Hello, Hello,
Je suis de retour...non pas pour vous jouer un mauvais tour, mais pour vous présenter une nouvelle histoire.
J'ai mis pas mal de temps à l'écrire mais entre mon travail, la vie en générale et mon absence d'inspiration, j'y suis enfin arrivée.
Cette dernière est quasi complète et il ne me reste uniquement que quelques petits détails à régler. Je prévois de poster un chapitre par semaine. On va donc partir sur 7 chapitres et un épilogue.
L'idée de base vient encore d'une expérience vécue au travail. Je l'ai modifié tout en introduisant nos héroïnes préférées avant d'y ajouter une pointe d'humour, de suspens et une enquête policière. Le tout saupoudrer de romance.
Pairing Clarke/Lexa, alternative universe.
L'histoire est du point de vue de Clarke uniquement.
Aucun des personnages de The 100 ne m'appartiennent, je ne fais que les emprunter.
Espérant que cela vous plaira et n'hésitez pas à me faire des retours.
Bonne lecture.
Ps: Je n'abandonne pas mes autres histoires, elles sont juste en stand by, le temps que je finisse avec celle-ci
CHAPITRE 1
Quel bonheur de pouvoir rentrer chez soi après une longue journée de travail. Je rêvais de cet instant depuis que j'avais quitté mon lit le matin même.
La journée avait été désastreuse : mes collègues ayant été insupportables et mon patron encore pire.
Double jackpot perdant.
Si j'avais su, j'aurais mieux fait de rester couché !
Cela m'aurait épargné bien des désagréments. Il y avait des jours comme ça, grâce à une sorte de sixième sens, où on savait que tout allait aller de travers !
J'ouvris la porte d'entrée de mon appartement d'une main experte et rentrai à l'intérieur tout en laissant glisser par terre ma veste et ma sacoche de travail. En trainant des pieds dans le couloir, j'avançai en direction de mon canapé où je me laissai lourdement tomber sur le ventre. Dans un dernier effort, retenant un grognement, j'enlevai mes chaussures dans un mouvement souple, les envoyant valdinguer au loin dans la pièce.
Je lâchai un soupir de soulagement et fermai enfin les yeux de bien-être. Quel bonheur !
A cet instant, c'était la meilleure chose au monde. Savourant le silence qui s'était emparé du salon, je fermai les yeux, glissant mes mains sur mon visage, sentant le stress accumulé tout au long de la journée s'évaporer.
Home Sweet Home.
Un discret coup à la porte d'entre retentit dans l'appartement brisant le calme qui m'entourait.
- NON ! Pas maintenant, pas encore ! marmonnai-je. Voilà que j'ai encore parlé trop vite.
Je voulais qu'une seule chose : être seule et que l'on me laisse tranquille ! Je ne demandai pourtant pas la lune. Peut-être que si je faisais la sourde oreille, ils finiront par se lasser, comprenant le message et partir.
C'était beau de rêver !
Mais non. Un autre coup retentit plus fort cette fois.
Et merde ! Sérieusement?
Je me levai brusquement du canapé, me dirigeant en râlant en direction de l'entrée. Une autre série de coup se fit entendre. Comprenant que la personne de l'autre côté de la porte s'impatientait, je pressai le pas.
- J'arrive ! fis-je d'une voix excédée.
Une poignée de secondes plus tard, j'ouvris la porte, trouvant Nia Winter qui me fixait avec inquiétude de son regard bleu. Cette dernière était la concierge de notre immeuble. La cinquantaine, ses longs cheveux étaient blonds encadrant un visage à la mâchoire carrée et aux yeux vifs. Elle connaissait la vie privée et les petites habitudes de chacun des locataires, ne laissant rien lui échapper. Je devais bien avouer que cela en était presque effrayant. Cependant, ce soir, elle semblait être inquiète, fronçant les sourcils d'une manière qui ne lui ressemblait pas.
- Salut Nia. Tout va bien ?
- Clarke, demanda-t-elle sans perdre du temps. Aurais-tu vu récemment Dante Wallace ?
Dante était mon voisin de palier et un joyeux retraité qui portait fièrement une belle barde blanche cachant un éternel sourire malicieux.
Je réfléchis un instant.
- La dernière fois que je l'ai vu, cela devait être vendredi dernier ! Pourquoi ?
- Je ne l'ai pas vu depuis des jours également, expliqua-t-elle. J'ai essayé de savoir s'il était chez lui mais il ne répond pas.
- Peut-être qu'il est parti en vacances ? émis-je.
-Non, je ne pense pas. Je l'ai vu entrer chez lui la semaine dernière mais jamais en ressortir ! Je suis inquiète
Etrange effectivement.
Comme je le disais précédemment, rien n'échappait à Nia. Ce comportement ne ressemblait également pas à celui de Dante, lui qui était toujours si poli et de bonne humeur avec un petit mot gentil pour chacun d'entre nous. Cela en devenait préoccupant. D'autant plus que nous étions déjà Jeudi, quasiment une semaine plus tard et apparemment toujours aucune trace de lui.
- As-tu essayé de l'appeler sur son téléphone ?
- Oui, bien sûr, répondit-elle. J'ai essayé sur son fixe et sur son portable !
Elle fit une pause et prit un air grave.
- Je peux les entendre tous les deux à travers la porte de son appartement.
Oh…
Je ne savais pas pourquoi, mais cela ne présageait rien de bon. Je dirais même plus que ça puait l'embrouille. Réprimant un frisson, je passai nerveusement une main dans mes cheveux, essayant de chasser ce mauvais pressentiment qui s'était installé au ceux de mon estomac.
- J'ai le double de ses clés et je me demandai si tu voulais bien m'accompagner à l'intérieur ? questionna Nia en baissant le regard. J'ai un peu peur d'y aller toute seule.
Ce que je comprenais parfaitement bien, ressentant la même chose. J'étais courageuse sous certaines circonstances mais j'étais loin d'être téméraire. Et rien que l'idée ne pas savoir ce que nous allions trouver derrière la porte, me terrorisait.
- Bien sûr Nia, répondis-je, bien malgré moi. Je te suis.
J'enfilai rapidement une des paires de chaussures qui trainait dans le couloir, puis saisissant mes clés au passage, je lui emboitai le pas dans le couloir menant à l'appartement voisin du mien. Nia sonna à maintes reprises mais seul le silence nous répondit. D'une main tremblante, elle sortit les clés de sa poche, tentant de les introduire plusieurs fois dans la serrure… Sans grand succès. Je devais bien reconnaître qu'elle était encore plus nerveuse que moi.
- Laisse Nia, je vais le faire.
Sans lui laisser le temps de répondre, je m'emparai du trousseau de ses mains. Elle s'écarta sur le côté afin de me laisser la place nécessaire pour que je puisse prendre position et dans un mouvement souple, j'insérai la clé dans la serrure. Un clic un peu trop bruyant retentit dans cette atmosphère pesante, résonnant encore dans mes oreilles, longtemps après l'ouverture de la porte. Lançant un regard en coin en direction de Nia, je la vis retenir son souffle avant de reculer d'un pas dans le couloir. Réalisant son geste, elle s'arrêta net. Croisant un instant mon regard, elle finit par hocher la tête, m'invitant ainsi à entrer la première. Loin d'être rassurée par son attitude, j'avais le cœur qui battait la chamade, faisant pulser mon sang jusque dans les tympans. J'étais à deux doigts d'être malade, sentant mon estomac convulsé à l'intérieur de mon ventre, menaçant de vider son contenu. Ravalant ma salive, je me forçai à être calme, à être rationnelle. Lâchant un long soupir, j'essuyai mes mains moites sur mon pantalon puis, j'appuyai sur la poignée et la porte s'ouvrit.
L'intérieur de l'appartement était plongé dans l'obscurité, laissant une vieille odeur de renfermé venir me chatouiller les narines.
- Dante ? chuchotai-je.
Le silence régnait en maître, me rendant encore plus nerveuse. Je passais d'un pied à l'autre, réprimant avec difficulté des frissons. Déglutissant péniblement, je sursautai de surprise lorsque Nia posa une de ses mains dans le bas de mon dos, m'incitant à commencer l'exploration de l'appartement.
- Dante ? tentai-je à nouveau. C'est Clarke et Nia. Vous êtes là ? Hello ? Y'a quelqu'un ?
Avançant à tâtons dans la pénombre du corridor, seul le bruit électrique du frigo à peine perceptible nous parvenait. Même si je sentais la présence de Nia juste dans mon dos, je ne pouvais pas m'empêcher de me sentir bien seule, retenant une furieuse envie de s'enfuir à toutes jambes. Mon sixième sens était en pleine alerte, fusant dans tous les sens, me rendant extrêmement nerveuse.
Mon corps entier tremblait comme une feuille, me forçant à redoubler d'effort pour continuer ma timide avancée. Faisant un nouveau pas en avant dans l'obscurité du couloir, je cherchai à tâtons, le long du mur, l'interrupteur de la lumière, l'allumant au passage. Clignant plusieurs fois des yeux pour m'habituer à la clarté soudaine de mon environnement, je pris un instant pour me concentrer, récapitulant mentalement la situation dans laquelle je me trouvai. Pour le moment, il n'y avait encore trace de Dante et je ne pouvais m'empêcher d'avoir un mauvais pressentiment… qui se confirma lorsque nous sommes arrivées enfin dans le salon.
Il était là dans son fauteuil, immobile, la tête renversée en arrière, le visage déformé par une expression mélangée de douleur et de terreur, les yeux vitreux grands ouverts. Une tâche de sang recouvrait l'intégralité de son tee-shirt faisant écho à celle plus sombre qui s'étendait tout autour du fauteuil. Nia, dans mon dos, étouffa un cri, reculant de plusieurs pas. Il ne semblait plus respirer, mais devant en être sûre, je m'approchai d'un pas hésitant. N'étant plus qu'à quelques centimètres de lui, je posai deux doigts tremblants sur sa carotide. Sa peau était glaciale et presque rigide sous mon touché.
A ce même instant, une odeur nauséabonde qui semblait s'échapper du corps sans vie de Dante, me frappa les narines, me faisant réaliser la gravité de la situation.
Oh mon dieu ! Ce n'est pas possible!
Comprenant que je venais de toucher un mort, j'écartai brusquement ma main, la ramenant contre ma poitrine. Je reculai à mon tour de plusieurs pas jusqu'à ce que mon dos heurte le mur derrière moi.
J'étais en train de faire un cauchemar ! Et je n'allais pas tarder à me réveiller, il n'y avait pas d'autre explication possible !
Je réprimai avec difficulté une vague de nausées qui me brassait le ventre, rendant ma respiration laborieuse et saccadée. J'avais la bouche sèche, déglutissant avec difficulté. Brusquement, je me détachai du mur, me retournant vers Nia qui était en plein conversation au téléphone, appelant sûrement les secours.
Il fallait absolument que je sorte d'ici. Je n'arrivais plus à réfléchir de façon cohérent, mes pensées allant à mille à l'heure.
La crise de panique s'installa dans ma poitrine, se propageant à vitesse grand V, tel un feu de forêt. Mes jambes me propulsèrent de leur propre gré en direction de mon appartement. Marchant d'abord rapidement, je me mis à courir, ignorant les appels de Nia. Je refermai sans attendre la porte derrière moi, me laissant lourdement tomber au sol tout en éclatant en sanglot au même moment.
Je restai ainsi pendant ce qui me sembla une éternité, la tête enfouie dans mes avant-bras qui reposaient eux-mêmes sur mes genoux pliés. Une multitude d'émotions me submergeaient. Réalisant avec horreur après un long moment que j'avais laissé la concierge derrière, seule à gérer la situation.
Je devais absolument me reprendre. Ce comportement ne me ressemblait tellement pas. Moi qui avais toujours mes émotions sous contrôle, réussissant toujours à me poser et à être analytique. En même temps, ce n'était pas tous les jours que j'étais confrontée à la découverte d'un mort et cela ne venait pas avec le mode d'emploi sur la gestion de la situation.
Bon gré mal gré, soufflant, je me relevai en essuyant les larmes qui avaient dévorées mes joues, essayant de retrouver un semblant de contrôle. Hésitante, je sortais enfin de mon appartement en direction de celui de mon voisin. J'ignorai combien de temps s'était écoulé entre la découverte du corps de Dante et ma fuite suivie de ma retraite précipitée chez moi.
J'étais en état de choc espérant au plus profond de moi de ne pas trop être parasitée par des cauchemars par la suite.
Nia se trouvait un peu plus loin dans le couloir en pleine conversation avec une femme qui était de dos. Je croisai son regard par-dessus l'épaule de la nouvelle arrivante, m'invitant à se joindre à elles d'un discret signe de la tête. A mon approche, je la vis se pencher en avant, lui glissant un mot tout en me montrant du doigt. La femme se retourna à mon approche, m'offrant un sourire chaleureux.
- Mademoiselle Griffin ? Demanda-t-elle, d'une voix douce.
- Oui, c'est moi.
- Police, commença-t-elle, en me tendant son badge d'identification. Je suis le Détective Alexandria Wood de la brigade criminelle de Portland ! Je suis la première répondante sur la scène de crime. J'ai sécurisé le périmètre. Mon équipe ne devrait pas tarder.
Je restai sans rien dire pendant un instant, complément abasourdie par ce que cette femme venait de m'annoncer, mais aussi par sa beauté.
Elle avait de longs cheveux châtains, parsemés de petites tresses qu'elle avait tirés en arrière dans une queue de cheval lui dégageant ainsi le visage. Ses yeux étaient aussi vert que l' émeraude et me transpercèrent de toute part, scrutant la moindre de mes réactions. Ses traits étaient doux marquant le contraste de sa mâchoire bien dessinée et ne cachant rien de ses lèvres pulpeuses.
Bien malgré moi, je ne pus m'empêcher de rougir, rendant encore plus confus l'état dans lequel je me trouvai.
Je bloquai un instant, réalisant à quel point la situation devenait absurde.
Beauté ? Non mais ça n'allait vraiment pas la tête.
Mais à quoi étais-je en train de penser ? Me donnant une claque mentale, je m'arrachai de ma contemplation, me rappelant la gravité de la situation. Ce n'était vraiment pas le moment pour cela ! Il n'y a même pas une minute, j'étais en état de choc et voilà que maintenant, j'avais les hormones qui se réveillaient.
Clarke, reprend-toi un peu ma vieille! Hurla la petite voix qui me servait de conscience.
- Criminelle ? demandai-je, toujours un peu confuse. Je ne comprends pas.
Mal à l'aise, elle se passa une main dans les cheveux, les ébouriffant encore plus avant de répondre.
- Oui, commença-t-elle. Nous intervenons sur toutes scènes de crimes suspectes. A première vue, votre voisin a été victime d'un homicide. Il a été poignardé à maintes reprises au niveau de la poitrine.
- Pardon?
Je restai la bouche ouverte, choquée par cette nouvelle, me rendant plus confuse que jamais. Je sentais une douleur lancinante prendre naissance dans ma tête, annonçant l'arrivée certaine d'une migraine. A cet instant, j'étais complètement dépassée par la situation, me laissant submerger par les émotions.
- J'aurai quelques questions à vous poser, continua-t-elle en m'invitant à la suivre d'un signe de la main.
Sans un mot, je lui emboitai le pas, me laissant conduire jusqu'à la porte entrouverte de mon appartement. Prenant les devants, je la guidai à l'intérieur jusqu'au salon. D'un geste de la main, je lui fis signe de s'assoir sur le canapé.
Je ne pouvais pas m'empêcher de me sentir un peu intimidée par sa présence dans mon intimité. Personne n'était encore venu chez moi depuis mon arrivée dans le Maine, l'année précédente. Elle se laissa tomber entre les coussins du sofa, me faisant signe de la rejoindre en tapotant la place à côté d'elle, ce que je fis sans broncher.
- Monsieur Wallace avait-il des ennemis ? Interrogea-t-elle, en sortant son calepin. Des problèmes financiers ? Des dettes ?
Je secouai vigoureusement la tête de négation en réponse à ses questions.
- Pas à ma connaissance. Mais je n'étais pas suffisamment intime avec lui pour en être totalement certaine.
- A-t-il de la famille ? enchaîna-t-elle.
- Il me semble qu'il a un fils. Il l'a mentionnée à plusieurs reprises, mais je n'en sais pas plus que cela et je ne l'ai jamais vu.
Les questions continuèrent à fuser, me donnant des difficultés pour me concentrer. Le bourdonnement lancinant de ma migraine n'arrangeait pas les choses, s'intensifiant au fur et à mesure. Je répondais comme je pouvais, sentant que le détective cherchait quelque chose en particulier et que je n'étais pas en mesure de lui donner. Je ne savais rien et toute cette histoire me dépassait complètement.
Mais j'avais ce pressentiment que j'étais en train de me plonger dans de beaux draps.
Soudainement le flux de questions s'arrêta. Le Détective Wood se pencha en avant sur le sofa, posant ses deux coudes sur ses genoux, effleurant son menton d'un doigt. Elle resta silencieuse, m'observant attentivement de son regard inquisiteur.
- Pouvez-vous m'en dire plus à votre sujet ? lâcha-t-elle.
En l'espace d'un instant, j'étais redevenue une adolescente chargée à bloc d'hormones, n'étant plus habituée à être le centre d'attention...
Je m'étais mise volontairement à l'écart du marché des célibataires, encore fragilisée par mes dernières expériences. Objectivement, j'étais une femme plutôt jolie, ayant un charme indéniable avec mes long cheveux blonds et mes yeux bleus, ayant toujours un sourire aux lèvres. Pourtant, j'avais le chic pour attirer les "mauvaises" personnes. Peut-être que c'était mon côté souvent dans la lune ou mon petit côté geek accentué par le port occasionnel de mes lunettes de travail, qui me faisait toujours voir le positif chez les gens qui m'entouraient, ignorant souvent tous les signes avant coureurs d'une relation toxique.
- Euh… balbutiais-je. Oui, bien sûr. Que voulez-vous savoir ?
- Dites m'en un peu plus à votre sujet ! insista-t-elle.
- Ok... Je m'appelle Clarke Griffin. Je suis originaire de Boston et j'ai trente et un ans. Je travaille pour le Portland Press Herald depuis un an maintenant.
Je me décomposai littéralement sur place. La voyant prendre des notes sur son petit calepin, je réalisai la gravité de la situation dans laquelle je me retrouvai.
Et si elle était en train de me compter parmi les suspects ?
Il ne manquait plus que cela!
Je n'avais jamais rien fait d'illégal de toute ma vie... Enfin, hormis peut-être la fois où j'avais bu de l'alcool alors que je n'avais pas encore l'âge légal... Mais j'avais des parents très libéraux et ouverts d'esprit.
- Relax Mademoiselle Griffin, dit-elle, en esquissant un sourire qui accentuait ses fossettes. C'est juste la procédure. Je ne vous accuse de rien ! Enfin pour l'instant.
Je restai sans voix, abasourdie, une première pour la grande bavarde que j'étais.
Sans autre cérémonie, elle se leva dans un mouvement souple, rangeant d'une main ses notes dans la poche intérieure de son blouson et me tendant de l'autre un carte.
- Je dois vous demander de passer au poste de police dans les jours à venir, afin d'effectuer une déposition officielle, expliqua-t-elle. Je vous appellerai pour fixer un rendez-vous. Si jamais entre-temps, un détail vous revient, voici mes informations.
Je m'emparai du morceau de papier avant de reporter mon attention sur le détective. Elle me salua d'un mouvement souple de tête avant de prendre congé, me laissant seule. J'observai un moment les lignes calligraphiées sur la carte qu'elle venait de me donner, remarquant qu'au dos, elle avait griffonné plusieurs numéros de téléphone.
Je relevai d'un coup sec la tête en direction de l'entrée mais elle avait déjà disparu.
Qu'est-ce que… ? Donnait-elle son numéro de portable personnel à tous les témoins qu'elle croisait sur les scènes de crime? Ou bien...?
Il fallait que j'arrête de tout interpréter, ce n'était pas bon pour ma santé mentale. Elle ne faisait que son travail, rien de plus, rien de moins. J'étais loin d'avoir fait une grande impression, d'autant plus que je faisais apparemment partie de la liste des suspects et ce jusqu'à preuve du contraire.
De toute façon, je ne me faisais pas de soucis, je n'avais rien à cacher.
Je secouai la tête avant de déposer la carte sur ma table basse, sortant à mon tour de l'appartement.
Le couloir grouillait de policiers en uniforme. Nia allait probablement avoir besoin d'aide, alors autant se rendre utile.
A suivre...
