Bonjour tout le monde et désolée pour le retard. Il y a dix jours, je pensais sincèrement arriver à finir le texte pour mercredi passé, mais ensuite, des merdes sont tombées les unes à la suite des autres, maladie, invasion d'asticots dans la cuisine, etc. ... Et bref, je n'ai pu finir le chapitre que ce week-end. Après avoir confié la relecture à ma lectrice bêta Aesclepia (merci beaucoup), voici ce que cela donne.

Alors oui, la rose du Jugement est la version "castlevania" de la rose miniature.

Je vous souhaite de passer un agréable moment en compagnie d'un K incapable de comprendre que toutes ses pulsions sexuelles refoulées depuis toujours viennent de s'éveiller.

Chapitre 10 : Une autre proposition

« La rose du jugement

Sur les côtes de la Gallia Armorica, une des régions côtières du Pays d'Auvergnia, une légende se transmet depuis plus de mille ans. Il y avait autrefois une grande ville prospère installée en bord de mer. Elle s'appelait Ker-Ys. Mais une terrible calamité s'abattit sur la ville et elle disparut subitement. Là où elle avait été construite ne restait qu'une grande baie inondée qui porte aujourd'hui son nom, bien qu'aucune fouille sous-marine n'ait jamais pu prouver son existence. De nombreuses versions de sa destruction existent : un glissement de terrain lorsque les habitants ont cherché à construire une cathédrale au mauvais endroit, un tremblement de terre, des démons… la dernière en date est une variante de celle des démons et a été popularisée par un inquisiteur il y a près de 70 ans, peu de temps après la catastrophe de Grésit.

Dans un discours lors d'une messe en plein air puis dans un livre, il expliquait que des siècles plus tôt, des démons s'étaient infiltrés dans la ville en se déguisant en humains et l'avaient pervertie, faisant d'elle le tout premier nid de vampire de l'histoire. Dieu, voyant que la cité était perdue, envoya un de ses archanges l'anéantir avant que le mal ne se répande dans le reste du pays. La créature céleste s'introduisit en ville sous les traits d'une paysanne tenant un panier de roses parfumées. Les gardes, humains acquis à la cause des vampires la laissèrent passer car ils supposaient que leurs seigneurs apprécieraient ce genre de visite. Les démons étaient effectivement ravis car ils n'avaient jamais vu d'aussi belles roses avec un parfum aussi agréable. La paysanne offrit de leur en planter un buisson en échange d'un sac d'or. Ils acceptèrent et la jeune fille s'exécuta. Mais la graine qu'elle planta était en réalité le jugement de Dieu et très vite, la plante grimpa jusqu'aux nuages et ses racines s'étendirent sur et sous toute la ville. Le sol s'effondra, entrainant les humains, vampires, animaux, bâtiments, absolument tout dans les abîmes de l'enfer.

L'inquisiteur avait ensuite sorti une graine d'une couleur étrange et avait clamé que le seigneur leur avait octroyé le même pouvoir pour débarrasser le monde du fléau. Il avait désigné une ville qu'il considérait comme perdue. C'était une ville dans l'Est du pays, où se trouvaient de nombreux charbonnages. La menace des vampires avait causé la fermeture de nombreuses mines et la pauvreté et la criminalité y avaient grimpé en flèche. Deux semaines après le discours, les deux tiers de la ville en question s'étaient effondrés dans un immense cratère, tuant des milliers de gens. Depuis, la terre entière craint la rose du jugement, l'arme secrète de l'inquisition, l'armée de Dieu.

Officiellement, la rose du jugement a été utilisée trois fois depuis le discours de l'inquisiteur, mais j'ai des doutes sur la véracité de leurs propos. Trois fois en 70 ans, alors que l'humanité était plongée dans le désespoir… Nous n'avons jamais eu aucune image, aucun témoignage de survivants de ces destructions, juste des « calderas » géantes. Le sol des trois cités détruites était constitué de gruyère : les mines de Bernissart, les carrières de Syracuse et à l'autre bout de la planète, Naha (l'île entière est un ancien récif de corail percé d'une multitude de grottes). De puissantes bombes placées au bon endroit auraient parfaitement pu avoir le même résultat. Et l'usage que l'inquisition fait de cette arme tient plus du bluff et de la dissuasion que de l'arme miracle qui purifie le monde. S'ils avaient vraiment voulu se débarrasser des vampires, vu leur tendance facile à condamner des innocents, je pense qu'avec une rose du jugement dans les mains, cela fait des décennies qu'ils l'auraient utilisée contre des lieux comme la tour céleste ou de petits nids de rang B et C.

Pour moi, il est clair que cette rose du jugement n'existe pas. C'est un coup de bluff pour contrôler la population et intimider les Etats. Aucun pays ne voudrait voir une de ses grandes villes disparaître dans les abîmes de la terre, quand bien même cette ville serait envahie par la délinquance ou les démons.

Journal de K. »

Même si Lucifer n'était pas venu en personne cette nuit-là, il était tout de même encore présent dans les « cauchemars » de K. Le hunter blond avait à nouveau fait un rêve érotique. Il était attaché sur cette horrible table dans ce maudit donjon bdsm et le vampire touchait les parties les plus intimes de son corps. Le pire dans cette histoire était que lorsque le jeune homme se réveilla, il trouva ses « régions vitales » dans un état encore plus nécessiteux que la veille. Son corps en voulait plus.

Tout en pestant, K dut utiliser la même méthode humiliante que la veille pour se calmer : penser à ce maudit vampire. Il visualisa plusieurs situations plus dégoutantes les unes que les autre, mais celle qui lui apporta la délivrance était celle où Lucifer s'occupait lui-même de son problème d'érection. Le souvenir de cette langue froide… cette fois-ci, K ne put réprimer le cri de jouissance lorsque sa semence sortit telle un geyser. Il se sentait plus sale et honteux que jamais. Il se perdait dans la luxure. Jamais son corps n'avait eu ce genre de comportement avant. Qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Peut-être que ce maudit vampire lui avait jeté un sort… Oui, cela devait être ça. De nombreux vampires avaient le pouvoir de contrôler les esprits. C'était ainsi qu'ils attiraient leurs proies hors des lieux où ils étaient en sécurité. Lucifer devait lui envoyer ces rêves sataniques afin de le pervertir et de le pousser à se donner à lui. Ce pervers était décidément prêt à tout pour arriver à ses fins. Il était vraiment abject.

Lorsque Pakunoda arriva pour lui apporter son petit déjeuner, K était toujours furieux contre Lucifer pour cette immonde torture charnelle. Elle remarqua son humeur et demanda ce qu'il se passait.

- « Il se passe qu'à défaut de venir me harceler en personne, Lucifer le fait à présent par rêves interposés. »

Elle eut l'air étonné.

- « Comment ça ? »

- « Il m'agresse dans mes rêves. Et ne me dit pas que ce « n'est qu'un rêve ». Je sais très bien que c'est un pouvoir commun chez les vampires de contrôler leurs victimes et de provoquer du somnambulisme chez eux. J'ai vu ces pouvoirs à l'œuvre. »

Elle ne répondit pas tout de suite. Pour K, ce silence correspondait à un aveu.

- « En quoi consistent ces agressions ? »

K rougit. Pakunoda retint un sourire avec la plus grande difficulté.

- « Le genre où il obtient ce qu'il veut », grommela le jeune homme.

Paku s'amusait de plus en plus, mais eut la délicatesse de ne pas le montrer. Elle répondit.

- « Il a effectivement le pouvoir d'interférer à travers les rêves des gens, mais je suis certaine qu'il n'en a pas fait usage sur toi. »

- « Moi, je crois qu'il en est parfaitement capable. Il doit faire une figurine d'argile à mon effigie, avec mon sang, mes cheveux et des vêtements qui m'appartiennent et il a eu tout le temps de le faire lorsque j'étais blessé et inconscient au moment de ma capture. »

- « Sauf que la confection d'une telle poupée prend au minimum un mois à réaliser. Les étapes de sa réalisation doivent suivre le calendrier lunaire. Tu seras d'accord pour dire qu'il ignorait ton existence il y a une semaine encore. Si tu rêves de cochonneries, je suis désolée de te le dire, mais cela vient de toi. Ton cerveau essaye de faire le ménage dans les derniers événements qui ont marqué ta vie. Le boss t'a fait une certaine impression et ton subconscient joue avec ça. »

K n'aimait pas cette explication justement parce qu'elle était plausible et qu'il ne voulait pas voir en Lucifer autre chose qu'un monstre manipulateur et lubrique. Et de plus, il était impossible que son corps réagisse de cette manière à des rêves aussi répugnants de façon naturelle. Il n'était pas et ne serait jamais attiré par des vampires de sexe masculin.

La femme eut la délicatesse de ne pas insister, mais elle avait autre chose en tête.

- « Au fait, le boss a justement dit qu'à condition que mon mari et moi t'escortions, tu pouvais sortir de ta chambre. »

- « En quel honneur ? »

- « Il souhaite que tu découvres les terres sur lesquelles il règne. »

Toujours ce projet de le faire intégrer la brigade fantôme, le groupe qui avait massacré sa famille et tant d'autres innocents. Il était absolument hors de question de participer à de telles atrocités. Il ne tuait pas les humains et il ne volait pas non plus. Mais d'un autre côté, c'était une occasion d'observer les environs et de planifier sa fuite. Il accepta donc l'invitation de Paku.

Une heure plus tard, habillé de la tenue « Minas Tirith », K était enfin à l'air libre, flanqué de Phinks qui ne le quittait pas d'une semelle, certainement pour le tenir à l'œil. Le hunter n'était pas libre de faire ce qu'il voulait.

Le couple avait décidé de commencer la promenade dans le quartier « recyclage » de la ville. Phinks expliqua que c'était ici que tout ce qu'ils parvenaient à récupérer de la décharge recevait une seconde vie.

K vit d'abord les « ateliers de couture ». Tous les textiles récupérés dans la décharge y étaient transformés d'une façon ou d'une autre. Ce qu'on pouvait encore appeler « vêtement » était ajusté par des couturiers pour devenir une nouvelle tenue sur mesure. Les autres tissus pouvaient être dépecés en morceaux de différentes tailles pour servir à compléter d'autres vêtements, servir de rembourrage ou encore, ces restes étaient réduits à l'état de fibres que l'on teintait, filait et tissait pour faire de nouveaux fils et étoffes (un bâtiment entier était composé de métiers à tisser archaïques).

Ensuite, ce furent les ateliers de menuiserie et d'ébénisterie. Ici, c'étaient les déchets de bois qui étaient exploités jusqu'au moindre copeau.

Après vint le tour du métal.

Phinks de répéter cette fameuse phrase qui devait décidément être la devise de la ville « Nous acceptons tout, alors ne nous reprenez rien ». K était pour le moins impressionné. Qui aurait cru dans le reste du monde que la mystérieuse ville décharge abandonnée à son sort, supposée être l'endroit le plus misérable de la terre, battait les nations les plus avancées sur le plan du recyclage ?

Ils arrivèrent devant ce qui devait être une immense usine en rénovation.

- « Que projetez-vous de faire ici ? » demanda K par pure curiosité.

- « Recyclage de plastique. Nous avons réussi à nous approprier la technologie, mais nous devons adapter le bâtiment en conséquence. »

K fronça les sourcils.

- « Qu'est-ce que tu entends par « approprier » la technologie ? On dit « acquérir » ou « développer » d'habitude. »

- « Oh, kidnapper deux ou trois spécialistes, voler quelques machines. Ce n'est pas comme si des sociétés humaines allaient accepter d'installer des usines de recyclage dans la décharge des exclus de l'humanité. Nous sommes obligés d'aller les chercher. »

K n'était pas sûr d'aimer cette conversation. Était-elle en train d'insinuer qu'en plus de leurs massacres de villages entiers, de pillages de musées, de ventes aux enchères et de manoirs, ils pratiquaient aussi l'espionnage industriel ? K n'avait jamais entendu parler de ce genre d'attaque sur des laboratoires ou usines.

Une fois de plus, Pakunoda semblait lire dans ses pensées.

- « Nous ne signons pas ces expéditions-là. Nous faisons passer cela pour des disparitions banales et des accidents d'usine. Un petit incendie, une petite explosion quand il n'y a personne sur les lieux. Nous évitons les morts pour éviter d'attirer inutilement de l'attention des polices du monde entier. »

- « La brigade fantôme n'attire pas l'attention, vraiment ? »

- « Personne avant toi n'a jamais pu lier la brigade au Ryuseï, et il en sera toujours de même.»

- « Jusqu'à ce que l'un de vous se fasse coincer avec son beau tatouage en forme d'araignée et dans un mauvais choix de mots révèle qu'il vient d'ici. Et c'est déjà trop tard pour me faire taire. Entre le moment où j'ai vaincu Uvo et où j'ai été envoyé ici, j'ai eu le temps de faire mon rapport au QG des hunters et de faire un résumé de notre conversation. »

Il n'osa pas ajouter qu'il avait envoyé un message depuis la tour de contrôle de la cité. Sa première tirade avait déjà fait son effet. Le teint de Paku avait pâli et Phinks avait poussé un juron.

Le grand baraqué avait attrapé le jeune homme par les épaules et l'avait forcé à se mettre à genoux.

- « Tu vas leur envoyer un message pour leur dire que tu t'étais trompé, qu'il n'y a pas de vampires et encore moins de brigade fantôme au Ryuseï ! »

- « Phinks, stop ! » s'écria son épouse.

- « Paku, il… »

- « Pas comme ça. Lâche-le. »

L'homme finit par obéir. K se redressa en se massant les épaules. Ce type avait une sacrée poigne. La femme décida qu'il était temps de rentrer au palais. La conversation ne devait pas être entendue de tout le monde.

Trois quarts d'heure plus tard, ils étaient au sommet de la plus haute tour du bâtiment. Pakunoda commença sa plaidoirie.

- « Kurapika, regarde notre cité et réfléchit un instant. Que se passera-t-il quand les Emirats de Glam ou le V5 apprendront que cet endroit supposé être conçu pour isoler une communauté de marginaux est en réalité un nid de vampires et qu'ils disposent d'une industrie beaucoup développée que ce qu'ils s'imaginaient ? »

K ne répondit pas. Il s'imaginait bien que les politiciens, dans un premier temps, seraient dans le déni, puis céderaient à la panique.

- « Ils voudront certainement se débarrasser de la menace, mais un nid de vampire ne se détruit pas comme ça, » conclut K.

- « Non, cela ne se détruit pas comme ça. Ils n'arriveront certainement pas à bout des vampires avec une armée d'humains ou de vampires hunters. Mais qu'en est-il des civils, de tous les humains non-mordus ? Plus de six millions d'êtres humains vivent ici. Ils seront victimes de balles perdues ou pire, de bombardements. Et je ne parle même pas du cas de figure où l'inquisition s'en mêle. Je ne serais pas étonnée qu'ils fassent le ménage à coup de rose du jugement. »

- « La rose du jugement est un bluff ! » la coupa K. « Elle n'existe pas. Des fanatiques de l'inquisition ont lancé cette rumeur pour galvaniser leurs troupes et pousser les foules au repentir. Elle n'a jamais explosé. Les légendes concernant la destruction de la ville d'Ys existent depuis mille ans déjà. Le coup de sa destruction par l'arme miracle de l'église n'en n'est qu'une de plus. »

Le hunter entendit Phinks pousser un soupir de soulagement. Pakunoda, elle, n'était pas rassurée pour autant.

- « Ils font trop souvent allusion à cette rose pour que cela ne soit qu'une simple mise en scène. »

- « C'est tout le principe du bluff ! Et les villes dont ils ont prétendu faire des exemples avaient du gruyère pour sous-sol. Il suffisait de placer quelques bombes au bon endroit. Je me répète, mais la rose du jugement n'existe pas. »

A part ça, K était plutôt surpris d'avoir découvert que la brigade fantôme craignait d'avantage les humains lambda que les hunters. Il était étonné tout court que cette bande de voleurs démoniaques ait quelque chose à protéger. Et il réalisa qu'il venait de découvrir leur point faible. Il devait savoir l'exploiter.

- « Si j'ai bien compris, vous avez peur de ne pas êtres capables de protéger les habitants de la cité contre les armes humaines conventionnelles ? »

- « Si les hommes ajoutent des bombes ou des souches de maladie aux déchets qu'ils larguent chaque semaine, cela fera des milliers de victimes, et malheureusement, nous sommes très en retard en ce qui concerne la médecine, si tu vois ce que je veux dire.

- « Vous n'avez pas encore volé d'hôpital ? »

- « On y a sérieusement pensé, mais le problème, ce sont les médicaments. Il faut un réapprovisionnement constant. Et l'environnement est certainement le pire nid à germes du monde. Une guerre contre les humains serait dévastatrice pour les humains. Bien sûr que nous sauront les venger, mais ce n'est pas le problème. Chacun des habitants de la cité est un membre de la famille et au moins il en meurt, mieux c'est. »

K se retint de sourire. Il avait réussi. Il les tenait !

- « Sans vouloir te déprimer, je n'y peux rien. Je suis prisonnier ici et je n'ai aucun moyen de contacter le monde extérieur. Et quand bien même vous me laisseriez utiliser une radio ou un téléphone, je doute que cela suffise à les convaincre. »

- « Tu n'es pas un prisonnier ! Tu es… »

Mais après avoir réfléchit quelques secondes, elle réalisa que peu importe la façon dont elle essayait d'expliquer la situation, cela revenait au même. Ils le détenaient dans la cité contre son gré.

K nota qu'elle jetait un coup d'œil à sa montre. Elle devait se demander quand elle pourrait parler à Lucifer. Il savait qu'il avait gagné.

- « Ton chef a été très clair sur le fait qu'il ne me laisserait pas partir avant d'avoir réussi à me prendre ma virginité et mon amour-propre. Alors désolé, même si je reconnais que tous les gens que vous m'avez montré aujourd'hui ne méritent pas de mourir à coup de napalm, je ne peux absolument rien pour vous. Si vous voulez que je retourne au QG de l'association déclarer que j'ai réussi à infiltrer le Ryuseï et dise que je me suis trompé dans mes observations, il faudra que Lucifer change d'avis»

- « D'autres requêtes ? »

Pakunoda était en train de négocier.

- « Mes conditions sont :

1 : Il arrêtera de me harceler et il abandonne l'idée de coucher avec moi.

2 : Je ne participerai à aucune opération consistant à tuer et voler des innocents.

3 : Mon travail consistera à vous apporter des informations sur les autres nids de vampires et les menaces éventuelles dont j'aurai entendu parler.

4. Si Kuroro essaye d'abuser de moi ou de me mordre, l'accord sera rompu. »

Pakunoda se contenta de hocher la tête, comprenant qu'elle n'avait plus l'avantage dans cette situation. Phinks, lui, semblait bouillonnant à côté d'elle. Il n'aimait pas la tournure des événements. Il voyait que son épouse était en difficulté et il en était furieux.

- « Me permets-tu de noter tes demandes sur un papier ? Histoire de pouvoir les rapporter au boss mot pour mot ? »

- « Je t'en prie, ce document sera la base de notre contrat. »

Il avait toujours un peu de mal avec l'idée de travailler pour le démon qui avait détruit tout son village. Mais s'il pouvait avoir la victoire que Lucifer renonce à se servir de son corps comme d'une cave à vin grand-cru ou d'une sex-doll et qu'il soit assuré de ne jamais avoir les mains salies par le sang de leurs crimes, il pouvait vivre avec ça… Du moins, il essaierait. C'était déjà pas mal par rapport au plan de base du vampire qui était de le violer nuit après nuit dans son donjon bdsm. Oui, il se rappelait qu'au début de sa carrière de vampire hunter, il avait juré d'éradiquer la brigade fantôme jusqu'au dernier des membres, mais depuis ces quelques jours de captivité, il ne se voyait pas tuer S ou Shizuku-dono, quand bien même il en avait reçu l'ordre de son père. Phinks, Pakunoda et le sorcier Bonorenov n'étaient pas des monstrueuses créatures assoiffées de sang non-plus. Il n'avait plus la motivation de les éradiquer. A présent, il avait conscience que les tuer relevait des péchés de la colère et de l'orgueil. Cela lui couterait immanquablement la grâce. Il détestait ça, mais il devait admettre que ce qu'il proposait à présent était le meilleur compromis pour lui.

Une dizaine de minutes plus tard, le document était écrit et Pakunoda s'engageait à le transmettre au « boss » dès que ce dernier se serait réveillé.

Ah, ce n'était définitivement pas pratique de ne pas savoir sortir à la lumière du jour.

Une grande partie des forces de la brigade était inefficace de jour et celle qui veillait la journée devait être trop épuisée que pour se battre de nuit.

K attendit la tombée de la nuit tranquillement dans sa chambre. Shizuku était arrivée vers cinq heures de l'après midi avec un échiquier sous le bras. Ils jouèrent jusqu'à la tombée de la nuit, où S arriva rapidement pour veiller sur sa chère Shizu-chan. Ensuite, Phinks apparut avec les repas de la demoiselle et de K. Ils mangèrent, plaisantèrent même et puis, sur le coup de neuf heures du soir, Lucifer fit son apparition. Et à son attitude, tout le monde comprit que le temps de rire était fini. Il fit signe à K de s'habiller chaudement car ils sortaient à nouveau.

Pakunoda n'était visible nulle part. K se demanda si elle avait réussi à lui parler.

Visiblement, quelque chose avait changé. Le vampire était beaucoup moins bavard que d'habitude. Il avait l'air contrarié. Il évitait de regarder le garçon. Leur promenade du soir les amena dans une gigantesque serre. La structure était aussi recyclée que la bibliothèque et à présent, K connaissait le processus de construction. A l'intérieur, c'était un festival de parfums et d'arômes. Il y avait une multitude de plantes de toutes sortes, autant des herbes médicinales que d'autres destinées à la cuisine et surtout, une quantité incroyable de fleurs de toutes les couleurs. Son idée de départ devait définitivement être de se promener à nouveau dans un endroit romantique, sauf que cette fois-ci, ni le jeune blond ni le vampire n'avaient le cœur à ça. K remarqua Machi au milieu d'une allée de lavandes. Cette dernière détourna immédiatement le regard. Elle était loin de l'avoir accepté. Au plus vite il serait loin d'elle, mieux ce serait.

Lucifer semblait un instant perdu dans ses pensées, figé devant une platebande de tulipes jaunes. Il poussa même un soupir. Et finalement, il se décida à parler en sortant un morceau de papier de sa veste de fourrure.

- « J'ai eu une conversation avec Paku toute à l'heure. »

Ouf, elle lui avait parlé. Et le papier qu'il avait entre les mains était probablement celui avec ses requêtes.

- « On dirait que je ne peux plus me permettre de prendre le temps. J'ai lu ton papier et tes conditions… »

- « Et ? »

Le vampire lui tendit le papier. K l'ouvrit et remarqua que plusieurs phrases écrites à l'encre rouge avaient été ajoutées.

- « J'y apporte quelques détails supplémentaires. Tu as jusqu'à demain soir, 21 heures pour me donner ta réponse. Si tu acceptes, tu deviendras l'un des nôtres dans la soirée et tu pourras partir après-demain. »

Là, K cligna des yeux et garda la bouche mi-ouverte. Son plan avait-il vraiment marché au-delà de ses espérances ? Quels détails le vampire avait-il ajoutés ?