C'est un chapitre un peu plus court, mais qui je pense sera satisfaisant pour vous, aha !
Merci encore aux lecteurs et lectrices qui prennent le temps de commenter. :)


Sirius ne lâcha Remus que lorsque ses sanglots s'apaisèrent entre ses bras. À sa grande surprise, il fut incapable de se redresser, car le loup-garou avait jeté ses bras autour de son cou pour le retenir. Alors, il passa ses bras autour de ses hanches et le serra plus fort en retour, prenant garder à éviter son épaule blessée.

Il leva une main précautionneuse pour caresser ses cheveux, dans une tentative d'apaisement qu'il espérait neutre – ou à défaut, plus amicale que romantique. La surprise de Sirius ne fit que s'accentuer en entendant le lycanthrope ravaler sans succès un fou rire. L'Animagus se recula légèrement pour dévisager son visage marqué par la fatigue et les larmes, dont les yeux rougis pétillaient inexplicablement.

— Qu'est-ce que j'ai fait de si drôle ? s'enquit-il en penchant légèrement la tête de côté, inquisiteur.

Remus se mordit les lèvres pour tarir son rire incontrôlable.

— Je suis arrivé ici malheureux comme les pierres, désespéré et en colère, et je suis là, entre tes bras, à exploser secrètement de joie comme un adolescent énamouré.

Il fit une pause pour reprendre son souffle, un sourire irrépressible illuminant sa face fatiguée. Il reprit :

— Ça me rappelle notre septième année. Notre premier baiser.

Un sourire béat étira la bouche de Sirius. Il s'en souvenait parfaitement. Il s'engouffra dans la brèche :

— Tu m'as dit que ton cœur…

— … pétillait comme de la Biéraubeurre ! acheva Remus en éclatant de rire, entraînant cette fois son compagnon dans son hilarité.

— Tu étais si pompette que tu n'arrêtais pas de glousser et de faire des pirouettes dangereusement bancales au bord du lac, renchérit Sirius. Je ne sais pas combien de fois j'ai dû te rattraper pour t'éviter de tomber entre les tentacules de ce bon vieux calmar géant !

— Il faisait complètement nuit, on n'y voyait rien, se justifia son ami, le regard néanmoins rêveur.

— Il n'y avait personne, se rappela Sirius, son regard gris ancré au sien. Ils étaient tous restés dans la tour de Gryffondor pour fêter notre victoire. Oh, mais oui, et James…

— … avait failli casser la coupe des Quatre Maisons lorsque Lily lui avait roulé un patin ! compléta Remus, ivre de cette joie féroce qui envahissait son cœur à cette douce époque. J'étais si fier de vous, ajouta-t-il, les yeux brillants. Vous aviez été magnifiques, sur le terrain de Quidditch.

Sirius rit.

— Je me rappelle que tu n'arrêtais pas de me le répéter. « Vous étiez magnifiques… magnifiques, Siri ! » Tu avais couru si vite pour nous rejoindre sur le terrain pour hurler ta joie avec nous que tu avais les joues écarlates. C'était adorable.

— Et après, enchaîna Lunard, on avait fêté la victoire toute la journée, toute la nuit même !

— Tu avais un peu trop bu de ce whisky Pur-Feu qu'on avait chapardé, sourit Sirius à ce souvenir. Tu as décrété que tu allais nager ! Je t'ai suivi, bien sûr, pour m'assurer que tu ne te noies pas.

— En toute innocence, bien sûr, le tança gentiment Lupin avec un regard entendu.

— En tout bien, tout honneur, confirma Patmol avec un sourire de plus en plus grand. Tu répétais « Magnifiques ! Vous étiez magnifiques ! », et je n'arrêtais pas de rire. Et j'ai…

— … arrêté de rire quand je me suis tourné vers toi, avec le plus grand sérieux, et que j'ai dit…

— « Tu es magnifique. »

Il y eut un léger flottement à la mention de ce souvenir irradiant de bonheur. Ils se dévoraient des yeux, tout comme à cet instant suspendu au bord du lac, durant lequel Patmol avait observé son comparse avec de grands yeux ébahis.

Le silence s'était étiré, inconfortable…

Le silence s'étira, confortable.

Remus avait détourné les yeux en riant bêtement, un peu gêné.

Remus ne détourna pas les yeux et rit de bon cœur.

D'une main hésitante, un rien tremblante, Sirius avait tendu la main vers son visage pour cueillir sa joue au creux de sa paume.

D'une main sûre, mais légère, Sirius tendit la main vers son visage pour cueillir sa joue au creux de sa paume.

Remus avait fermé les yeux un instant, poussé sa joue contre sa main avec un petit sourire chaud.

Remus ne quitta pas un instant son regard, poussa sa joue contre sa main avec un sourire vibrant d'une joie sauvage.

Puis il avait rouvert ses beaux yeux d'ambre cernés, épinglant Sirius d'un seul regard.

Puis il embrassa la paume qui caressait sa joue, tirant un long frisson à Sirius.

Sirius s'était penché en avant, lentement, et effleuré ses lèvres des siennes, leurs nez se frottant doucement l'un contre l'autre.

Remus se pencha en avant, lentement, et effleura ses lèvres des siennes, leurs nez se frottant doucement l'un contre l'autre.

Électrisé, Remus avait écrasé ses lèvres contre les siennes, l'attirant à lui avec une force insoupçonnée.

Électrisé, Sirius écrasa ses lèvres contre les siennes, l'attirant à lui avec une tendresse profonde.

Sirius avait répondu avec passion, enroulant ses bras autour de sa taille, de peur qu'il ne s'envole et ne lui file entre les doigts. Lui qui attendait ce moment depuis si longtemps.

Remus répondit avec passion, enroulant ses bras autour de sa taille, de peur qu'il ne s'envole et ne lui file entre les doigts. Lui qui ne croyait plus à ce moment le désirait à cet instant plus que tout au monde.

Le feu qui couvait au creux de leurs ventres s'était embrasé, léchant leurs entrailles avec une avidité qui les avait surpris tous les deux.

Le feu qui couvait au creux de leurs ventres s'embrasa, léchant leurs entrailles avec une avidité familière.

Ils s'étaient séparés à contrecœur en entendant des rires lointains. Remus avait les joues roses – d'ivresse ou de plaisir, on n'aurait su le dire. Il avait levé des yeux flamboyants de bonheur vers Sirius, et murmuré avec un sourire rêveur :

— J'ai le cœur qui pétille comme de la Biéraubeurre.

Ils ne se séparèrent pas même pour se relever, titubant à reculons jusque dans la chambre. Lorsque Sirius effleura ses lèvres du bout de sa langue, simple suggestion, il fut désarçonné par la force avec laquelle celle de Remus la rejoignit ; les doigts du loup s'enfonçaient dans le creux de ses hanches, attrapant ses fesses avec une sauvagerie qui envoya valser tous les derniers scrupules de Patmol.

Son soupir se perdit dans le cou offert de Remus, qui releva vivement une jambe pour étrangler sa taille. Le loup se mit alors à onduler des hanches avec une obscénité qui lui fit perdre tous ses moyens. Sans plus réfléchir, Sirius s'empara de sa cuisse pour le contraindre à reposer son pied au sol et à aller vers le lit plus vite, toujours à reculons. Dans la précipitation, ils sentirent confusément qu'ils heurtaient un meuble, ce qui leur arracha un gloussement d'adolescents.

Mais avant que Sirius ait pu ouvrir la bouche pour lui demander si ça allait, le lycanthrope s'empara de son col pour le forcer brutalement à revenir vers lui et réunir leurs lèvres, qu'il mordilla avec une urgence qui fit oublier à l'Animagus comment il s'appelait.

Enfin, les genoux de Remus heurtèrent le lit et il s'y retrouva allongé après un bref cri, suivi d'un nouveau rire solaire. Sirius l'observa un moment, alangui, haletant, les joues roses et les yeux pétillants ; son regard gris s'arrêta un peu trop longtemps sur la bande de peau blanche, palpitante et frémissante, que laissait entrevoir son haut de pyjama froissé.

— Remus…, commença-t-il.

Mais les mains fébriles de son compagnon s'affairaient déjà sur la ceinture de son amant, avec une impatience qui incendia chaque parcelle de sa peau. Gagné par son désir impérieux, Patmol envoya son haut valdinguer il ne savait trop où tandis que Remus l'imitait en se tortillant sur le lit malgré la visible douleur que lui infligeait sa blessure.

— Ça va aller ? s'enquit aussitôt Sirius, convoquant toute sa maigre lucidité restante pour saisir – non sans douceur – les poignets de son compagnon qui s'apprêtait à lui faire perdre toute raison avec ses doigts habiles.

— Oui, assura Remus, pantelant et frustré. Après tout, ajouta-t-il avec malice, on avait dit juste une nuit.

— Juste une nuit…, confirma Sirius en se courbant pour s'allonger à demi sur sa longue silhouette vibrante d'envie, retrouvant ses lèvres pour un lent ballet de chair, proche de la torture.

— Juste une nuit, répéta le loup contre sa bouche autoritaire, comme pour s'en convaincre. Eh… ! protesta-t-il lorsque son amant s'empara à nouveau de ses poignets pour les relever au-dessus de sa tête, l'empêchant de les glisser entre ses cuisses.

— On avait aussi dit qu'on arrêtait d'étouffer nos problèmes dans un baiser ou une étreinte, lui rappela tranquillement Sirius, sans s'arrêter de déposer des baisers humides le long de sa clavicule.

— Je te… (Les mains de Patmol relâchèrent ses poignets, glissant sur son corps frémissant.) Raconterai après… (Lunard poussa un gémissement d'abandon.) C'est promis, mais… (Sa bouche, sa bouche partout sur lui.) Maintenant… (Impossible d'articuler correctement.) Arrête de parler…


Le prochain chapitre s'intitulera « La fache cachée de Lunard – Partie I ».