Un•e lecteur•ice m'a fait prendre conscience que j'avais complètement oublié de poster aujourd'hui... My bad! C'est désormais corrigé.
Bonne lecture. :)
Ils avaient marché une bonne partie de la journée, veillant à rester à l'écart des routes. Remus et Marley avaient volontairement traîné en queue de cortège pour finaliser les dernières lignes de leur plan, et notamment pour le mettre à exécution.
À mesure que l'heure tournait, ils avaient repéré celui qu'ils attendaient : un éclaireur loup-garou, lancé à leurs trousses pour les pister et donner leur position à Greyback. Il maîtrisait sans doute le transplanage. Comme le lui avait expliqué Marley, la troupe de Greyback était constituée de très peu de loups-garous capables d'utiliser la magie. Quelques-uns de ses lieutenants avaient une baguette, mais ils savaient à peine s'en servir. À l'époque où Marley faisait partie de leur meute, il n'y avait qu'un seul loup-garou capable de transplaner, et c'était toujours lui qui filait les victimes pour informer son chef. Ils espéraient que c'était toujours le cas.
L'éclaireur se servait des bois environnants pour s'y dissimuler, mais il ne prenait pas véritablement la peine d'être discret. C'était en partie pour faire pression sur la meute visée, une façon d'exercer la terreur de la poursuite et de renforcer l'impression d'inéluctabilité qui favoriserait la panique et le désordre.
Au signal de Marley, Remus se faufila entre les loups pour se retrouver au cœur de la foule, à l'abri des regards malintentionnés. Des mains le délestèrent de son encombrant sac, et il sentit une main discrète se glisser dans la sienne. En cet instant, le sorcier était ravi d'avoir passé son permis de transplanage d'escorte ; cela lui avait peut-être été inutile pour être accepté dans la formation d'Auror qu'il convoitait, mais il lui était très précieux en ce jour.
Dans un « crac » discret, Marley et lui disparurent pour se retrouver à l'orée du bois voisin, accroupis. En silence, ils repérèrent l'éclaireur quelques mètres plus loin, marchant à pas prudents le long du bois sans jamais quitter la meute des yeux. Sa façon de se déplacer exsudait la puissance, la souplesse fauve du prédateur.
Une fois Marley remis de la nausée provoquée par son premier transplanage, ils filèrent discrètement leur proie. C'était étonnamment facile : Remus n'avait pas perdu ses réflexes acquis durant les missions de l'Ordre, et le loup à ses côtés était visiblement habitué à cet exercice.
Un Experlliarmus ! bien placé fit décrire un arc de cercle parfait à la baguette de l'ennemi, qui atterrit dans la main agile de Remus. Aussitôt, il enchaîna avec un sort de pétrification, avant que son adversaire n'ait le temps de s'enfuir. Le sorcier décida d'ignorer le sifflement admiratif de Marley, lui emboîtant le pas alors qu'il fondait sur l'éclaireur pour le fouiller. Ils trouvèrent rapidement ce qu'ils cherchaient : une fiole de potion Tue-Loup. Ils la vidèrent sur les racines d'un arbre. Ce loup-là ne serait pas lucide cette nuit.
— Brachialingo, murmura Remus pour ligoter leur victime.
Lorsque le sort de pétrification fut levé, il se retrouva tout de même empêtré et immobilisé. C'était toujours ça de pris, même si la bête parvenait à se défaire de ses liens lorsqu'ils auraient cessé leur interrogatoire.
Dès que le loup ennemi put retrouver la parole, Marley l'attrapa par le cou et colla son nez au sien, découvrant les dents avec agressivité.
— Dis-nous où est ton maître, et je réfléchirai avant de t'égorger comme un agneau, gronda-t-il.
Ils s'affrontèrent du regard un instant, mais Remus lisait la terreur sur le visage de l'éclaireur. Il parlerait.
Et comme prévu, l'éclaireur leur livra l'information souhaitée. C'était presque trop simple.
Greyback et ses sbires s'étaient installés à cinq kilomètres à l'ouest du camp. Ils avaient suivi la direction prise par la meute avant de décider de s'arrêter définitivement alors que l'après-midi avançait. Ils s'étaient suffisamment postés en retrait pour ne pas provoquer une contre-attaque humaine, sans être trop éloignés de la meute à la nuit tombée. Celle-ci ne pourrait pas parcourir bien plus de dix ou quinze kilomètres avec des femmes enceintes et des enfants, aussi était-ce plutôt malin. Les loups-garous ennemis, renseignés par l'éclaireur et lucides grâce à la potion, pourraient réduire cette distance à peau de chagrin en seulement une trentaine de minutes de course effrénée. Un loup enragé en était bien capable. Ils auraient ensuite toute la nuit pour accomplir leur lugubre machination.
Aussi, il n'était pas question de perdre du temps. Laissant l'éclaireur ligoté sur le sol, Remus confia la baguette vaincue à son camarade avant de transplaner avec lui. Il espérait estimer assez précisément la distance parcourue ; autrement, ils devraient chercher la meute de Greyback à pied. Fort heureusement pour eux, ils revinrent environ quatre kilomètres en arrière, à l'ombre d'un grand chêne dépouillé. Marley leva un pouce pour lui indiquer qu'il flairait leur odeur.
Remus se fit à nouveau la réflexion que c'était trop simple.
Toujours en silence, ils revinrent sur les pas de la meute, le nez au vent. Lupin avait un peu honte de ne pas être parvenu à développer son odorat comme certains loups, mais Lucian lui avait assuré que c'était une question de temps et de pratique. Il se contenta donc de suivre Marley après quelques vaines tentatives de reniflements bruyants, qui lui valurent un haussement de sourcils de son comparse. Au moins pouvait-il mettre ses talents de sorcier à profit. Il avait ressenti comme une étincelle dans la poitrine lorsque son camarade l'avait dévisagé avec admiration après l'altercation avec l'éclaireur. Cette étincelle après laquelle il courait depuis qu'il avait onze ans et mis le pied dans la chambre des futurs Maraudeurs.
Il s'arracha à sa nostalgie, qui convoyait de trop nombreux souvenirs heureux passés aux côtés de James, Peter et Sirius. Il aurait aimé revenir en arrière, au temps de l'insouciance, et mettre de côté sa colère, sa rancœur et sa tristesse.
— Remus, répéta Marley à voix basse, lui donnant un coup de coude.
Il lui indiqua du menton un groupe d'hommes et de femmes réunis autour d'une large caisse de bois, à seulement une trentaine d'arbres d'eux. Pas trace de Greyback, et la meute ne semblait pas au complet.
Bon, c'était là que ça se compliquait. Il fallait trouver le stock de potion Tue-Loup et le détruire ; vraisemblablement, il s'agissait de la grosse caisse surveillée par tous ces loups. Cela impliquait pour Remus de créer une diversion afin d'éloigner les loups-garous. Ensuite, il faudrait que Marley accède au stock et vide toutes les fioles avant le retour de leurs ennemis. Une fois leur méfait accompli, il était prévu qu'ils transplanent sans attendre, en espérant que la colère de Greyback ne contrecarre pas la suite du plan.
Ils se baissèrent encore plus, avançant à une lenteur d'escargot. Remus avait jeté un Assurdiato sur le groupe de loups-garous, mais il n'était pas tranquille. S'ils se retournaient contre eux, il n'était pas certain que Marley et lui puissent en venir à bout.
Enfin parvenus au plus près possible de la caisse qu'ils convoitaient, ils se dissimulèrent derrière une épaisse fougère. Remus lança un sortilège de Désillusion sur Marley, donnant un coup de baguette sur le haut de ses cheveux blonds emmêlés par la précipitation. Malgré le manque de pratique, le résultat était à la hauteur de ses espérances. Ça ne tiendrait probablement pas très longtemps, mais ça valait le coup d'essayer. Un peu ragaillardi, Lupin s'apprêta à contourner la clairière où étaient installés les loups pour créer sa diversion, mais la main de son comparse saisit son poignet, l'obligeant à s'immobiliser.
Il lui souffla les mots « Fais attention ». Remus acquiesça simplement et pressa ce qu'il supposa être son avant-bras en retour, quoiqu'assez sommairement. Puis il se dégagea et se faufila entre les branches mortes et les ronces pour contourner le groupe, de sorte à se retrouver dos à la plupart d'entre eux.
James, Sirius, merci pour cet enseignement, songea-t-il en extrayant plusieurs feuilles de papier froissées de son manteau, qu'il transforma en petits avions fuselés. Il les dirigea droit vers les têtes et les postérieurs de leurs ennemis. Mais au lieu de délivrer leur message comme ils étaient censés le faire, ils explosèrent en poussant des jurons particulièrement grossiers.
Sans surprise, cela provoqua la fureur des loups, qui bondirent vers Remus comme un seul homme en vociférant des menaces de mort et de torture. Mais Remus avait déjà détalé depuis le décollage des avions, aussi avait-il pris suffisamment d'avance pour éviter et parer les sorts maladroits lancés par les quelques lieutenants de Greyback munis de baguettes. Il devait simplement les occuper cinq minutes, tout au plus.
Haletant, il s'adossa à un arbre pour éviter une explosion qui embrasa un buisson épineux à deux mètres de lui. Il comptait décrire un arc de cercle pour revenir petit à petit vers la clairière, mais il se trouvait pris en tenaille. Si la rage avait aveuglé les loups dans les premières secondes de l'incident, ils s'étaient ressaisis depuis. Il n'avait pas le temps de s'appliquer à lui-même un sortilège de Désillusion, il fallait se concentrer et pour le moment il réfléchissait à toute vitesse à la meilleure façon de sauver ses fesses d'une tragique explosion.
— Tu es cerné, l'ami ! Rends-toi ! lança une voix hargneuse.
Elle avait raison. Enfin, si elle avait eu affaire à un sorcier médiocre. Au moins, Remus était certain de valoir mieux que ça. D'un saut de chat élégant, il s'écarta de l'arbre et désarma le loup-garou posté à sa gauche, para une nouvelle explosion et l'observa ricocher vers deux autres loups qui l'évitèrent de justesse en poussant des hurlements.
Il s'apprêtait à stupéfixer un quatrième adversaire, mais deux bras puissants enserrèrent sa gorge et il se mit à suffoquer. La sueur et le sang emplissaient ses narines, lui donnant une puissante nausée qui ne l'aidait pas à improviser.
— Lashlabask ! gargouilla-t-il en enfonçant sa baguette dans le bras de son agresseur.
Il émit un cri de douleur, le lâcha brièvement et tenta de le rattraper. Remus s'était déjà glissé hors de sa prise, mais il fut ramené en arrière par les cheveux dans un gémissement et un éclair blanc.
— Lâche-le, pourriture ! rugit soudain Marley, pointant sur son adversaire la baguette volée à l'éclaireur d'un bras tremblant.
Un nouvel éclair blanc jaillit, brûlant le loup qui recula précipitamment en se tenant le visage à deux mains. Sans réfléchir davantage, Remus se précipita sur Marley et le plaqua au sol comme un rugbyman forcené, les faisant disparaître dans un tourbillon.
Ils atterrirent lourdement sur le sol poussiéreux, dans un hoquet surpris. Remus roula sur le côté pour le laisser respirer, tout aussi haletant que lui. Et alors qu'ils reprenaient leur souffle, Marley commença à rire comme un dément, bientôt suivi par Remus.
Ils l'avaient fait ! Et avec un certain panache, que n'auraient pas désavoué James et Sirius.
— J'ai tout vidé ! Et j'ai fait de la magie ! s'écria Marley, euphorique, en brandissant la baguette vers le ciel dans un large sourire enfantin.
Remus tourna les yeux vers lui, allongé sur le dos épaule contre épaule, et ne put s'empêcher de lui adresser un sourire attendri. Il se rappelait très bien l'immense joie qui avait explosé dans sa poitrine en découvrant que si, il irait à Poudlard, il deviendrait un sorcier malgré sa condition. Il serait capable de faire de la magie. Et la toute première fois qu'il en avait fait, c'était si grisant qu'il en avait eu les larmes aux yeux, après toute une enfance à se persuader que cette vie n'était pas pour lui.
— Et de la belle magie, le félicita doucement Lupin.
— J'ai juste répété ta formule, Lashlabask, ça sonnait drôle, c'était facile à retenir. Et ça a marché ! s'exclama-t-il, la mine réjouie comme un écolier après son premier Wingardium Leviosa.
— Je pourrais peut-être t'apprendre quelques trucs.
— C'est vrai ? Tu ferais ça ?
Remus haussa les épaules, un peu embarrassé par la façon dont ses prunelles le couvaient d'une admiration sans bornes. C'était amusant ; il avait cherché cette attention toute sa jeune vie, mais l'obtenir de quelqu'un en qui il se voyait le mettait mal à l'aise.
— Bien sûr, approuva-t-il. Mais dépêchons-nous, ajouta-t-il en se redressant sur un coude douloureux, massant sa jambe raide en grimaçant.
Il fit mine de ne pas voir l'expression défaite de Marley, qui s'était rapproché de lui dans l'évidente intention de l'étreindre – voire de l'embrasser. Sans faire de commentaire, son comparse l'aida à se relever et ils jetèrent un œil alentour.
On distinguait encore les multiples traces de pas de la meute dans la terre poussiéreuse.
— Ils ne doivent pas être bien loin, déduisit Lupin, les sourcils froncés. Allons-y.
Ils allongèrent le pas, malgré la boiterie accentuée de Remus et l'épaule douloureuse de Marley, qui s'était battu à mains nues avec un loup pour parvenir jusqu'à son camarade. Les deux partenaires étaient inquiets, car la nuit tombait plus vite que prévu ; ils n'avaient pas eu l'impression d'être partis si longtemps. Cela raccourcissait considérablement la fenêtre de tir qu'ils avaient prévue pour mettre les enfants à l'abri.
— Les voilà ! s'écria Erin, dans le lointain.
Une vague de soulagement les éclaboussa tous les deux, et ils rejoignirent la meute qui se dessinait petit à petit en courant sur les derniers mètres, en dépit de leurs blessures.
Sans perdre une seconde, Lucian et Erin avaient rassemblé les enfants avec une organisation presque militaire. Les petits étaient au nombre de douze ; il y avait de simples bambins, mais aussi des adolescents de plus de quinze ans qui s'occupaient déjà de rassurer les plus jeunes.
Remus forma un premier groupe de cinq, constitué d'un adolescent de quatorze ans et de tous les plus jeunes. Il étendit les bras en croix en s'accroupissant pour que chacun puisse saisir le plus fort possible l'un de ses bras. Et, dans un « crac » retentissant », il disparut aux yeux de la meute pour réapparaître dans la caravane de Lucian.
Il vérifia que les enfants étaient tous entiers, avant de tendre l'oreille, baguette au clair, toujours accroupi. Ils étaient convenus avec Marley, Lucian, Erin et Liam que le camp déserté serait l'endroit le plus sûr pour les enfants, une fois les caravanes barricadées et protégées par des boucliers. Ils avaient fait en sorte que l'éclaireur distingue bien les petits parmi la meute en route lorsqu'il transmettait encore des informations à son meneur. Greyback ne reviendrait probablement pas les chercher là, pensant qu'ils prenaient la fuite vers l'ouest depuis le matin.
Remus soupira en constatant qu'aucun bruit suspect ne lui parvenait de l'extérieur. Sans pour autant abaisser sa baguette, il fit signe aux enfants de s'installer dans la caravane sans faire de bruit et en sortit à pas précautionneux.
La vision du camp déserté lui fit plus d'effet qu'il ne l'aurait pensé. Son cœur se serra douloureusement, alors que les souvenirs de ses journées paisibles affluaient. Bien sûr, ils vivaient dans la pauvreté, et il était rare que le les loups ne soient pas confrontés à l'injustice de leur situation : ils étaient livrés à eux-mêmes, tout en devant faire en sorte de se tenir à l'écart des humains pour éviter des blessés ou des morts. Personne, excepté Lupin et une poignée de loups, n'avait eu de véritable éducation magique, mais on exigeait d'eux qu'ils sachent se débrouiller sans embêter davantage le ministère de la Magie. Il y avait bien eu un bureau d'assistance sociale aux loups-garous, mais il avait rapidement fermé en raison de son inutilisation ; tant que la lycanthropie demeurerait une honte sociale, aucun loup n'aurait le courage de faire appel à des structures publiques de ce genre.
Malgré tout, il avait de bons souvenirs, ici. C'était la première fois de sa vie qu'il avait pu se déclarer loup-garou au grand jour et parler de ses problèmes de lycanthrope sans être inquiété (la douleur, les symptômes post-transformation, les odeurs et les bruits désagréablement amplifiés, la colère brûlante, destructrice). Ici, rien n'était tabou. Il en avait appris plus sur lui-même et sa condition en deux mois dans ce camp qu'en sept ans de recherches discrètes à la bibliothèque de Poudlard. Ici, on ne parlait pas de la meilleure façon de l'éliminer ou de le mettre hors d'état de nuire – quitte à lui faire mal –, mais de sa qualité de vie, de ses inquiétudes, de ses interrogations directes sur des choses aussi triviales que le vieillissement prématuré de sa peau, la façon de se positionner avant une transformation imminente pour épargner au maximum ses tendons et ses os mis au supplice, ses difficultés croissantes à aller à la selle après une nuit de pleine lune, tant ses intestins hurlent de douleur à chaque contraction… Ici, il n'avait pas honte.
Malgré tout… Il restait toujours effrayé par ce qu'il était, ce dont il était capable. Et sa vie de sorcier lui manquait. Le confort de la magie, qu'il pratiquait très peu ici, la familiarité du monde sorcier, son profond attachement à cet univers extraordinaire et aux êtres merveilleux qu'il y avait rencontrés et qui l'avaient accepté tel qu'il était pour la première fois de sa vie… La colère et la rancœur étaient encore tapies sous la surface, mais l'amour profond qu'il portait à tous ces gens le perturbait. Parfois, cela lui revenait par flashes : la facilité avec laquelle James désamorçait toutes les situations, la façon avec laquelle Dumbledore savait apaiser son cœur, l'empathie presque douloureuse avec laquelle Lily savait se mettre à sa place et l'écouter, l'impossibilité complète d'en vouloir plus de deux jours à Sirius quand il croisait son regard débordant de sincérité et de chaleur. Ils lui manquaient terriblement. Que se passerait-il s'il revenait vers eux, à présent que tout était terminé ?
Une fois le dernier groupe d'enfants en sécurité dans une caravane, il leva les boucliers à l'intérieur de chacune d'entre elles et barricada les portes et les fenêtres à l'aide de tous les objets qui lui tombaient sous la main, se servant de divers sorts pour parfaire le tout. Il n'y avait plus qu'à espérer que ça tienne, et que Greyback ne vienne pas fureter par ici à l'aube.
Mais alors qu'il s'apprêtait à transplaner une dernière fois pour rejoindre la meute – il commençait sérieusement à avoir la nausée, et toute l'énergie déployée en si peu de temps un jour de pleine lune lui donnait des vertiges –, un sort reçu entre les reins lui coupa le souffle et fit voler sa baguette sur plusieurs mètres. Après l'écran noir de la douleur, ses paupières papillonnèrent furieusement, alors qu'il s'étouffait à moitié, le visage dans la poussière. Il tenta de se relever, sans succès. Ses bras tremblaient et sa jambe raidie l'élançait.
Allez, Lupin, debout…
— Remus Lupin, ça alors, ronronna une voix gutturale. Je n'oublie jamais l'un de mes petits. Comment se porte ton cher père ? Pas trop secoué par la mort de sa femme ?
Le prochain chapitre s'intitulera « Greyback ».
