Bonjour à tous et particulièrement à mes premiers abonnés sur cette histoire.

Voici donc, comme tous les mercredis, un nouveau chapitre de Vampire Hunter K, le plus long jusqu'à présent. Par contre, je ne pense pas savoir tenir le rythme hebdomaire dans les semaines qui viennent. Mon stage a commencé et il me prend toute la journée, de 8 heures du matin jusqu'à 18 heures le soir. De plus, je n'écris plus aussi rapidement qu'avant. Je suis devenue beaucoup plus exigeante sur mon travail avec le temps. Bref, tout ça pour dire que dorénavant, les chapitres seront publiés toutes les deux semaines, soit que le prochain chapitre paraîtra le 8 août. Ce sera pour cette date sans faute car je sais déjà ce que je vais écrire dans le chapitre.

En ce qui concerne celui de cette semaine, la notification M va prendre tout son sens dans ce chapitre. Vous en aurez pour votre argent.

Je vous souhaite encore une bonne lecture et à la prochaine.

PS: des petits commentaires pour connaître vos sentiments à la suite de la lecture sont appréciés. Ça motive et aide à s'améliorer.

Chapitre IV : Lucifer

« Les dhampires

Pour résumer simplement, ce sont des créatures à moitié humaine et moitié vampire. Ils sont issus de l'union entre un vampire masculin et une humaine dans des circonstances particulières. En théorie, les vampires et dhampires ne peuvent pas se reproduire car ils ont perdu le pouvoir de donner la vie en même temps que leur existence humaine et la bénédiction divine. Cependant, si certaines conditions sont remplies et par là, j'entends une combinaison de rituels de magie et d'alchimie, un vampire mâle peut « procréer ». Ces rituels sont des secrets bien gardés dont disposent la plupart des nids de haute catégorie. Par exemple, le roi vampire de Kakin a su donner 14 enfants à ses épouses humaines, tous dhampires, mais pas tous égaux en puissance. Il en va de même pour Silva Zaoldyeck qui a pris pour épouse une humaine. Cette dernière est toujours en vie et en parfaite santé après vingt ans de vie commune et 5 enfants dhampires.

A présent, quelles sont les différences majeures entre les vampires et leur progéniture ? La plus importante est que la partie humaine de ces créatures les rendent plus résistants à la plupart des éléments qui sont mortels pour leurs parents. Ils peuvent se promener à la lumière du jour, quoi qu'une trop longue exposition au soleil et à la chaleur provoque une maladie semblable à l'insolation. Les dhampires doivent récupérer en s'enfouissant dans le sol. De plus, comme ils ne sont jamais décédés, ils ne sont pas tenus de se reposer en un endroit spécifique pour récupérer leurs forces. La grâce, l'eau bénite et l'ail ont également un effet moindre sur eux.

A première vue, il est plus pratique d'être un dhampire qu'être un vampire, mais la progéniture reste plus faible que son géniteur. Les 100% vampires disposeront toujours de pouvoirs magiques et d'une force plus puissants et maitrisent le pouvoir de métamorphose. De plus, seule leur morsure et sang peuvent créer de nouveau vampires.

Journal de K. »

K n'hésita pas un instant. Il fuit avec toute l'énergie qui lui restait.

Les vampires voulurent se lancer à sa poursuite, mais celui à la veste noire les stoppa.

- « Non. Vous allez inspecter les environs de l'aérogare. Je veux savoir pourquoi les chimères de Méruem se sont concentrées ici sans que nous ne les ayons remarquées. Vérifiez aussi que le dirigeable et les locaux soient intacts et évaluez les dégâts et les victimes. Continuez de patrouiller pour éliminer la moindre goule qu'il reste de ce commando. »

- « A vos ordres, boss, » répondit la femme.

- « Et pour l'humain ? A supposer qu'il en est vraiment un. Il bouge un peu trop bien pour un simple mortel, » déclara le dhampire à la queue de cheval qui avait visiblement envie d'en découdre avec la proie qui lui avait échappé tout l'après-midi. »

- « Je m'en occupe, » répondit le-dit boss en faisant glisser sa langue sur ses lèvres.

La tête de K commençait à lui faire mal. Il avait utilisé les pouvoirs de son peuple un peu trop longtemps. Mais il devait l'ignorer. C'était une question de survie. S'il pouvait atteindre son dromadaire (à supposer que les vampires ne l'aient pas encore trouvé), il pourrait avoir une chance. Grace à ce pouvoir qui lui conférait temporairement la force, l'agilité et l'endurance du démon à l'origine du clan Kuruta, il sautait d'une colline de déchet à une autre comme un écureuil de branche en branche.

« Tu as de magnifiques yeux »

Quelle était cette voix ? K jeta un coup d'œil autour de lui. À une vingtaine de mètres, sur la carcasse de ce qui devait être un vieux flipper, il y avait une silhouette. K reconnaissait le manteau noir à fourrure. « Et merde, on dirait que le chef est capable de me suivre… »

Mais il n'abandonna pas. Il continua de courir.

« Et si tu t'arrêtais un peu, que nous puissions discuter en hommes civilisés ? Je voudrais savoir quels sont tes liens avec notre récente recrue. »

La voix ne s'éloignait pas, mais K pouvait apercevoir le désert. Encore cinq petites minutes…

« Je connais bien ton clan, je sais que tu approches de ta limite… »

L'enfoiré continuait de le narguer.

K zigzagua dans un labyrinthe de ferraille. S'il seulement il pouvait le semer. Les battements de son cœur commencèrent à s'accélérer. Il utilisait le pouvoir depuis plus d'une heure, cela n'avait rien d'étonnant. « Seigneur, faites que je tienne quelques minutes de plus. Ma vie en dépend. »

Mais alors qu'il essaya de traverser une zone de tôles en métal, le sol se déroba sous ses pieds. K poussa un cri de désespoir alors que son corps était avalé par une véritable mâchoire de bois et de fer. Il sentait sa chair se lacérer. C'était la douleur de trop. Tout se troubla autour de lui et il sombra dans les ténèbres.

Quand il reprit conscience, la première chose dont il se rendit compte, c'était qu'il avait des blessures et qu'elles piquaient. C'était comme si de la pommade désinfectante avait été appliquée dessus. La deuxième chose, c'était qu'il était attaché sur une table, bras et jambes écartées. La troisième, c'était qu'un courant d'air froid désagréable lui caressait la peau… la peau ? Il ouvrit les yeux et se redressa autant que ses liens le permettaient. Il était nu, entièrement nu.

Et puis, il remarqua une personne dans un coin de la pièce, assis devant un petit poêle dans un luxueux fauteuil. Un homme aux cheveux noirs comme l'ébène, chemise blanche ornée de boutons dorés et un tatouage sur le front lisait son journal de bord, mais il le referma quand il remarqua que K le regardait.

- « Bien, tu as su te réveiller avant la fin de la nuit. Nous allons pouvoir discuter maintenant plutôt que d'attendre seize heures. »

- « Qui es-tu et où suis-je ? Qu'est-ce que je fais là ? » demanda K d'un ton qui se voulait glacial.

- « Que de mauvaises manières. Tu débarques sans t'annoncer, sans te présenter chez moi et tu as le culot de me demander qui je suis ? La moindre des politesses dans ce genre de situation est de se présenter en premier. »

A la façon dont il parlait et à la richesse de sa tenue, K comprenait que son geôlier était sans aucun doute le seigneur du Ruyseï, le vampire Lucifer. Il était en sérieux danger. Tel qu'il était attaché là, il était comme un agneau présenté sur un autel sacrificiel, un plat de viande sur un plateau d'argent. Si le monstre voulait le dévorer, il n'avait qu'un geste à faire et K n'y pouvait rien. Le hunter testa encore une fois les lanières de cuir. Elles étaient serrées, mais avec le temps, il pouvait s'en défaire. Toute la question était d'arriver à gagner ce temps. C'était la fin de la nuit d'après le démon. Il allait devoir bientôt retourner dans son cercueil et n'aurait peut-être pas l'occasion de le mordre. Gagner du temps…

- « Mon nom est Kurapika. L'Association m'a envoyé à la recherche de plusieurs personnes enlevées par la Brigade Fantôme. »

- « Et comment as-tu sur que la brigade était basée au Ryuseï ? Nous avons toujours mis tous nos efforts pour empêcher nos poursuivants de remonter jusqu'ici.»

K se demanda jusqu'où il avait lu son journal. Toutes les réponses à ses questions étaient consignées dedans. Le vampire n'avait pas besoin de l'interroger. Il n'avait qu'à lire. Peut-être qu'il avait déjà lu et qu'il ne cherchait qu'un prétexte pour le malmener. Il allait regretter mentir, mais que se passerait-il quand il confesserait avoir éliminé le vampire géant ?

- « Je n'ai pas toute la nuit. Si tu n'es pas enclin à parler, nous pouvons tout de suite passer à l'étape suivante » lui rappela le brun.

- « J'ai affronté il y a une semaine un vampire très fier de dire qu'il servait Kuroro Lucifer, seigneur du Ryuseï. Comme il avait le tatouage de l'araignée dans le dos, cela valait le coup de vérifier. »

- « Et es-tu venu seul ici ? »

K soupira intérieurement. Il aurait tellement aimé avoir un allié dans cette place qui pourrait le délivrer. Mais ce n'était pas le cas. L'allié providentiel qu'était P était mort. Personne ne viendrait à son secours. S'il voulait vivre, il allait devoir se débrouiller seul. Lucifer s'impatientait.

- « Kurapika, penses-tu vraiment qu'il soit dans ton intérêt de te taire ? Je pourrais très bien passer à l'étape suivante qui serait de prendre mon repas. »

- « Tu vas le prendre de toute façon ! A quoi ça rime, cet interrogatoire ? Si tu as lu mon journal, tu sais déjà tout.»

- « Non pas tout. Par exemple, je ne vois pas dans ces écris l'explication de la saveur sublime de ton sang. »

K frémit.

- « Tu m'as déjà mordu ? »

- « Non, je n'agis pas par impulsion, quand bien même c'était tentant. Je me suis contenté de lécher les blessures que tu t'es fait en traversant le bois pourri. Tu es toujours « un véritable humain ».

Cela ne rassurait pas K. Au contraire. Ses blessures étaient sur le bas de son ventre et ses jambes. Imaginer cet homme faire glisser sa langue de démon sur son corps… Il ressentait un étrange nœud se nouer dans son estomac.

- « Je suis le chef de cette cité. J'ai mes principes et l'un d'entre eux est de manger ce qu'il y a de mieux. Cela implique que lorsque je me trouve devant un aliment d'exception dans ton genre, je ne le mords pas au milieu des immondices quand il est couvert de crasse. La moindre des choses est de laver mes aliments avant de les manger. Et pour tout t'avouer, je suis toujours en train de réfléchir à la façon dont je vais te consommer. »

K se rendit compte alors qu'une légère odeur d'eau de rose flottait dans l'air. Quelqu'un l'avait… lavé ?

- « En résumé, tu as deux choix. Soit tu as des choses intéressantes à me dire et nous mènerons une conversation civilisée. Soit tu te tais et je me distrairais en utilisant ton corps et le matériel de cette pièce. »

K observa enfin le reste de la pièce. Des chaines, des poteaux, des cages, des meubles aux formes et fonctions étranges, des fouets accrochés aux murs, et sur une étagère, un assortiment de… sex-toys ? Le hunter comprit avec horreur. Cette pièce était quelque chose de pire qu'une salle de torture. C'était un donjon bdsm et il en était le prisonnier.

- « Je suis venu ici seul ! » s'écria-t-il épouvanté.

Lucifer laissa échapper un petit rire.

- « Quel dommage, je commençais à espérer que tu avais envie d'être mon partenaire. Enfin, continuons, donc. Uvogine, donc… que lui est-il arrivé ?»

- « Je l'ai tué. »

Là, Lucifer se tu un moment et K eu l'impression de voir de la tristesse dans ses yeux.

- « J'ai du mal à m'imaginer comment tu y es arrivé. »

- « Libère-moi, rends moi mes armes et tu comprendras. »

Kuroro continua à feuilleter le journal.

- « Je lis que tu es un vampire hunter depuis quatre ans, c'est ça ? »

- « Même promotion que P, l'archer que vous avez « recruté » de force. »

- « Ah, c'est donc la raison pour laquelle votre coopération était si efficace. Et s'il se battait si bien, c'était parce qu'Uvo est mort, c'est bien ça ? »

- « Oui. Il était redevenu un humain pur et pouvait réutiliser la grâce.»

- « Du coup, tu as quel âge ? Tu devais être petit à ce « moment-là ».

L'enfoiré, il faisait référence au massacre de son clan.

- « J'ai vingt ans. J'en avais sept quand vous avez enlevé ma tante et dix quand vous avez détruit le village. »

- « Comment y as-tu survécu ? »

- « Je n'étais pas là. » K hésita un moment. S'il voulait vraiment gagné du temps, il allait devoir développer mieux que ça. « J'étais à l'hôpital dans une ville de l'autre côté du pays. »

- « Pour cause de maladie ? »

- « Infection des reins. » Douloureux souvenir. Il se rappelait à quel point il se sentait seul et apeuré dans cet hôpital. C'était la première fois qu'il quittait son village. Tout était nouveau et inquiétant pour lui. Il avait tellement hâte de retourner dans l'ambiance sécurisante de son foyer. La personne qui l'accompagnait était sa grand-mère. Elle avait un jour trouvé étonnant que la famille ne décrochait pas au téléphone ou ne répondait pas à leur courrier. Ils n'ont découvert la vérité qu'à leur retour, avec les maisons en ruine et les cadavres dont les yeux manquaient. La stupeur et la douleur de découvrir que tout ce qu'il aimait et le rassurait avait brusquement disparu… Cela avait failli le détruire. Et aujourd'hui, il était à la merci du monstre qui lui avait tout pris.

Le vampire se leva et s'approcha de K.

- « Je lis que l'année passée, tu as écrit « clan Renji mis hors d'état de nuire. » Est-ce que tu parles du clan Renji de York Shin ? »

- « Oui. Ils pêchaient par excès de confiance, persuadés qu'ils ne craignaient rien pendant la nuit et négligeait leurs défenses. Nous avons infiltré leur forteresse casino en tant que joueurs, fournisseurs et unité commando à la fois. Nous étions à huit sur ce travail. »

- « Qui a tué Renji ? »

- « Moi… presque la même technique que pour ton subalterne. »

- « Oh ? »

- « Ton homme était tout de même plus prudent et attentif. Il ne tombait pas dans le premier piège venu. »

Le vampire enchaina plusieurs questions relatives à son travail de vampire hunter : des détails sur les opérations qu'il avait menées, ses contacts avec la famille Zaoldyeck…K redoutait des questions relatives à la sécurité de l'Association, ses secrets. Il ne voulait pas trahir ses frères d'armes, mais il n'était plus seulement sous la menace d'être mordu, mais bien d'être violé, humilié, dégradé, brisé. Heureusement, le vampire passa à un sujet suivant : le mystère de Greed Island.

- « Qu'est-ce que tu connais au juste de cette île ? »

- « Comme tout le monde, rien. Tous ceux qui ont tenté d'explorer l'île n'en sont pas revenu. On a perdu le contact avec eux à l'instant où ils posaient leurs pieds sur le sable. Et aucun dirigeable n'a jamais pu survoler l'île, les courants aériens sont trop puissants. Les navires qui en ont longé les côtes ont confirmé la présence de villes et que l'île était habitée. C'est tout. Le père d'un de mes frères d'armes est parti l'explorer il y a plus de dix ans. Il est supposé être un des vampires hunters talentueux au monde, mais les seules nouvelles qu'on ai reçu de lui était une lettre dans une bouteille jetée à la mer où il disait qu'il allait y rester quelques temps. Aucune information sur ce qu'il y avait vu.

- « Le nom de ce hunter ? »

- « Gin Freecs ».

Là, le vampire sembla surpris. K se demanda à quel point cette information était importante.

Mais ensuite, le vampire posa une question qui prit K complètement au dépourvu.

- « Quel est ton plat préféré ? »

- « Quoi ? »

- « Je te demande quel est ton plat préféré. »

Là, le jeune blond hésita. C'était très personnel comme question. Autant lui demander s'il avait un animal préféré ou une petite amie.

Le vampire s'approcha davantage de la table. Il était capable de le toucher à présent. K savait qu'il le ferait s'il tardait à répondre.

- « Risotto aux champignons. »

- « Et ton dessert préféré ? »

- « La dame blanche… en fait, tout ce qui incorpore de la sauce chocolat. »

Le vampire eu un petit rire. Il fit glisser ses doigts glacés sur le corps de son prisonnier qui tenta en vain de se débattre.

- « Ton livre préféré ? »

- « Ca rime à quoi, ces questions ? Enlève tes mains !»

- « Te connaître un peu mieux. Alors, le livre ? » Les doigts remontaient vers la poitrine.

- « Les aventures de Hunter D. »

Les doigts glissèrent sur la gorge, puis sur les lèvres, et finalement Lucifer retira sa main.

- « Très bien, à présent, dernière question. Je te demande de bien réfléchir à ta réponse. »

Le cœur de K se remit à battre. Avait-il gagné suffisamment de temps ou le démon allait il le souiller ?

- « La journée va porter conseil. Je déciderai cette nuit ce que je vais faire de toi. En ce qui te concerne, préfères-tu attendre le verdict sur cette table ou dans une chambre plus confortable ? »

- « Pardon ? » Il n'arrivait pas à comprendre le sens de cette question.

- « Veux-tu passer la journée attaché sur cette table ou libre de tes mouvements dans une pièce plus confortable ? »

- « Je voudrais surtout être à des milliers de kilomètres d'ici. »

- « Ce n'est pas une option. Je ne te laisserai pas partir. La table ou une chambre avec un vrai lit ? »

- « C'est quoi l'arnaque ? Il y a aussi des chaines sur l'autre lit ? »

Kuroro eu un petit rire.

- « Si tu aimes ça, on peut toujours les ajouter. Mais non, ce sera une vraie chambre, avec un vrai lit, une vraie baignoire. Mais j'ai des conditions. La première étant que tu n'en bougeras pas. La porte sera fermée à clé, la pièce sera au cinquième étage, alors tu peux oublier de fuir par la fenêtre. Deuxième condition : tu n'abîmes pas le mobilier, tu ne casses pas les vitres. C'est assez difficile à remplacer. Troisième condition, tu n'attaques aucun de mes hommes. Ils auront l'instruction de te ne pas te toucher, mais défense les provoquer. Si ce soir, à mon réveil, j'apprends que tu as essayé de t'enfuir ou d'affronter mes hommes, tu retournes dans cette pièce et je te familiariserai immédiatement avec son matériel. Alors, est-ce que cette option te convient ou tu préfères attendre ici? »

K n'hésita pas longtemps. Sa situation actuelle était bien trop humiliante.

- « La chambre d'ami. »

- « Tu promets d'y rester sagement ? »

- « Je n'ai pas les armes et les moyens de m'enfuir de toute façon. »

- « Je veux t'entendre dire : « je le promet sur le corps du Christ. »

Le culot ! Les serments sur le corps du Christ, c'était les serments qui régissaient la vie des hunters. Ils étaient en grande partie la source de la grâce. Cela n'avait certainement aucune valeur pour le démon, mais en ce qui concernait K, enfreindre ce genre de serment pouvait affecter ses pouvoirs. S'il le faisait, cela pourrait bien compromettre ses chances de fuite. Le vampire n'avait besoin que de ça pour être sûr de le garder. Mais encore une fois, il était attaché les jambes écartées sur cette maudite table bdsm et dans cette position, le vampire pouvait lui faire tout ce qu'il voulait. K n'avait jamais pensé au sexe avant ce jour pour des raisons professionnelles, mais il pouvait sans problème s'imaginer le vampire insérer un des sex-toys de la vitrine dans son corps ou pire. Dans une pièce où il serait libre de ses mouvements, il aurait déjà plus de chances de se défendre.

- « Soit, je promets sur le corps du Christ de ne pas chercher à m'enfuir, d'endommager la pièce ou d'attaquer les vampires sans raison. Mais si l'un d'entre eux essaye de me mordre, c'est une autre histoire.»

L'homme aux cheveux se contenta de lui déposer un petit baiser sur le front.

- « Alors marché conclu. »

Et le seigneur des vampires se mit à défaire les lanières qui retenaient le hunter.

K n'en revenait pas d'avoir réussi à gagner 16 heures de vie supplémentaire. 16 heures où il devait trouver le moyen de dissuader le démon de le mordre ou d'abuser de lui.

Quand il voulut bouger, ce fut un calvaire. Le fait d'avoir passé la nuit dans cette position lui avait donné des courbatures. Lucifer saisit l'occasion pour « masser » et soulager les muscles de son prisonnier. Allons bon, il n'allait pas laisser tomber l'idée. K tenta de le repousser, mais le vampire se contenta de rire.

- « Tu sais, tu vas devoir t'y faire. Tu es à moi désormais. »

La dessus, il couvrit le corps de l'humain avec son manteau noir, l'aida à se lever et l'emmena loin de sa chambre des plaisirs interdits.

Le garçon avait du mal à marcher. Ses blessures n'étaient pas de simples égratignures. Mais son orgueil lui imposait de ne pas montrer sa souffrance à son geôlier. Le vampire le gardait contre lui, gardant un bras protecteur sur son épaule. K pu ainsi découvrir le palais. D'abord, il eu droit à des caves sombres éclairées ici et là de lampes électriques anciennes. Mais après avoir grimpé trois étages, il se trouvait dans une étrange demeure de style éclectique où des œuvres d'arts de toutes les époques et toutes les civilisations étaient exposées.

- « Tiens donc, c'est là que termine tout le butin de vos larcins, » constata K.

- « J'en vends certaines quand elles ne m'intéressent plus et que j'ai besoin d'argent Voler c'est bien, mais certaines choses sont plus faciles à obtenir par la négociation. »

- « Comme ? »

- « Certaines ressources pour la ville, nourriture fraiche, médicaments, main d'œuvre qualifiée… »

- « Ca me fait penser que ce château n'est absolument pas dans le style architectural des Emirats de Glam. »

- « Oh, mon prédécesseur avait la nostalgie de son pays natal. Quand il a décidé d'ériger son château ici, il en a fait démonter un pierre par pierre et l'a fait reconstruire ici. »

- « Tu n'es pas le premier seigneur du Ryuseï ? »

- « Non, le premier est venu ici il y a plus de cent ans, mais il n'avait pas de grandes ambitions. Tout ce qu'il voulait, c'était son château et toujours de la chair fraîche pour ses orgies. Plusieurs membres de la brigade ont été métamorphosés durant son règne. La plupart des vampires de la brigade ont été métamorphosés durant son règne. Il était lamentable comme chef. Finalement, nous nous sommes arrangés avec les habitants de la ville. Ils devaient remplacer la terre de sa chambre par la terre de la cité et je l'ai ensuite tué en combat singulier, récupérant ainsi son titre. »

Alors ça, c'était une information primordiale. De un, il y avait un nid au Ryuseï depuis une centaine d'années, depuis que les vampires avaient décidé de conquérir le monde. De deux, il venait d'apprendre comment les vampires procédaient à leurs coups d'Etat. K savait déjà que tuer un vampire libérait de son autorité toutes les personnes qu'il avait métamorphosées… Mais si cet assassin était un vampire, est-ce que cela voulait dire qu'il récupérait l'autorité qu'avait sa victime sur les personnes qu'il avait infectées ? Cela demandait une enquête approfondie. Car si c'était vrai, alors…

- « Question, si Silva Zaoldyeck tue autant de vos semblables, est-ce que cela veut dire qu'il conquiert les nids dont il a éliminé les meneurs ? »

Lucifer le serra d'avantage.

- « Content de constater que tu sais te poser les bonnes questions. Oui, il n'offre pas ses services à vos gouvernements seulement pour de l'argent ou des compensations en nature. En réalité, il grossit ses troupes, étend son influence toujours plus loin. De nous tous, il est le vampire le plus prêt à dominer le monde. Mais nous pratiquons tous la même méthode depuis quelques années. Nous n'arrivons simplement plus à agrandir nos rangs naturellement, alors nous conquérons les autres. Et paradoxalement, nous réduisons encore plus nos effectifs. D'après l'attaque que tu as repoussée cette nuit, il me semble que Meruem a décidé de conquérir ma cité. »

K devait informer son quartier général de ce qu'il venait d'apprendre. Ils devaient savoir la menace que représentait le clan Zaoldyeck. Ils devaient savoir que les vampires se préparaient à s'entretuer.

Ce fut alors qu'ils rencontrèrent deux personnes : le petit dhampire et la kunoïchi. Ils saluèrent respectueusement leur chef mais fixirèrent le hunter avec la plus grande condescendance.

- « Donc, il va rester plus longtemps, » déclara le petit.

- « Nouvel animal de compagnie ? » demanda la fille.

- « MON invité jusqu'à nouvel ordre. Je vous interdis d'y toucher, à moins qu'il ne sorte de sa chambre. »

Et de répéter les conditions du changement de cellule de K ainsi que l'ordre de le conduire intact à sa chambre des plaisirs en cas d'infraction. L'humain n'aimait pas leur regard. Ils avaient envie de contourner les ordres de leur chef, il le sentait.

Finalement, il ordonna à la fille nommée Machi de les suivre. Ils grimpèrent encore deux étages dont les couloirs étaient tout aussi luxueux. Ils finirent par arriver devant une porte taillée dans du bois rage. Une femme, K sentit tout de suite qu'elle était humaine, leur remit une clé qui semblait en or et leur ouvrit. Le hunter fut surprit par l'intérieur. Des murs blancs ornés de motifs végétaux, des vitraux et des rideaux verts clairs, des meubles luxueux et surtout, un énorme lit à baldaquin. Un feu crépitait dans une cheminée finement ouvragée. C'était une chambre de grand seigneur.

Le vampire lui fit une visite rapide des lieux.

- « Les armoires, ce sont toujours les affaires de ta tante. Je n'ai pas touché à la pièce depuis sa mort. »

Quoi ? Il allait loger dans la même pièce où il avait séquestré, tourmenté et métamorphosé sa tante ?

Le vampire l'entraina ensuite vers une autre pièce, la salle d'eau. K eu la surprise d'y trouver un bain chaud fumant et parfumé. Le hunter de comprendre que son geôlier avait toujours eu l'intention de l'y enfermer. Qu'est-ce que c'était que cette manipulation de lui donner le choix entre deux chambres ? Essayer de lui faire accepter son sort plus facilement ?

Il n'eut pas le temps de lui poser la question. Le vampire lui avait posé un baisé sur les cheveux, lui annonçant qu'ils se reverraient à neuf heures du soir. Et il sortit, tout en ordonnant à la dénommée Machi de surveiller l'évolution des blessures de K.

La vampire s'exécuta sans la moindre délicatesse et sans un mot. Elle nettoya les plaies brusquement. K, entrainé à résister à la douleur, parvint à se retenir de crier. Puis elle réappliqua son étrange pommade verte toujours sans la moindre considération pour son patient dont les blessures le brûlaient. Et finalement, elle lâcha enfin ses premiers mots depuis qu'ils étaient seuls dans la pièce.

- « Tu es conscient qu'il te garde en vie pour lui servir de buvette et de couverture chauffante, n'est-ce pas ? »

K n'osa pas lui répondre. Cette fille l'avait visiblement pris en grippe.

- « S'il te reste la moindre trace de dignité, je te suggère de te donner la mort fissa. Tu as jusqu'au coucher du soleil. »

Et elle partit à son tour, laissant le hunter seul face à ses angoisses et ses questions. Le jeune blond s'allongea sur le lit, se permettant enfin de pleurer sur son infortune.

- « Mourir pour préserver ce qui me reste de dignité… »