Hello, hello,
Du coup, je mets en ligne le chapitre 2 plus tôt que prévu car il est prêt...alors je me suis dis pourquoi attendre ?
J'espère que cela vous plaira.
Et surtout n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour me dire ce que vous en pensez... c'est toujours apprécié et motivant d'avoir vos retour.
Bonne lecture et bon week end
Stay safe :)
Carftybug
CHAPITRE 2
Le reste du week-end s'écoula tranquillement sans autre incident majeur. J''essayai tant bien que mal d'oublier le visage de Dante mais aussi celui du Détective Wood.
Les deux avaient hanté mes nuits, alternant entre cauchemars et rêves étrangement plaisants, n'arrivant pas en même temps bien sûr, ni de la même façon non plus.
Heureusement d'ailleurs, sinon je devrais sans doute aller consulter un psychiatre…
J'avais toujours su que mon inconscient était un peu tordu mais je n'avais pas anticipé à quel point.
Lundi arriva rapidement annonçant une nouvelle semaine de travail ! J'enfourchai mon vélo électrique, me dirigeant en direction de mon bureau au Portland Press Herald dans la brume matinale de ce mois de Septembre. J'habitai au centre de Portland, non loin de mon lieu de travail, facilitant mes déplacements et me plaçant proche de toutes commodités.
J'avais emménagé dans le Maine l'année précédente pour y travailler comme illustratrice pour le journal local.
Le coin bande-dessinée et bien, c'était moi !
J'étais originaire de Boston et je n'avais pas vraiment eu encore l'occasion de me faire des amis depuis mon arrivée dans le coin. J'étais pourtant quelqu'un de sociable mais n'ayant pas vraiment eu d'opportunité pour rencontrer des personnes avec qui j'avais de vraies affinités, j'avais préféré me concentrer sur mon travail.
Les personnes qui me connaissent le mieux étaient ma sœur adoptive, Raven Reyes et ma meilleure amie, Octavia Blake. Le problème, c'était qu'elles étaient chacune à des milliers de kilomètre du Maine : Raven à Las Vegas dans le Nevada avec son compagnon Kyle Wick et Octavia travaillait à Cancun, au Mexique, dans le tourisme, rendant nos rencontres difficiles et rares.
Je n'avais que mes parents à proximité : Jake et Abigail Griffin. Ils habitaient toujours la banlieue de Boston, environ à deux heures de mon nouveau chez moi. J'aimai retourner chez eux de temps à autre afin de me ressourcer, mais j'évitais d'y rester trop longtemps sachant que l'aventure pouvait vite devenir épuisante. Mon exubérante de mère était avocate, tout comme Raven par ailleurs, pour un organisme à but non lucratif représentant les plus défavorisés. Quant à mon père, plus discret et réservé, il était professeur de biologie au BCU, l'une des plus grandes universités de Boston. Malgré leurs caractères diamétralement opposés, leur couple avait tenu jusqu'à présent, rendant à mes yeux leur relation un vrai mystère.
Parfois, je regrettai d'avoir déménagé aussi loin de ma ville natale mais cela avait été pour la bonne cause, étant la meilleure solution pour tout recommencer à zéro, faisant table rase du passé pour repartir sur des bases saines.
Après quelques heures de travail, John Murphy, l'assistant de l'éditeur en chef, entra dans mon bureau, me tirant de mes rêveries.
- Hey Griff', commença-t-il, en s'appuyant contre le chambranle de la porte. Cela te dit de venir prendre un verre avec le reste de l'équipe ce soir ?
Je relevai la tête de ma planche de dessin, plaçant le crayon que je tenais dans la main sur mon oreille.
- Murphy, je ne sais pas trop. C'est un jour de semaine et je...
Il ne me laissa pas finir.
- Clarke, coupa-t-il. Cela va faire un an que tu bosses avec nous et tu as toujours des excuses pour ne pas venir. Alors pour une fois, cela nous ferait plaisir que tu dises oui et que tu viennes.
Il me dévisagea, attendant ma réponse, les bras croisés sur son torse.
- Ok... Je vais venir. Mais je suis à vélo.
- Ce n'est pas un problème, je m'occupe de tout, dit-il en tapant dans ses mains. Ce soir, dix-huit heures trente devant l'entrée. Ne sois pas en retard.
Sans autre formalité, il disparût aussi silencieusement qu'il était arrivé, me laissant retourner à mes illustrations tout en esquissant un sourire.
Après tout, il était peut-être temps que je me sociabilise enfin. Après le week-end que j'avais passé, j'avais plus que le droit de me changer les idées.
En attendant, je me mis de nouveau au travail, redoublant d'effort, laissant une vague créative me submerger, facilitant l'avancée de la journée.
Après une pause bien méritée, les dessins étaient enfin terminés, me permettant ainsi de les apporter à l'éditeur pour ès validation, ces dernières partiraient en direction de l'imprimerie pour l'édition du lendemain, rendant ma mission quotidienne accomplie.
Je me levais du siège, m'étirant comme un chat avant de faire craquer mes cervicales. Je grimaçai tout en jetant un dernier coup d'œil à mes planches. Elles étaient loin d'être des chefs-d'œuvre mais selon Murphy depuis que j'avais pris possession de la section illustration, les ventes avaient doublé.
Je déposai enfin mon travail sur le bureau de l'éditeur et après un coup d'œil rapide, Marcus Kane hocha de la tête d'approbation me signifiant qu'elles feraient l'affaire et que je n'avais pas besoin de les retoucher.
Par la suite, le reste de l'après-midi s'écoula rapidement, me permettant de retourner vaquer à mes occupations, navigant sur internet à la recherche d'actualités pouvant être source d'inspiration pour le lendemain. Absorbée par ma tâche, je ne vis pas le temps s'écouler loupant presque l'heure de partir.
Ne trainant pas, je récupérai mes affaires avant de me diriger vers l'ascenseur afin de rejoindre mes collègues qui devait déjà m'attendre à l'entrée de nos bureaux. En effet, ils étaient déjà tous là, en grande discussion, certains s'agitant avec énergie. A mon arrivée, ils se retournaient, m'offrant de grands sourires.
- Enfin, dit Jasper Jordan, un collègue journaliste, en levant les mains au ciel. Nous commencions à désespérer après tout ce temps. On commençait à se demander si nous étions assez bien pour toi.
- Parle pour toi, Jasper, pouffa Emori de l'imprimerie en le poussant.
Jasper me fit un clin d'œil tout en s'approchant de moi, passant un bras autour de mes épaules. Rougissant jusqu'aux oreilles, je passais d'un pied à l'autre, mal à l'aise.
- Ne l'écoute pas Clarke. Elle est juste jalouse.
- Hey les jeunes ! interpella Murphy qui arriva à son tour. On joue gentiment…
- Hey boss, se manifesta Monty Green de l'édition, qui était resté silencieux jusqu'à présent. Ce n'est pas trop tôt, on a soif et il temps de se détendre.
Pouffant de rire, Murphy nous invita à le suivre en direction du parking et de sa voiture. Après quelques minutes de conduite à travers Portland et son agitation de fin de journée, nous arrivions enfin à l'Arkadia, un pub irlandais très populaire qui se situait dans le quartier de l'afterwork et des bars. Malgré le fait que nous étions lundi soir, il y avait énormément de monde et ce fut avec grande difficulté que nous nous frayions un passage au sein de la foule qui se détendait insouciante, à la recherche d'une table assez grande pour notre petit groupe. Nous nous installions enfin, laissant le début de soirée commencer.
Après quelques bières, je me relaxai tranquillement, sentant la tension que j'avais accumulé tout au long du week-end s'échapper peu à peu. Cela faisait une éternité que je n'avais pas pris du temps que pour moi, pour décompresser, oubliant presque la sensation que cela procurait. J'avais l'impression de sourire comme une idiote, les joues en feu, l'alcool commençant à me faire tourner la tête. Après un moment, mes collègues m'abandonnèrent pour aller se déhancher sur la piste de danse. Les regardant avec intérêt, mais n'ayant aucune envie de me ridiculiser ainsi que pour la sécurité des pieds de tout le monde, c'était mieux que je m'abstienne.
Perdue dans mes pensées, une main passa dans mon champ de vision, posant une bière sous mon nez. Je levai les yeux vers le nouveau venu pour le remercier pensant que c'était un de mes collègues, pour seulement croiser le regard vert du Détective Wood.
Restant sans voix, plus que surprise de la trouver là, je l'observai s'installer sur le tabouret en face de moi.
Mais que faisait-elle ici?
- Mademoiselle Griffin ! me salua-t-elle, en portant son verre aux lèvres.
- In… Inspecteur wood ? Y a-t-il un problème ?
Elle pouffa tout en secouant la tête à ma remarque.
- En fait, c'est Détective, Mademoiselle Griffin, rectifia-t-elle en se passant une main dans ses long cheveux qui tombaient en cascade sur ses épaules. Mais vous pouvez m'appeler Lexa, c'est plus simple. Rassurez-vous, il n'y a aucun problème. Je suis venu boire un verre après le travail avec les collègues.
Sans attendre, elle pointa du doigt en direction d'une table voisine non loin de la nôtre, où plusieurs personnes parlaient avec animation.
- Merci pour la bière, Lexa.
Elle m'offrit un sourire en coin en guise de réponse avant de reporter son attention sur la piste de danse, me laissant l'opportunité de l'observer discrètement. Elle se redressa sur son tabouret, portant à nouveau son verre à ses lèvres. Elle avait de solides épaules, paraissant être en bonne forme physique. Etant encore en tenu de travail, elle avait déboutonnée le col de sa chemise retroussant ses manches qui laissait apparaitre des avant-bras bien dessinés ainsi que de jolies mains et de longs doigts.
J'étais tellement perdue dans ma contemplation de cette femme à mes côtés que je ne m'étais même pas aperçu qu'elle avait repris la parole.
- Et vous, Mademoiselle Griffin. Que faites-vous ici, seule ?
- Hm, je suis aussi venue avec mes collègues après le travail mais comme vous pouvez le constater, ils m'ont lâchement abandonnée.
- Oh ! Et vous ne dansez pas ?
J'éclatai d'un rire franc, naturel, une première depuis bien longtemps. Je ne me souvenais plus la dernière fois où je m'étais sentie aussi détendue. Je devais sans doute remercier les bières que j'avais bu jusque-là, allégeant mes inhibitions.
- Oula, non ! C'est apparemment mauvais pour la santé des autres.
- Nan ! s'exclama-t-elle. Je suis sûre que ce n'est pas aussi terrible que vous essayez de me faire croire.
- Oh que si ! contrai-je. Je peux vous l'assurer mais vous m'excuserez si je ne vous le prouve pas! Au fait, s'il vous plait, appelez-moi Clarke. Mademoiselle Griffin; cela fait beaucoup trop sérieux.
- Et que faites-vous donc au Portland Press Herald, Clarke ?
- Je suis illustratrice et je m'occupe du coin bande-dessinée.
Elle me fixa un instant, la bouche bée.
- Vraiment ? lâcha-t-elle. Enfin, je veux dire, j'ai toujours cru que c'était un homme qui s'en occupait... Clarke, cela sonne plutôt masculin.
Je me redressai un instant sur mon tabouret, me tournant plus franchement vers elle tout en pouffant. C'était une erreur assez commune que les gens pouvaient faire, cela ne me surprenait pas.
- Non, non, C'est bien moi et je suis bien une femme ! confirmai-je en écartant les bras. Mon père était un grand fan de l'écrivain Arthur C Clarke et après un long combat avec ma mère, il a obtenu gain de cause et c'est resté. Pas trop déçu, j'espère ?
- Absolument pas et pour tout avouer, commença -t-elle un peu gênée, ses joues prenant une jolie teinte rosée, j'adore le coin BD. C'est mon petit plaisir du matin avec le café. Cela m'aide à commencer la journée du bon pied.
Un silence s'imposa après sa confession, nous rendant un peu mal l'aise. Pour se donner contenance, elle porta sa bière une nouvelle fois à ses lèvres, me laissant en faire autant. Nous restâmes ainsi pendant de longues minutes, savourant le moment présent et observant notre environnement, évitant soigneusement le regard de l'autre. J'avais peur de me faire des idées mais si mon esprit ne me jouait pas des tours, il y avait un quelque chose qui était en train de se passer entre nous. Essayant de ne pas trop analyser ce que je ressentais, je ramenais mon attention vers la jeune femme.
- Au fait, comment se passe votre enquête concernant mon voisin Dante Wallace ? Est-ce que vous avancez ?
- Oui, nous avançons. Mais malheureusement, je ne peux pas vous en dire plus, secret professionnel ! Désolée.
- Je comprends. Je n'insiste pas, répondis-je, en posant une main sur son avant-bras. Et vous n'avez pas à vous excuser, vous ne faites que votre travail. Je ne voulais pas vous mettre en porte à faux.
Réalisant mon geste, je ramenai mon bras vers moi dans un mouvement que je n'espérais pas trop brusque, offrant au passage un petit sourire d'excuse. Me sentant rougir jusqu'à la racine des cheveux, je me forçais à reprendre une conversation normale d'une voix que je souhaitai être légère.
Après quelques hésitations, la discussion reprit sur des sujets plus neutres, devenant naturelle comme si nous nous connaissions depuis des années, nous découvrant des points communs. Une aura de bienveillance et de gentillesse non forcée émergeait d'elle, favorisant une atmosphère agréable et un échange confortable malgré le léger flirt présent. Pour la première fois depuis bien longtemps, j'avais le sentiment que je pouvais être moi-même, n'ayant pas le besoin de faire semblant.
Ayant perdu toute trace du temps, je jetai un coup d'œil à ma montre, lâchant un soupir de frustration.
- Ça y est, je vous ennuie déjà ? pouffa Lexa en arquant un sourcil amusé.
Lui offrant un sourire contrit, je me levai de mon tabouret avant de rassembler mes affaires.
- Il se fait tard et je me lève tôt, expliquai-je. Je vais rentrer sinon je n'arriverai jamais à dessiner droit demain matin.
A son tour, elle me suivit dans le mouvement, se retrouvant à ma hauteur. Au même moment, elle fut bousculé par un groupe de jeunes à la recherche d'une table, la déséquilibrant. Sa poitrine vint se coller à la mienne dans une embrasse maladroite, me rendant soudainement plus que consciente de sa présence à mes côtés. C'était très perturbant et en même temps très agréable. Je m'écartai d'elle presque à regret, refusant de croiser son regard.
- Désolée, marmonna-t-elle en reprenant constance.
- Il n'y a vraiment aucun problème Lexa, répondis-je sur le même ton. Ce n'est pas de votre faute si les gens sont maladroits.
- Oui c'est vrai, dit-elle, en se passant un main dans les cheveux, tentant de cacher sa gêne.
- Merci pour cette soirée Lexa, continuai-je, j'ai passé un très bon moment. Au revoir Détective Wood.
- Tout le plaisir était pour moi, Mademoiselle Griffin, répondit-elle tout simplement en portant une main sur sa poitrine, une légère rougeur sur les joues.
Et sans un mot de plus et après un petit signe de tête en guise de salut, je m'éloignai dans la foule à la recherche de mes collègues que je n'avais pas vu depuis des heures. La dernière fois que je les avais vu, certains dansaient toujours et d'autres avaient retrouvé des connaissances, se joignant à leur table. Jetant un coup d'œil par-dessus mon épaule, je vis Lexa partir de son côté sans un seul regard pour moi.
C'était mieux ainsi. Je ne voulais pas me faire des idées, surtout que nous étions en plein milieu d'une enquête où j'étais apparemment une des principales suspectes. Il n'y'avait pas de doute possible sur l'intérêt que le détective me portait n'étant d'autre que professionnelle. Elle ne faisait que son travail. Malgré cela, tout au fond de moi, je ne pouvais pas empêcher mon cœur d'espérer, sachant que Lexa était tout à fait le type de personne pour laquelle je pouvais craquer.
Après quelques minutes d'errance, j'aperçus enfin Murphy de dos sur la piste de danse en pleine conversation avec une jeune femme que je ne connaissais pas le reste des collègues, non loin de lui. M'approchant de lui, je lui touchai l'épaule, pour attirer son attention, le faisant se retourner. D'un geste de la main, il s'adressa à la femme à ses côtés, lui faisant comprendre qu'il en avait pour une minute. De son autre main, il s'empara de mon coude, me guidant en dehors de la piste de danse, légèrement en retrait, afin de pouvoir mieux s'entendre.
- Griff, tout va bien?
- Je vais rentrer chez moi, Murphy, commençai-je. Je crois que j'ai un peu trop bu... et que je n'ai plus trop l'habitude.
- Oh ! Ok, dit-il, la mine un peu déçue. Je comprends. Merci d'être venue. J'espère que tu as passé quand même un bon moment.
- C'était très bien, John, le rassurai-je, merci de m'avoir invitée. Finissez bien la soirée et à demain.
En guise de réponse, il m'attira contre lui dans une accolade amicale avant de se reculer et de retourner en direction de la piste de danse et de la jeune femme qui l'attendait. Regardant ma montre, je soupirai une nouvelle fois. Il était plus de minuit. Je commençai à sentir la fatigue s'installer. Il ne me restait plus qu'à commander un Uber, ne me sentant pas la force de rentrer à pied.
Une fois à l'extérieur, je sortais mon portable à la recherche de l'application qui me permettrait de rentrer chez moi. Ma navigation fut interrompue à peine l'écran déverrouillé.
- Besoin d'un taxi ? demanda une voix mélodieuse que je reconnu sans problème.
Je me retournai brusquement, surprise par l'interruption, croisant le regard rieur de Lexa qui était là, devant moi tenant sa veste d'une main, l'autre enfouie dans la poche de son jean. Je retins de justesse un frisson, sentant mon cœur s'emballer.
Qu'est-ce que je pouvais détester mon corps et ses réactions à cet instant, maudissant intérieurement ses foutues hormones d'adolescente attardée.
- C'est très gentil, commençai-je, en montrant mon téléphone. Je vais me débrouiller, ne vous inquiétez pas. Uber et Lyft sont mes amis. De plus, je ne veux pas vous déranger.
- Vous ne me dérangez pas, Clarke, contra-t-elle, en s'approchant de moi. Je vous ramène chez vous sans problème. C'est sur mon chemin !
- Lexa, vous avez sans doute autre chose à faire que de ramener une de vos suspectes chez elle.
- Vous avez raison ,concéda-t-elle, un sourire en coin. Êtes-vous toujours aussi têtue ?
- Seulement quand ça en vaut la peine, répliquai-je sur le même ton.
- Vous m'en direz tant…
Je croisai alors son regard en guise de réponse, le soutenant pendant quelques secondes avant d'éclater de rire, l'alcool aidant probablement un peu. Cette dernière ne tarda pas me rejoindre dans mon hilarité.
- Alors c'est oui ? Demanda-t-elle, entre deux rires.
- Vous dites de moi, mais dans le genre têtue vous n'êtes pas mal non plus !
- C'est ce qui fait mon charme.
- Ça, je vous le confirme, m'exclamai-je, avant de réaliser mes paroles, portant une main sur ma bouche.
Trop tard ! Lexa avait bien entendu mon commentaire, baissant la tête tout en retenant un sourire.
Dans le genre discrète, on repassera…
je ne pouvais pas faire pire.
Pourtant, Raven me répétait de toujours tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler.
Mais pourquoi avais-je autant bu de bière ?
Finalement, Lexa avança encore d'un pas, venant plus près de moi, puis m'offrant son bras dans une invitation à la suivre.
- On y va ?
Ne faisant pas confiance à mon cerveau pour dire une autre ânerie, je restai silencieuse, préférant hocher la tête pour confirmer. Puis, je glissai une main sur son avant-bras, me laissant guider jusqu'à sa voiture.
Le chemin du retour se fit dans le silence. Nul besoin de lui indiquer mon adresse, elle la connaissait déjà. Lexa gara sa voiture, toujours sans un mot devant l'entrée de mon immeuble, sortant rapidement afin de venir m'ouvrir la porte.
- Et en plus vous êtes une gentlewoman !
- A votre service, Madame, répondit-elle, en hochant la tête.
- Encore merci de m'avoir ramenée, Lexa. C'est très gentil de votre part.
- Je n'allais quand même pas vous laisser rentrer à pied, répliqua-t-elle, en se passant une main dans les cheveux. Ma mère m'a mieux élevé que ça. Si j'ai bien compris, vous n'avez pas de voiture pour retourner au travail demain matin ?
- En fait, je n'ai pas de voiture tout court et je ne me déplace exclusivement qu'en vélo, expliquai-je. J'ai laissé mon vélo au travail, mais, ce n'est pas un problème, ça m'arrive parfois. Je prendrai un Uber.
Elle resta un instant silencieux, se balançant d'un pied sur l'autre comme si elle essayait de peser le pour et le contre de ce que je venais de lui dire.
- Je passe vous prendre demain matin et je vous emmènerai, proposa-t-elle. Au passage, on s'arrêtera au poste, je dois encore prendre votre déposition de façon officielle. Ça sera l'occasion.
Je reculai d'un pas à sa remarque, mon cœur s'accélérant à nouveau dans ma cage thoracique. Et oui, je n'étais pas encore tirée d'affaire, enfin surtout de la liste de ses suspects. Elle ne faisait que son travail et je devais me rentrer ça dans ma tête de linotte.
- Lexa, Ne vous sentez pas obligé. Je peux me débrouiller.
- J'insiste, Clarke, continua-t-il. Je ne me sens pas obligée et cela ne me dérange pas. Je serai là à sept heures trente. Bonne nuit. A demain.
Sans plus attendre et avant même que je puisse rajouter quelque chose, elle s'engouffra dans sa voiture, la démarra avant de s'éloigner dans la nuit, me laissant seule sur le trottoir. Trainant les pieds, je pris le chemin de mon appartement, montant les escaliers avec difficulté. Une fois à l'intérieur, je me laissai lourdement tomber sur mon canapé, ayant du mal à réaliser tout ce qui venait de se passer. Les dernières quatre-vingt-seize heures de ma vie avaient été riche en évènement et j'avais du mal à encore tout intégrer et accepter.
Je mourrai d'envie d'appeler Raven ou Octavia pour en parler, mais je réalisai que ce n'était pas forcément une bonne idée.
Comme d'habitude, j'étais en train de me faire des films, accordant trop d'importance au moindre détail. J'étais un véritable cœur d'artichaut.
Encore une fois, je savais que Lexa ne faisait que son travail, n'étant à ses yeux qu'une suspecte. En même temps, il s'était vraiment passé quelque chose entre nous deux ce soir et je ne savais vraiment pas quoi en penser. Mon cerveau était en ébullition, me sentant un peu perdue et confuse. Terrassée par toutes ces émotions, je finis par m'endormir sur ces pensées.
A suivre...
Pauvre Clarke, elle est confuse comme tout. Et Lexa semble dans le contrôle. Est ce que cela va durer longtemps ? les rôles vont-ils s'inverser?
Prochain chapitre, la déposition au poste de police...
