Salut à tous. Je suis enfin de retour. Après avoir eu beaucoup de distractions, voici un nouveau chapitre tout frais tout chaud du jeune chasseur de vampire sans peur et sans reproches. J'espère être plus productive à l'avenir. J'ai le prochain chapitre en tête.

Chapitre 14 : le retour à la civilisation

Les yeux d'Apophis¸ou les pupilles écarlates.

Lors de ce combat avec Feitan, j'ai découvert une facette de moi-même que je ne connaissais pas. Je ne me rappelle pas avoir jamais été autant en colère dans ma vie. Même le jour où ma grand-mère et moi sommes retournés au village pour découvrir les cadavres de notre clan, je ne pense pas que ma colère ai été si grande. Quand cette pourriture s'est vantée d'avoir tué Pairo, je n'ai eu qu'une seule envie, c'était de lui fracasser le crâne, de lui arracher le cœur et les membres. Je n'aurais jamais imaginé une seule seconde que je puisse être aussi violent et assoiffé de sang. J'ai la sensation de m'être métamorphosé en monstre.

Est-ce le vrai pouvoir des yeux d'Apophis, ce que les gens « normaux » appellent les « pupilles écarlates ? Bon, déjà, ces gens ont tord sur un point, ce ne ce sont pas nos pupilles qui deviennent écarlates, mais nos iris et nos rétines. C'est une métonymie grossière.

Je savais déjà que mes yeux rouges dupliquaient mes forces. Je me suis entrainé à les invoquer, je pensais me contrôler…

Bref, je découvre du coup que dans cet état, je peux faire jeu égal avec les dhampires les plus redoutables. Lorsque Phinks m'a ramené à ma chambre, il m'a expliqué que Feitan avait suffisamment de puissance pour décapiter les humains à main nue et qu'il était soulagé de voir que je sortais de cet « entrainement » en un seul morceau. Il était encore plus surpris de voir que j'avais réussi à tenir le coup face lui, voire de lui rendre la pareille. Il dit que je lui ai également cassé un bras…

Maintenant que je suis au calme dans ma chambre, je réalise enfin l'état de mes blessures. Je suis obligé d'écrire de la main gauche. Je crois que je me suis cassé quelque chose à la droite en frappant ce maudit dhampire. C'est terrifiant à dire, mais je ne m'étais rendu compte de rien quand j'étais dans ce mode berserk. En plus de ma main, j'ai deux ou trois côtes cassées, un œil au beurre noir, j'ai perdu une dent et ai de nombreuses ecchymoses. Si l'entrainement avait duré plus longtemps et que le dhampire avait insisté un peu plus, je serais peut-être mort à l'heure actuelle. Qu'est-ce qu'il cherchait au juste à me provoquer comme ça ? S'il voulait prouver que j'éprouvais toujours de la rancœur envers eux pour le massacre de mon clan, il a clairement réussi.

Que va-t-il se passer à présent qu'ils savent que j'ai toujours autant de colère et d'animosité en moi ? Leur confiance était déjà frêle, mais la, que va penser Lucifer ? Va-t-il me laisser partir ?

Journal de K. »

K fut bref dans son rapport du jour. Sa main droite lui faisait vraiment mal. Il devait avoir des os cassés, des muscles froissés ou pire. Elle était violette et gonflée et malheureusement, il n'y avait pas de glace au château, seulement une eau très fraiche qui ne le restait qu'une heure. K devait endurer la douleur et méditer sur son comportement qui l'avait conduit à cet état. Il avait également mal aux côtes. Il respirait difficilement. Chaque inspiration, chaque expiration le faisait souffrir. Cela ne lui ressemblait vraiment pas de se retrouver dans une situation pareille. Il avait presque honte de ses blessures qui révélaient qu'un ennemi avait réussi à trouver son point faible et à l'exploiter. Bonorenof avait fait ce qu'il pouvait pour le soigner, mais c'était un guérisseur de la jungle avec un matériel rudimentaire. Si K pouvait survivre un jour de plus et que Lucifer tienne vraiment sa promesse, il pourrait se rendre à l'abbaye où la cardinale du chien avait établit son quartier général et où Léorio étudiait. Il pourrait y profiter d'une médecine de pointe.

Gladys passa vers onze heures pour s'enquérir de sa santé et lui chanter quelques airs pour l'apaiser. Son pouvoir ressemblait énormément à celui de Senritsu. Elle réussit à l'endormir et K passa la plus grande partie de la journée inconscient, ce qui était le meilleur moyen pour lui d'échapper à la douleur. Il se réveilla vers 18 heures lorsque Shizuku fit irruption dans la pièce pour venir aux nouvelles. K du réexpliquer ce qui s'était passé et la demoiselle de répondre qu'elle le savait irascible, mais pas au point d'être suicidaire. Elle lui suggéra de prendre des cours de yoga et de méditation et lui indiqua quelques adresses au Japon. K ne rejeta pas ces conseils. Non pas qu'il estimait avoir besoin d'avoir des cours de gestion de la colère, mais il avait toujours rêvé de suivre un entrainement de moine boudhiste Zen. Là dessus, Sharnalk arriva accompagné de Machi. Et si l'ancien hunter se lamentait sur les perspectives de guérisons de son collègue, la vampire prononça la phrase la plus encourageante de la journée : « peut-être qu'avec toutes ces blessures, le boss te trouvera moins attirant. » Ah, si seulement elle voyait juste. Elle remplaça les emplâtres de feuilles de Bonorenof par des bandelettes et des pommades plus sophistiquées, mais cela restait toujours très rudimentaire par rapport aux soins que l'on pouvait recevoir à l'abbaye dirigée par la cardinale du chien. K s'inquiétait sérieusement des conditions sanitaires dans la cité de l'étoile filante. Combien de gens mourraient du tétanos ou d'une infection des blessures ici ? Il comprenait soudainement les besoins réguliers d'aller piller des villages et des usines. Et si comme Sharnalk le lui avait dit, les hommes venaient échanger leur sang contre des vivres, la survie de la cité devait être dans un état vraiment précaire. Il n'avait vraiment pas le cœur de les abandonner à leur sort. Il devait s'accrocher.

Lorsque Machi eu fini ses soins et alors que K s'apprêtait à remettre sa tunique, la porte se rouvrit à nouveau. Cette fois, c'était Lucifer. Il avait déjà la mine contrariée en entrant, mais quand il vit les blessures apparentes du garçon de ses pensées, son teint devint encore plus pâle que d'habitude, et l'ambiance dans la chambre devint instantanément glaciale. Après quelques secondes, il commanda à tout le monde sauf le hunter de sortir. Ils s'exécutèrent sans un mot. Lucifer et K restèrent silencieux quelques secondes, le deuxième en tentant nerveusement de se couvrir. Il ne voulait pas que le pervers ne le voie ainsi.

- « Comment te sens-tu ? » fini par demander le vampire.

- « J'ai mal pratiquement partout. J'ai des côtes cassées, une main en miettes, mais je survivrai. Je connais une abbaye où les guérisseurs sauront me remettre sur pied. »

- « J'ai entendu la version des faits de Feitan, mais je veux connaître la tienne avant de me faire mon opinion. Qu'est-ce qui s'est passé pour que vous vous soyez pratiquement entretués ?»

- « Qu'est-ce qu'il a dit ? »

- « Ta version d'abord. »

K obéit.

- « J'essayais de retrouver ma chambre quand il m'est tombé dessus. Il m'a trainé dans la salle d'entrainement malgré mes réticences et s'est immédiatement mis à m'attaquer avec l'intention de tuer. »

Et il montra la main droite qui avait paré le tout premier coup. Sous les bandages, on pouvait deviner une peau de toutes les couleurs et une main qui avait doublé de taille.

- « J'ai essayé de parer un moment, mais à l'instant où il a mentionné mon… le… »

Le souvenir des paroles de Feitan firent remonter une vague de colère, tristesse et folie. Il commença à trembler et les larmes montèrent aux yeux.

- « Il s'est vanté d'avoir tué mon … meilleur… Tout ce que je me rappelle après, c'est que je ne pensais plus qu'à une chose : le détruire. A un moment donné, il a estimé que cela avait assez duré et les autres sont arrivés.»

Nouveau silence, mais Lucifer vint s'assoir à coté de K sur son lit.

- « Penses-tu que tu aurais réussi à le tuer si tu en avais eu le temps ? »

- « Non, je serais mort d'épuisement et de mes blessures avant. Pendant tout le temps du combat, je n'ai pas eu conscience que je recevais des dégâts. Il aurait pu toucher des organes vitaux ou causé de graves hémorragies et je me serais vidé de mon sang sans m'en rendre compte. »

- « C'est plus ou moins ce qui est arrivé à ton clan. »

K se raidit. Il n'allait pas s'y mettre aussi.

- « Ils étaient très puissants, mais une fois qu'ils se sont réellement mis en colère, ils ne faisaient plus preuve d'aucune prudence. Le combat s'est joué là-dessus. »

- « Qu'est-ce que tu essayes de faire, là au juste ? Me pousser à te haïr d'avantage ? »

- « Non. Je constate juste que vos pupilles écarlates sont une arme à double tranchant. Une forte émotion vous rend plus fort, mais si vous les laissez vous dominer, elles vous détruisent littéralement. Donc, pour éviter que ce genre d'incident se reproduise, nous allons devoir travailler à réduire ta haine. »

- « Et comment ? Tu veux m'envoyer voir un psy ? Shizuku m'a déjà donné des adresses de temple zen. Et pour la dernière fois, Feitan a tout fait pour me mettre hors de moi ! »

Le vampire sourit légèrement.

- « Si nous commencions déjà par tout laisser sortir ? Dès que tu iras mieux, je te propose un duel. »

- « Quoi ? »

- « Je t'autorise à te battre contre moi avec toute la colère dont tu es capable. Tu peux essayer de me tuer. »

- « Je refuse ! Je n'ai pas envie d'activer ce niveau de rage à nouveau. C'est trop dangereux pour moi. »

Sans écouter K, le vampire saisit sa main blessée. Le hunter ne put réprimer un cri au contact de cette peau glacée sur ses blessures et qui n'était pas désagréable.

- « Je vais devoir me montrer plus précis. Tu travailles à présent avec le clan qui a tué ta famille. Tu craqueras à nouveau. C'est inévitable. Je veux cerner le moment exact où tu craques, le pouvoir dont tu es capable et la façon de te maîtriser. Connaître tes limites est aussi vital pour toi que pour nous. Nous aurons ce duel et je sais exactement quoi faire pour te rendre ivre de rage. »

K détourna le regard. Il ne voulait pas croiser le regard déroutant de ce maudit vampire. Le démon qui avait condamné sa famille l'autorisait à l'affronter, à se battre de toutes ses forces. Mais en même temps, l'instinct de K le suppliait de se tenir tranquille. Son corps, ses blessures, tout son être manifestait un désir de paix…

- « C'est possible d'en reparler le mois prochain ? Pour le moment, ma seule envie est de me reposer et d'éviter toute nouvelle blessure. La simple idée de malmener mon corps d'avantage me donne la nausée.»

Lucifer le lâcha. Il avait remarqué le léger rougissement des joues de son joli hunter. Ce n'était pas seulement les souffrances physiques qui le perturbaient. Mais il ne dirait rien de plus pour le moment. Il y avait une petite graine d'amour plantée dans une faille de la carapace de Kurapika. Quand elle germerait, elle détruirait cette dernière. Il en était sur. Il devait faire preuve de patience et observer son évolution jour après jour. Un programme passionnant selon lui.

- « Soit, » répondit le vampire. « Mets ce mois à profit pour récupérer. Tu ne me sers à rien dans cet état. »

Le blond hocha la tête.

- « As-tu besoin de quelque chose pour survivre jusqu'à demain ? »

K repensa à la main glaciale du démon qui avait su apaiser la douleur de ses blessures. Il ne voulait pas que le vampire le touche à nouveau mais il voulait quelque chose d'aussi froid que cette main.

- « Il n'y a vraiment pas de glace dans ce palais ? J'ai besoin de quelque de vraiment froid pour mes blessures. »

Le vampire remarqua la bassine d'eau et les serviettes mouillées. Il en ramassa une et lui influa sa magie. Le tissu gela en un instant, devenant aussi solide que du verre. Lucifer tendit l'objet au hunter qui le plaça immédiatement sur sa main. Ah, que cela faisait du bien. La douleur disparaissait, anesthésiée par le froid. Lucifer gela les trois autres serviettes et les déposa sur le plateau.

- « Je vais donner les instructions pour que le dirigeable soit prêt à partir à huit heures demain matin. Soit prêt. »

K hocha la tête en répondant un « merci ».

Ensuite, le vampire posa la main sur l'épaule du hunter.

- « Je ne saurais pas te voir à ton départ vu qu'il fera jour alors je vais le dire maintenant : Prend soins de toi et pas de bêtises. »

Il fut agréablement surpris par le regard du jeune blond. Quelques jours plus tôt, il aurait réagit avec dégoût à son contact, mais aujourd'hui, c'était de l'étonnement, de la confusion. Le hunter allait changer, petit à petit et la graine de l'amour allait germer. Ce qu'il avait hâte de le revoir dans un mois pour analyser les changements. Mais il voulait profiter de la présence du garçon encore un peu.

Il resta donc encore une heure avec K pour parler des livres qu'il lui avait prêtés.

Le lendemain matin, K se réveilla avec de nombreuses crampes. Il avait très mal dormi à cause de ses blessures qui l'empêchaient de s'allonger dans sa position habituelle. Se redresser avec ses côtes cassées relevait du supplice. Et les vêtements dans lesquels il avait dormi étaient complètement chiffonnés. Il n'avait simplement pas su se déshabiller seul et avait eu trop de fierté que pour demandé à quelqu'un d'autre de l'aider. Il avait une apparence vraiment misérable. Il ramassa son sac contenant ses maigres possessions : ses armes, son journal, son portefeuille. Phinks arriva pour l'escorter et ne put s'empêcher de remarquer l'état du hunter.

- « Ca ira ! Déposez-moi en Auvergnia, près de la ville de Lorde. Je connais une abbaye où les techniques de médecine sont les plus avancées au monde. C'est à une semaine de vol d'ici. Ils me remettront sur pied. »

- « Une… tu arriveras à tenir ? »

- « Je suis un vampire hunter. Bien sûr que je peux. »

Le numéro 5 de la brigade n'en était pas si sûr. Le jeune homme avait l'air si épuisé. Mais il commençait à le connaître et savait que le garçon continuerai de dire cela jusqu'au bout.

Arrivés au dirigeable, ils y retrouvèrent d'autres araignées : Gladys, Omokage, Pakunoda et Feitan. Le dhampire avait l'air aussi ruiné que lui, mais il continuait de projeter une aura sournoise avide de sang. Et au regard qu'il lançait à K, il signifiait clairement qu'il avait hâte de l'affronter à nouveau. Pakunoda du rappeler le dhampire à l'ordre. « Le boss n'a pas du tout apprécié votre précédent entraînement, tu te rappelles ? Il t'a interdit de le toucher. »

Feitan répondit par un sournois « pour le moment… ».

Gladys jugea bon de changer de sujet.

- « Nous partons pour notre mission d'infiltration de Kakin. Est-ce que tu veux qu'on te dépose sur le continent Aijane ? »

- « Non, je veux aller en Auvergna. »

- « Ca va nous faire un gros détour… ». L'humaine réfléchit un instant. « Mais Auvergna est connu pour ses productions agricoles. Cela devrait valoir le coup d'aller y faire nos courses », déclara-t-elle.

K se demanda si elle avait seulement l'intention de payer cette nourriture. Les autres acquiescèrent. Mais alors que l'équipe de pilotage commençait à embarquer, K reçut une visite surprise. Shizuku arrivait, se tenant à une canne et soutenue par une humaine.

- « Quand tu verras mon père, il faudra que tu lui dises quelque chose… »

Elle sortit de sa poche un joli peigne traditionnel japonais en forme de papillon.

- « … Je me rappelle les soirées où nous jouions au jeu de Go et aux échecs ensemble. J'étais très heureuse de jouer avec lui. Tu lui diras, hein ?»

Le hunter accepta le bijou. C'était vrai qu'à la base, il était venu au Ryuseï pour la sauver. Il réalisait à présent qu'il n'arriverait jamais à la faire changer d'avis. Elle vivait la vie qu'elle avait choisie. Il hocha la tête en promettant à la jeune vie de lui répéter ses paroles mot pour mot.

K avait le cœur léger de sentir le vaisseau décoller et encore plus de voir la gigantesque décharge s'éloigner pour n'être plus qu'un mirage à l'horizon. L'odeur était toujours là, par contre. L'air du dirigeable était imprégnée de cette puanteur rappelant les matières en décomposition, la moisissure, les déchets chimiques… Comment cela ne l'avait-il pas indisposé plus tôt ? En ce moment, il ne rêvait que de retourner dans sa forêt natale à Lukuso, de respirer le parfum des arbres, des plantes, de la cuisine au feu de bois, l'air pur de sa vallée.

Semblant lire dans ses pensées, Gladys vint rapidement s'installer sur un fauteuil à côté de lui.

- « La première fois que je suis arrivée au Ryuseï, j'ai été particulièrement choquée par l'atmosphère qui y régnait. J'avais passé toute ma vie au bord de la mer à respirer un air humide et salé. Au bout de trois jours, j'avais envie d'abandonner. Mais la sécurité de tout mon clan reposait sur mes épaules… Alors je me suis accrochée. Les quatre premiers mois, une fois dans le dirigeable, je n'avais qu'une idée m'éloigner le plus loin et le plus longtemps possible de la cité de l'étoile filante. »

- « Et tu as réussi à t'habituer ? »

- « Je ne reste que sept jours par mois à la cité. J'en passe au moins 15 en dirigeable et le reste à mon village. Bon, ce mois-ci, cela va plutôt être du tourisme à Shang, la capitale de Kakin. »

K réfléchit à son propre avenir. Trois jours par mois au Ryuseï, en compagnie de ce terrifiant vampire lubrique qu'était Lucifer. Enfermé dans sa chambre, la bibliothèque ou la serre, l'air pollué de la décharge n'était pas si dérangeante. Il pensait juste qu'il allait passer plus de temps à faire ses aller-retours sur la cité de l'étoile filante qu'à mener son métier de Vampire Hunter. Le QG de l'Association se trouvait sur un autre continent. Le trajet jusqu'aux émirats de Glam prenait 5 jours, plus deux s'il rejoignait la décharge à dos de dromadaire… plus les trois ou quatre jours que Lucifer exigeait qu'il lui consacre, plus à nouveau sept pour retourner au QG… cette affaire lui prenait facilement les deux tiers d'un mois. Il n'arriverait pas à travailler sérieusement dans ces conditions. Peut-être devait-il demander une mutation sur ce continent ?

- « Et quand tu es en pause, qu'est-ce que tu fais ? »

- « Je chante, je m'amuse avec ma famille et les membres de mon clan. Nous sommes six amies du même âge. Nous passons des journées à nager dans l'océan, nous dorer au soleil sous nos formes de phoques et à rêver du grand amour. »

K rougit.

- « Tu trouves le temps de penser à des choses pareilles ? »

- « C'est tout à fait normal et naturel de penser à l'amour ! » s'offusqua la Selkie. « La vie est courte, surtout pour nous qui vivons entourés par le danger. C'est la loi de la vie que de trouver un partenaire, de s'accoupler d'avoir des enfants et de les élever afin de leur transmettre notre héritage. Il n'y a rien de plus important. »

K détourna le regard, un peu embarrassé. Il n'avait jamais considéré le fait d'arrêter la chasse au vampire et de fonder une famille. La haine et la soif de vengeance avaient été le seul but de son existence depuis le massacre de son clan. C'était la seule motivation qu'il avait trouvé pour ne pas mourir de chagrin lors du drame et de continuer à se lever chaque matin. Pouvais-t-il arriver à vivre sans sa rage ?

Gladys réalisa qu'il était perdu dans ses pensées.

- « Tu n'es pas obligé de tout plaquer du jour au lendemain. Commence par prendre du temps pour toi, pour te faire plaisir. Profite des petites choses et des détours. Tu pourrais y découvrir un nouveau sens à ta vie… ». Elle rit. « Désolée, c'était les paroles d'une chanson. Je ne suis pas une grande philosophe, mais j'aime la poésie et la sagesse qui se dégage de la musique. »

K eut un petit rire. « Il y a une personne que tu dois définitivement rencontrer. J'essayerai d'arranger ça un de ces jours. » Gladys s'entendrait certainement à merveille avec Senritsu.

Mais tout de même, il réalisait à présent qu'il ne connaissait aucun hunter marié ou avec des enfants, exception faite de Gin le père de Gon qui l'avait confié à sa cousine avant de disparaître. Il savait qu'il y avait le problème de la grâce à prendre en compte. Beaucoup trop de hunters l'avaient perdue en s'abandonnant à la luxure. Mais la perdait-il automatiquement à la première relation sexuelle ? Le métier de chasseur de vampire était-il incompatible avec une vie de famille ? Cela valait la peine d'étudier la question. Cela pourrait lui fournir un argument de plus pour obliger Lucifer à garder ses distances. Il poserait la question à Léo… heu non, peut-être pas à lui. Etrangement, il ressentait de l'embarras à l'idée de parler de sexe à son meilleur ami. Léorio, bien qu'il suive une formation de prêtre guérisseur et se résigne à faire vœu de célibat, n'avait aucune honte à en parler. Si K abordait le sujet, il avait peur de la réaction du grand dadais. Il se tournerait plutôt vers la cardinale du Chien. Son expérience et sa sagesse sauraient le guider. Mais cela ne changeait absolument rien au fait que jamais il ne se laisserait volontairement tripoter par ce vampire Lucifer.

Et juste en se disant ça, il se rappela la main glacée sur ses blessures et l'imagina glissant sur son torse. Il se gifla, sous le regard étonné de la rousse. Non ! Jamais, jamais, jamais…