Salut à tous et désolée pour cette longue absence. Ce chapitre a été particulièrement difficile à écrire, entre les pannes d'inspiration et différentes choses qui me sont tombées dessus. J'ai toujours l'intention de finir cette fiction, même si je suis pas mal occupée ces derniers temps.
Allez, bonne lecture.
Chapitre 13 : conversations sincères
« Les Selkies »
Le clan des Selkies est aussi légendaire que celui des Kurutas et jusqu'à ce que je rencontre cette Gladys, j'étais persuadé qu'il ne s'agissait que de légendes.
C'est que je ne connaissais ce clan qu'à travers des légendes racontées dans le clan kuruta ou des contes et superstitions populaires comme « une ville protégée par une Selkie » qui se dit d'une ville portuaire qui a prospéré grâce à une météo particulièrement clémente ou des pêches fructueuses à répétition dans les pays d'Hivernia et de Calédonie. D'autres expressions bien connues de ces contrées sont « Ne prend pas le manteau de cette Selkie »ou « cette femme a l'indépendance d'une selkie » en référence aux malheurs qui s'abattent sur les couples où l'homme tente d'établir un rapport de force et d'autorité vis-à-vis de leur compagne.
Dans les contes populaires, les Selkies sont des femmes d'une grande beauté et possédant une voix merveilleuse qui influence le temps, les créatures marines et guident les âmes des hommes morts en mer. Bref, avoir la protection d'une de ces enchanteresses est la meilleure chose qui puisse arriver à un marin. De plus, ces fées des mers sont supposées être facilement reconnaissables au grand manteau de fourrure qu'elles gardent constamment sur leurs épaules et qui leur permet de se métamorphoser en créature marine et de vivre ainsi sous l'eau.
Dans la plupart des contes, les hommes qui tombent amoureux de ces femmes finissent tous par tenter de cacher le manteau, voire de le détruire pour empêcher les jeunes filles de partir et les garder auprès d'eux. Ces histoires se terminent généralement mal car ces dames terrifiées par ces méthodes qui relèvent de la séquestration et du chantage finissent par se venger en déclenchant des tempêtes, fuir à tout jamais ou se laisser mourir. Jusqu'ici, je considérais que le but de ces histoires était d'enseigner aux enfants que le bonheur d'un couple se construit sur une relation équitable et le respect mutuel de l'autre et que dans le sens inverse, une relation où l'un prive l'autre de sa liberté ne donne rien de bon. Quelle ironie de découvrir que ces fées de la mer sont bel et bien réelles.
Bon, j'admets avoir vu plus étrange au cours de ma brève carrière de chasseur de vampire. Et en y réfléchissant, certains éléments historiques semblent témoigner de l'existence des Selkies. Je pense en particulier aux événements de la guerre « du prince du vent ». En 1740, le prince Duncan, héritier du trône du royaume insulaire de Calédonie et son infortunée épouse étaient au cœur d'un des événements les plus tragiques et mystiques du continent Gallus. Le prince était un passionné de la mer et avait réussi à établir une puissante flotte autant d'exploration que marchande qui fit la fortune du Royaume. Mais tout dérapa lorsqu'il refusa le mariage arrangé par son père avec une fille du roi d'Auvergna. Il présenta plutôt une femme étrange du nom de Saria et qui semblait sortir de nulle part. Les peintres de l'époque l'avaient représentée avec une longue chevelure châtain et un long manteau qui semblait faite de peau de phoque. Les œuvres d'arts comme les sources écrites étaient toutes d'accord pour dire qu'elle était particulièrement jolie. Bref, gros scandale politique. Le roi d'Auvergna, offensé, déclara la guerre à la Calédonie.
Les historiens écrivirent qu'alors, le prince avait déclaré devant son père, le conseil militaire et la cour qu'il mènerait la guerre et qu'il n'épouserait Saria qu'en cas de victoire. Le conflit ne dura qu'un seul mois. Duncan avait remporté trois victoires éclatantes et une tempête sur les côtes d'Auvergna avait balayé le reste de la flotte ennemie. Duncan reçut le surnom de prince du vent car les courants marins semblaient toujours de son côté et cette brève guerre appelée ainsi en l'honneur du champion. Auvergna signa un traité de paix et fit mine de lâcher l'affaire. Mais seulement deux mois après le mariage de Duncan et Saria, le roi du pays ennemi fit enlever la jeune femme et celle-ci mourut dans des circonstances obscures. La Calédonie voulut déclarer la guerre à Auvergna, mais de violentes tempêtes se levèrent en mer, isolant le royaume du continent. Les côtes du royaume d'Auverna subirent catastrophes naturelles sur catastrophes naturelles pendant 5 ans, détruisant les ports et provocant de terribles famines et la ruine. Le royaume s'était à peine remis de ces calamités qu'une autre bien pire encore allait balayer le monde : les vampires.
Bref, si la fameuse Saria était une Selkie, cela expliquait bien des choses comme la réussite de son bien aimé et les éléments naturels qui se sont acharnés sur le pays ennemi. En y réfléchissant, avoir une Selkie dans son camps doit avoir de fabuleux avantages pour un pays qui vit de la mer : des pèches fructueuses, des vents favorables et pas de violentes tempêtes… Et si le pouvoir de guider les âmes est aussi vrai, quel effet a-t-il sur les goules et les vampires ? Je me rappelle les légendes Kurutas qui parlait des Selkies d'une toute autre façon. Oui, il s'agissait des fées de la mer. Mais elles ne se contentaient pas de chercher le véritable amour auprès des marins. Elles avaient le rôle de surveiller les limites du territoire sur lesquelles les dieux avaient envoyé les humains. Elles y avaient conduit les humains il y a des temps immémoriaux et devaient s'assurer que les démons du continent obscur ne les y poursuivent pas… Enfin bref, vu l'invasion des vampires, je m'étais dit que soit elles avaient échoué à leur mission soit elles n'existaient simplement pas. Bref, j'avais tord sur toute la ligne. Il y a dans ce palais une Selkie qui chante des chansons d'amour devant des vampires. Et je me demande bien ce qu'une fée des océans fabrique au beau milieu d'un désert.»
Journal de K.
« L'entrainement » avec Feitan fut assez bref. Toute la brigade avait assisté à la rencontre dans une grande salle d'armes. Au son du gong, le dhampire bondit immédiatement, ne voulant pas laisser à K le temps de déployer ses armes. Mais le hunter blond réussi tout de même à intercepter l'épée du dhampire dans la chaîne de son kusarigama et ainsi à bloquer son attaque. Feitan lâcha l'arme et tenta une attaque à main nue dans le dos mais le boulet métallique avait commencé à tournoyer et le dhampire du s'éloigner un moment pour tenter de lire les mouvements de la maudite masse qui empestait l'ail et la grâce. Finalement, il aperçut une ouverture et tenta un nouvel assaut, tout en voyant trop tard l'autre extrémité de la chaine jaillir. Il sentit le kama lui égratigner le bras.
Là-dessus, Lucifer avait ordonné la fin de la rencontre. Il avait été convenu que la « session » cesserait au premier sang versé et c'était fait. A son visage contrarié, K en déduisit que ce n'était pas l'issue qu'il avait espéré. A coup sûr, le vampire avait espéré pouvoir collecter encore un peu de sang de sa désormais « cave personnelle ». Dommage pour lui mais le jeune hunter était un guerrier en pleine possession de ses moyens.
Les autres membres de l'araignée avaient des réactions partagées mais de manière générale, ils regardaient avec stupeur le bras du fils cadet de Lucifer. La chair égratignée par le kama semblait brûlée. La grâce… K poussa un soupir de soulagement. Le fait d'avoir intégré la brigade fantôme de l'avait pas privé de la bénédiction divine. C'était déjà quelque chose de rassurant. Feitan, lui, était frustré d'avoir perdu ainsi, surtout qu'en tant que dhampire, il pouvait être sûr que la blessure infligée par la grâce ne disparaitrait jamais totalement.
Tout de suite après, Sharnalk se mit à applaudir et vint donner une tape sur l'épaule de l'humain.
- « Wouah ! Tu as fait de sérieux progrès depuis la dernière fois que je t'ai vu te battre. Ta chaîne est si rapide qu'on ne sait plus la suivre des yeux. C'est dingue de se dire qu'un simple humain puisse avoir de tels réflexes. »
- « C'est pas un humain, c'est un hybride, » grommela l'autre dhampire. Le pseudo-rõnin qui détestait K avait changé d'expression. Il y avait une pointe de résignation dans son regard. Peut-être qu'il avait enfin accepté le fait que le hunter avait le talent nécessaire pour battre l'ancien numéro 11 à la loyale. Mais à la pointe d'agacement que l'on pouvait également voir, il devait aussi être énervé de voir que le remplaçant maniait les armes ninja aussi bien que lui l'arme noble des samouraïs.
D'autres araignées, Pakunoda, Phinks, Franklin et Gladys se mirent à applaudir. Les autres suivirent. « Une bonne recrue au bout du compte », avait lâché l'étrange petit chevelu.
Après cela, Gladys demanda l'autorisation d'aller dormir. Lucifer autorisa la troupe à se disperser. Feitan lança un regard assassin au hunter, lui signifiant qu'il y aurait d'autres « entrainements ». Il ne digérait pas l'idée d'avoir perdu sur une simple égratignure au bras.
K voulu se retirer également, mais le chef exprima le souhait de lui parler encore un moment de quelques menus détails. Le jeune blond retint un soupir et le suivit dans un endroit à l'écart.
- « Le dirigeable repart après demain. Si tu attends encore un jour, le vaisseau peut t'emmener où tu voudras. »
- « Merci mais du moment que je peux récupérer mon dromadaire, je suis tranquille. »
- « Ce n'est pas possible. Les citoyen de la cité l'ont trouvé et adopté. Ils ne comprendront pas qu'ils doivent le rendre. »
- « Ce n'est pas… »
- « Nous acceptons tous, alors ne nous reprenez rien ! Cela veut aussi dire « celui qui le trouve le garde. Je regrette. »
« C'est ça », pensa K. Lucifer utilisait surtout cette excuse pour le garder encore un peu.
- « Mais à partir de maintenant, tu es libre d'aller où tu veux dans le château et la cité, pour peu que tu respectes l'espace privé des autres habitants. Je t'autorise même à venir me tenir compagnie dans mon cercueil. »
- « Ca ne m'intéresse pas, » répondit K histoire de lui rappeler que sa drague lourde ne marchait pas sur lui. Par contre, il irait volontiers à la bibliothèque.
Lucifer lui tendit ensuite son journal.
- « Je te rends ça aussi. Je suppose que tu en a besoin au quotidien. »
Là, K du admettre qu'il était surpris. Il ne pensait pas que le vampire lui rendrait le journal alors qu'il semblait en avoir fait son livre de chevet favori. Il bredouilla un merci en évitant de croiser le regard de son interlocuteur. Il sentait qu'il rougirait s'il faisait ça et son honneur le lui interdisait.
Le jeune homme demanda la permission de se retirer, ce que Lucifer lui accorda, non sans vouloir lui dire encore une dernière chose.
- « Tu étais impressionnant dans cet entrainement contre Feitan. Jusqu'à présent, j'étais la seule personne capable de contrer sa vitesse. Tu es définitivement doué. »
K ne put se retenir de rougir cette fois. Maudit Lucifer. Pourquoi fallait-il qu'il essaye absolument de l'embarrasser de la sorte ?
Mais bref, le vampire le raccompagna jusqu'à sa chambre car il craignait que K ne retrouve pas son chemin dans le palais. « A demain soir, » lui lança-t-il avant de le laisser enfin seul.
Dès que la porte fut fermée, le premier réflexe de K fut de s'installer au bureau et de consigner toutes les observations qu'il avait eues : les différents membres de la brigade, la cérémonie d'adhésion, la rencontre avec la Selkie et toutes les questions qu'il se posait à son sujet. Au moment où il finit d'écrire « Comment Gladys a-t-elle pu atterrir ici au milieu du désert ? », une désagréable sensation le traversa. C'était un mélange de tristesse, de dégout et de colère. Comment lui, un vampire hunter s'était-il retrouvé là, logé et nourrit par ses pires ennemis et résigné à travailler avec eux ? K retourna à son lit, se jeta dessus et enfouit sa tête dans les coussins. Qu'avait-il fait ? Il avait accepté de rejoindre l'araignée, de collaborer avec les assassins de sa famille. Il se sentait si sale. Il passa sa main sur son épaule qui brûlait toujours du tatouage tout frais. Il avait de désagréables sensations, comme si on lui avait injecté un produit d'anesthésie locale et que tous les muscles de son épaule commençaient à s'engourdir. La marque de l'araignée lui semblait soudainement être une malédiction. Comment avait-il pu accepter cet accord ? Par quelle lâcheté, par quelle faiblesse ? Il avait déshonoré son clan et salit leur mémoire…
Il pleura de honte un moment et s'endormit sans s'en rendre compte. Il fut réveillé le lendemain par une chanson douce parlant d'une brise semblable à une caresse sur l'océan. Il n'avait jamais rien entendu de si calme et apaisant. Même Senritsu ne jouait pas avec un talent pareil. Il ouvrit les yeux. La chanson venait de l'autre côté de la porte. Était-ce Gladys ? La voix semblait tellement plus jeune. Il se leva sans faire attention aux plis des draps qui s'étaient imprimés sur son visage et courut ouvrir. C'était effectivement la Selkie qui chantait.
Quand elle le vit, elle s'arrêta et eu un rire. Le visage de K était vraiment cocasse à regarder.
- « Bonjour Kurapika. Est-ce que la nuit a été bonne ? »
K rougit à nouveau.
- « Enfin bref, le petit déjeuné est servi dans la grande salle à manger, alors si tu es intéressé… Je t'attends ici. Prépare-toi. »
Le hunter, encore à demi-endormi, mit un peu de temps à comprendre ce qu'elle lui avait dit. « déjeuné… salle à manger… accompagner… », mais il finit par hocher la tête.
- « Ok, donne-moi juste 5 minutes… »
La jeune fille hocha la tête et lui répondit qu'elle attendrait dans le couloir.
Les 5 minutes se transformèrent en 15, mais le blond finit par sortir tout propre, coiffé et bien habillé. La rousse était la seule personne dans ce château avec qui il avait vraiment envie de passer du temps. S, Shizuku et Pakunoda étaient d'agréables compagnons, mais la Selkie l'intriguait au plus haut point. Il avait d'innombrables questions à lui poser. Et puis, elle n'avait pas la tête d'une criminelle. Qu'est-ce qu'elle faisait avec la brigade fantôme ?
- « Et donc, tu… » dirent les deux jeunes gens simultanément. « Toi d'abord… » encore simultanément, avant d'éclater de rire.
K fit signe à la jeune fille de commencer.
- « D'accord, je vais alors être franche. Les autres m'ont un peu expliqué les circonstances de ton arrivée ici, mais je préfère avoir ta version. Donc, à quel point détestes-tu le boss ? »
Il n'était pas vraiment surpris par la question. Tous les membres de la brigade à part Machi avaient à cœur de le mettre dans le cercueil de leur chef. Mais elle, au moins, avait tourné sa question de façon à admettre qu'il n'appréciait pas le vampire.
- « Il a tué toute ma famille dans un accès de rage. Il a abusé de moi lorsque j'étais inconscient, m'a harcelé sexuellement dans cet horrible donjon… Je le hais et si possible, je voudrais ne plus jamais le voir et qu'il ne s'approche plus jamais de moi. »
Elle sourit.
- « D'accord, il a vraiment foiré son coup. A ta place aussi, je ne voudrais pas qu'un pervers sadique pareil s'approche de moi. »
- « Comment peut-il seulement oser espérer… »
- « Ca ne se commande pas, l'amour. Et crois l'expérience de la Selkie qui parcourt le monde à la recherche de l'homme idéal. Je l'ai un peu travaillé hier soir après qu'il t'ai quitté. Quand il a lu ton journal et découvert ton degré d'érudition, cela a été le coup de foudre instantané. Et il regrette de tout son cœur de vampire ce qu'il t'a fait. Mais bien sûr, les regrets n'annulent rien. Les actes par contre permettent de se faire pardonner… »
- « Je n'ai pas envie de tomber amoureux, et encore moins de ce pervers. »
- « Soit, soit… En tant que membre d'une tribut traquée par tous les pervers de la terre, j'entends ton désir d'indépendance sentimentale. »
- « Traquée par les pervers ? » K connaissait l'essence du mythe des Selkies. En volant le manteau d'une de ces dames, il était possible de la contraindre à rester à ses côtés. Mais dans la mesure où les héros des légendes finissaient toujours par regretter leur geste, il n'arrivait pas à croire que dans las vraie vie, des gens essayent tout de même de le faire.
- « Cette stupide histoire de manteau est à moitié vraie et nous cause toutes sortes d'ennuis, » expliqua la rousse en soupirant. « Ce manteau n'est pas seulement une tenue magique. Il fait partie de nous, c'est une source d'énergie vitale indispensable qui nous permet de vivre hors de l'eau. Sans lui, selon la distance avec la mer, nous pouvons mourir en moins d'une semaine. Avec le manteau, nous pouvons rester à la surface une année entière. »
Ah, la vérité derrière la légende. Les histoires où les Selkies sont retenues de force se terminent mal car leurs geôliers les tuent en réalité à petit feu.
- « Il y a plusieurs décennies, une de mes ancêtres avait été enlevée par l'ancien maître du Ryuseï qui voulait l'ajouter à sa collection de concubines exotiques. Elle aurait pu mourir si Lucifer et ses compagnons n'avaient pas choisi pile ce moment pour leur coup d'Etat. Depuis, nous avons un pacte avec cette cité. Une Selkie rejoint la brigade fantôme et en échange, la brigade protège notre clan de tout ces vicieux qui essayent de kidnapper l'une des nôtres. »
Ah bon, c'était donc de cette façon que Gladys avait rejoint cette bande de maraudeurs. Il se sentait soudainement plus proche d'elle que de personne d'autres sur terre, lié par cette malédiction d'appartenir à des clans persécutés pour leurs traits génétiques, pouvoirs et maudites superstitions populaires.
- « Et du coup, tu dois participer à leurs « approvisionnements » ? »
- « Non, pas tout à fait. Mon job à moi est de piloter le dirigeable. Vents favorables ou défavorables, lever la brume ou la dissiper… »
Ainsi donc, les théories de K s'étaient avérées plus ou moins juste. La brigade exploitait sa capacité à contrôler le temps.
- « Mais oui, parfois, nous utilisons mes chants pour charmer l'adversaire. J'ai des berceuses très efficaces pour endormir les humains. J'ai un répertoire de chansons qui peuvent « exorciser » les goules… »
- « Exorciser ? »
- « C'est un peu compliqué à expliquer, mais en gros, j'apaise les tourments de leur âme et annule toute leur agressivité. Parfois, je peux envoyer certaines âmes dans l'au-delà. C'est plutôt pratique pour nous débarrasser du menu fretin, mais c'est une technique qui a ses limites, car ma voix ne porte pas très loin et peu être facilement recouverte par le bruit. Et en général, les goules sont bruyantes. »
K du reconnaître que ses pouvoirs se révélaient relativement utiles dans ce monde où les vampires s'affrontaient pour la domination.
Il se demandait si le clan Zaoldyeck avait aussi sa selkie. Devait-il poser la question à Killua, au risque d'inspirer ses parents ?
Ils arrivèrent enfin à la grande salle à manger, où Pakunoda et Bonorenof étaient occupés à manger.
Pakunoda fronça légèrement les sourcils en les voyant mais retourna bien vite à son assiette.
Le buffet du petit déjeuné était bien maigre : un peu de pain, de fromage « bon marché », un peu de miel et du thé. C'était tellement plus rudimentaire que les plateaux de nourriture qu'il recevait dans sa chambre. Il aurait du se douter que le Ryuseï n'aurait pas les moyen de nourrir tout un palais copieusement tous les jours. Pourquoi lui, un étranger et un ennemi potentiel avait-il eu droit à un meilleur traitement jusqu'à présent ? La première idée qui lui vint en tête était bien sûr Lucifer. Il avait probablement cherché à l'impressionner. Ou alors, comme K avait perdu beaucoup de sang lors de sa capture, il avait peut-être voulu s'assurer qu'il récupère rapidement. Dans tous les cas, K se sentait mal à l'aise d'avoir eu un tel traitement de faveur de la part d'un seigneur vampire.
- « A quoi penses-tu ? » lui demanda la rouquine.
- « Oh… hem… »
- « Tu n'es pas obligé de répondre, » ajouta-t-elle en souriant. « Mais tu avais l'air soucieux. »
- « C'est juste que… en voyant votre buffet matinal, j'ai l'impression d'avoir eu droit à un énorme traitement de faveur. »
- « Evidement, » répondit Bonorenof en déposant son verre d'eau. « Le jour où on t'a trouvé, tu avais perdu beaucoup de sang. Quand le boss a compris qu'il voulait te garder, il a aussi su qu'il fallait que tu reprennes des forces. Tu devais beaucoup manger pour récupérer. Et vu le spectacle que tu nous a donné hier, cela en valait la peine. »
- « Considère-ça comme un investissement dans tes capacités, » ajouta Pakunoda sans lever le regard de son assiette.
K se sentit un peu ridicule et ingrat d'avoir interprété la situation de manière si négative. Il décida de manger en silence afin de ne pas offenser d'avantage les autres. Il était toujours envahi par le doute. Quelle place saurait-il trouver dans la brigade fantôme ? Comment allait-il pouvoir gérer ses émotions et ses relations vis-à-vis des personnes qui avaient tué sa famille ? Quand il avait négocié avec Lucifer, théoriquement, cela lui semblait faisable mais maintenant… Il sentait son estomac se nouer.
- « Kurapika ? Ca va ? Tu es tout pâle… » intervint Gladys.
Bonorenof et Pakunoda lui jetèrent également un regard.
- « Je… crois que je n'ai pas faim. Quelqu'un peut prendre ma part. »
Et il partit sans prendre son plateau. Il voulut retourner à sa chambre, mais se perdit. Et pour en rajouter une couche, il sentit soudainement une présence menacante dans son dos.
- « Salut, n°11 ? On se promène ? »
Il se retourna, c'était Feitan. Il avait toujours cette aura menaçante qui évoquait la soif de sang.
- « Je cherche ma chambre. Je me suis trompé d'étage. »
- « Sauf que tu ne vas pas retourner à ta chambre. Tu y es resté cloîtré plus d'une semaine. Il est temps que tu refasses de l'exercice ou tu ne nous serviras à rien. »
- « Je suis touché par votre inquiétude et tacherais de prendre soin de moi. »
Feitan lui saisit le bras.
- « Je crois que tu ne m'as pas bien compris. Nous allons reprendre l'entrainement là où nous l'av »ns laissé. »
Là, K commença à s'inquiéter.
- « Je n'ai pas mes armes. »
- « Pas grave, on fera à mains nues. »
- « Et si je n'ai pas envie de m'entraîner ? »
- « Tu t'entraîneras quand même, et je serais de mauvaise humeur. Je ne suis pas idiot au point de tuer la future nouvelle moitié de mon père, mais il me pardonnera quelques égratignures ou os cassés. »
Et il traina le nouveau membre de la brigade dans la salle d'arme de la veille.
A peine la porte fermée, il s'élança en visant la nuque de K. Le hunter para de justesse le coup avec sa main droite, mais il ressentit une violente douleur. Il avait l'impression qu'on l'avait frappé avec un outil en fonte. Malgré sa taille, le dhampire faisait sacrément mal. Il pouvait aisément lui casser un bras si K essayait de parer ses coups.
Feitan enchaîna immédiatement avec un coup de pied que K évita en reculant. Il parvint à échapper aux huit attaques suivantes de la même manière. Cela ne plus pas à Feitan.
- « C'est tout ce dont tu es capable ? Fuir ? Tu ne sais rien faire sans ton argenterie ?»
K ne comprenait pas où le dhampire voulait en venir. Est-ce qu'il s'attendait vraiment à ce que K soit capable de lui tenir tête.
- « Au bout du compte, tu ne vaux pas mieux que les autres types de ton clan. Sois disant les élus du dieu du néant, mais quand on est venu pour eux, aucun d'entre-eux n'a été une menace sérieuse. »
Le cœur de K se mit à battre. Cette pourriture n'avait pas intérêt à insulter sa famille.
- « Il y avait ce morveux de même pas dix ans à moitié aveugle incapable de courir. Il avait même fait dans son pantalon quand j'ai planté mon épée dans son… »
Le dhampire ne pu terminer sa phrase. Les yeux de K avaient viré au rouge et en un instant, son poing avait intercepté la joue du dhampire. Le hunter était dans une rage folle. Il enchaina sur un coup de genou dans le ventre puis un autre coup de poing au visage. Le dhampire finit par s'échapper et regarder son adversaire avec un sourire satisfait.
- « C'est déjà mieux. »
Ils échangèrent plusieurs coups violents. A chaque fois que la rage de K semblait s'apaiser, Feitan en rajoutait une couche sur la façon dont sa famille avait périt. Ce ne fut qu'au bout d'une vingtaine de minutes, alors que la folie berserk de K avait eu raison de son endurance que Feitan décida que la session avait assez duré.
- « Alors, quel effet ça fait de tabasser l'assassin de ta famille ? »
K avait encore assez d'énergie pour lui porter un coup de poing, mais le dhampire le para.
- « Quand j'ai appris que tu avais accepté de rejoindre la brigade fantôme, je savais que c'était une mauvaise idée et que tu aurais toujours envie de nous exterminer. Le boss est beaucoup trop naïf quand il s'agit « d'amour ». Il a suffit que j'évoque l'affaire pour que tu pètes un câble et je sais que ça va se reproduire… »
K comprit enfin ce que le n°2 de la brigade cherchait depuis le début : déterminer l'ampleur de la rancœur qu'il éprouvait vis-à-vis de la bande de vampires/voleurs/meurtriers. Ses yeux redevinrent bleus.
A ce moment, la porte de la salle s'ouvrit avec Fracas. Phinks, Nobunaga, Pakunoda et Gladys firent irruption dans la tête.
- « Feitan, espèce d'escroc ! Tu ne pouvais m'en garder un peu ? » S'énerva son aîné.
- « Tu es complètement fou ! Qu'est-ce le boss va dire quand il va voir le garçon couvert de bleus ? » s'écriait celui sans sourcils.
- « Les disputes sont interdites dans la brigade ! » ajoutait Pakunoda.
Gladys se jeta sur K pour examiner ses blessures.
- « Il ne t'a pas mordu ? Ca va ? »
- « Je vais bien, » répondit K en s'essuyant le visage. Ses mains lui faisaient terriblement mal. Il s'était certainement cassé quelque chose.
- « Non mais, je veux dire. Il est blessé à la bouche. Est-ce que tes mains sont entrées en contact avec ses dents ? »
Tout le monde dans la pièce se figea. Suffisait-il d'un contact peau-dents pour considérer que le garçon avait été mordu par le dhampire ? Si K perdait sa grâce, il perdait le principal intérêt de le garder en vie et vierge.
La rousse versa de l'eau sur les mains pour les nettoyer.
- « Elles sont amochées, mais pas la moindre trace de morsure… »
Soupir de soulagement dans l'assemblée.
Pakunoda ordonna à Gladys de ramener K à sa chambre, puis se tourna vers Feitan pour lui signifier que Lucifer allait en entendre parler.
- « Ne te gène pas, » répondit le dhampire. « Et dis lui bien que désormais, je veux être le partenaire d'entrainement du gamin. Aucun d'entre vous n'est capable de gérer son côté berserk. »
