Hello la compagnie,
Tout d'abord un grand merci pour vos retours. C'est très motivant et positf alors merci !
Ensuite, un grand désolée pour la semaine dernière. Je n'ai hélas pas pu publier car j'étais de service tout le week end avec des horaires du soir. En rentrant, j'étais K.0 et j'ai fais la loque sur mon canapé devant un épisode de Muderville sur Netflix.
Bon, comme les enfants, ça y'est je suis en vacances et voila avec un peu de retard, je partage avec vous le Chapitre 5. L'histoire avance avec un rebondissement dans l'enquête.
Sans vous en dire plus, je vous laisse découvrir le nouveau chapitre.
Bonne lecture
Craftybug
CHAPITRE 5
Un mois plus tard.
Cela faisait maintenant un mois que Raven était partie de Las Vegas, laissant derrière son emploi et sa vie là-bas. Elle élit temporairement domicile dans mon appartement. La cohabitation se passait plutôt bien, malgré nos caractères diamétralement opposés et le fait que je devais partager mon lit avec elle ce qui occasionnait tous les soirs une lutte sans merci pour la couverture. Comme quand nous étions gamines. J'avais plaisir de retrouver peu à peu Raven et son énergie débordante, limite contagieuse. Elle semblait assumer pleinement sa décision d'être partie. Elle remontait la pente avec plus de facilités que je ne l'avais imaginé. Elle recommençait même à communiquer avec Kyle de temps à autre, retrouvant l'amitié qui les avait unis à un moment de leur vie. Bien avant qu'ils ne deviennent un couple. J'avais toujours admiré Raven pour sa capacité de résilience et cette fois-ci ne faisait pas exception.
Du coup, s'étant retrouvée sans emploi, elle en avait profité pour s'octroyer des vacances bien méritées ce qui nous permis de s'installer dans une routine bien rodée. Je n'avais jamais vraiment réalisé à quel point sa présence dans ma vie m'avait manquée jusqu'a maintenant. Ce qui me fit comprendre que j'avais été bien seule auparavant.
Notre petite vie bien remplie, m'avait presque fait oublier les incidents du mois précédent ainsi que la belle Détective Wood et ses magnifiques yeux vert. Tout en lâchant un soupir à cette agréable pensée, j'esquissai un sourire. Il fallait croire que cette affaire ne m'avait finalement pas trop traumatisée.
En fait, si je devais vraiment être honnête avec moi-même, j'aurais pu tenter quelque chose avec elle. Dans une autre vie peut être. Elle m'avait vraiment plus, me laissant un souvenir indélébile.
- Tout va bien Clarke ? Demanda Raven, en posant sa tasse de café sur la table basse. Tu fais une drôle de tête et tu es toute rouge.
Affalées sur le canapé, nous étions au salon en train de regarder notre série du moment sur Netflix. Je venais de terminer quelques jours de congé, me permettant de passer un peu de temps avec elle. Je ne recommençais le travail que le lendemain.
- Oui, tout va bien. Ne t'inquiète pas ! Je suis juste un peu fatiguée.
Ma réponse sembla la satisfaire. Ne cherchant pas à approfondir son inquisition, elle reporta son attention sur les images qui défilaient sur l'écran de la télévision.
Au même moment, on frappait à la porte d'entrée de mon appartement.
- J'y vais, dit-elle, en se levant du canapé, me prenant de vitesse.
Lui faisant un signe d'approbation de la tête, je m'installai un peu plus confortablement entre les coussins, tout en resserrant un peu plus la couverture autour de mes épaules. Machinalement, je portai ma tasse fumante à mes lèvres, sirotant mon café. Raven revint une poignée de minutes plus tard dans le salon aussi silencieuse qu'un chat. Je ne m'aperçus pas immédiatement qu'elle était en compagnie de deux personnes. Levant les yeux de l'écran, je croisai ceux des nouveaux arrivants qui m'offraient en guise de salutation, un geste de la main. Les reconnaissant, je manquai presque de tomber du canapé de surprise.
- Clarkey, dit-elle, en venant se poster derrière moi puis croisa les bras sur sa poitrine. Ces détectives insistent pour s'entretenir avec toi ! Ils n'ont pas voulu me dire de quoi il s'agissait.
Le Détective Lexa Wood et Anya Oliver se tenaient en face de moi, tous les deux très imposants dans leurs costumes, m'observant avec attention.
- Tiens donc qui voilà, commençais-je d'humeur taquine. Détectives, quel honneur me vaut cette visite ? Non ! Ne me dites pas que je vous manque déjà ?
Je vis la Détective Wood esquisser un discret sourire tout en enfonçant ses mains dans les poches de son pantalon, dansant d'un pied à l'autre. Le visage du Détective Oliver resta impassible. Elle s'avança d'un pas, la mâchoire serrée, venant dans ma direction.
- Mademoiselle Griffin, nous avons besoin d'un service ! lâcha-t-elle.
Un service ? Mais de quoi parlait-elle maintenant ?
Avant que je ne puisse dire quoique ce soit, Raven se manifesta.
- Avant qu'un autre mot ne sorte de votre bouche, coupa-t-elle, en prenant position à mes côtés. Je tiens à vous informer que je suis l'avocate de Clarke. Alors, j'aimerais vraiment savoir que se passe ici ?
- Raven…
- Et toi, s'énerva-t-elle, en me désignant du menton. Tu vas m'expliquer, qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Je t'interdis de dire quoique ce soit avant que je n'en sache plus !
Faisant une pause, elle se déplaça en face à moi tout en me pointant du doigt. Elle était clairement en colère et croyez-moi, cela ne présageait rien de bon.
- Qu'as-tu encore fait ?
- Heyyy, contrais-je, en baissant son doigt toujours pointé dans ma direction, d'un geste de la main. Pourquoi est-ce que j'aurais fait quelque chose d'abord ? Merci pour la confiance.
C'était typique de Raven ou de mes amis et de ma famille en général, d'assumer que j'étais la plus immature, ayant tendance à me fourrer dans des situations plus improbables les unes que les autres. Laissant échapper un soupir de frustration, je me passai une main sur mon visage essayant de chasser mon agacement.
- Il y a un mois, mon voisin a été retrouvé mort chez lui. J'ai été l'une des personnes qui l'a découvert. J'ai été au début de l'enquête considérée comme suspecte. Ils ont prélevé un échantillon de mon ADN et j'ai été officiellement écartée de la liste des suspects. Je croyais que j'allais être désormais tranquille, mais il faut croire que je me suis trompée.
Raven m'observait intensément, m'obligeant à détourner le regard ne pouvant soutenir le sien. Je préférais du coup me concentrer sur le bout de mes chaussettes.
Tiens donc, je n'avais pas réalisé que j'avais un trou dans celle de droite.
- Pourquoi ne pas m'en avoir parlé Clarkey? Continua-t-elle, sur un ton accusateur, J'aurais pu t'aider. Ce n'est pas qu'à sens unique.
- Pour te dire quoi Raven ? répliquais-je de mauvaise foi. Tu avais déjà assez de problèmes comme cela sans que je te rajoute les miens.
Un silence s'empara de la pièce, Raven ne me lâchait pas du regard. Je voyais les muscles de sa mâchoire se contracter sous la frustration. Blessée par mes paroles, elle faisait clairement un effort pour ne pas exploser, croisant les bras sur sa poitrine.
Bonjour culpabilité, cela faisait très longtemps que je ne m'étais pas sentie ainsi et je détestais ça.
Sans oublier que nous étions en train de nous donner en spectacle.
Remarquant du coin de l'œil que la Détective Oliver s'impatientait, je reportai mon attention sur celle-ci.
- Que puis-je faire pour vous, Détective ? demandais-je. Quelle est donc votre fameuse faveur ?
- Nous avons besoin de vous pour arrêter Nia Winter ! lâcha-t-elle sans plus de préambule.
- Nia ? répétai-je incrédule. Vous voulez parler de ma Nia?
La Détective Oliver hocha d'affirmation la tête, confirmant la réponse à ma question.
- Et pourquoi voulez-vous l'arrêter maintenant ?
Voyant que j'étais perplexe, Anya Oliver s'approcha de moi tout en entrant dans mon espace personnel.
- Nous savons que Nia Winter est impliquée dans le meurtre de Dante Wallace, expliqua la policière. Cependant, nous devons encore le prouver. Lors de nos recherches, nous avons pu découvrir qu'il y a trente ans, elle avait déjà été suspectée dans la mort de son premier mari. Elle n'a jamais été condamnée par manque de preuve.
Je me laissai lourdement retomber dans le canapé à ses dires, ayant encore du mal à y croire. Discrètement, je me pinçai le bras, m'assurant que je ne vivais pas un rêve. Enfin, si je devais être honnête, un cauchemar et ce depuis le début. Tout me paraissait surréaliste.
- Il nous faut un échantillon de son ADN pour pouvoir la confondre, continua-t-elle. C'est là que vous allez entrer en action.
- Il vous suffit de demander un mandat à un juge, objecta Raven, en se positionnant devant moi, faisant barrage de son corps. Pas besoin de Clarke. Ça serait de la folie de la mettre en danger de cette façon. Elle est une civile, elle n'a pas d'entrainement adéquate pour assumer ce que vous vous apprêtez a lui demander.
- Si seulement, cela était aussi simple, contra Anya, nous ne serions pas là. La cour estime que nos suspicions sont loin d'être suffisantes et les preuves trop circonstancielles pour avoir un mandat d'arrêt ou même de perquisition. Madame Winter refuse obstinément de nous fournir un échantillon de son ADN.
- Que voulez-vous que je fasse exactement ? interrompis-je, détestant que l'on parle de moi comme si je n'étais pas là.
Lexa jusque-là resté silencieuse, se manifesta. Elle s'avança vers moi d'un pas puis s'accroupissant à ma hauteur, elle me prit les mains dans les siennes.
- Nous allons vous équiper d'un micro que nous cacherons sous vos vêtements, commença-t-elle. Ensuite, vous irez à la rencontre de Madame Winter afin d'obtenir un échantillon d'ADN et éventuellement une confession.
- C'est trop dangereux, interjeta Raven, en forçant Lexa à se relever, rompant ainsi le contact entre nous deux. Vous ne pouvez pas lui demander cela !
- Soyez bien consciente que nous n'avons pas le choix, contra Lexa, faisant face à Raven. C'est pour cela que notre seule option est Mademoiselle Griffin. Nia lui fait confiance. Elle ne sentira pas menacer par sa présence.
- Ce n'est pas une raison, s'écria Raven qui s'était approchée d'elle en lui martelant la poitrine de son doigt. Débrouillez-vous autrement en trouvant une autre solution qui n'inclue pas de mettre en danger la vie de Clarke.
- Raven, l'interrompais-je. Calme-toi, ne sois pas aussi dramatique…
- Tu es sérieuse Clarkey ? Comment ne peux-tu pas voir la gravité de la situation, dit-elle, puis faisant volte-face en direction de Lexa. Et vous, si lui arrive quelque chose, je vais trainer vos fesses en justice.
Serrant les poings, je restai silencieuse tout en retenant bien malgré moi une poussée de colère qui commençait à se propager tel un feu de forêt. Et voilà, c'était encore et toujours la même histoire. Je détestai par-dessus tout que l'on décide à ma place tout en sous entendant que j'étais inapte à prendre les bonnes décisions.
- Ce n'est pas sans risque, c'est vrai, continua Lexa, d'une voix douce m'accordant à nouveau son attention. Mais nous ne serons pas loin à chaque instant et prêtes à intervenir pour vous sortir de là si besoin.
- Clarke… tenta Raven dans un dernier effort pour me convaincre de ne pas le faire, rien ne t'oblige. Tu ne leur dois rien et c'est beaucoup trop dangereux.
Restant sans rien dire pendant de longues minutes, je pesai le pour et le contre, laissant mon cerveau fonctionner à toute vitesse. Cette envie de défiance et de provocation pesait très lourdement dans ma balance des décisions. Je devais bien avouer que c'était un choix un peu cornélien. D'un côté, c'était dangereux, je le savais. Et d'un autre côté, j'étais convaincue que c'était la chose juste à faire.
Satanée moralité, si vous voulez mon avis.
En même temps, si grâce à ma participation, la police pouvait arrêter Nia, la traduisant en justice, cela pourrait apporter un peu de paix à la famille de Dante. Mais le plus important à cet instant, c'était cette envie incommensurable de clouer le bec à Raven et sa foutue condescendance.
- Ok, je vais le faire, dis-je en hochant la tête, m'adressant à Lexa.
Raven se laissa tomber, abattue dans le canapé à mes côtés, lâchant un soupir.
- Clarke...
- Non Raven, l'interrompis-je. Réfléchis une minute, c'est la chose à faire. Si je ne le fais pas, Nia va encore échapper à la justice et elle ne sera pas punie pour ce qu'elle a fait. Je ne veux pas que d'autres personnes se retrouvent blessées ou pire, à cause de moi, parce que je n'ai pas eu le courage de faire ce qu'il fallait.
Ouvrant la bouche pour me répondre, elle se ravisa, tout en baissant la tête dans un geste de défaite. Elle savait que j'avais raison.
- Ne t'inquiète pas, murmurais-je, en lui prenant la main entre les miennes. Contrairement à ce que tu crois, j'ai bien conscience de la gravité de la situation. Je te promets que je vais faire attention. Et puis, je ne serai pas toute seule n'est-ce pas ?
Lexa ainsi qu'Anya hochèrent la tête de concert confirmant mes paroles, réaffirmant silencieusement leurs positions.
- Quand voulez-vous que je fasse cela ?
- Le plus tôt possible, expliqua le Détective Oliver. Nous ne pouvons pas risquer que Winter se rende compte que nous essayons de la piéger. Ayant votre collaboration, laissez-nous quelques heures afin de mettre sur pied un plan d'attaque.
- Ok, soufflai-je, d'une petite voix. Vous savez où me trouver de toute façon.
Ayant obtenu ce pour quoi elles étaient venus, les deux détectives nous saluèrent d'un geste de la tête tout en nous faisant signe de la main de rester à nos places. Elles se retirèrent aussi silencieusement qu'elles étaient arrivés. Lorsque la porte d'entrée se referma, Raven se retourna vers moi me jetant un regard indéchiffrable. Je pouvais y lire malgré tout un mélange de colère avec une pointe de fierté.
- Je n'arrive toujours pas à y croire que tu aies pu me cacher cela ! dit-elle tout simplement.
Lui offrant un sourire contrit, je me penchai pour l'envelopper dans un câlin.
- Tu sais, confiai-je, je n'ai plus cinq ans. Je n'ai plus besoin de me cacher derrière toi ou maman. Je suis devenue une adulte responsable et assumée.
- Je crois que je regrette cette époque où je pouvais avoir un œil sur toi et que je pouvais te protéger, pouffa-t-elle.
Je sais. C'était le bon vieux temps. Quoi que je faisais, je m'en sortais toujours
- Ah ! Une vraie morveuse tu veux dire, contra-t-elle sur le ton de l'humeur, en m'ébouriffant les cheveux. Je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter et de me faire du souci pour toi. Tu es comme ma petite sœur après tout.
- Ah ! L'éternel débat. Tu te rappelles que tu n'as que cinq mois de plus que moi, râlais-je comme à chaque fois qu'elle sortait la carte de "l'ainée".
- Toujours à argumenter ! soupira-t-elle, levant les yeux au ciel. Certaines choses de changeront jamais.
- On ne change pas une équipe qui gagne.
X
L'après-midi se termina sur une note plus sereine, apaisant les tensions silencieuses qui nous avaient habitées depuis la visite des deux détectives. Malgré ce calme apparent, j'avais quand même un certain bouillonnement intérieur qui remuait mes tripes, ce qui ne me faisait pas tenir en place. A la moindre interpellation de Raven je sursautai, faisant des bons tel un cabri. Elle remarqua bien mon manège mais avait eu la décence de ne rien dire. Depuis que j'avais pris cette décision, je ne pouvais m'empêcher de me questionner sur la justesse de celle-ci.
Mais quelle idée avais-je eu de me prendre pour une justicière en herbe ?
Je jouais bien en dehors de ma ligue.
Et tout ça pour les beaux yeux d'une femme… enfin accessoirement.
Par ce que je savais qu'au fond de moi, c'était la bonne chose à rappelant le regard fier de Raven et celui, approbateur de Lexa, je repoussais au loin mes doutes, réaffirmant positivement mon choix.
En début de soirée, alors que j'étais en train de préparer le diner, mon téléphone sonna dans le salon. Raven qui se trouvait non loin, décrocha pour moi. Après ce qui me parût une éternité, elle entra dans la cuisine me tendant mon portable, tout en fronçant les sourcils de contrariété.
- C'est pour toi, dit-elle tout simplement, refusant de me regarder dans les yeux.
Comprenant qui était au bout du fil, je m'emparais de l'appareil, avant d'aller m'enfermer dans la chambre pour répondre.
- Allô ?
- Mademoiselle Griffin, Lexa Wood à l'appareil
Je retins mon souffle ne sachant pas quoi dire, sentant à nouveau mon estomac s'agiter nerveusement.
- Détective ? demandais-je. Que puis-je faire pour vous ?
- Je voulais vous prévenir que nous allons faire cela le plus tôt possible, expliqua-t-elle. Nous devons mettre toutes les chances de notre côté. Surtout avant que Nia Winter ne se doute de quelque chose et nous file entre les doigts.
- Oh, Ok.
Bravo Clarke, quelle éloquence.
Mais en même temps que pouvais-je dire d'autre ?
Non, non, promis je ne paniquai pas… Enfin presque pas. Mais je vous y verrai bien à ma place.
- Nous avons eu le feu vert de votre employeur pour utiliser vos locaux, continua-t-elle. Demain, vous irez au travail comme à votre habitude. En fin de journée, avant votre retour, je vous retrouverai dans votre bureau. Là, je vous équiperai et vous donnerai les dernières instructions. Vous me suivez jusque-là ?
- Je crois que oui.
- Je sais que cela fait beaucoup d'informations à la fois, concéda-t-elle. Pendant ce temps-là, Anya et quelques-uns de nos hommes s'installeront dans votre rue à bord d'une camionnette. De mon côté, je retournerai à votre appartement avec votre sœur, juste au cas où. Une dernière chose, prenez de préférences des vêtements amples.
Je ne répondis pas tout de suite.
Effectivement, trop d'informations en même temps à assimiler.
- Clarke, êtes-vous toujours là ? Demanda-t-elle, inquiète à l'autre bout du fil.
- Oui, Détective Wood, répondis-je. J'ai bien compris que je vous vois donc demain.
- Ça va aller ?
- Oui, ne vous inquiétez pas, continuais-je. Merci de votre appel.
Ne lui laissant même pas le temps de répondre, je raccrochai déjà mon téléphone, submergée par une multitude d'émotions. Me laissant glisser contre le mur de ma chambre, je m'assis au sol, prenant ma tête entre mes mains. Une peur panique à l'état pur s'imposait au plus profond de moi.
Je n'étais pas prête.
Enfin, j'étais prête théoriquement à faire ce qu'il fallait, mais c'était beaucoup trop tôt. Je n'avais pris cette décision que cette après-midi même et honnêtement, je ne m'étais pas préparer psychologiquement à faire ce que l'on attendait de moi. Je maudissais mon esprit de contraction à cet instant même. Dans un effort presque surhumain, je calmai enfin ma respiration qui était devenue superficielle et saccadée, me faisant tournée la tête.
Et si j'échouais et que Nia me démasquait ?
Après tout, je n'avais jamais été très douée pour jouer la comédie si bien que je me transformai en Pinocchio à chaque fois que j'essayais de mentir. Surtout, si j'échouais, Nia échappait encore une fois à la police me laissant cohabiter avec une meurtrière qui avait connaissance de ma participation dans toute cette affaire. Rien que cette pensée me fit frémir de terreur, n'osant même pas imaginer ce qu'elle pourrait me faire. Surtout la connaissant revancharde avec une mémoire d'éléphant.
Non merci.
Il fallait absolument que je la fasse parler, les enjeux étaient trop importants pour que je foire tout ça. Serrant fort mon téléphone, une douleur aiguë piqua ma main droite, ce qui me ramena à la réalité. Je retrouvai petit à petit mes esprits, apaisant le fil de mes pensées. C'était mieux que je fasse ma crise de nerf maintenant que plus tard, pendant la mission.
C'était normal d'avoir peur.
De plus, je m'étais engagée auprès des deux Détectives, m'empêchant de revenir sur mes paroles.
Je n'avais pas été élevé ainsi. Si ma mère m'entendait… Elle me botterait sans aucun doute les fesses.
Cette pensée m'arracha un sourire, me faisant relativiser ma situation. J'avais maintenant la certitude que tout allait bien se passer. Avec plus d'assurance, je sortis enfin de cette coquille dans laquelle je m'étais réfugiée, rejoignant ma sœur dans le salon pour lui expliquer le programme de la journée du lendemain.
X
Cette nuit-là, mon sommeil fut parasité malgré par des cauchemars de toutes sortes rendant mon réveil très difficile. Me levant la boule au ventre, je me préparai en silence, m'efforçant de stabiliser mes mains tremblantes. Une fois habillée, je réalisai avec contrariété que je ne pouvais avaler guère plus qu'un café. Et encore, ce dernier me restait sur mon estomac noué par l'anxiété. Finalement, la main sur la poignée de la porte d'entrée, je m'apprêtai à sortir de l'appartement sans un bruit lorsque je croisais le regard pesant de Raven qui venait de se lever.
- Clarke, appela-t-elle, me faisant retourner complètement en sa direction. Il n'est pas trop tard pour changer d'avis. Il n'y a pas de honte tu sais.
- Je sais Raven.
- Personne ne te jugera si tu décides de ne pas le faire.
- Raven…
- Je sais, je sais, s'exclama-t-elle, en levant les deux mains devant elle. Nous en avons déjà parler. Tu ne peux pas m'en vouloir d'essayer.
- Merci de veiller sur moi.
- Fais bien attention à toi et revient moi en un seul morceau, souffla-t-elle finalement.
D'un hochement de tête, je lui fis signe que j'avais compris puis je sortis enfin de l'appartement, fermant derrière moi la porte. D'un pas lourd, je descendis les escaliers faisant une courte pause devant l'entrée de Nia.
Aucun bruit ne filtrait de l'intérieur. Sans doute qu'il était encore trop tôt.
Ne m'attardant pas, je repartis presque aussitôt, réprimant un frisson. Une fois dehors, sans grande conviction, j'enfourchai mon vélo, pédalant en direction du bureau.
J'étais dans les premières arrivées, les couloirs du journal étaient encore bien désertiques. Cela m'arrangeait bien, me permettant ainsi de me poser pour vider mon esprit. Je devais maintenant me concentrer sur ce qui allait m'attendre un peu plus tard. Je me réfugiais à l'abri dans mon bureau, où je me laissais lourdement tomber sur la chaise avant de m'avachir sur la table devant moi, tapant mon front contre le bois de cette dernière.
Mince, mais dans quel pétrin je m'étais fourrée…
C'était bien plus grand que moi. Je me sentais tellement petite dans cette situation.
Que cette journée allait être longue.
Et effectivement, ce fut la journée la plus longue de toute mon existence. Plus je regardais l'heure et moins vite les minutes passaient. Impossible de pouvoir me concentrer sur mes planches de dessin, le travail n'avançait pas. Mon éditeur n'allait pas être content et pour la première fois depuis mon arrivée au journal, je n'allais pas pouvoir tenir mes engagements. Heureusement, j'avais toujours prévu des dessins de secours pour ce genre de situation.
On toqua à la porte de mon bureau, me faisant sursauter et avant que je puisse répondre, Murphy entra suivi du Détective Wood.
- Clarke, annonça mon chef, en se retournant vers la Détective qui me salua de la tête. Tu as de la visite. Cette jeune femme a insisté pour te voir. Il parait que tu attends sa visite.
- Merci Murphy, dis-je, en me levant de ma chaise. Je vais m'en occuper.
Acquiesçant de la tête, il referma la porte derrière lui avant de s'éclipser, nous laissant enfin seul dans la pièce.
A suivre...
Alors ? qu'en pensez vous ?
