Chapitre 288 : Domain Expansion Countermeasures

Je pose les paumes sur les cuisses de Mahito, calé dans un canapé, jambes ouvertes, m'envisageant d'un air particulièrement malicieux.

Je finis par m'y installer, à califourchon, bassins proches, langue allant chercher la suture de son cou, l'appliquant tout du long, lui prenant un frisson électrique avant d'en immiscer la pointe entre les deux ourlets de chair, geignement vibrant passant sa gorge.

"Je déclare ouvertes... les hostilités..." le fixant droit dans les yeux.

Il avance deux mains sur mes épaules, y crispant les doigts, ramenant à moi deux pupilles à la dérive.

Il ramène sa jambe sur l'autre, histoire de m'emprisonner contre son bassin. Là. Bien calée.

Ses paumes glissent le long de mes bras, caressante avant de s'y agripper.

Avec Mahito, j'ignore toujours à quelle sauce je vais être dégustée.

L'abomination humaine déborde d'imagination lorsqu'il s'agit de sublimer le sordide !...

J'avance les deux mains pour lui dessiner ce sexe des deux pouces, appendice dont il ne s'embarrasse guère pour ce qui est de sa mission ; bien au contraire, un tel arsenal le gênerait dans ses combats.

Il s'érige, dessinant une tension contre la toile du pantalon.

Ses chairs se connectent, lui offrant des organes internes, appelant de lui la forme d'excitation la plus charnelle qui soit.

Mahito a un goût de guimauve épicée. Relevée et très agréable en bouche, parfumée.

"Shinamon(*)." attrapant entre mes lèvres son inférieure, le faisant loucher sur ce jeu particulièrement appétissant pour les sens.


"Comment se porte notre ami commun ?" m'interroge le boss.

"Comme un charme." dis-je, ironique.

"J'ignore de quelle manière tu l'as mis hors d'état de nuire mais je t'en félicite."

"SHACHIIIIIIIIIIII !" se précipitant pour m'étreindre.

Je ris devant la spontanéité naturelle de Floyd.

"Shachi, je dois être le premier averti quand tu débarques au Lounge !" froncé.

"Que d'enfantillages, Floyd." pince Jade, dans son dos, prenant place aux côtés du boss.

Floyd fourre son nez dans mes cheveux, bras refermés possessivement autour de moi.

"Heureusement que je suis habituée à tes élans, mon tout beau."

Il gonfle les joues, rendant ballants ses bras dans une attitude d'enfant blessé.

Petit rire de Jade. "Ah, Floyd !..." connaissant parfaitement sa chère moitié.

"C'est ainsi que nous l'aimons, pas vrai ?" demandais-je. "Avec son caractère et ses sautes d'humeur."

"Shachi, ça fait longtemps..." exprimant librement son envie de moi.

"En privé, Floyd, je te prie." grince le boss.

"Mais euuuuuh ! J'ai le droit !..."

Je lui glisse à l'oreille que bientôt, ce qui réanime sa bonne humeur.


Floyd joue de la hanche contre moi tandis que nous faisons la plonge dans deux bacs. Je ris de la façon dont il me cherche.

Jade nous garde à l'œil, placé dans nos dos. "Le premier qui sera à l'origine de la moindre casse sera privé de sexe, vous voici avertis, l'un l'autre."

Floyd gonfle les joues. "Depuis quand tu arbitres, toi ?"

"Depuis que je suis en charge de la vaisselle, mon cher Floyd. C'est-à-dire depuis l'origine du Lounge."

Floyd gonfle davantage ses joues, agacé. "N'importe quoi."

"Applique-toi, Floyd." s'amuse Jade. "Et range ta susceptibilité dans une poche."

"Pfff." s'activant.

Jade se place entre nous, un avant-bras sur chacune de nos épaules, surveillant les opérations de plus près.

"Arrête. Ça me gave." râle Floyd. "Déjà comme ça, la corvée de plonge c'est pas mon truc."

"Oui mais... si tu savais ce qu'elle est susceptible de te rapporter..." sur un regard explicite.

Je siffle. "Tu en as de la chance, Floyd !..."

Jade tourne lentement la tête dans ma direction, paume descendant lentement le long de mon dos, échouant sur une fesse.

"Tu n'y étais en aucun cas exclue."

J'en ai le souffle coupé.

Floyd rit, joyeux. "T'as de l'appétit ce soir, bro' !..."

Jade racle, de ses dents pointues, la joue de Floyd. "Activez." éperonné par le désir que nous lui inspirons, l'un l'autre. "Quant à toi, killer whale..." reprenant le terme que m'attribue habituellement Floyd, respirant mes cheveux, doigts crispant sur ma fesse à m'en faire hoqueter de bonheur.

Floyd finit par lever les deux mains. "Terminééééééééé !"


Je pousse la porte de la boutique qui fait tinter le carillon électronique.

"Ooooh !... My Lady !..." délecté jusqu'au bout des ongles, agitant les doigts.

Je ris de son air surpris alors qu'il a dû me détecter dès que je me suis avancée sur l'avenue.

"Tu m'offres le thé ?"

"Bien volontiers." m'invitant dans l'arrière boutique.

J'aime cette façon qu'il a de toujours m'accorder du temps. Bien évidemment j'aurai patienté s'il avait été avec des clients.

Caroline m'alpague, ce qui le fait rire.

Nous nous sommes toujours beaucoup appréciées et ce dès le premier jour.

Undy l'a prise sous son aile et lui a enseigné le métier. Il est à la fois son père et son mentor.

J'aime notre petit cocon à trois, voilà pourquoi j'y reviens.

Nous nous installons autour de la petite table et Undy nous gâte de thé chaud assorti de quelques cookies.

"Je vois que tu la portes toujours..." annonce Caroline, lorgnant sur la bague de fiançailles offerte jadis.

"Oh !... Oui. Je ne m'en sépare pour ainsi dire jamais."

Le regard dégagé d'Undy passe de l'une à l'autre, savourant l'échange, ongles sombres tapotant discrètement la soucoupe de sa tasse.

"Mais j'y pense... je vous ai interrompus dans votre travail..."

Petit rire de Caroline. "Mon patron a été pris de zèle durant toute la matinée et en début d'après-midi, si bien que je n'ai pas saisi la raison de son empressement... jusqu'à ton arrivée." souriante, consciente que notre lien est tel qu'Undy est capable de déterminer précisément le moment où je franchirai à nouveau la porte de son humble boutique, à son plus grand bonheur.

Je m'étire. "Mmm... je sens que je vais faire mon nid ici pour quelques instants."

"Tu es et seras toujours la bienvenue." m'affirme une nouvelle fois le propriétaire des lieux.

Je me penche pour lui accorder une bise sur la joue. "Merci." puis à son oreille. "Tu passeras ta tenue victorienne pour ce soir..." lançant le signal des joutes charnelles.

Il en frémit des pieds à la tête. "Je n'y manquerai sous aucun prétexte."


Le souper se déroule dans la bonne humeur, anecdotes fusant de part et d'autre.

Puis après la vaisselle, il file sous la douche avant d'enfiler cette soutane près du corps, longues cuissardes à boucles et à talons, se présentant à moi.

Je le contemple un long moment avant de l'installer en pied de lit, me glissant entre ses jambes ouvertes, main basculant un pan de cheveux argentés sur l'arrière, en appréciant la texture même.

"Tu es... magnifique." le pensant sincèrement.

Petit rire. "Je puis en dire autant de toi." fixant mon visage en haut du sien, ému. "Chaque fois que le vent du destin te ramène ainsi à moi, je me sens terriblement chanceux."

"Je m'en veux de te négliger autant..." sur un soupir. "Je mériterai que tu me tournes le dos."

"Jamais, my Lady !..." outré. "Je t'ai offert mon cœur."

"Je le piétine. Sans cesse."

"Oh..." m'enserrant de ses bras, joue posée contre mon sein. "Qu'importe."

"Non, c'est... insupportable." secouant la tête.

"Cesse de te torture, veux-tu ?..." relevant le regard sur moi. "Nous sommes bien assez d'un pour ce faire." parlant de sa propre âme malmenée par une existence hors du commun. "Offrons-nous du répit et de la force."

Je n'ai de cesse de cajoler ses pans de cheveux.

"#136649... oh bon sang !... Qu'est-ce que tu peux me plaire." sur un sourire tendre.

"Cet employé zélé est décédé au moment de sa chute." sur une expression qui en dit long.

"J'apprécie pourtant les traces qui subsistent." le trouvant superbe. "Lorsqu'elles te dessinent ce sourire et cette assurance..." glissant des revers de doigts sur ses joues, calée contre lui.

"Je demeure donc à ton goût lorsque je suis... saturé de pouvoir ?..." connaissant pertinemment mon penchant pour les êtres supérieurs.

"Hmm mmm. Je n'ai jamais fait mystère de mon attirance pour l'être que tu as été jadis." sur un sourire tendre.

"Tout ceci est si... contre-nature." amusé. "Tu as été l'une des pierres sur laquelle mon pas a jadis trébuché. Jusqu'à la chute."

"Et ce que tu es devenu n'en est que plus magnifique encore. Je t'aime, Undy."

Il sourit, éclatant. "Oh, my Lady... comme tes mots me font du bien..."

"Ma magnifique splendeur..." glissant une mèche derrière son oreille percée, m'installant en travers d'une cuisse, bras noués autour de sa nuque, cherchant ses lèvres qu'il m'offre sans rechigner le moins du monde, attentif aux sensations que le contact évoque.

"Dès que je t'ai vu à Londres..." à son oreille, cherchant les bijoux qui l'ornent du bout de la langue, lui arrachant un frisson délicieux.

"Ooooh... my Lady... jamais je n'aurai pu... me douter... que cette relation deviendrait si... forte et présente..." sur un sourire audible. "Elle m'est plus précieuse que tout désormais."

"J'en suis tellement ingrate, Undy..."

"Not true. Tu finis toujours, à un moment ou à un autre, par me revenir. Et ceci a bien plus de valeur à mes yeux que tous les serments. Exiger de toi de demeurer à un point d'attache reviendrait à te briser les ailes."

Je pose mon front contre le sien. "Nul mieux que toi me comprends. Merci, Undy."

"L'expérience a parfois du bon." sur un petit rire, doigts allant cueillir ma nuque.

"Après tous ces siècles de service, tu as bien mérité amour et repos."

"Et tu me les offres, à n'en point douter." ronronnant.

Mes doigts s'égarent dans ses cheveux à n'en plus finir.

"Oh, Undy..." régalée de pouvoir ainsi approcher et choyer cette splendeur d'ex-Shinigami en service. "Tu as tant vu, Undy... tant vu..."

"Cela ne m'empêche guère d'être parfois très dur envers toi... notamment dans le choix de certains de mes mots." navré.

"Tu en as le droit. Et même si je ne les refoule sur l'instant, ils me permettent de faire le point sur bien des sujets. Et toi seul ose mes les dire. Parce que tu es en droit de le faire."

"Non. C'est un droit que je m'octroie à mauvais escient. Rien au monde ne peut justifier mon attitude envers toi que je prétends aimer."

"Cesse d'être aussi intransigeant avec toi-même, mon beau."

Le baiser qui suit est fervent, scellant nos deux âmes.

Je me relève, retroussant sa tunique pour découvrir les cuissardes à boucles, en admirant l'effet sur ses cuisses effilées.

Je les défais une à une, cherchant ses émeraudes phosphorescentes du regard.

Il suit les mouvements précis de mes mains des yeux, attisé par mon initiative, à s'en pincer la lèvre.

Son menton se lève, tête lentement basculée sur l'arrière, se laissant enfler de délice sans l'évoquer par des mots.

J'y appose ma paume, lui arrachant un souffle vacillant. "Ooooh my... La façon dont... tu me touches..."

"La façon dont tu m'accordes de te toucher..."

Il en sourit, me cherchant des mains, corps dans une transe charnelle.

"Tu m'as toujours plu, Undy."

"Ce corps... si longtemps endormi... qui s'éveille à ton contact..." souriant.

Ah la la, mon cher Shinigami plus de huit fois centenaire... encore si sensible à ce genre de choses...

Il quitte pour un instant le deuil qui le charge et le méandre de ses pensées accablées pour s'adonner au plaisir, moi finissant par balancer sur lui, faisant se cambrer son corps tout entier, dans des appels lascifs, voix montant de paire dans cette pièce close, nous saluant de la plus organique des façons.

Puis tout retombe. Et la vie reprend son cours, laissant nos deux corps nus d'amants choir l'un sur l'autre, peaux moites de la joute, regards perdus et sourires heureux aux lèvres, baignés par les endorphines.


Comme l'été avance, nous avons fait cela dans la chambre intime de l'arrière boutique.

Au petit matin nous serons réveillés par les roucoulements amoureux des oiseaux.

Undy s'étire tel un chat, cherchant le plafond des mains, visage serein.

"Je ne sais depuis combien de temps je n'ai pas aussi profondément dormi. Telle la princesse des contes, hihihihi !"

"Oh, tu veux être réveillé d'un baiser d'amour véritable ?" penchant vers lui.

"Hihihihi ! Je n'osais le demander..." tirant le drap vers le haut, jouant le rôle de la belle endormie.

J'avise ses lèvres avant d'y poser les miennes, douce au possible.

Il frémit de délice, régalé.


Je passe la brosse dans la chevelure argentée. Les picots y glissent sans rencontrer d'obstacle.

Aujourd'hui c'est tresse sur le côté car il s'offre la journée pour demeurer à mes côtés.

"Je ne dois guère m'attarder. Cela nuit à ton commerce." taquine.

"Oh, il a les reins solides, rassure-toi. Ce n'est pas un jour de congé qui va faire sombrer sa trésorerie."

Nous nous offrons une belle balade en bord de Seine, bras dessus bras dessous, tendrement enlacés, nous adressant des mots tendres et des baisers doux.

Il est véritablement ma plus belle rencontre !...

"Je t'étais destiné." lui faisant face, main sur la sienne.

"Oh, my Lady..." ému.

"Nous avons tant traversé pour en arriver là... c'est juste..." ne trouvant pas les mots.

Il m'étreint de la force de ses bras, soupirant dans mes cheveux, savourant l'instant.

"Tu as tant donné..." à son oreille percé.

"L'employé zélé était le plus aveugle du lot... jusqu'à son brutal réveil." sur un sourire revanchard.

"J'aime ton histoire singulière, Undy." caressante.


Caroline est au comble du bonheur pour son patron !...

Les repas pris en commun sont des plus joyeux.

Puis nous nous offrons un instant de lecture devant des boissons réconfortantes avant que Caroline ne regagne son appartement et que je prenne soin de mon grand amour, de mon âme sœur.

Je ris en défaisant la tresse.

"A quoi songes-tu, my Lady ?..."

"A la façon dont ma bouche se serait entrouverte et mes pupilles se seraient dilatées lorsque tu te serais présenté à la demeure familiale."

Petit rire. "Je ne fais généralement pas cet effet-là."

"J'aurai été subjuguée par tant de splendeur. Et ce qu'elle camoufle."

"Oooooh... ainsi tu aurais vu jusqu'en mon âme ?"

"Tu ne l'aurais en aucun cas masquée."

"Certes. Nu. D'âme avant même de corps." ronronnant.

"J'aurai insisté pour te garder pour le souper. Et pour la nuit."

"Et qu'en aurait pensé Monsieur ton père ?..."

"Il aurait trouvé cela étrange." sur un petit rire.

"Avec raison compte tenu notre différence d'âge !..." sévère puis finissant par en rire.

"Je t'aurai littéralement collé. Dans tous les sens du terme."

"Ooooh, quelle réjouissante perspective !..." régalé, tapotant dans ses mains.

"Te serais-tu laissé faire ?"

"Bien évidemment, my Lady !... Une fois de plus, ce vieux corps aurait parlé plus que de raison."

"Embrasse-moi, Undy. Maintenant."

Il attrape délicatement mon visage entre ses paumes ouvertes, m'offrant un baiser fervent.

"Tu es véritablement mon essence la plus précieuse."

Je pose mes mains sur les siennes, caressante. "Encore..." gourmande. "M'aurais-tu autorisé l'accès à ta chambre ?..."

"Sous le toit paternel ?... God... cela tient de l'outrage !..." amusé par la question. "Où aurais-je trouvé la force et la volonté de te mettre dehors ?..."

"Aurions-nous fait l'amour ?..."

Il en frétille. "Si tel... avait été ton souhait." délicat envers la gente féminine, faisant passer mon désir avant le sien.

"Lentement. Tendrement. Dans la moiteur."

"Oooooh my !..." sens agités, se triturant les mains pour évacuer la tension que je fais grimper en lui.

"Oh, je t'aurai courtisé devant papa."

"J'aurai d'abord cru à une plaisanterie... avant d'entrer en résonance avec ton couplet."

Je monte les mains de long de ses bras, l'embrassant une nouvelle fois, le faisant tressaillir de bonheur à ainsi lui accorder mes faveurs.

"Tu les aurais tous coiffés au poteau, ces prétendants juvéniles... j'aurai apprécié ta façon de manier le verbe, ciblant juste à chaque parole."

Il m'étreint, touché de part en part. "Comme tu me fais du bien, my Lady. Un bien fou..."

"Je t'aime, Undy. Et cet amour n'est réservé à aucun autre. Mon magnifique, superbe Shinigami... qui n'est plus tenu à aucun liste et se plaît à frapper au hasard." attrapant ses deux mains dans les miennes, caressant leur dos des pouces. "L'employé zélé qui leur a tous échappé..."

"Ce culte que tu voues à ma chute..."

"Tu peux être tant d'hommes à la fois, Undy..." délectée. "J'apprécie même celui à qui il arrive de prononcer des termes durs à mon égard. Si tu n'étais pas habité par la conviction que je te revienne toujours, jamais tu ne te le permettrais. Et c'est ce qui te distingue de tous les autres."

"Cela s'apparenterait presque à de l'orgueil si je ne t'aimais pas tant, my Lady." réaliste.

"J'aime tout de toi, Undy : celui que tu as été, celui que tu es et celui qu'il te plaira d'être."

Il m'avoue dormir comme un bébé depuis mon retour, savourant ces heures gagnées sur un sommeil d'ordinaire fuyant.

Ses cernes se rétractent.


"Dis... tu connais sa date de naissance ?..." me questionne Caroline.

"Tu peux considérer le 25 mars comme une date officieuse ; celle qui apparaît sur son passeport." demeurant volontairement muette quant à l'année de naissance.


(*) "Cannelle" en japonais