Quand je vous disais que les voyages, ça m'inspirait... Ca faisait longtemps que je ne n'avais plus publié de chapitres à moins de 2 mois d'intervalle.
Et le prochain sera certainement publié fin septembre. J'ai une claire idée de ce qui va s'y passer et je vais profiter de mes pauses lors de mon pèlerinage pour écrire.
Chapitre 26 : La première mission du n°11
« La tour céleste,
J'en ai déjà brièvement parlé dans d'autres pages, mais voici un article détaillé sur la « tour céleste », endroit ou tous les humanoïdes, simples mortels comme créatures hybrides et maudites s'affrontent cordialement dans un esprit purement sportif.
Les origines de la tour céleste sont assez anciennes. Il existait déjà un centre de combats d'arts martiaux avant l'avènement des vampires dirigé dans l'ombre par un certain clan mafieux. Lorsque les démons s'emparèrent de la ville, ils épargnèrent les habitants et la tour car leur chef avait un plan bien précis en tête. Il voulait s'en servir pour attirer les humains avec un fort potentiel combattant, et en instaurant le système où le nombre de victoire donnait accès à un différent niveau. L'idée était qu'au bout du 50ème (oui, les gratte-ciels étaient moins haut à l'époque), les humains affrontaient des vampires, découvraient un mur et, séduits par l'appât du gain et du pouvoir, acceptaient de devenir des vampires et defacto, de puissants combattants à son service. Et cette manœuvre marcha. De nombreux humains vinrent relever le défi et d'autres virent regarder le spectacle.
Avec le temps, l'humanité acquit la grâce et contrattaqua. Et plusieurs combattants dotés de la grâce virent s'entraîner à la tour. Ils devinrent le centre de l'attention. Les spectateurs se régalaient de savoir combien de temps la grâce allaient les protéger contre les démons, combien de temps ils résisteraient avant de supplier les vampires de les « changer » eux aussi. Mais la plupart des guerriers tenaient, et ils tenaient bien, et les gens se mirent à payer et de plus en plus chers pour voir ces combats dantesques entre le bien et le mal.
Et finalement, les organisateurs, humains comme vampires, décidèrent qu'il était bien plus profitable de faire de la tour céleste un lieu de trêve où toutes les espèces se côtoieraient « cordialement » et ne s'affrontaient que sur le ring. Et ce fut une décision très rentable quand je constate le nombre d'hôtels, restaurants et magasins qui ont émergé suite au tourisme.
Par contre il est difficile de dire quel est le degré de sécurité dans la ville. Officiellement, le nombre d'agressions et de disparitions d'humain est un des plus faibles de la planète. Mais j'ai du mal à faire confiance aux chiffres dans la mesure où le clan vampire qui contrôle la ville peut aisément faire pression sur la police locale qui publie ces résultats. Mais lorsque je suis allé à la tour, mis à part mon « problème » avec de mystérieux recruteurs nocturnes, j'ai eu l'impression que les habitants dans la ville se promenaient relativement paisiblement, même à la nuit tombée (bon, je crois avoir vu qu'ils ne se déplaçaient plus seuls après une certaine heure, ce qui me semble être une règle de prudence élémentaire). Les humains dans cette ville n'ont pas l'air d'avoir peur des vampires.
Journal de K.»
Deux heures après l'interrogatoire mené par K, la brigade fantôme tenait une réunion à propos de l'intrus. Les seuls absents étaient Lucifer toujours enchaîné dans son cachot, Machi, Sharnalk et Franklin, soit les vampires qui devaient être en train de dormir à l'abri du soleil. Omokage avait envoyé une de ses « marionnettes » surveiller le fameux intrus et prenait la responsabilité de la filature. K ne savait pas ce que ce mec encore plus bizarroïde que les autres entendait par « marionnette », mais il avait la désagréable impression que cela désignait quelque chose d'éthiquement pas correct.
Kurapika du réexpliquer tout ce qu'il savait à propos du Club du Livre Noir. Leurs activités, leurs connections, l'inaction des autorités… Et de fait, il était assez surpris que la Brigade Fantôme qui avait semé le chaos à travers le monde durant des décennies n'ait jamais entendu parler de la face la plus sombre de la pègre. La cité de l'étoile filante était vraiment plus isolée qu'il ne le pensait.
La première décision à prendre lors de la réunion était quoi faire de l'intrus. K affirmait qu'il cherchait juste des proies insolites à fournir à ses supérieurs. S'il ne trouvait rien, et jusqu'à présent, les habitants de la cité et lui avaient parfaitement joué leur rôle, il lâcherait probablement l'affaire. Les membres de la brigade furent un peu crispés quand il expliqua qu'il les avait présenté comme d'honorables guerriers maitrisant la grâce et n'acceptant pas les promesses illusoires de l'argent.
« Quel est le pourcentage de chances qu'il se rabatte sur de simples humains ? »
« Difficile à dire. Il peut essayer de convaincre des habitants de partir combattre à la tour céleste, où ses complices sélectionneront ce qui leur convient. Il faut continuer de surveiller ce qu'il dit aux habitants. »
« Et techniquement, qu'est-ce qu'ils risquent à se laisser recruter ? »
« Je ne pense pas que ce soit différent des créatures rares et autres humanoïdes. Au mieux, des coqs de combat, mais je penche plus pour l'esclavage, au pire, le trafic de sang et d'organes… Mais c'est tout de même très étrange… Je veux dire, qu'ils choisissent seulement maintenant d'exploiter le Ryuseï. Je me serais attendu, avec toutes vos histoires de rafles de citoyens, qu'ils étaient impliqués dedans depuis un moment. »
Il y eu un silence dans la pièce. K réalisa qu'il avait peut-être raison, et que la brigade n'avait juste pas encore identifié le réseau qui était derrière tout ça. Kurotopi répondit le premier :
« C'est-à-dire qu'après nos différents interrogatoires, les aveux de nos captifs nous ont amenés à des points de rendez-vous déserts, et qu'il était impossible de remonter plus loin. »
« Effectivement, si les trafiquants sont une organisation aussi secrète et organisée, ça pourrait expliquer bien des choses, » ajouta Pakunoda.
« Ca serait beaucoup trop beau si nous avions enfin une piste sérieuse, » grommela Nobunaga.
Le dhampire mettait définitivement un point d'honneur à monter à quel point il désapprouvait le fait que K soit recruté comme un membre à part entière de la brigade.
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« Je vote pour qu'on interroge plus sérieusement ce recruteur de combattants », déclara Phinks.
K ne répondit pas tout de suite car il se disait qu'effectivement, c'était le moyen le plus rapide d'avoir les réponses. L'homme avait montré des signes qu'il était dans le parfum lorsqu'il avait commencé à aborder le sujet. Mais était-ce vraiment digne d'un détenteur de la grâce de recourir à la torture ou de laisser sciemment le sale travail à quelqu'un d'autre ? Ah, ses nouvelles fréquentations avaient déjà commencé à le corrompre.
« Va pour un interrogatoire, mais permettez-moi de tenter la méthode douce d'abord… »
« Ne t'inquiète pas, je suis la méthode douce, » annonça Pakunoda d'une voix douce et d'un sourire mystérieux. « J'aurais toutes les informations qu'il possède. »
Mouais, K devait admettre qu'elle n'avait pas l'air d'une sadique assoiffée de sang comme certains de ses collègues. Il y avait des chances qu'il s'en sorte vivant et entier.
Comme il ne fallait pas perdre de temps, K escorta Pakunoda et Phinks auprès du mystérieux voyageur dans la demi-heure. Phinks expliqua qu'il faisait partie de la défense de la ville et que les histoires de K à propos de la tour céleste où la difficulté des combats augmentait avec chaque étage l'intriguaient au plus haut point. Pakunoda intervint et déclara qu'en tant qu'épouse de l'intéressé, elle avait des questions à lui poser. L'intrus fit mine de s'inquiéter qu'ils le suspectent de travailler dans le recrutement.
« S'il vous-plait, » répondit K d'un ton qui se voulait amusé. « J'ai participé à des combats à la tour céleste et je connais le discours des recruteurs de talents. Il se trouve que parmi les nombreux membres de la milice, mon collègue s'est montré intéressé. »
« Mais il ne partira pas chercher la gloire et la fortune à moins que je ne l'y autorise… » répondit la voluptueuse blonde avec un sourire. « D'où mes quelques questions, et j'espère que vous y répondrez honnêtement. »
Elle saisit la main de l'homme et le fixa dans les yeux. « Il est dans notre intérêt à tout les deux de nous parler en toute franchise. »
L'homme rougit, jeta un très bref coup d'œil au décolleté plongeant de la dame et répondit qu'il n'avait aucunement l'intention de tromper de fidèles épouses.
« Qu'êtes-vous venu chercher à la cité de l'étoile filante » ?
« Je suis un employé de la tour Céleste. Je parcours le monde à la recherche de talents qui pourraient se distinguer à la tour. Votre ami hunter a effectivement l'œil. »
Il jouait l'homme embarrassé et pris la main dans le sac. Il était assez bon acteur. K se disait que s'il n'avait pas eu la mauvaise expérience des « recruteurs » sur place, il se serait peut-être naïvement fait berner. En y réfléchissant, si Hisoka n'était pas intervenu à l'époque, il serait peut-être mort et disséqué en plusieurs morceaux à l'heure actuelle.
« Quel genre de récompense et de destin peut-il obtenir là-bas ? »
« Ca dépend de lui, totalement de lui. Plus il franchira d'étages, plus il gagnera d'argent. Du premier au 200ème étage, les gens gagnent en moyenne 350 millions de Jénis, tout dépend de leur vitesse de progression. »
Phinks eu un sifflement impressionné, mais Paku lui jeta un œil noir qui le calma instantanément. Pakunoda lui posa ensuite des questions sur le 200ème étage et ses particularité. Elle semblait intriguée par le système des sponsors. K approuva la pertinence de cette question, c'était certainement via ces sponsors que le club du livre noir se manifestait. Mais elle ne creusait pas assez loin. A quoi est-ce qu'elle jouait ? Elle ne s'attardait jamais sur un sujet.
« Quels sont les risques ? »
« Heu… il arrive que les règles du combat soient à mort… tout dépend des combattants. »
Elle se rapprochait encore plus du suspect. Elle passa littéralement son bras autour de son coup, rapprochant son corps sensuellement de lui. K se demanda si elle comptait sur son charme physique pour faire passer les hommes aux aveux. Le garçon doutait de l'efficacité de cette méthode. Il aurait du y aller lui-même et pratiquer de l'intimidation.
«Y-a-t-il d'autres risques en dehors des combats officiels ? »
« Le comité assure la sécurité des combattants au sein de la tour. Mais maintenant, s'il se dispute et réponds aux provocations d'un autre participant… »
« Ouais, c'est ça », pensa K, réprimant de justesse un rire sarcastique. Le service de sécurité l'avait « tellement bien protégé » à l'époque.
« Et toi, qu'est-ce que tu gagnes dans ce travail ? »
« Heu ? 1 million par tête qui atteint le 100ème étage et 10 pour ceux qui atteignent le 200ème, mais cela ne m'est encore jamais arrivé. C'est honnête et rentable comme métier. Ca vaut le coup de parcourir le monde. »
« Les guerriers peuvent-ils interrompre leurs combats et partir quand ils le souhaitent ? »
« Oh ça… disons qu'il faut s'arranger avec l'administration pour les semaines de pause et de repos. Et les combattants du 200ème peuvent choisir eux-mêmes les dates de combat, du moment qu'ils se battent une fois tout les 3 mois. »
Phinks ne put s'empêcher de poser une question à son tour.
« Et à part les combats ? Qu'offre la tour comme divertissements ? »
Pakunoda lui jeta un œil sévère, mais accepta de jouer le jeu. L'homme parla des restaurants, de la discothèque, des salles de sports et de l'espace thalasso, ainsi que de nombreux établissements à travers la ville qui vivaient du tourisme lié à la tour.
« Beaucoup de gens viennent travailler là-bas ? »
L'homme de répondre que oui, il y avait beaucoup d'opportunités professionnelles dans certains domaines, surtout dans le coaching sportif et la médecine.
Et puis, Pakunoda posa soudainement une question plus personnelle.
« Avez-vous une famille ? »
L'homme fut un peu surpris et bredouilla qu'il avait des enfants, qu'il ne les voyait pas beaucoup à cause de son travail.
Après cela, elle le remercia et lui demanda s'il pouvait attendre dans la cité un ou deux jours qu'elle et son mari prennent une décision. Il acquiesça. Il trouvait visiblement que Phinks avait beaucoup de potentiel. Est-ce qu'il avait repéré que le guerrier avait été mordu par un vampire ? Difficile à dire.
« C'est tout ? » demanda K alors qu'ils s'éloignaient. « Tu n'as même pas abordé le problème. »
Il ne comprenait pas que Pakunoda se soit contentée de tourner autour du pot. On s'en fichait, de savoir les gains remportés à chaque étage et qu'il y avait un centre thalasso. La femme sourit.
« Ses trois enfants s'appellent Amir, Roam et Slobo. »
Hein ? Mais comment pouvait-elle… Et il réalisa. Pakunoda utilisait le pouvoir du vice issu de sa morsure de vampire pour lire dans les pensées des gens. Comment fonctionnait ce pouvoir ? Il ne le savait pas encore. Mais ses questions n'avaient du être qu'une diversion. K se sentit tout de suite mal à l'aise.
« Est-ce que tu as déjà lu dans mes pensées ? »
Elle rit. « En ce qui te concerne, même pas besoin. Tu n'as aucun contrôle sur tes émotions et ton corps. Tu es un livre ouvert pour n'importe quelle personne un peu informée sur le langage du corps. »
K se sentit vexé. Ses cours de comédie ne lui servaient pas beaucoup.
« Si tu veux me résister, je suggère des cours de gestion des émotions ».
« Si tu es si douée que ça, pourquoi ne pas être intervenue dès le départ au lieu de m'envoyer ? Nous avons perdu une demi-journée. »
Il réalisait que la femme avait des talents d'actrice et de manipulation nettement supérieurs aux siens.
« Parce que s'il s'était agit d'un envoyé de l'inquisition, il aurait certainement détecté que j'étais mordue par un vampire et que nous en cachions ici. Et tu as vu juste à propos de cet homme. Il est un petit maillon dans un gigantesque réseau de trafic d'êtres vivants. Malheureusement, il ne sait rien de plus que son travail l'exige. Il doit trouver des personnes correspondant à une série de critères, les amène à la tour où la plupart deviennent effectivement des combattants, mais d'autres personnes se chargent de faire le tri. Il ne sait pas ce qui arrive à ceux qui sont emmenés divertir le club du livre noir, n'a pratiquement aucun nom ou lieu à donner. Bref, il va falloir trouver quelqu'un d'autre à interroger. »
« Le meilleur moyen reste de les infiltrer, non ? » demanda Phinks. Il était chaud pour jouer le rôle d'un champion de la tour.
« Sauf que ce sera difficile de garder un œil sur toi… Nous devrions peut-être envoyer plusieurs combattants, arriver en groupes séparés… »
« Je crois tout de même que nos ennemis ne devraient pas apprendre l'existence de Bonorenof ou Gladys, » dit K. « Ce sont des personnes trop singulières. Ils gagneraient un allez-simple pour la mort. »
« Mais cela serait le moyen le plus rapide de remonter le réseau. »
« Il faudrait plutôt… » K ne continua pas car un visage lui était venu à l'esprit, celui d'un taré imprévisible qui avait déjà réussi à s'approcher des mystérieux mécènes de la tour et était revenu vivant de combats organisés par le club du Livre Noir. Mais il ne voulait pas avoir à faire affaire avec lui. Lucifer lui donnait déjà bien assez de soucis.
Pakunoda posa une main sur son épaule. « Tu as une idée ? »
« Je crois qu'elle est mauvaise. Il y a un type à la tour qui a déjà participé à ces combats à morts organisé par le club, qui doit en savoir plus et qui est toujours en vie… Mais je ne pense pas que vous allez aimer travailler avec lui. »
« Pourquoi ça ? Si il a une piste, cela vaut la peine de le rencontrer ».
« Je le trouve dangereux, même comparé à vous. Il a des goûts tordus et n'agit que pour son propre amusement. »
« Il n'a pas l'air si différent de nous, alors. Enfin, si ton instinct d'hunter te dit qu'il faut se méfier de lui, nous resterons prudents. »
Malheureusement, lors de la réunion du soir, les autres araignées semblaient convaincues qu'Hisoka avait du potentiel comme future recrue. Malgré les efforts de K pour les en dissuader, ils décidèrent qu'il fallait le rencontrer et négocier sa coopération. Et vu que K était celui qui le connaissait le mieux, il fut décidé qu'il serait en charge de ce recrutement, en plus de rassembler toutes les informations que possédait l'association sur le Club.
En désespoir de cause, K tenta son ultime joker en allant expliquer la situation à Lucifer Lui n'aurait pas envie de faire entrer dans la brigade un individu qui avait déjà fait des avances sexuelles à l'homme qu'il « aimait ».
Expliquer la situation au vampire fut facile. Kuroro avait lu le journal de K et avait déjà une idée de la personnalité du magicien. Et donc, quand il apprit que la brigade voulait envoyer K seul négocier avec lui, il réagit promptement.
« Je t'accompagne voir ce type. Et s'il dit ou fait quelque chose qui ne me plait pas, je le tue. »
Ce n'était exactement la réaction que K attendait, mais Kuroro tenait à le protéger et c'était déjà ça. Et l'idée que le magicien rencontre une fin funeste des mains du vampire ne le dérangeait pas. Cela ferait toujours un danger public en moins.
« Ca ira ? » demanda K en se rappelant que le vampire n'avait plus bu de sang depuis des semaines.
« Ca ira pour ce que nous projetons de faire. »
Et ils convinrent de la date et heure où ils se retrouveraient. K fut étonné de voir Kuroro sourire.
« Qu'est-ce qui t'amuse dans cette histoire ? »
« N'est-ce pas évident ? Tu m'autorises enfin à partager tes aventures. »
K fit une grimace. Le vampire l'avait eu ! Il n'avait pas réalisé qu'il acceptait de faire un voyage avec Lucifer. Mais il devait admettre qu'à choisir entre le magicien et le vampire, il préférait la compagnie du dernier.
