingue aussi habité que Ryuzaki."
"Elle te faisait bander ?"
"J'sais pas si on peut dire ça comme ça, en fait. J'étais trop dans l'exercice pour penser à mes pulsions. Il fallait un sans-faute pour berner L. Ça a été ma priorité. Tout du long."
"Quel souvenir en gardes-tu ?" glissant les doigts le long de ses lèvres pleines.
"Son odeur de... fleurs de cerisier." sur un sourire, m'offrant un passage sur ses dents. "Son accent tokyoite aussi. Le Yamanote kotoba m'a de suite fait penser qu'elle venait de la bourgeoisie japonaise. A mon avis, elle a dû se battre grave avec son paternel pour faire ce job."
"Redoutable."
"Bah, logique, je dirai. J'imagine bien sa famille très attachée aux valeurs et aux traditions japonaises. Elle leur a fait un joli pied-de-nez en choisissant ce job typiquement 'ricain."
A mesure qu'il parle d'elle, je réalise. "T'étais... dingue d'elle, en fait."
Il roule des yeux. "L'enquête commune nous a rapprochés, c'est vrai. J'ai fini par en être dingue. A tel point que ça a failli faire sauter plusieurs fois ma couverture. Mais merde, c'est la faute à L. aussi ! Qu'est-ce qu'il avait à m'envoyer une nana avec autant de potentiel dans les pattes ?!"
"Il connaissait ta faiblesse. Il en a joué. Je kiffe de plus en plus votre petit duel." m'en régalant. "Si Misora s'était servie de ses armes les plus féminines, tu aurais plongé bien avant le final, B."
"Ta gueule, Girl." riant.
"N'empêche que... c'est moi qui ai droit à ça." passant un bras possessif sur son torse.
"T'as vraiment besoin d'être rassurée là-dessus, Girl ? Sérieusement ? Misora était fiancée et crois-moi, du peu qu'elle en ait dit, elle l'aimait, son mec. Je ne comprends toujours pas comment Kira a pu l'avoir... elle était brillante, cette fille."
Je renifle. "Même pour A., tu n'avais pas de termes aussi élogieux."
"A. ? Mais, Girl, A. c'était une gamine !... Là on parle d'une véritable femme avec l'étoffe d'une guerrière. Un peu comme toi, quoi." sur un sourire presque tendre.
Je quitte l'hôtel, m'avançant dans la foule lorsque soudain, un attroupement.
Une personne convulse, à terre, certaines parties de son corps grossièrement déformées.
Le spectacle est hideux, certains se détournent, pris de malaises.
Moi je ne vois qu'un dos qui s'éloigne à petits pas.
Je me redresse. "Hey, toi !"
Il stoppe son pas.
Je m'avance.
"Tiens, tiens... voilà un challenge follement intéressant."
Sa tête tourne à peine.
Je fronce.
Il finit enfin par me faire face.
"Qu'es-tu comme abomination ?!"
Il écarquille les yeux, comme frappé par la dénomination. Puis il finit par éclater de rire.
"Abomination ? Houuuuu ! On me l'avait encore jamais faite, celle-là ! Retour de compliment, Senshi(1)."
Je plisse les yeux.
"Avec toi, pas besoin de détours. Je peux... me montrer son mon véritable jour." prenant une apparence hideuse. "Mais ce n'est pas ainsi que je gagnerai le pari de te coller une trouille monstre !" reprenant son apparence ordinaire. "Tu ignores ce que c'est, n'est-ce pas ? Les âmes comme la tienne sont extrêmement rares en ce monde... aussi, tu mérites toute mon attention. Par ailleurs, me distinguer n'est donné qu'à quelques rares personnes. Bienvenue dans le cercle ultra-fermé de l'exorcisme !..."
J'esquisse un sourire dangereux. "God. Tu ressembles à s'y méprendre aux bizarre dolls d'Untertaker."
"Ehhhh ? C'est un compliment, j'espère !" sur une moue renfrognée.
"Prends-le comme tu veux. Et puis-je savoir à qui j'ai affaire ?"
"Oh ! Oui, pardon. Tu peux m'appeler Mahito." faisant une courbette en avant, une main sur sa poitrine, l'autre dans son dos.
"OK. Et quel est ton but, Mahito ?"
"Euh... tu demandes pour la forme ?" se grattant le nez. "Ou t'as vraiment décidé de me vexer ?"
"Je demande parce que je n'ai jamais encore jamais rencontré d'êtres comme toi."
Il s'accroupit, dessinant un instant sur le sol, faisant remonter jusqu'à mes pieds une lame de sang.
"Omoshiroi(2). Moi non plus, je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi, Senshi."
Je prends la même position que lui, sans le lâcher des yeux. "Alors ? Quel est le programme, Mahito ?"
Son sourire s'allonge sur deux rangées de dents carnassières.
J'agis par mimétisme, lui rendant le même dessin au sol.
"S'amuser. Un peu, beaucoup, passionnément, je te laisse choisir le level !..." yeux écarquillés de délice.
"Et les règles du jeu sont... ?"
"Aucune limite. Jamais."
Je me relève. Il contemple, enfournant son auriculaire dans sa bouche comme un gamin devant une friandise.
"The game is on, then. Don't deceive me."
Je tire le rideau de douche, saisissant le pommeau pour y faire couler l'eau... qui finit par se changer en sang.
"Mahito."
Il apparaît dans l'encadrement de la porte, dos contre l'huisserie, pied appuyé contre la chambranle opposée, mains dans les poches de son slim.
J'entre dans la baignoire, tirant le rideau. "J'ignore si je dois rire ou pleurer."
Il s'installe sur le tabouret, une jambe ramenée sur l'autre, battant dans le vide, coude sur la cuisse.
L'eau est redevenue claire.
"Mahito ?"
"Hmm ?"
"Viens par là."
Il régresse de forme et se glisse, telle une chenille immonde, jusque dans la baignoire, y reprenant sa forme humaine. Nu. Évidemment.
Je savonne le gant, attrapant un bras pour le passer, faisant sauter les sutures grossières, dévoilant le muscle, tout en profitant.
"La guerre déforme, tu sais." me confiant comme à un ami.
Il soupire, attrapant un flacon de produit de beauté après l'autre, les examinant vaguement.
"Et toi ? Qu'est-ce qui t'amène ?"
"Je suis né des craintes et de la haine des humains. Voilà pourquoi mon apparence se rapproche de leur enveloppe charnelle. Mais le plus intéressant demeure l'âme." sur un sourire glouton. "Ils peuvent bien se raconter qu'ils possèdent un cœur... nous savons qu'il n'en est rien."
"Cela fait longtemps que tu t'amuses à leurs dépens ?"
"C'est... ma guerre. Ou mon passe-temps. Tout dépend de quel côté on se place."
La peau enveloppe à nouveau le muscle et il me fait face.
"Et lorsque tu les regardes faire l'amour ?"
"Se servir l'un de l'autre pour assouvir des pulsions nées généralement de frustrations ? Ce n'est que l'expression ultime de l'asservissement. Ne leur reste généralement que le souvenir du moment où ils pensaient atteindre les cieux." tranché. "Avec ces pulsions là aussi, j'ai déjà joué." se changeant en jeune femme ravissante, aux appâts évidents, montant les mains dans ses cheveux, dans une pose lascive. "Femme ou homme, je me suis enfilé dans la brèche et n'y ai trouvé que l'amusement d'un bref instant. Le plus palpitant demeure le moment où l'euphorie retombe, où ils se retrouvent vides. Vides. Vides de sens et vides de vie. C'est là que je frappe." sur un clin d'oeil aguicheur.
(1) "Guerrière" en japonais.
(2) "Intéressant" en japonais.
