Salut à tous! Comme je le craignais, je n'ai pas eu le temps de finir le chapitre pour hier. Le voici donc ce jeudi. Le prochain chapitre devrait être publié dans deux semaines, soit le 19 septembre, quelques jours avant la reprise officielle du manga (parce que pour ceux qui ne le savaient pas encore, mais cela a été officiellement annoncé. Le manga reprend le 22 septembre.) Rhaaa, j'ai hââââââââââte!
Au menu, K apprend à connaître différents membres de la brigade.
Bonne lecture!
Chapitre VII: Les amoureux
« La hiérarchie de l'organisation
La structure de l'association des Vampires Hunters est très simple. Il y a un président élu au suffrage universel, son vice-président qu'il nomme lui-même, un conseil de douze cardinaux (dont le vice-président fait partie) et que tout le monde appelle les « Zodiaques » car leur nom de code est lié à un signe du zodiaque japonais, et puis tous les autres hunters sur un pied d'égalité.
L'association a plusieurs départements. Un est consacré aux recherches et à la médecine. La Cardinale du chien en était à la tête et était soutenue par la cardinale du serpent. Un autre était consacré aux enquêtes, et les cardinaux du cheval et du bœuf l'administraient de manière exemplaire. Les cardinaux du singe et du tigre gèrent les unités d'intervention spéciale, les troupes de combat d'élite. Les autres cardinaux ont aussi leur spécialité et se rendent utile où et quand ils peuvent. Les membres du conseil des cardinaux sont choisis par ces derniers et le président, qui possède trois voix de plus que les cardinaux. Autrement dit, son vote est souvent décisif dans les décisions du conseil.
Les autres hunters, selon leur rang, possèdent un nom de code différent. Plus le hunter se distingue dans ses performances, au moins le nom de code possède de lettres. Par exemple, dans mon cas, lorsque j'ai réussi mon examen et que j'ai été admis dans l'association, mon premier nom de code était KKC. Le secrétaire du président avait dit sur le coup qu'il signifiait Kurapika Kuruta Chaînes, car j'avais déjà opté pour utiliser des chaines comme armes. Mais au regard du président, j'avais compris qu'il avait choisi ce nom de code pour les jeux de mots à faire dessus. Il m'a fallu trois ans de zèle pour arriver à obtenir pour nom de code la simple lettre K. Gon, qui n'a toujours pas réalisé la sournoiserie du président, possède toujours pour nom de code GPT. Je n'ose pas lui expliquer. De toute façon, Gon n'a pas rejoint l'association pour chasser les vampires mais pour retrouver son père, et il passe plus de temps à vadrouiller, s'amuser qu'à vraiment se battre. Il n'utilise pas souvent son nom de code. »
Journal de K.
K ne dormit pas cette nuit-là, ayant trop peur que le vampire ne revienne pendant la nuit pour le surprendre. Le lendemain matin, vers six heures et alors que K était épuisé, la vampire médecin revint pour soigner ses plaies et les traiter avec la douceur individuelle.
- « Toujours en vie à ce que je vois. Tu dois vraiment avoir la vocation d'un gigolot. »
K, un peu exaspéré par cette conversation qui avait tendance à se répéter finit par rétorquer.
- « Tu es sûre que tu ne veux pas ma place ? Je te la donne. »
Elle le gifla instantanément.
- « Je n'ai pas le droit de te tuer, mais je jure que tu vas regretter chaque jour, chaque heure et chaque minute de ton existence en ces murs. »
- « C'est quoi, ton problème, à la fin ? Tu crois que j'ai envie d'être ici ? »
Elle le saisit à la gorge, mais fut interrompue par un toussotement. Pakunoda se trouvait sur le pas de la porte avec un plateau repas dans les mains.
- « Machi, le soleil va se lever d'ici une demi-heure. Il est temps de retourner à ton cercueil. Si tu n'aimes pas voir ce garçon, nous pouvons nous arranger pour que quelqu'un d'autre le soigne. »
La vampire laissa choir sa proie et quitta la pièce sans ajouter un mot de plus.
Pakunoda entra avec le plateau repas et se dépêcha d'examiner le cou de K.
- « Ca va ? Elle ne t'a pas blessé ? »
- « J'adore comment vous tenez votre part du marché de ne pas m'agresser. »
La femme soupira.
- « Je suis désolée. C'est assez particulier dans son cas. Elle rêve d'être à ta place mais elle ne le sera jamais. De ce que je sais, elle souffre de cet amour à sens unique depuis toujours. Ils se connaissaient avant d'être enlevés et transformés en vampire. Ils sont souffert et été abusés ensemble. Ils ont vaincu leur ancien maître ensemble. Mais Kuroro n'a jamais pu voir dans cette relation plus qu'une « amie de grande confiance. » Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Ils ont eu des relations charnelles. La salle des plaisirs est aménagée pour leurs activités. Mais le boss n'arrive pas à l'aimer comme elle le voudrait. »
K du admettre que la situation devait effectivement être cruelle pour cette femme de voir l'homme qu'elle aime s'intéresser à quelqu'un d'autre qu'elle.
- « A chaque fois que le boss est tombé amoureux, elle a du se contenter de s'effacer, de les regarder de loin. A chaque décès, elle a à nouveau eu la consolation de pouvoir l'apaiser dans la chambre des plaisirs. Mais voilà qu'aujourd'hui, elle apprend qu'elle doit à nouveau prendre ses distances et que le boss en aime un autre. J'imagine que dans sa tête, elle doit se dire « Si ce garçon meurt, tout redeviendra comme avant. ».»
Ah d'accord. En fait, Kuroro était vraiment un enfoiré de première classe. Il faisait souffrir ainsi une femme qui tenait à lui depuis si longtemps en affichant ses conquêtes devant elle. Et lui devait faire les frais de sa frustration. Charmant programme en vue pour la semaine.
- « Je vais m'arranger pour que quelqu'un d'autre veille au soin de tes blessures. Il va falloir un peu de temps pour que Machi accepte la situation. »
- « Elle n'a pas à accepter la situation. Je n'ai pas la moindre intention d'accepter l'offre de ton maître. Je ne coucherai pas avec lui et je trouverai un moyen de l'enfuir. »
Pakunoda sourit.
- « Tache quand même de soigner tes blessures. Et je te rappelle que tu n'as pas tes armes et que Nobunaga mène le siège de ta porte. Sur ce, souhaites-tu que je te tienne compagnie ce matin ou préfères-tu que je te laisse seul ?»
K se tu. L'absence de personnes à qui parler ne l'avait pas dérangé hier. Il était tenté de dire que moins il voyait de monde, mieux il se porterait. Mais en même temps, ces gens pouvaient lui donner des informations intéressantes sans le savoir.
Pakunoda interpréta son silence comme un refus de discuter. Alors elle le salua et sortit. K resta seul toute la matinée. Il avait tourné dans la pièce et examiné les fenêtres et le paysage pour voir s'il y avait moyen de fuir par là. La réponse était oui. Il n'était qu'à quatre étages du sol et après avoir observé la ville et la décharge qui se dévoilait sous ses yeux, il y avait suffisamment de cachettes pour atteindre le bord de la ville avant midi. La question était de savoir comment survivre dans le désert après. Il était toujours à trois jours de dromadaire de la ville la plus proche (et il se doutait que les vampires commenceraient par le chercher sur cette route). La question était de savoir comment descendre ces quatre étages. Son regard se posa sur la penderie. Question idiote…
Vers midi, on frappa à nouveau à la porte. Pakunoda revint avec un plateau et cette fois-ci, elle était accompagnée de Mademoiselle Shizuku (mais par respect des coutumes, il devrait plutôt l'appeler Shizuku-dono). Cette dernière était encore plus pâle que la veille, toujours capable de marcher seule, mais vite essoufflée. S devait la faire mourir très lentement. Cela devait être une horrible façon de mourir que d'agoniser aussi longtemps. K était horrifié par les souffrances que la jeune fille endurait.
Lorsque Pakunoda déposa le plateau sur la table, K constata qu'il y avait plus de nourriture que d'habitude. Shizuku-dono s'assit à la table et le garçon comprit que le repas était destiné à eux-deux.
La blonde leur sourit en leur disant qu'elle les laissait tous les deux et sortit. K ne comprit pas tout de suite, mais la princesse japonaise lui commanda de s'asseoir en face d'elle.
- « J'ai entendu dire que le boss allait te laisser repartir, alors je voulais te demander un service. »
K fronça les sourcils.
- « Il ne veut pas me laisser repartir ! »
- « Ah ? Ce n''est pas ce que j'ai entendu. »
- « Sa proposition tenait en deux termes, soit j'acceptais de devenir sa… » K buttait sur le mot. Il était bien trop dégouté par le sens du mot qu'il s'apprêtait à prononcer. « … Soit je suis sa … » le mot le dégoutait d'avantage de seconde en seconde. « De toute façon, je suis prisonnier de ce château pour toujours et Lucifer a l'intention de prendre tout ce qui me reste d'espoir et de dignité. Je ne vois pas comment je peux t'aider désormais. Je t'avais prévenu hier que tu ne pourrais plus t'échapper. Nous sommes tous les deux maudits. »
- « Ah… Désolée, J'avais cru comprendre qu'il voulait que tu deviennes son amoureux. »
K rougit violement.
- « Je… je… je n'aimerai jamais cette immonde pourriture ! Je préfère de loin la mort que d'être touché une nouvelle fois par ce monstre ! »
- « Mais il t'aime tellement. »
K rougit une fois de plus.
- « Il ne m'aime pas ! Il a juste envie de s'amuser avec un corps humain avant de l'achever. »
- « Tu es sûr ? Ce n'est pas ce qu'il a dit quand il parlait de toi. Il était en train de faire des poèmes sur ta beauté et ta grâce. Il te comparait aux oiseaux les plus élégants et les plus vifs. »
K rougit à nouveau. Il ne voulait pas qu'on fasse des poèmes à son sujet, et particulièrement pas ce vampire lubrique.
- « Tu perds ton temps. Je hais ce démon répugnant et rien ne me fera changer d'avis. »
- « Je ne le trouve pas répugnant. Il a de très bonnes manières. Et puis, il a une incroyable culture générale. Il connait les auteurs et artistes de tous les pays et toutes les civilisations. C'est un homme charmant de très bon goût. »
- « Ce n'est pas un homme, c'est un vampire. Ses mains sont rouges du sang de ses victimes. Et avoir de bonnes manières et une vaste culture générale de fait pas d'un homme quelqu'un de fréquentable. Les Comtesse Bartorhy et Duchesse Carmilla Borgia étaient des femmes de la plus haute société et avec la meilleure éducation, cela ne les a pas empêché de torturer et d'égorger des centaines de servantes dans leurs châteaux. ! Les pires monstres se cachent tous derrière un masque de respectabilité. C'est ce qui leur permet de dissimuler leurs crimes plus longtemps.»
Shizuku-dono s'empourpra en gonflant les joues. C'était mignon, mais K savait que cela vu son état, cela ne pouvait que lui faire du mal.
- « Les créatures de cet endroit ne sont pas des gens biens. S peut bien te faire la cours et te promettre de t'aimer pour l'éternité, tu ne me ferais pas croire que tu n'as pas souffert un seul instant depuis qu'il t'a mordue. Je vois bien que tu as de plus en plus de mal à marcher et à bouger. Les vampires de cet endroit ont massacré des innocents sur des sauts d'humeur ou par convoitise de trésors. Ils n'ont acheté aucune des œuvres d'art exposées dans l'édifice. Elles ont toutes été volées et dans le sang.»
- « Décidément, tu es impossible ! » s'exclama la jeune fille. « Il te suffirait de leur parler et de les rencontrer pour réaliser à quel point tu te trompes ! »
- « Moi, j'ai vu de nombreux vampires terroriser des populations, je sais ce dont ils sont capables. Toi, tu es encore une naïve jeune fille romantique qui s'imagine que tout va bien tant qu'on a de l'amour. Je ne sais pas si tu es au courant, mais pendant que tu faisais ta fuite en amoureux, un membre de la brigade fantôme menaçait un village de les tuer famille après famille s'ils ne leur livraient pas de personnes suffisamment fortes pour leur servir d'esclaves. Alors que tu arrivais ici, j'ai rencontré une de ces victimes qui m'a décrit la souffrance qu'il avait endurée. Tu n'as pas été « témoin » des massacres de tes copains vampires mais ils le font et sous tes yeux. Tu refuses juste de le voir! »
Shizuku se leva.
- « Soit, reste cloitré dans cette pièce à t'imaginer que nous sommes tous des monstres et que tu es la seule personne aux mains propres. J'essayais juste de te faire voir le bon côté des choses, mais tu t'obstines à vouloir tout voir en noir et blanc. »
Et elle se dirigea vers la porte, mais elle tituba et tomba sur le sol. K bondit de sa chaise pour venir l'aider.
- « Je… vais bien. Ne me touche… »
Il l'observa un instant. Il voyait bien qu'elle n'arrivait pas à se relever.
- « Ne t'obstine pas. Repose-toi dans le lit un instant. »
- « Je dors à trois portes de chez toi. Je pense que ça ira. »
Elle parvint à se lever, mais eu un nouveau malaise après trois pas. Cette fois-ci, K la prit dans ses bras et la conduisit jusqu'au lit où elle pu s'allonger.
- « Je ne me repose que 5 minutes ! » déclara-t-elle.
Mais elle s'endormi pour de bon et ne se réveilla pas. A la tombée du jour, on frappa à la porte. Un jeune garçon blond entra. K le reconnut immédiatement. C'était l'ex-Vampire Hunter S, ou « Sharnalk », comme les gens d'ici avaient décidé de l'appeler.
Il balaya la pièce du regard, un peu inquiet.
- « Où est-elle ? »
- « Shizuku-dono dort dans le lit. J'ai tiré les rideaux pour qu'elle ne soit pas dérangée. »
S s'approcha du lit, pour constater que sa bien-aimée dormait d'un sommeil profond, toujours habillée.
- « Au moins, tu es correct avec les femmes, » déclara S. « Yoh ! Cela faisait une éternité qu'on ne s'était pas vu, cher collègue. »
Le traitre le regardait à présent avec un grand sourire, comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde.
- « A une époque, tu chassais les vampires. Nous avons eu une mission ensemble à York Shin, » constata K d'un ton neutre.
- « Ah ouais, l'affaire des fillettes disparues … J'ai été pas mal frustré que vous ne m'ayez pas mis dans le coup de l'opération contre le Nid Renji après ça. »
- « Ce n'est pas moi qui ai composé l'équipe, c'est le cardinal du boeuf. C'est à lui que tu dois te plaindre. »
- « Pourquoi il t'a choisi toi et pas moi ? C'était quand même grâce à mes recherches de caméras de surveillance et de piratage des lignes téléphoniques que vous avez su remonter la filière. »
- « L'équipe avait été constituée de manière à avoir la personne idéale pour chaque rôle dans l'opération. Je n'ai été choisi uniquement parce j'avais un physique efféminé. »
- « Efféminé ? Comment ça ? »
- « Le bœuf voulait trois personnes qui sachent jouer les jeunes filles sans défense. Il avait la cardinale du Lapin, il avait L, mais il manquait une troisième fille. Alors il m'a demandé de me déguiser. »
S ouvrit de grands yeux avant d'éclater de rire.
- « Okay, je te pardonne sur ce coup là. » Il se tut un instant, fit mine de réfléchir et puis il lâcha. « Mais attends, on dit que c'est toi qui a tué Renji. Tu l'as fait dans ton déguisement ? »
K rougit de honte. « Il ne se doutait de rien, croyais avoir repéré une jeune oie blanche qu'il s'était fait amener dans sa chambre. J'ai caché mes chaines sous les draps. Il s'est fait capturer en un instant et n'a rien compris. »
S rit encore une fois. « Si le boss apprends ça, il voudra définitivement te faire porter une robe au moins une fois. Mais t'inquiète, je ne le lui dirais pas.»
K était un peu décontenancé par S. Il lui parlait comme s'ils étaient amis. Soit, quand il était hunter, il était fréquentable. Mais à présent, il était passé dans l'autre camp. Il avait la blancheur cadavérique des vampires et des canines pointues.
- « Depuis quand es-tu un vampire ? » demanda K abruptement.
Le sourire quitta enfin le visage de S.
- « Cinq mois. »
- « Est-ce vrai que tu l'as fait de ton plein gré ? »
- « Oui. Enfin… à la base, je devais juste être un humain maudit, afin de devenir un vampire si quelque chose tournait mal. Mais quand je suis revenu au QG et que le test de détection a réagit, j'ai immédiatement été isolé et mis à l'écart. Je n'ai jamais eu l'intention de me déclarer comme traître, vous l'avez décidé pour moi. Tout ce qui n'est pas 100% humain n'est pas digne de confiance aux yeux de l'association. Alors j'ai du m'enfuir, et foutu pour foutu, j'a décidé de devenir un vampire à part entière. »
- « As-tu connu une mort lente par anémie ? »
- « Une semaine complète. Et ensuite, il parait que j'ai mis une semaine avant de sortir de ma tombe. »
- « Alors pourquoi tu lui fait ça ? »
- « Hein ? »
- « Pourquoi fais-tu endurer ça à Shizuku-dono ? Je la vois de plus en plus mal, ayant de plus en plus de mal à bouger, perdre toutes ses forces. Si c'est vrai que tu l'aimes, pourquoi lui fais-tu ça ?»
- « Mon estomac est beaucoup trop petit pour boire deux litres de sang en une nuit. Je vais devoir la mordre encore trois ou quatre fois. »
- « Pourquoi la transformes-tu en vampire tout court ? Elle avait une vie heureuse dans son palais. Elle était jeune, jolie, elle avait tout pour elle… »
Et il lui sortit les photos qu'il avait de Shizuku. Elle posait dans de beaux kimonos traditionnels au milieu de son jardin. Elle y respirait la joie de vivre, l'amour… »
S sourit. « La photo dans le kimono jaune, c'est moi qui l'ai prise. C'est pour ça qu'elle sourit aussi chaleureusement. Dans les autres, c'est un regard standard qu'on lui a appris à faire quand elle pose, un sourire de mannequin sans personnalité. Je crois que tu ne connais absolument rien de la vie qu'elle menait là bas. Elle avait tout ? Non, on lui imposait tout. Toute la journée, sa gouvernante et ses professeurs lui dictaient quels vêtements porter, quelles fleurs il convenait d'aimer, les jeux auxquels il convenait de jouer, les activités qu'elle pouvait avoir. Tu crois qu'elle aimait porter ces kimonos ? Et bien non. Elle les avait en horreur. Elle aime la couleur noir. Le noir du charbon, le noir des corbeaux, l'obscurité de la nuit. Mais personne ne lui laissait jamais porter cette couleur. Si elle avait pu, elle aurait porté des vêtements gothiques. Pas du gothic lolita. Non, des vêtements noirs en cuir et rapiécés, exprimant toute la révolte qu'elle avait en elle. Son palais était une prison et celui où son père voulait l'envoyer était encore pire. Quand j'ai reçu sa lettre pleine de désespoir, je lui ai demandé si elle voulait fuir. Elle a dit oui. Je lui ai dit que j'étais devenu un vampire, je lui ai décrit le ryuseï, et elle a dit qu'elle voulait y vivre en tant que vampire avec moi. Je respecte sa décision. Je lui offre la liberté qu'elle a désiré toute sa vie. Ici, elle pourra faire ce qu'elle veut, porter les vêtements qu'elle veut et dire ce qu'elle veut. Je crois que la douloureuse étape de la mort en vaut la chandelle.»
K ne répondit pas. Il était sûr qu'il y avait d'autres moyens pour elle de gagner sa liberté, mais il n'avait pas encore trouvé lesquels.
S changea la conversation.
- « C'est vrai que tu as réussi à battre Uvogine ? »
- « Le géant avec son tatouage dans le dos ? Oui. »
S eu un sifflement admiratif.
- « Nous le pensions invincible. Tu es vraiment devenu un cador de la profession. Le rang de cardinal ne t'es pas impossible. »
- « Arrête un peu. Tu sais bien que c'est fini. Cette chambre est mon couloir de la mort. »
- « Il faut toujours que tu te la joue à la tragédie grecque. Tu dis « Ok, j'accepte de bosser comme informateur » et de porter un joli tatouage quelque part dans le bas du dos et tu es libre. Il ne te demande pas de lui livrer l'association. Il n'a pas l'intention de conquérir le monde. Il veut protéger sa cité.»
- « Il a imposé une autre condition. »
Sharnalk hésita un instant. Il avait oublié qu'il y avait autre chose. Ce fut à ce moment que . Shizuku émergea du lit à baldaquin.
- « Enfin, Sharnalk, tu sais bien. Il a dit que nous l'avions inspiré… et qu'il se sentait redevenir romantique.»
Le visage du vampire s'illumina. « Oh oui ! Je me rappelle… oh… » Il fut tout de suite plus embarrassé.
- « Ouais, je comprends ce que tu veux dire. Moi non-plus, je ne suis pas intéressé par les garçons. »
K rougit à nouveau, mais il eu aussi un rire sarcastique et agacé. Ce n'était tant le problème d'une relation homosexuelle qui le rebutait (même s'il était sûr que vu que c'était condamné par la bible des chrétiens, c'était déjà un coup à perdre la grâce), mais que celui qui lui faisait ces avances était un vampire et le responsable de la mort de tout son clan. Personne dans ce foutu château ne semblait comprendre qu'il haïssait la brigade fantôme à un point qu'il voulait tous les tuer de sa main, qu'il devait souffrir l'humiliation d'être leur prisonnier et que le chef des vampires voulait lui poser l'affront ultime de devenir son jouet sexuel.
S s'approcha de sa petite amie et lui offrit de la prendre dans ses bras, ce qu'elle accepta.
- « Je crois que nous allons finir notre soirée dans notre chambre. On peut se revoir demain si cela te chante. »
K hocha la tête. S et sa « fiancée » étaient certainement les personnes qu'il détestait le moins dans cet endroit, n'ayant joué aucun rôle dans la mort de sa famille.
Alors que les tourtereaux s'apprêtaient à quitter la pièce, S se retourna et apostropha son ancien collègue.
- « Au fait, je pense qu'il est sérieux. »
- « Qui ça ? »
- « Le boss. S'il te dit qu'il veut devenir ton amoureux, je pense qu'il est sincère. Je crois qu'il est prêt à te laisser le temps de le connaître, de t'attacher à lui et à construire une relation vraiment basée sur un respect mutuel. Il sait ce qu'est l'amour. Réfléchis-y. »
Et il laissa le Kuruta seul.
K eut un pincement au cœur. Il aurait préféré que l'ancien hunter reste. Il se serait senti plus en sécurité face à Kuroro qui risquait de revenir d'un instant à l'autre.
