Hello, hello,

Sans plus de préambule et entre deux patients, je poste le chapitre 4.

Et Raven fait enfin son entrée. Ce chapitre est plus centrée sur la relation entre Clarke et Raven.

Un grand merci pour vos reviews que je lis avec plaisir et qui motive bien.

N'hesitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre.

Bonne lecture et bon week end

Stay safe

Craftybug


CHAPITRE 4

En rentrant ce soir-là, j'eus la surprise de trouver ma sœur adoptive qui m'attendait, assise, sur le palier de mon appartement.

- Raven, qu'est-ce que... ?

Je n'eus même pas le temps de finir ma phrase qu'elle vint s'écraser contre moi, me coupant le souffle sous la force de l'impact. Elle glissa ses bras autour de mon cou, me serrant fort contre elle. Elle enfouissait son visage contre ma nuque. Sentant mon t-shirt mouillé, je réalisai avec horreur qu'elle était en pleurs, son corps secoué par d'incontrôlables sanglots.

Décidément, je n'étais pas la seule qui avait eu une sale journée. Et apparemment, la sienne avait été encore pire que la mienne si je pouvais en juger par le flot d'émotions qui s'échappait d'elle.

Je lui rendis son étreinte, la réconfortant du mieux que je pouvais. Je laissais à mon tour des larmes silencieuses trop longtemps retenues couler le long de mes joues. Je sentais ma pression intérieure redescendre un peu. Je me repris rapidement sachant que Raven avait besoin de moi et qu'à cet instant, c'était le plus important.

- Raven, ma chérie que se passe-t-il ? demandais-je en m'écartant d'elle tout en prenant son visage en coupe entre mes mains. Que fais-tu ici ?

Elle laissa un déchirant soupir s'échapper de sa bouche avant de me fixer, les yeux débordant de larmes.

- Je suis partie Clarke, lâcha-t-elle. Ça y'est. J'ai enfin quitté Kyle. C'était le moment. Je ne pouvais plus faire semblant.

Je restai silencieuse pendant de longues minutes, lui laissant le temps de se calmer, le corps secoué par de nouveaux sanglots. Je savais que Raven y songeait depuis plusieurs mois. Sa relation de cinq ans avec Kyle Wick ne lui convenait plus depuis bien longtemps. Ils avaient des attentes trop différentes l'un de l'autre qui s'étaient accentuées avec le temps passant. Malgré tout, ils avaient essayé de se donner une nouvelle chance. Sans grand succès. Ils n'avaient trouvé aucune solution viable pour la survie de leur couple.

C'était sans doute mieux ainsi.

J'étais fière d'elle et de la décision qu'elle avait prise. En attendant, voir Raven dans cet état me brisait le cœur. Cela me rappelait de mauvais souvenirs. Elle arborait la même expression que lorsqu'elle était venu vivre avec nous.

Elle avait rapidement compris que la vie qu'elle avait connu auparavant, était terminée. Elle était alors âgée de six ans. Ses parents venaient de mourir dans un accident de voiture, la laissant orpheline. Mes parents étaient de amis de longue date des Reyes et je la connaissais depuis que j'étais née. Raven n'avait pas d'autre famille et pour lui éviter de rentrer dans le système, mes parents l'avaient adopté.

- Je suis si fière de toi Raven, murmurais-je, tout en essuyant de mes pouces, les larmes qui continuaient de ruisseler le long de ses joues. Tu vas pouvoir avancer maintenant et je serai là pour toi, tout au long du chemin.

Je fis glisser mes mains sur ses épaules. Je resserrais ma prise sur celles-ci comme pour lui signifier que mes paroles étaient vraies et sincères. Puis, je me penchai en avant pour déposer un baiser sur son front. Raven revint alors vers moi dans une nouvelle étreinte, calant sa tête sous mon menton. Puis elle glissa ses bras autour de ma taille comme si j'étais un doudou géant. D'un geste de la main que j'espérai apaisant, je faisais de grands cercles dans son dos, tout en lui soufflant des paroles réconfortantes à l'oreille. Nous restâmes ainsi pendant de longues minutes, sans bouger. Puis sans rompre notre étreinte, je réussis à ouvrir la porte de mon appartement. Je l'emmenais sans attendre à l'intérieur.

Là, je la guidai en direction du salon où nous nous laissons lourdement tomber dans le canapé. Mes soucis du moment étaient largement relégués au second plan, ce qui me permit de les oublier temporairement. Je me concentrai entièrement sur la détresse de Raven. Je l'installais le plus confortablement possible à mes coté, sa tête reposant sur mon épaule.

Nous restions ainsi un long moment, collée l'une contre l'autre. Je la berçait doucement. Elle reniflait de temps à autre, ce qui augmentait la sensation grandissante d'humidité sur mon t-shirt à l'endroit où sa joue reposait. Terrassées par les émotions, la fatigue nous prenant par surprise, nous nous endormions dans cette position sans même nous en rendre compte.

X

Le lendemain matin, des coups à la porte d'entrée nous réveillaient brusquement dans un sursaut. Clignant à plusieurs reprises des yeux, les événements de la veille me revenaient en mémoire. Je pris conscience qu'en l'espace de vingt-quatre heures, j'avais encore dormi sur mon canapé.

Un record.

Tout en me levant, je me fis une note mentale pour la prochaine fois : mon lit était définitivement plus confortable.

Raven s'étirait tranquillement, émergeant à son tour. Elle étouffa un bâillement. Les coups recommencèrent, résonnant dans tout l'appartement ce qui eut pour effet de me rappeler à la réalité. Je jetai un coup d'œil à mon téléphone coincé dans ma poche de pantalon tout en le portant à mon regard. Lâchant un soupir de frustration, je réalisai qu'il n'était que sept heures du matin.

Qui pouvait donc venir aussi tôt ?

Grognant de mécontentement et probablement un peu de mauvaise humeur, je me dirigeai d'un pas lourd en direction de l'origine des bruits. Ne cherchant même pas à cacher mon agacement, je n'étais pas assez matinale pour cela, j'ouvris la porte d'un coup sec. M'apprêtant à râler, je ravalai tout mon venin, m'étouffant presque avec ma salive quand je tombais nez à nez avec le Détective Wood qui se dandinait d'un pied sur l'autre.

- Mademoiselle Griffin ! S'exclama-t-elle tout simplement en hochant la tête.

Mon cœur loupa un battement, puis un autre, avant de s'emballer dans ma poitrine. Inévitablement je sentis les joues me brûler et de petits papillons secouer mon ventre. Malgré ma colère de la veille et ma tentative de prise de distance, je n'arrivai pas à contrôler mon corps. Je ne pouvais l'empêcher de réagir lorsque j'étais en présence de cette femme.

- Détective, répondis-je en croisant les bras sur ma poitrine. Que faites vous là ? Suis-je en état d'arrestation ?

Je la vis baisser la tête, fuyant mon regard tout en esquissant un timide sourire.

- Non. Rassurez-vous, continua-t-elle. Je pensais que vous auriez aimé savoir que vous étiez officiellement retirée de la liste des suspects.

- Oh…

Cette information fit l'effet d'une bombe, empêchant apparemment mon petit cerveau de fonctionner normalement. Je restai ainsi figée sur place pendant au moins une longue minute, la bouche entre ouverte, la regardant un peu bêtement. Finalement, je réalisai la bonne nouvelle qu'elle m'annonçait. Cela levait enfin cette épée de Damoclès qui pesait sur ma tête et ce bien malgré moi depuis le début de cette affaire. Je sentis un sourire s'étendre sur mes lèvres. Un rire franc s'échappa de ma gorge.

- V... Vraiment ? demandais-je, juste pour confirmation. Enfin, j… Je veux dire bien sûr que je ne fais plus partie de la liste des suspects. je vous avais bien dis que j'étais innocente.

- Oui, c'est vrai, répondit-elle me regardant enfin. Je n'ai jamais eu aucun doute là-dessus.

- Vous auriez pu me l'annoncer par téléphone, lâchais-je, un peu frustrée malgré tout. Vous n'aviez pas besoin de vous déplacer.

- Je voulais vous l'annoncer moi-même, confia-t-elle, en enfonçant les mains dans ses poches, détournant à nouveau les yeux. Je vous le devais bien. Je suis désolée si je vous ai malmenée hier. Mais vous devez comprendre que je devais faire mon travail sans que mon jugement soit influencé par mon intérêt à votre égard.

Réalisant la portée de ses mots, elle s'arrêta net mettant une main sur sa bouche. Son visage prenait une jolie teinte cramoisie. Elle se dandina encore plus d'un pied à l'autre, clairement mal à l'aise.

Et le pire dans tout ça, c'était qu'elle n'était pas la seule dans cette situation. Je n'étais probablement guère mieux qu'elle. Je ne savais plus où me mettre.

-Enfin… balbutia-t-elle, ce n'est pas… Je… Je…

Plus elle essayait de se justifier, plus elle s'enfonçait dans l'embarras.

- Je…je suis contente de voir que vous allez bien. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps Mademoiselle Griffin.

Me saluant d'un signe de la tête, elle s'en alla sans demander son reste, ni se retourner. Cependant, je pouvais l'entendre jurer à plusieurs reprises sur toute la descente des escaliers. Je restai pendant de longues minutes à fixer le vide, la porte grande ouverte. Encore une fois, mon cerveau avait du mal à analyser tout ce qui venait de se passer. L'attitude du Détective Lexa Wood n'arrangeait pas les choses.

Foutues signaux contradictoires….

- C'était qui ? m'interpella Raven encore toute endormie au bout du couloir.

- Ce n'était personne ! m'écriais-je en me retournant brusquement tout en claquant la porte.

Je la vis hausser un sourcil interrogateur, me jaugeant du regard tout en posant ses mains sur sa taille. Je connaissais cette expression par cœur pour l'avoir vu tellement de fois auparavant. Raven pouvait détecter des mensonges à des kilomètres à la ronde. Je savais à cet instant qu'elle ne me croyait pas.

Et croyez-moi dans ces cas-là, elle lâchait rarement le morceau avant de savoir la vérité. Elle n'était pas devenue avocate pour rien. Pourtant elle n'insista pas.

- Ok, concéda-t-elle avant de se diriger vers la salle de bains.

Soufflant de soulagement, je me laissai aller contre la porte derrière moi. Je n'avais pas besoin de l'inquiéter avec mes problèmes. Elle avait bien d'autres chats à fouetter en ce moment. D'autant plus que mes petits désagréments venaient de se résoudre par eux-mêmes. Mon réveil sonna dans ma poche, me rappelant qu'il était temps que je me prépare pour aller au travail. Je me décidai de rejoindre Raven dans la salle de bains où je la trouvai devant le lavabo. Elle se lavait les dents, tout en fixant d'un regard vide un point invisible devant elle. Je m'avançai vers elle et d'un coup de fesse, je la poussai gentiment pour qu'elle puisse me faire de la place comme lorsque nous étions enfants.

Tout en prenant ma brosse à dent, je l'observai du coin de l'œil. J'étais inquiète, elle avait vraiment mauvaise mine. Peut-être que je devrai appeler notre mère, elle était toujours de bons conseils.

- Raven, tu es sûre que ça va ? Je suis inquiète pour toi, parle-moi s'il te plait.

Elle finit par me faire enfin face, tout en baissant la tête pour essayer de cacher les larmes qui coulaient à nouveau sur ses joues. D'un doigt sous le menton, je lui relevai le visage. J'essuyai de mon autre main la trace de ses pleurs dans un geste doux. Cela me fendait vraiment le cœur de voir ma sœur dans cet état, elle, que je considérai comme la plus combattive de nous deux.

- Comme tu le sais, commença-t-elle, la voix tremblante. Cela faisait déjà un moment que ça n'allait plus entre nous. Nos intérêts divergeaient, nous éloignant l'un de l'autre. On a pourtant essayé, mais comme je m'en doutai depuis quelques temps, cela, n'a pas marché. Malgré le fait que je m'étais préparée à l'idée de tourner la page définitivement et de faire les choses en douceur, je suis partie sur un coup de tête hier.

Je restai silencieuse la laissant continuer. Je ne pouvais plus continuer comme ça.

- J'étais en train d'étouffer, tu comprends. Il fallait que je parte. J'étais en train de mourir à petit feu dans une relation et une vie qui ne m'allait plus.

- Oh, Raven, je suis désolée…

- J'ai peur Clarke, murmura-t-elle. Je ne sais pas si je peux y arriver toute seule.

- Tu n'es pas seule, je suis là. Les parents sont là aussi. Sans oublier Octavia.

- J'avais l'impression de me mentir à moi-même, continua-t-elle. J'avais tout pour être heureuse et pourtant…

- Ça va aller Raven, tu as pris la bonne décision. Ne te sens pas coupable.

- Je sais… Mais je suis terrorisée à l'idée d'avoir fait une erreur.

- Tu es une des personnes les plus courageuses que je connaisse Raven et ce que tu viens de faire demande beaucoup de bravoure. C'est normal d'avoir peur. C'est une nouvelle vie qui commence pour toi. Laisse-toi le temps.

- Clarke…

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que la sonnerie de mon téléphone nous interrompt. N'y prêtant pas attention, il finit par se taire, puis, recommença à sonner. L'opération se répéta, trois fois de suite. Raven me fit signe de la tête d'aller répondre ainsi que pour me signifier que notre conversation pouvait attendre. Sans autre, je me dirigeai vers le salon, attrapant mon téléphone que j'avais posé sur la table basse et décrochai.

- Allo ?

- Clarke ? demanda une voix grave. C'est Kyle, s'il te plait, dis-moi que Raven est avec toi ?

- Oui, elle est ici. Elle est arrivée hier soir.

- Oh ok merci, merci, souffla-t-il, visiblement soulagé. J'étais tellement inquiet. Elle n'est pas allée au travail hier et impossible de la joindre au téléphone. Personne ne savait où elle était. De ce que j'ai pu comprendre, c'est qu'elle est partie sur un coup de tête.

- Il semblerait bien que oui ! Sais-tu si elle va revenir ?

- Non, je ne pense pas, Wick, commentai-je. Mais je ne veux pas m'avancer et surtout je ne peux pas parler en son nom.

- Je m'en doutais un peu, confia-t-il.

Un silence s'installa entre nous, il ne restait plus rien à dire. Je ne voulais pas me mêler de leur vie et en même temps, cela concernait Raven. J'avais une certaine loyauté envers elle et je ne pouvais m'empêcher de prendre position. Ceci étant dit, j'avais toujours plus ou moins apprécié Kyle Wick, même s'il m'agaçais profondément à certain moment.

Je savais qu'ils souffraient depuis longtemps de cette situation et ils allaient enfin pouvoir avancer chacun de leur côté tout en mettant leurs propres valeurs et attentes en perspective.

- Je suis désolé pour tout, Clarke.

- Ce n'est pas de ta faute, contrais-je. Tu n'as pas besoin de te justifier auprès de moi, tu le sais. C'est la vie et c'est mieux ainsi que vous soyez misérables pour le reste de vos vies.

Je l'entendis soupirer.

- Tu as raison.

Au même moment, Raven entra dans le salon interrompant notre discussion. Je retirais le téléphone de mon oreille avant de le porter contre ma poitrine. Elle avait revêtu l'un de mes tee-shirts ainsi qu'un de mes leggings. Même si nous étions environ de la même corpulence, j'étais plus grande qu'elle et mes vêtements ne la serraient pas autant.

Je ne pouvais m'empêcher de remarquer que Raven avait perdu du poids ce qui rendait notre différence de taille plus flagrante. Mon cœur se serra de tristesse à cette vision.

- C'est Kyle n'est-ce pas ? dit-elle, en s'avançant vers moi en désignant mon portable d'un doigt.

Lui faisant un signe affirmatif de la tête, elle me tendit une main me faisant comprendre que je devais lui donner l'appareil. Surprise, je la regardai perplexe, la bouche entre-ouverte.

- Tu es sûre ?

Elle acquiesça en silence, me prenant le téléphone des mains.

- Kyle ? C'est Raven, annonça-t-elle, en s'éloignant du salon en direction de ma chambre.

Apres avoir refermé la porte derrière elle pour plus d'intimité, je restai, un instant, confuse au milieu de mon salon.

Réalisant que j'avais grand besoin d'un café pour me réveiller, mes pas m'emmenèrent à la cuisine. Je devais bien reconnaitre que ces derniers jours avaient été un peu chaotiques entre ma mésaventure avec la police et les révélations de ma sœur. J'avais du mal à appréhender tout ce qui s'était passer. Parfois, j'étais encore convaincue de vivre un rêve, que rien de tout ça n'était vraiment réel. Me passant une main sur la nuque, j'essayai de décontracter les muscles sous tension. Je lâchais un soupir de frustration. J'allais avoir besoin de vacances pour m'en remettre. Peut-être que cela était la parfaite occasion pour rendre visite à nos parents à Boston. Sur ses pensées, je me préparai pour affronter cette nouvelle journée de travail, tout en commençant par allumer ma machine à café.


A suivre