Chapitre 287 : A thousand-year Curse

Je repose contre son torse, lui-même allongé sur le lit, à notre aise. Nous bouquinons. En silence.

"A ton avis, les philosophes ?..."

Il quitte les lignes imprimées pour m'accorder de l'attention.

"Eux aussi cherchaient la lumière ?"

"C'est très simple et je suis parvenu à ce constat après des siècles d'observation : ton vide intérieur, tu peux ne le remplir que de deux choses : du divin ou du malin. Il n'y a aucune autre alternative. Il n'y a que ces deux entités capables de se tenir au fond d'une âme et d'en soutenir l'équilibre précaire."

Je suis le mouvement de ses lèvres. Sa voix est douce, posée. Elle possède également un timbre joueur qu'il utilise lorsque l'occasion s'y prête.

Son apparence est celle d'un jeune adulte alors qu'il s'agit, en réalité, d'un nouveau-né parmi les esprits maudits appelé dans le jargon "Jurei" ou "Noroi", selon.

Je suis sous le charme peu commun de Mahito.

Je viens dessiner du bout de l'index l'une des attaches de son cou. Il ferme les yeux, cherchant main pour en appuyer le toucher, me faisant passer entre les attaches, dans la chaleur même de la chair.

"Là... c'est bien." souriant.

C'est à la fois douillet et chaud.

"Je ne te fais pas mal ?..." intriguée.

Un mince filet de sang s'écoule le long de sa gorge ouverte.

"Non, ne t'inquiètes pas. Ça picote agréablement."

Il guide de sa main fermée sur la mienne. "Tu pourrais y enfoncer toute ta main. Attraper la trachée..."

Il se redresse sur les coudes, libérant ma main dont les doigts visitent davantage la chair de sa gorge.

Sa bouche s'entrouvre de délice, pupilles partant légèrement à la dérive.

OK. C'est ainsi que les fléaux comme lui prennent leur plaisir ?... Fort bien !

J'enfonce la main entière, cherchant à m'emparer de la trachée.

Il vient de pousser un geignement lourd qui a fait vibrer toutes les parois de son corps.


"Jade."

"Pas maintenant, Sugar Cake." appliqué dans la comptabilité du Lounge.

"Simplement pour le signaler : j'ai un hôte à la maison."

Jade lève finalement ses yeux hétérochromiques sur moi, finissant par basculer le dos contre le dossier du confortable canapé. "Un... hôte ?"

"Oui. Un peu particulier." sur un petit rire épris.

"Voyez-vous cela... et en quoi consiste cette particularité ?"

"Il recèle encore bien des mystères, même pour moi."

"Et... peut-on connaître son nom ?"

J'en souris. "Mahito."

Le visage se ferme immédiatement. Ouch !

Je n'ai jamais vu pareille expression venir emplir les traits posés de Jade.

"Tu ne retournes pas chez toi." ferme.

"Par... don ?"

"Tu demeures là. De toute manière, ton cher... Mahito... va rappliquer ici sans délai." bouclant le livre des finances, se levant.

Floyd revient de son entraînement de basket. "Pouh ! Fait chaud là-dehors !... C'est à pei..."

"Floyd. Tu la surveilles. J'ai à m'entretenir avec le boss." me désignant de l'index, cavalier.

"Gnéééé ?" n'y pigeant rien.

Je me lève à mon tour. "Minute, Jade ! Dis-moi ce qui se passe !..."

"Il se passe, ma chère Sugar Cake, que tu abrites chez toi un démon de la pire espèce."

Floyd nous rejoint. "Ça va pas d'employer ce ton avec Shachi-chan ?!" outré.

"Ta Shachi-chan n'en manque pas une, mon cher Floyd. Pas une !" avec de grands gestes, ce qui lui ressemble peu.

L'intéressé se gratte la tête.

"Fais ce que je t'ai dit." allant frapper à la porte du bureau du boss.

"Mais... quelle mouche l'a piqué ?..."

"Je... n'en sais rien... apparemment ça aurait à voir avec un certain Mahito que j'abrite chez moi..."

Floyd me fixe, incrédule. "C'est qui encore, celui-là ?!" piqué par la jalousie.

La brèche que Mahito attendait, apparaissant soudain derrière Floyd.

"Permettez que je me présente moi-même." faisant la courbette.

"Mahito ?" surprise.

Il place son index sur ses lèvres.

Ayant senti sa présence, Ashengrotto déboule de son bureau, le tenant en joue de son stylet magique.

"ARRIÈRE !"

Mahito le fixe, hétérochromie dégoulinant de haine.

"TOUT DE SUITE !" lui ordonne Azul.

"Tiens, tiens. Ce vieil Azul..." ironise Mahito.

Les deux adversaires se jaugent.

"ECARTE-TOI IMMÉDIATEMENT !"

Mahito lève les bras.

"Azul... c'est extrêmement gênant... on pourrait presque croire que me crains." sur un sourire faisant dépasser des canines meurtrières, s'emparant soudain de Floyd, transformant son avant-bras en lame.

"FLOYD ! MAHITO, STOP !" m'écriais-je.

La lame glisse le long de la gorge, sur un sourire des plus sadiques. "Tu vas regarder ton poulain mourir."

Mahito n'a pas la moindre hésitation dans ses gestes.

Le sang de Floyd s'écoule de la gorge ouverte, tachant le bras de Mahito refermé sur lui ainsi que la moquette de la salle. Floyd hoquète, tentant de se libérer mais la puissance de Mahito est telle qu'elle l'en empêche.

Jade arrive, horrifié, menaçant également le démon de son stylet magique. "TOI !"

"Oh mais voilà le toutou du grand Azul ! Celui-là même qui a assisté à la torture qui m'a été infligée jadis."

Jade serre les dents.

Floyd perd lentement connaissance.

Pour l'achever, Mahito perce un point de sa colonne vertébrale de son arme.

J'assiste à tout ceci, totalement déconnectée, comme s'il s'agissait d'un mauvais rêve...

J'ouvre les yeux, respiration bloquée dans la haut du torse.

Je me précipite vers Jade et Azul, rassemblés autour du corps exsangue et brisé de Floyd.

"NON !"

Jade m'adresse un regard qui me crucifie. "Tu peux être fière de toi, Sugar Cake."

"Fort heureusement... notre magie est puissante. Mais Floyd devra y sacrifier quelque chose."


"Repose-toi, petit frère." dit Jade après avoir bordé Floyd, caressant son front chaud.

Puis il nous rejoint, Azul et moi.

"Comment va-t-il ?" inquiète.

"Il dort." sec, s'installant avec cette grâce qui ne le quitte jamais.

"Je... je suis désolée, je... ne savais rien de..."

"C'est bien là le problème !" me charge Jade.

"Jade. Elle n'en savait rien, c'est vrai." intercède Ashengrotto.

"Cela n'excuse pas tout. Inviter un parfait inconnu chez soi... quel manque de maturité, Sugar Cake." secouant la tête.

Gasp ! Dire que je venais de rentrer à nouveau dans les bonnes grâces d'Octavinelle... heureusement Azul semble plus mesuré !... Jade réagit ainsi car il s'agit de sa précieuse moitié qui a été ciblée...

"Si nous ne disposions pas d'une magie forte, que ce serait-il passé, Sugar Cake ?!"

"J'ai bouclé le Lounge au moyen d'un sort puissant. Que même un démon comme Mahito ne peut contrer." précise le boss.

"Puis-je savoir comm..."

"Silence, Sugar Cake." grogne Jade, agacé par le seul timbre de ma voix.

"Elle a le droit de savoir, Jade."

"Boss !" s'y opposant.

"Mahito est ce que l'on appelle un jurei. Son apparence ressemble beaucoup aux traits des humains et camoufle à merveille ce qu'il est en réalité."

J'acquiesce.

"Il s'est déjà attaqué à notre clan. Et il a été châtié de manière exemplaire. Par mes soins. Et crois-moi, un poulpe en fureur équivaut bien la colère de deux murènes."

"Boss, je fais de Mahito mon affaire." dis-je, déterminée, ce qui équivaut à une mise hors d'état de nuire immédiate.

"Espères-tu te racheter ?" m'harponne Jade.

"Jade." le tempère Ashengrotto. "Je n'en doute pas : ton pouvoir est immense, Léviathan. Et ce démon l'a largement sous-estimé."


"Mahito."

Il se retourne, me fixant. "Comment... es-tu... arrivée jusque ici ?... Il s'agit de... mon domaine." halluciné.

"Aurais-je omis de préciser que je sers sous la bannière du Seigneur Hadès ? Ce genre de lieu n'a donc aucun secret pour moi."

Il se redresse, faisant craquer sa nuque. "I see." sur un sourire excité par la perspective d'un combat.

Je revêts mon surplis - je lui dois bien cela en sa qualité d'ombre !...

Le combat s'engage. Mahito est très bon, agile et imaginatif, avec du répondant à gogo !

Mais la balance finit par peser de mon côté.

A la fin, il se retrouve à genoux devant moi et je l'attrape par les cheveux, lui faisant lever le visage vers moi.

"Je vais te faire une grâce, Mahito. Celle de la boucle temporelle."

Ceci m'évite effectivement d'avoir à le tuer... car oui, quelque part, Mahito a touché mon cœur.


Nous nous engouffrons dans la cabane, faisant tomber nos vêtements, bouches se dévorant de la plus voluptueuse des façons.

Il m'accule contre la table, ouvrant mes jambes pour s'y placer, regard émeraude à la dérive sous la lourde frange blonde.

D'une main, il s'offre de l'espace avant de revenir m'embrasser avec ferveur, rendant ses baisers aussi enflammés qu'étourdissants.

"Rook... Rook !..."

"Princesse, haaan..."

Son souffle est lourd et vif, corps enserré dans les filets délicieux de la volupté, désir à son paroxysme.

"Viens, Rook..." l'invitant.

Quel délice de l'entendre suffoquer alors que son extrémité éclose sensible se régale de l'humidité ambiante de mon sexe, s'invitant par moment, butinant l'intégralité du sexe ouvert avant de revenir au point initial.

"Ooooh... mmm... quel... régal !..." sur un sourire qui se perd dans les sensations.

Le jeu dure un moment, éveillant de sensations aiguës qui nous font littéralement perdre la tête, lui niché front contre mon épaule tandis qu'il explore, papillonne, butine puis s'engouffre lentement, visage remonté, menton haut, bouche entrouverte, paupières frémissantes, s'entrouvrant sur des pupilles à la dérive.

"Rook !..." l'enserrant pour l'avoir plus près.

Il se décide enfin à bouger. C'est... agréablement lent, voluptueux.

Nous nous donnons la réplique, savourant l'instant qui vrille nos corps de plaisir intense.

Son cœur manque de quitter sa poitrine tant le plaisir le met à contribution.

"R... Roooook !... Gorge-moi... Gorge-moi !..."

A la fin alors que tout s'élève, les mouvements gagnent en vitesse, sexes s'épousant à merveille, profondément emboîtés.

Son expression entière suinte le plaisir pris.

Puis tout explose enfin, procurant des vagues de plaisir criées, geintes, bonheur à son plus haut niveau.

"Oooooh... princ... princesse..." éperdu de sensations qu'un rien suffit à attiser à nouveau.

Je caresse son visage, décollant les mèches qui viennent de se coller à sa peau moite.

"C'était..." sur un sourire révélateur.

"Ooooh oui..." posant sur moi un regard comblé. "Je t'aime, Princesse."

"Il ne... faut pas, Rook..."

"C'est... plus fort que moi..." nichant à nouveau dans mon cou qu'il parsème de baisers doux. "Plus fort que moi..."


"Rook."

Ouch ! C'est sec.

Il s'approche. "Ma Reine."

"Tu... empestes la dinde, Rook." avec mépris, attrapant le joli menton du Chasseur pour faire dévier le visage à droite puis à gauche. "Tes goûts sont décidément indignes de la beauté prisée par Pomefiore."

"La jalousie vous égare, ma Reine." sur un sourire affiché.

Un soufflet, le second était bloqué d'une main ferme autour du poignet fin de Sa Majesté.

Rook défie la Reine du regard.

"Rook." sévère, contrarié d'être ainsi contré dans son autorité suprême. "Chaque jour te fait plus rebelle à mon égard." plissant les yeux.

"Elle ne représente aucun danger pour Pomefiore. Par contre, elle vous fait de l'ombre, ce que vous ne tolérez pas."


"Bonjour, Mahito."

Il me fixe, son aura s'élève, il serre les poings. "Toi..."

"Oui. Moi." m'approchant, perchée sur des talons, jupe crayon soulignant la finesse de ma taille, chemisier.

Voyons... que vaudra la colère d'un fléau réputé supérieur ?...

"Est-ce toi qui lances ces ondes ? Qui appelles-tu à la rescousse, Mahito ?"

"Ma faction."

Grands yeux. "Tiens donc. Vous êtes donc plusieurs ?"

"Oui. Et lorsqu'ils se tiendront devant toi..."

"T-t-t-t-t." attrapant son menton pour l'embrasser par surprise.

Il recule et s'essuie la bouche d'un revers vif de l'avant-bras avec une moue de dégoût profond. "Bwaaaah !"

"OK. Alors je vais être claire, Mahito : nul fléau, nul démon n'est capable de venir à bout de cette boucle temporelle. Et tu veux savoir pourquoi, mon tout beau ?" lui faisant des yeux de biche. "Ah mais c'est vrai... tu es jeune. Donc tu ignores tout ceci..." appuyant là où ça fait mal.

Il me fixe comme s'il m'éviscérait à pleines mains.

Ses lèvres se retroussent sur des crocs dangereux.

"Mais si la vie te paraît morne à ce point, je peux toujours autoriser tes amis à venir t'y rejoindre."

Je le trouve très appétissant lorsqu'il m'exècre de la sorte. Toute la sauvagerie demeure au rendez-vous : le regard, le rictus dément, l'expression corporelle. Son regard vairon est à présent injecté de sang.

Une abomination sur le point d'exploser !

Je lui fais face, écartant légèrement les jambes pour maintenir mon aplomb en cas d'assaut. Et il ne se fait guère attendre !

Avec une force peu commune, il fonce sur moi, tête la première, se dessinant des cornes pour m'embrocher.

Olé ! Esquive !... Applaudissements du public.

Il gratte le sol puis repart à l'attaque. Je retire mes escarpins.

Je l'attrape par les épaules et le contre, faisant une clé de bras autour de son cou.

Il cherche à s'en défaire, utilisant tout ou partie de sa force.

Le juron qui lui échappe, dans une langue que je qualifierai d'ancienne et d'occulte, finit en immense éclat de rire dément.

Je relâche lentement alors qu'il vient de changer de forme pour mieux m'échapper.

Je vois qu'on s'éclate !...

Je pose le pied sur lui et il reprend sa forme initiale. J'appuie davantage et il suffoque, rendant quelque chose d'ocre, continuant à se marrer comme un dingue.

"Tu penses vraiment... qu'ils vont laisser leur leader tourner en rond comme un animal en cage ?" montant la main le long de mon mollet.

Gasp !... Je n'avais jamais noté à quel point sa paume était aussi large. Enfin... il faut dire que Mahito est un joli morceau d'un mètre 80, après tout.

"En attendant que tout soit rentré dans l'ordre, que je tue Azul et ses murènes..." s'emparant plus férocement de ma jambe pour me faire chuter sur lui, visage proche du mien. "... si on se passait le temps, dans ce trou sordide ?"

Je lui souris, me soulevant à bout de bras, passant les mains le long de ses bras suturés. "Voilà ce que je pense, Mahito : tu es un esprit vif et très intelligent. Ta capacité d'adaptation est résolument stupéfiante. Et malgré ton jeune âge, si je puis dire, tu apprends rapidement. Pas besoin de te répéter deux fois la leçon."

Il siffle. "Je ne demande pas mieux que d'être encensé. Alors continue." cherchant dans ma nuque pour m'approcher de ses lèvres. "Ils ont été plusieurs à ployer le genou devant moi, à supplier que je leur rende leurs proches et que je les épargne."

"Y aurais-tu pris goût, Mahito ?..." lui manifestant une certaine curiosité.

"N'est-ce pas ma place, après tout ? Je domine depuis ma naissance l'ordre humain..." fermant les paupières sur cette cruelle satisfaction. "Par contre, une question me taraude : pourquoi avoir choisi de m'emprisonner ?... Est-ce parce que me tuer t'est impossible ou parce que... tu nourris d'autres projets à mon égard ?"

"Un peu des deux." glissant un doigt le long de l'arête de son nez fin, m'emparant d'une couette pour jouer avec le lien.

Sa chevelure bleu azur est magnifique, maintenue par trois liens bas.

Il attrape ma main pour en fourrer les doigts dans sa bouche, corps se tendant entier à l'outrage, lui dessinant ce sexe plein, masculin, qu'il n'accorde qu'à quelques âmes choisies.

Amusé par la sensation qui lui vrille l'échine, il joue de quelques mouvements de hanches sous moi.

"Ben vas-y. Serre-toi puisque t'es là pour ça." sur un sourire assumé.

Je glisse une main entre nous, allant le cueillir de la paume. Mmm... palpitant et chaud. Comme j'aime !...

"Ressembler à des humains... nous serre de leurres. Toi aussi, tu sais jouir des plaisirs de ceux que tu exècres, Mahito."

"Démasqué !..."

Je cherche sa bouche, la trouvant avec appétit. Il ne rechigne pas le moins du monde, menant le baiser où bon lui semble, langue venant en renfort de lèvres extrêmement mobiles et chaleureuses.

Ses paumes tombent sur mes fesses qu'il pétrit, renforçant les sensations.

"Quand je pense... mmm... que tu voulais ma peau... quelques instants... ooooh... plus tôt..."

"C'est toujours d'actualité. Je ne fais qu'ajourner, ne te leurre pas." sur un geignement lourd, s'érigeant toujours davantage.

"Focus, Mahito." le pinçant entre mes doigts à l'en faire tressaillir.

Il bat des jambes, éructant un rire détraqué sous la sensation.

Je soulève le bassin pour le défaire sans longuement batailler, le faisant saillir. Ma foi !... Belles proportions !...

"Suffisant pour toi ou dois-je revoir les exigences à la hausse ?"

"Par... fait..." le caressant, jouant du pouce sur l'extrémité qui perle. Wow ! Ça lubrifie à mort, si bien que tout le sexe profite de cette particularité, lui offrant une pellicule qui renforce les sensations.

Son menton se lève, à l'écoute de ses sens. Il s'en entortillerait bien de délice en changeant de forme - c'est une manie chez lui ! - mais se le défend formellement pour ne pas m'agacer et gâcher.

Il remonte ma jupe cran après cran, hétérochromie expressive, écartant le tanga pour se frayer un passage, s'engouffrant sur un geignement rauque étouffé.

Il me remplie parfaitement, sans s'être trompé.

Mes parois gorgées compriment agréablement son sexe tendu.

Il lui revient, fugace, le souvenir d'un combat contre l'un de ces exorcistes... Combat et sexe étroitement mêlés.

Cette mésaventure demeure certes une formalité pour un fléau d'un tel niveau, capable de se reconstituer. Mais l'exploit demeurait néanmoins notable.

Le premier mouvement qui le fait coulisser le ramène à notre présente affaire et il en hoquète, totalement englouti de sensations vives.

Le terme, lâché dans un dialecte ancien, reflète son excitation au zénith.

Je lève le menton, appréciant l'instant.

Il contracte le ventre et les fesses pour renforcer la montée de plaisir, son d'extase libéré de sa gorge.

Oui. Je ne m'étais pas trompée... il connaît son affaire !

Des siècles d'observation assidue. Des siècles à se fondre dans la masse. A tenter, à expérimenter.

Ce qu'il s'apprête à rendre ne sera sans doute pas de l'ordre du laiteux... plutôt un résidu bulleux, effervescent - sa matière organique la plus intime.

Nous y sommes, il se tend d'un seul tenant, haut du corps relevé, rauque lui échappant dans un élan féroce.

J'en jouis dans la foulée, contractant autour de lui.

Il fait retomber son dos un instant cambré de délectation, rire au rendez-vous.

"Aaaaah... quelle expérience !..." régalé jusqu'aux reins.

Son sexe rétracte lentement.

Sa bouche s'ouvre et il y laisse pendre sa langue, exalté. "Tu sais... ça grouille d'humains par ici... je risque pas vraiment de m'y ennuyer." révélant la supercherie. "Même si ce ne sont que de fades représentations... ils demeurent imprégnés de l'imaginaire collectif d'où je puise ma force. Tu m'a redonné la foi, Senshi." embrassant mon front, main passée dans ma nuque, possessif. "Je t'en suis reconnaissant." avançant l'autre main pour sonder mon âme.


La fois où nous nous sommes donnés la chasse dans cet établissement scolaire, nous déplaçant à telle vitesse que les sens humains demeuraient bien incapables de nous appréhender, soulevant des courants d'air derrière notre passage.

La guerre. Toujours la même. Pour une seule et même chose ; cette force ultime, loin de celle, illusoire, des muscles ; l'énergie suprême ! Mahito la connaît et la partage.

Sa valeur réside dans une capacité d'apprentissage phénoménale ; voir ou subir une attaque lui suffit à l'appréhender à la perfection. Mahito imite, persévère. A succès. C'est là sa force.


(1) Littéralement "fléau"

(2) "Malédiction" (action)