Bonjour à tous,
désolée pour le retard. J'avais prévu de publier le chapitre hier, mais j'ai eu soudainement eu l'opportunité d'aller voir la pièce de théâtre "Caligula" à l'abbaye de Villers-la-Ville... Bref, hier soir, je n'ai pu ni finir le chapitre ni le poster et je le fais ce soir.
Mon stage se finit demain et je devrais arriver à tenir les délais pour le mercredi 22.
Bonne lecture!
Et oui, j'adore l'Egypte Ancienne.
Chapitre 5 : les araignées
La légende du peuple Kuruta.
Au commencement, il y avait Nout, la déesse primordiale qui régnait sur un univers céleste et chaotique ou se mêlaient les gazes, les roches, le vide les liquides et la lumière. Au bout d'un moment, elle se mit à éprouver de la solitude et de l'ennui. Alors elle enfanta cinq enfants : Geb, le dieu des terres émergées, Moebius, dieu des océans, Khnoum qui influait la vie aux créatures, Thot qui s'occupa d'instaurer l'ordre dans toute cette création et finalement, Apophis renvoyait les choses au néant. Ainsi naquit le monde.
Pendant une période indéterminée, tout se passa bien. Les dieux s'entendirent pour créer le plus incroyable des mondes pour distraire leur mère. Des millions de paysages furent créés puis détruits, des millions d'espèces de créatures furent créées puis renvoyées par Apophis au néant. Mais ensuite, les dieux commencèrent à s'ennuyer à leur tour et ils décidèrent de créer eux même des créatures pour les divertir. Ils engendrèrent eux-mêmes des enfants, dieux moins puissants qui interagissent sur la création de leurs parents. Par exemple, Sobek et Taouret, les enfants de Moebius, contrôlaient chacun une partie de l'océan sur lequel régnait leur père. Les enfants de Thot, Horus, Ra, Amon et Seth, parcouraient le ciel en contrôlant les astres et la météo. Le plus prolifique était Geb qui confia chaque région qu'il créait à un nouvel enfant. Et plusieurs d'entre eux créèrent des créatures pour les assister. Ces créatures étaient d'apparences très variées et avec des pouvoirs divers.
Un moment arriva où Khnoum décida de créer une espèce d'une intelligence et d'une sagesse supérieure aux autres créatures : les humains. Vite, les autres dieux et leurs serviteurs virent la chose d'un mauvais œil car ils perturbaient l'équilibre savamment établit par Thot par leurs trop grandes connaissances. Certains dieux se mirent à comploter pour limiter l'influence des humains sur le monde. Khnoum refusa de livrer les humains dont il était si fier à Apophis alors ses frères et neveux utilisèrent une autre méthode. Ils suggérèrent aux enfants de Khnoum de créer des créatures équivalentes en force aux humains, ou de rendre des humains plus puissants que d'autres afin que le déséquilibre des forces pousse l'humanité à se détruire d'elle-même. C'est ainsi que naquirent les sorciers, humains aux pouvoirs magiques, les démons, les loups-garous, les vampires, les selkie, néréïdes, sirènes, le serpent hellbell ou encore les aïs. Et leur plan marcha bien. Sur toute la surface de la terre, les peuples humains furent décimés en deux centaines d'années. Mais ensuite, ces créatures se mirent à s'en prendre au reste de la création et devant la tristesse de Nout, la déesse primordiale, ses cinq premiers enfants se réunirent et se mirent d'accord pour créer une terre où les derniers humains pourraient faire prospérer une terre loin des autres démons. Plusieurs continents émergèrent au milieu de l'océan de Moebius et Khnoum et ses enfants y placèrent de nouvelles créatures. Les humains y furent conduits par les selkies.
Ils fondèrent des civilisations et prospérèrent. Mais les créatures du grand continent finirent par trouver le moyen de retrouver leurs proies et arrivèrent sur les terres protégées. Certains vampires, sorciers et loups-garous parvinrent à s'installer à leur tour sur les terres protégées. Craignant un nouveau massacre, Sekmet, la fille d'Apophis trouva une solution, donner à un groupe restreint d'humains le pouvoir restreint de contrer leurs prédateurs. Ils seraient suffisamment forts pour résister à leurs ennemis, mais pas assez pour contrôler le monde. C'est ainsi que naquirent les Kuruta, humains de Khnoum bénits par le pouvoir destructeur d'Apophis. Leurs pouvoirs ne se manifesteraient que par nécessité, quand leurs émotions jugeraient que la situation l'oblige. Ainsi, sous l'effet de violentes colères, angoisses, tristesse ou joie, leurs yeux prendraient la même couleur écarlate que les yeux de Sekmet, la déesse de la guerre et bénéficieraient de ses pouvoirs divins. »
Journal de K.
Kuroro était assez fasciné par cette description plus qu'hérétique de la création du monde. Il se rappela le temps où il était encore humain, s'imaginait qu'il y avait un seul dieu et qu'il accordait sa grâce aux êtres justes et bons. Et puis il avait été capturé par les vampires, violé par vingt vampires différents au cours d'une orgie dans ce palais avant d'être mordu par le seigneur des lieux et après avoir enduré tant d'horreurs, il avait décrété que Dieu pouvait aller se faire voir.
Et beaucoup plus tard, alors qu'il était enfin devenu le nouveau seigneur du Ryuseï, il avait rencontré des humaines si spéciales qu'il avait commencé à se rappeler l'époque où il pouvait lire ses livres au soleil et où il rêvait de devenir professeur de littérature à l'université. Au contact d'Isis, une bibliothécaire de Tambridge, il avait réalisé qu'il avait toujours un cœur d'humain. Il en avait fait sa compagne et ils avaient vécu une quinzaine d'années en faisant semblant qu'il en était un, sauf qu'ils vivaient la nuit. Elle lui avait donné deux enfants, Nobunaga et Feitan. Et puis, à l'approche de ses 40 ans, elle s'était blessée en se promenant dans le Ryuseï et était morte quelques jours plus tard de l'infection de ses blessures. Il lui avait fallu attendre Dana et la gifle qu'elle lui avait donnée quand il avait tenté de voler des livres au clan Kuruta pour que son cœur s'ouvre à nouveau. Dana lui avait parlé de la religion de son clan et de ce lien avec le dieu du néant Apophis, mais elle n'était pas une très bonne conteuse. Ce Kurapika, par contre… Kuroro était tombé amoureux de son style. Il utilisait un vocabulaire sophistiqué, une excellente orthographe, savait être objectif dans ses observations et relevait les éléments importants. Le vampire pourrait relire le journal qu'il avait entre les mains encore une dizaine de fois sans se lasser. Ce journal était déjà une mine d'or en sois. Des détails sur les autres nids, fonctionnement de l'organisation, état des connaissances des Vampires Hunters. Il l'avait lu en 14 heures, bien à l'abri dans son cercueil. Il avait de nouvelles questions à lui poser et la première concernait cette légende de la création du monde. Il y manquait un point crucial : il n'était fait mention nulle part de la grâce, le seul vrai pouvoir qui permettait aux humains de résister aux vampires et autres créatures débarquées de l'ancien continent ? D'où sortait ce pouvoir si ce n'était du dieu unique que Kuroro avait renié jadis ? Et l'autre point était de savoir si ce délicieux morceau de viande considérait qu'il était de son devoir sacré d'éliminer tous les vampires de la terre. Au bout du compte, ce qu'il comptait faire de lui dépendait de la réponse à cette question.
Il entendit son horloge sonner les neuf heures du soir. Il était temps de se lever.
A peine sortit de sa chambre, il fut interpelé par son fils dhampire aîné, Nobunaga.
- « Je veux te parler de l'humain dont tu t'es entiché sur le champ ! »
Douze heures plus tôt.
K n'avait pas réalisé qu'il s'était endormi. Mais il fut réveillé par des bruits d'une dispute. Il ouvrit les yeux, se redressa. Un homme criait derrière la porte.
- « Ce fils de pute a buté Uvo ! »
- « Ca ne change rien. Le boss nous interdit d'y toucher. Tu n'entres pas. »
Par réflexe, K se recroquevilla sur le lit et dans la veste de Lucifer qu'il portait toujours.
La porte s'ouvrit avec fracas.
C'était le dhampire à queue de cheval, accompagné par une dame aux cheveux blonds. Il avait sa main sur son sabre de samouraï.
- « Je vais te tuer, pourriture ! »
- « Nobunaga, tu es en train de désobéir aux ordres du boss. »
Le dhampire s'arrêta soudainement net, fixant le prisonnier de la tête au pied. Ce dernier rougit. Il était nu sous cette veste et il ne voulait pas dévoiler son corps ainsi à ses ennemis.
- « Tssss, il a vraiment l'intention d'en faire sa pute ? »
- « Dehors ! » lui commanda l'humaine blonde.
C'était tellement bizarre. Comment une simple humaine pouvait-elle avoir de l'autorité sur un dhampire ? Parce que l'hybride au sabre finit par partir tout en grognant. L'humaine, elle, s'approcha du lit avec un plateau. Elle le déposa sur le lit et souleva la cloche qui conservait un petit déjeuné chaud : une omelette, des toasts, du bacon, des cornichons. Il y avait aussi un verre de jus d'orange, un bol de salade de fruits et une tasse de thé.
- « J'ai pensé que tu avais besoin de reprendre des forces. Voici de quoi te remettre. »
K avait peur de comprendre. Ils allaient le nourrir et le garder en bonne santé afin que leur chef puisse se repaitre de son fluide vital le plus longtemps possible. Comme il ne répondait pas, la femme jugea nécessaire de continuer.
- Je suis Pakunoda, le n°6 de la brigade fantôme et la responsable du palais de six heures du matin à midi.
- « De six à… ? »
- « Afin d'assurer la défense de la cité, nous avons établi des tours de gardes selon les limites de nos corps. Nobunaga est le responsable de la cité de six heures du matin à midi, et moi, du palais aux mêmes heures. Je vais tâcher de l'envoyer faire son travail afin qu'il te laisse un peu tranquille. »
- « Attends, comment peux-tu vivre parmi les vampires en tant qu'humaine ? Ils n'ont jamais essayé de te mordre ? »
Cette femme n'était pas une beauté fatale, mais avait des courbes bien trop généreuses pour ne pas susciter l'intérêt de n'importe quel vampire porté sur la chair. Son décolleté plongeant n'arrangeait pas. Elle lui montra son bras où il y avait plusieurs cicatrices. « Tant qu'il n'y a pas morsure, il n'y a pas de risques de malédiction. Alors je pratique des petites coupures pour sustenter mes compagnons en cas d'urgence. »
K fronça les sourcils. Ainsi donc, le nid était suffisamment évolué que pour permettre une coexistence saine entre humains et vampires, sans nuire à la santé des premiers. K connaissait cette technique. Cela arrivait souvent au domaine Zaoldyeck. Il avait déjà nourrit Killua, le quatrième fils de Sylva, de cette façon. Mais cela comporte des risques. Le vampire ou dhampire peut perdre le contrôle de ses pulsions à tout moment. Killua, quand il avait bu le sang de K à partir d'une coupure au doigt, avait bu un peu plus que prévu. Par la suite, K avait appris que le garçon avait plus d'une fois perdu le contrôle et mordu l'humain qui avait accepté de le sustenter. Le hunter se demanda si Lucifer utiliserait cette technique avec lui. Il s'imaginait forcé de choisir la partie du corps qu'il voulait trancher et cet immonde démon penché sur son corps lécher cette blessure. Nouveau nœud dans son estomac. Cela lui coupait l'appétit.
- « Je suis désolée pour le réveil brutal. Nous discutions en groupe des évènements de la nuit et prenions des paris sur le sort qui te serait réservé. Nobunaga a appris que tu avais eu raison d'Uvo et quand nous en sommes venus à la conclusion que le boss allait t'épargner, il s'est emporté. Uvo et lui étaient très proches. »
K ne répondit pas. Il ne regrettait pas le moins du monde d'avoir éliminé le colosse. Il était cruel et tuait des innocents. Il était prêt à assumer les conséquences de ses actes. Si le dhampire revenait à la charge, promesse à Lucifer ou pas, il serait prêt à l'accueillir. Mais avant ça…
- « Tu appelles la séquestration, le viol et la morsure par « épargner » ?
- « Viol ? Tu veux dire que vous l'avez fait ? »
K rougit.
- « NON ! Mais il a l'intention de le faire. »
Pakunoda eut un petit rire.
- « C'est une question d'interprétation, je suppose. Sais-tu ce que cette veste que tu portes représente pour nous ? »
- « Non. » Et je n'en ai rien à faire, pensa K.
- « Il porte cette veste depuis qu'il a pris le pouvoir dans la cité de l'étoile filante il y a une quarantaine d'années. Maintes fois abimée ou usée, mais toujours reprisée. Il y tient plus qu'à sa vie. A ce que j'en sais, il n'a laissé que deux personnes avec toi la porter, la dernière en date était ta tante Dana. L'autre personne, que je n'ai pas connue, était sa première épouse humaine. Il ne l'a posée que sur les épaules de personnes très spéciales à ses yeux, et en ce qui nous concerne, c'est le signe que nous devons nous préparer à mourir dans d'atroces souffrances si nous levons la main sur la personne en question. Ton village en a fait les frais, d'ailleurs. »
Les yeux de K passèrent instantanément au rouge.
- « Toute ma famille est morte pour … QUOI ? »
Pakunoda eu un sourire triste et pris les mains du hunter. Il la repoussa. « Ne me touche pas ! »
- « Kuroro aimait passionnément Dana. J'ai été sa dame de compagnie pendant les trois années qu'elle a vécu ici. Et j'ai eu le triste privilège d'assister à sa mort et à la réaction du boss. »
Et là, elle dégrafa son tailleur. Sous sa voluptueuse poitrine (et Pakunoda ne portait pas de soutien-gorge), K pu voir une énorme cicatrice au ventre.
- « Nous nous promenions dans le parc quand ce vampire hunter est arrivé. Il m'a poignardé de dos et a essayé d'emmené Dana. Elle a refusé. Ils se sont disputés. Et quand il réalisa qu'elle était enceinte d'un vampire, il l'a rouée de coups de pieux, y compris au ventre et la traitant de tous les noms. Finalement, il est parti en emportant une mèche de cheveux et une dent. Elle est morte dans la demi-heure. Au soir, quand on a du annoncer la mort de Dana au boss, il est entré dans une rage folle. Personne ne l'avait jamais vu comme ça. Et dans cet accès de colère, il a exigé une vengeance sur le village dont était issu l'assassin. »
K resta silencieux, les yeux toujours rouge de colère.
- « Je devrais croire le scénario que les vampires sont les vraies victimes ? »
- « Ta tante et son enfant étaient des victimes innocentes. Je sais que ton clan, lui, considérait comme un devoir sacré de purifier le monde des vampires et qu'elle avait choisi de faire une fuite d'amoureux pour éviter de finir sur un bucher pour avoir osé en avoir aimé un. Tout ton clan méritait-il de mourir en représailles ? Je ne le sais pas. Ce que je sais, à en juger par cette veste sur tes épaules et le fait qu'il ne t'ait encore ni mordu, ni touché…
Kurapika grogna. Il se sentait suffisamment sali par les doigts du vampire sur son torse et la façon dont il avait bu son sang.
- « … Donne lui une chance. Il essaye d'être gentil avec toi. »
K ne répondit pas. Paku se rhabilla et laissa le jeune homme avec le plateau repas.
Une fois la porte fermée, le hunter fut tenté de balancer le plateau contre un mur. Tout ce luxe et cette nourriture n'était qu'une façon de semer la confusion dans son esprit.
Mais il ne le fit pas pour la bonne raison qu'il avait déjà connu les morsures de la faim et qu'il avait appris avec souffrance qu'on n'était jamais sur de pouvoir manger le jour suivant. Alors il mangea tout ce qui lui avait été présenté. Il passa les heures suivantes à examiner sa cage dorée. Il devait admettre qu'elle était aménagée confortablement et adaptée aux besoins d'une femme. Il y avait une coiffeuse et toujours des bijoux à l'intérieure de celle-ci. Il y avait une collection de robes élégantes mais démodées à l'intérieur de la penderie. Aucune tenue d'homme. K fouilla toute la pièce et la salle de bain pour trouver de quoi faire des ciseaux et une aiguille pour transformer la plus simple d'entre-elles en en tunique. Il n'allait tout de même pas attendre ce vampire pervers en tenue d'Adam. Tout en décousant la robe, il eu une étrange sensation. Sa tante Dana avait-elle vraiment porté cette robe ? C'était une tenue d'été en lin qui semblait confortable. Il commençait à se dire que la pauvre femme n'avait peut-être pas autant souffert que ce qu'il s'était toujours imaginé. Puis il secoua la tête. Lucifer avait enfermé la jeune fille dans cette cage dorée et l'avait couverte de cadeau pour se donner l'illusion d'être un gentleman, rien de plus.
La confection de la tenue lui prit toute la matinée. Il avait à peine réussi à enfiler son vêtement de fortune que l'horloge sonna une heure. Peu de temps après, Pakunoda revint avec un nouveau plateau repas. Cette fois-ci, elle était accompagnée d'un grand homme blond sans sourcils.
- « Je te présente mon mari, Phinks. Il est le numéro 5 de la brigade et le responsable du palais de 12 à 18 heures. »
K n'avait pas envie de rencontrer les assassins de son clan comme s'il s'agissait de ses hôtes. Il se contenta d'un hochement de la tête en silence.
La femme jeta un coup d'œil aux morceaux de tissus éparpillés sur le sol et ensuite à son « invité ».
- « Quelle sotte je fais. J'aurais du penser à t'apporter de nouveaux vêtements plutôt. Enfin, je comprends mieux pourquoi Nobunaga s'inquiétait de n'entendre aucun bruit. Il était convaincu que tu avais trouvé une ruse pour t'évader. »
- « Parce qu'il écoute aux portes ? »
- « Ouais, » répondit l'homme. « Il attend que tu poses un pied hors de ces appartements pour te tomber dessus. Alors reste sage à faire ta couture et il ne t'arrivera rien. »
Pakunoda lui écrasa le pied.
- « Je t'ai dis d'être gentil avec lui. Il va rester avec nous. Ne commence pas d'un mauvais pied. »
- « Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit de mal ? Il ne représente aucune menace tant qu'il fait des trucs de filles. »
Et elle lui écrasa l'autre pied.
- « Toi, tu vas dormir sur le canapé jusqu'à la fin de la semaine. »
Phinks quitta la pièce en grommelant un « fait chier, c'est toujours la même chose. »
K fut assez étonné par la scène de ménage. Jamais il n'aurait imaginé qu'un membre de la diabolique brigade fantôme puisse se faire dominer pas son épouse de cette façon.
Seule avec son « invité », Pakunoda se remit à sourire chaleureusement.
- « Il est parfois un peu trop franc pour son bien. Ne te sens pas trop offensé. Nous savons que tu es doué pour ton travail. Il est juste un peu choqué que tu sois si jeune et d'apparence si… gracieuse. Cela ne colle pas tellement avec l'idée habituelle que nous nous faisons des vampires hunters. »
« Vous ne collez pas tellement non-plus avec l'idée que je me faisais de la brigade fantôme », pensa K, « Enfin, c'est vrai que je savais pratiquement rien de la brigade fantôme à la base, juste des on-dit. »
- « Profite de ton repas. Je vais te trouver de meilleurs vêtements. Ceux que tu portais quand tu es arrivé sont en lambeaux. »
Et elle continua en lui demandant comment se portaient ses blessures. K réalisa qu'il n'y avait pas tellement pensé. Certes, elles lui faisaient mal quand il marchait. Mais il avait passé la majeure partie de sa matinée assis sur une chaise et il avait su oublier la douleur.
La femme de lui annoncer que Machi, (médecin de la troupe et n°6) viendrait examiner ses blessures à son réveil, vers 20 heures. K n'était pas pressé de la revoir. Elle lui avait donné l'impression de le haïr à mort.
La femme finit par partir, laissant le vampire hunter seul une fois de plus. Mais il ne resta pas seul longtemps. Vers 14 heures, la porte s'ouvrit une nouvelle fois. A la surprise du garçon, ce fut la fameuse Shizuku Murasa vêtue d'un yukata noir qui fit son apparition. Elle avait le teint pâle et la démarche typique des personnes qui avaient été mordus la veille par des vampires. Elle n'alla pas par quatre chemins.
- « J'ai entendu dire que tu avais été envoyé pour me ramener chez mon père… »
K hocha la tête.
- « Je ne veux pas rentrer. »
P avait raison. Elle ne voulait pas le suivre. Avait-elle vraiment suivit les vampires de son plein gré ?
- « Sais-tu vraiment ce que tu es en train de faire ? »
- « Oui, j'abandonne ma vie d'être humain pour devenir un vampire. Je ne pourrais plus me promener à la lumière du jour et je ne pourrais plus me nourrir que de sang humain. Mais je suis convaincue que cela ne fera pas de moi un monstre. Les vampires peuvent boire le sang des humains sans leur faire du mal ou les maudire. »
- « Ta famille est morte d'inquiétude. Si tu deviens un vampire, tu ne les… »
- « Ce n'est pas pour moi que mon père est mort d'inquiétude mais pour ses alliances politiques. Il voulait me faire épouser un de ses alliés, un vieil homme de soixante ans qui a déjà eu quatre épouses. Ce vieillard ne m'aime pas. Il veut juste une infirmière qu'il puisse mettre dans son lit de temps à autre et cela me répugne, particulièrement quand je voudrais être unie à un autre homme. »
- « Ce garçon ne voudrait certainement pas non-plus que vous deveniez une créature des ténèbres. »
Elle secoua la tête avec la grâce d'une jeune fille de son rang.
- « Permettez-moi d'en douter. Il s'agit de Sharnalk, ancien vampire hunter et l'actuel numéro 9 de la brigade fantôme. »
Ah oui, cela changeait tout. Ce n'était pas un enlèvement mais bien une fugue en amoureux. Cela devenait délicat. Les convictions de K commençaient à se mélanger. D'un côté, il savait pour avoir fréquenté Killua et le clan Zaoldyeck que tous les vampires n'étaient pas des démons assoiffés de sang et de destruction. Il pouvait accepter une histoire d'amour entre une humaine et un vampire. Mais le dit-vampire était un des membres les plus récents de la brigade fantôme, une organisation qui avait un nombre incalculable de victimes à son actif. La brigade fantôme avait exterminé les habitants de son village et de son clan dans d'effroyables circonstances. Ils avaient commis des massacres sanguinaires aux quatre coins du monde. Même si le traître S n'avait pas encore « salit » ses mains dans une de ces opérations, il n'était pas possible qu'il ne sache pas dans quel monde il entraînait la jeune fille.
- « Tu n'as aucune idée Tôt ou tard, S aura les mains couvertes d'un sang humain innocent. Il participera à des pillages, tuera des innocents, femmes, enfants, malades. Il détruira des villages entiers. Tu ne vis pas une histoire d'amour interdite mais une descente aux enfers qui détruira ton âme à jamais. »
La jeune fille le fixa d'un regard désapprobateur.
- « N'ayez pas l'hypocrisie de prétendre que les humains sont meilleurs ! Ils sont capables de bien pire par soif de fortune et de pouvoir ! »
Elle se dirigea vers la sortie.
- « Vous les vampires hunters, vous vous imaginez tous que seuls les humains ont le droit d'exister. Toutes les autres créatures intelligentes sont des déchets à vos yeux et ils doivent impérativement être incinérés. Vous ne vous donnez même pas la peine d'essayer de connaître les vampires que vous exécutez ! Vous ne savez rien des circonstances de leur naissance !»
« Moi si, » pensa K. Il réalisa que les vampires avaient autant d'aprioris négatifs sur leurs ennemis que les hunters. Cela n'avait rien d'étonnant. Ils étaient dans deux camps opposés, créés pour s'entretuer. Les vampires étaient envoyés par les dieux pour détruire l'espèce humaine, les Kurutas par Apophis et sa fille Sekhmet pour détruire les vampires. Au final, il n'en resterait qu'un, même si K n'avait pas envie d'être celui qui porterait le coup fatal à Killua ou à plusieurs membres du clan Zaoldyeck.
Shizuku continua.
- « Mon père brisait les vies des personnes qui ne pouvaient pas payer ses taxes toujours plus importantes. Il envoyait les filles et les épouses dans des maisons de plaisir, vendait les hommes en esclavage. Il a fait assassiner une dizaine d'ennemis politiques. Et il a laissé construire des usines chimiques en bordure de villages, empoisonnant l'eau et causant des dizaines de milliers de morts par intoxication. Mon père disait toujours que l'industrie était plus importante que la vie de ces miséreux. Et j'ai vu ces mêmes miséreux s'entretuer, vendre leurs propres enfants. Sommes nous vraiment meilleurs que les vampires ? »
Soit, elle avait un point. Tous les hommes n'étaient pas des saints. Certains étaient des pourritures. Il avait eu tout le temps de le constater quand il s'entraînait à la tour Céleste. Et K commençait lui-même à suspecter que le pouvoir de la grâce était apparu pour faire le tri entre les humains dignes de vivre et les autres.
- « Je resterai ici avec Sharnalk ! Et si jamais mon père vous a ordonné de me tuer si jamais vous me trouviez, je vous garantis que ma nouvelle famille saura me protéger. » dit-elle avec un teint rougit par l'émotion. C'était presque mignon. K pouvait comprendre que l'on puisse facilement s'attacher à elle. Elle était jeune, gracieuse, honnête et intelligente. Il pensait toujours que c'était du pur gâchis de la laisser devenir un vampire. Mais il devait admettre qu'en ce moment, il n'avait pas d'arguments pour la faire changer d'avis.
- « Soit, je n'ai pas le pouvoir en ce moment de vous empêcher de devenir un vampire. Et je serais probablement mort avant de toute façon. Regardez donc moi bien, retenez bien mon visage. D'ici un an, vous vous rappellerez que vous aviez une dernière chance de rejoindre la lumière. A ce moment là, vu que je serais mort, vous comprendrez le véritable sens du terme « éternité». »
Le teint de la jeune fille rosit encore. C'était à peine croyable vu qu'elle devait déjà être en état d'anémie. Elle ne vivrait plus très longtemps. Si S était vraiment le vampire à l'avoir mordue et qu'il l'avait fait en vue d'avoir une compagne pour l'éternité, son agonie durerait encore deux ou trois jours et elle serait l'une des leurs à la fin de la semaine. Mais il ne pouvait pas l'empêcher. Il ne possédait actuellement pas d'armes capables de la tuer et il devait admettre que quelque chose en lui lui disait que ce n'était pas la bonne chose à faire. Oui, il avait une sensation désagréable en lui qui lui rongeait les entrailles. Shizuku n'avait commit aucun crîme jusqu'à présent mis à part fuir le mariage arrangé par son père. Elle offrait sa vie à « l'homme » qu'elle aimait. Comment la grâce le jugerait-il s'il décidait d'obéir à l'ordre du seigneur Murasa et de tuer sa fille ?
Mademoiselle Shizuku fit une révérence et sortit. K se retrouva à nouveau seul. L'horloge sonna 14h15. Cette dernière journée de sa vie n'en finirait jamais.
Au prochain chapitre Kuroro fait sa "proposition" à K.
Oui, je shipe Feu Paku et Phinks ainsi que Feu Sharnalk et Shizuku..
