Ami(e)s du soir, bonsoir,
Je commence par un merci pour vos retours et encouragements.
Juste un petit passage en coup de vent pour poster le chapitre 6 avec une pointe de Clexa.
N'hésitez pas à me faire savoir ce que vous en pensez.
J'espère qu'il vous plaira,
Bonne lecture
Craftybug
CHAPITRE 6
Je restai figée sur place derrière mon bureau pendant ce qui me parut une éternité. Le clic sonore de la porte qui se refermait derrière Murphy résonnant encore dans l'ensemble de mon corps.
Ne sachant pas quoi faire de mes bras, je les croisai autour de ma poitrine. Une vague d'anxiété naquît au creux de mon estomac. Ma respiration s'accéléra légèrement, se calant sur la cadence effrénée que prenait mon rythme cardiaque. Puis tel un électrochoc, je réalisai que c'était mon choix d'être là et que personne ne m'avait forcé.
Je faisais ce qu'il fallait. Et puis la police serait là pour me protéger.
Sur ses pensées, je repris le contrôle de mes émotions, apaisant mon cœur qui battait la chamade dans ma cage thoracique. Levant les yeux en direction de Lexa, je m'aperçus que cette dernière me fixait d'un air indéchiffrable. Comme revigorée d'une énergie nouvelle, je redressai mes épaules tout en soutenant son regard vert sans un mot. Puis, je fis un pas en arrière, me mettant en mouvement pour venir dans sa direction. Posant les deux mains sur mes hanches, je vins me planter à quelques centimètres d'elle. Se raidissant par ma proximité, Lexa serra sa prise autours des lanières de son sac qu'elle tenait fermement devant elle jusqu'à en blanchir la jointure de ses doigts. Elle se tenait devant moi, élégante comme jamais dans sa tenue de travail soignée.
Et ce, même après une journée de travail.
Les premiers boutons de blouse étaient négligemment déboutonnés au niveau de la base de son cou.
- Détective Wood, dis-je, d'une voix que j'espérais sûre. Bienvenu dans l'antre de l'artiste.
- Mademoiselle Griffin, répondit-elle. Un timide sourire s'étendit sur ses lèvres et qu'elle tenta de cacher par un hochement de tête, brisant ainsi notre contact visuel.
Se détendant un peu, elle fit alors un pas en avant lorsque je l'y invitai d'un geste de la main tout en me décalant sur le côté.
- Faites comme chez vous, continuai-je en la suivant.
Sans un mot, elle installa son sac qui paraissait bien lourd sur mon bureau, faisant attention au passage à mes affaires qui le peuplaient.
- Comment allez-vous Clarke ? Demanda-t-elle en se tournant pour me faire face tout en me fixant de ses prunelles vertes.
- J'ai connu mieux, plaisantais-je. Ça pourrait être pire. Je pourrais être à la place de ce bon vieux Dante. Alors, je m'estime heureuse d'être vivante.
- Clarke, m'interrompit-elle en se rapprochant de moi. Il n'est pas trop tard pour changer d'avis. Car une fois l'opération lancée, on ne pourra plus arrêter.
- N'êtes-vous pas censé me convaincre que je fais le bon choix ?
Pouffant de rire, elle apposa une de ses mains sur mon épaule.
- Croyez bien que si nous avions le choix, je ne vous aurais jamais demandé cela.
Comme pour signifier la véracité de ses paroles, elle serra son emprise sur mon épaule, me rendant ainsi encore plus consciente de la proximité de nos deux corps. Elle n'était désormais plus qu'à quelques centimètres de moi. Soutenant son regard, je scrutai avec attention les traits fins de son visage, me perdant au passage dans ma contemplation. Je finis par m'arrêter sur ses lèvres.
- Je sais, murmurai-je, ne pouvant détourner mes yeux de sa bouche qu'elle humidifia du bout de sa langue. C… C'est… C'est pour ça que je le fais. Nous n'avons pas vraiment le choix.
Réagissant à mes paroles, elle s'empara de mon autre épaule de sa main libre, nous rapprochant physiquement encore plus. Si bien que nos deux poitrines se touchaient presque à chaque respiration que nous prenions .
- Merci ! souffla-t-elle. Ce que vous faites, demande beaucoup de courage.
- Maintenant je compte sur vous pour me protéger, répliquais-je, sur le même ton.
- Clarke, dit-elle. Je serai à vos côtés à chaque instant.
Comme pour valider ses paroles et me donner du courage, j'hochai vigoureusement de la tête. Serrant une dernière fois mes épaules entre ses doigts, elle relâcha sa prise tout en faisant un pas en arrière ce qui eut pour effet de nous redonner cet espace si important pour ma santé mentale. Lexa reporta son attention sur son sac sur mon bureau, tendant une main, elle le rapprocha davantage vers elle. De l'autre, elle glissa la fermeture éclair avant de se tourner plus franchement vers ce dernier, tout en l'ouvrant complètement. Dans le silence, tout en me jetant des coups d'œil de temps à autre, elle en sortit le matériel qui se trouvait à l'intérieur. Elle l'étala devant elle sur la surface plane de la table. Remarquant mon air interrogateur, elle arqua un sourcil d'amusement.
- Tout ce bazar, commença-t-elle, d'un geste de la main. Fait partie de l'équipement de surveillance que je compte installer sur vous.
- Oh, répondis-je, parcourant des yeux les différents éléments qui me paraissait assez encombrant. Je pensais que ça serait plus discret. Genre mission impossible. Disons un peu plus high-tech.
Lexa lâcha un rire sonore tout en secouant la tête.
- Ça, ma chère, s'esclaffa-t-elle, entre deux fous rires. Ça n'existe que dans les films ou les grandes villes. Malheureusement, nous n'avons que le budget de la police de Portland donc notre matériel est assez archaïque.
- Est-ce censé me rassurer ? répliquai-je sur le même ton. Archaïque, sérieusement ? Ça ne donne pas vraiment envie.
- Archaïque, oui mais pas obsolète, contra-t-elle, toujours rieuse. Il efficace et c'est ce qui compte.
- De toute les manières, vous pouvez me dire ce que vous voulez, je n'y connais rien, continuai-je. C'est vous l'expert après tout. Et pour ça, je vous fais entièrement confiance Détective Wood.
Elle m'offrit un sourire taquin en guise de réponse, retourna à sa tâche tout en organisant toutes ses affaires. Réalisant que cet échange avait calmé mes nerfs, je me sentais plus sereine, la tête plus encrée sur les épaules. M'approchant un peu plus près d'elle, je l'observai travailler en silence par-dessus son épaule. Tous ses gestes étaient assurés, répétant une routine qu'elle semblait connaitre par cœur. Puis sans prévenir, elle se tourna en ma direction, nous retrouvant quasiment nez à nez à un souffle l'une de l'autre. Instinctivement, elle fit un pas en arrière, heurtant le bureau contre lequel elle se retrouva coincé. Baragouinant des excuses, elle baissa la tête fuyant mon regard. Elle tenta de cacher la jolie teinte rosée qui s'était installée sur ses joues. Refusant d'y croire jusqu'à présent, je n'avais désormais plus de doute, ayant la certitude que Lexa n'était définitivement pas insensible à ma présence. Je n'étais donc pas seule dans toute cette histoire et quelque part cette pensée me rassura.
D'un, ce n'était pas mon imagination que me jouait des tours et de deux, je n'avais finalement pas trop perdu la main.
Je devais bien reconnaitre que le timing était mal choisi. Ce n'était vraiment pas le moment d'y penser.
Nous avions des affaires plus urgentes à régler.
Cela n'empêcha pas de me motiver d'avantage, redonnant vie à un coté de ma personnalité trop longtemps oublié.
Hello, Clarke l'espiègle…
- Tout va bien Détective ? demandai-je, sur le ton de l'innocence même.
- Hm… Oui, dit-elle en se raclant la gorge, les deux mains agrippant fermement les bords de mon bureau. Je ne m'attendais pas vous trouver aussi proche de moi. J'étais perdue dans mes pensées. Vous m'avez surprise, c'est tout.
Pouffant en guise de réponse, je lui offris un clin d'œil complice qui accentua son rougissement.
Il fallait vraiment que j'arrête.
- Si je continuais ainsi, j'allais finir par la casser et nous avions encore une mission à finir.
- Promis, continuai-je, la voyant s'enfoncer dans son embarras. Ce n'était pas volontaire. Veuillez m'excusez.
Regagnant un semblant de calme, elle se redressa. D'une main tremblante, elle lissa le devant de son costume, puis passa l'autre dans ses longs cheveux dans un geste que je reconnaissais désormais comme de la nervosité.
- Pas de problème, dit-elle en hochant la tête. Vous voyez ce petit boitier ?
Voyant que j'approuvais du menton, elle continua.
- Je vais venir vous le fixer à même la peau à l'aide d'une ceinture, juste au-dessous de votre poitrine pour que cela passe inaperçue. Une fois installé, je vais faire remonter un petit fil auquel est rattaché un micro. Vous me suivez jusque-là ?
J'hochais une nouvelle fois la tête d'affirmation. Puis je réalisais ses paroles, je me figeai sur place.
Sur ma peau ? Sous ma poitrine ?
OH !
Cela voulait-il dire que j'allais devoir faire tomber ma chemisette ?
Littéralement !
Ce qui voulait dire que Lexa allait me voir dans une position plus que vulnérable ?
MAYDAY, je répète MAYDAY… ou comment refaire resurgir toutes mes insécurités, perdant une partie de mon cerveau au passage.
- Hm…euh…Oui, je crois que oui.
Imperturbable et surtout complément inconsciente de ma panique intérieure, elle poursuivit ses explications.
- L'enregistrement se fera grâce à ce petit boitier et sera relié directement à nos ordinateurs. Nous serons en mesure d'entendre tout ce qui se passera.
Elle s'arrêta un instant puis se tourna vers mon bureau, farfouillant parmi les affaires éparpillées dessus visiblement à la recherche de quelque chose. Dans une expression victorieuse, elle me fit face de nouveau tout en tenant entre son pouce et son index une petite oreillette. Je levais un sourcil interrogateur à son égard, essayant de comprendre l'origine de son enthousiasme.
- Ceci, déclara-t-elle, en me mettant le petit appareil sous le nez, sera mon lien avec vous. C'est un mini écouteur qui se place dans votre oreille et qui me permettra de communiquer avec vous en temps réel et en toute discrétion sans que Nia Winter ne s'en rende compte.
- Cela fait très James Bond Girl, plaisantai-je, en prenant le matériel dans la paume de ma main. Vous allez être le Q de mon 007.
Elle écarquilla les yeux de surprise à ma référence avant de laisser échapper un rire bruyant pour la deuxième fois depuis son arrivée. Secouant la tête comme pour retrouver son sérieux, elle reprit l'oreillette de ma main la reposant sur le bureau à ses côtés. Devant son hilarité, je réalisai encore une fois qu'une autre partie de ma nervosité venait de s'évaporer.
J'aimais le fait d'avoir été capable de provoquer ce genre de réaction de sa part.
J'aimais être à l'origine de ce sourire et de ce regard doux qu'elle semblait me réserver lorsqu'elle pensait que je ne prêtais pas attention.
- Avez-vous des questions Mademoiselle Griffin ? Demanda-t-elle
- Non, répondis-je, taquine. Je crois que j'ai tout compris. Vous êtes une excellente professeure Détective.
Satané mode flirte par défaut enclenché…
Encore une fois, pas le bon endroit ni le bon moment.
Baisse un peu d'un ton cerveau, n'oublie pas que tu dois te concentrer sur autre chose que cette femme en face toi, aussi attirante soit-elle.
- Ah, balbutia-t-elle, clairement gênée par mon compliment. Merci…
- Alors où et comment me voulez-vous ? continuai-je, sur ma lancée, réalisant que bien trop tard le double sens de mes paroles.
- Euh… Pardon ?
Clarke, Clarke, mais tourne sept fois la langue dans ta bouche avant de parler !
On ne dirait pas que d'ici une heure, tu vas risquer ta vie essayant de démasquer ta meurtrière de voisine et concierge :Nia Winter.
- Euh, oui… bégayai-je, essayant de rattraper ma maladresse. Enfin, je veux dire… Quelle est la prochaine étape ? Est-ce le moment où je dois faire tomber la chemise ?
Bon, qui veut bien me donner une pelle pour je finisse le trou dans lequel j'étais en train de m'enfoncer.
- Je crois que je vais me taire maintenant, ajoutai-je, détournant les yeux tout en mettant une main sur ma bouche.
- Eh bien, Mademoiselle Griffin, si je ne savais pas mieux, répondit-elle, en posant les mains sur ses hanches. Je dirais que vous être en train de flirter avec moi.
Réprimant une réponse un peu provocante, je relevai à la place la tête, croisant son regard complice remplit de bienveillance. Je mentirais si je disais que j'étais surprise de sa réaction.
Il y'avait définitivement quelque chose entre nous deux.
Un quelque chose d'inexorable et puissant. La voir répondre à mon humeur taquine provoqua en moi une vague de joie qui me fit oublier un instant où nous étions. Abandonnant l'idée de tournée ma langue dans la bouche, je déblatérais mon retour.
- Peut-être qu'en effet vous ne savez pas mieux.
Bon pour la finesse, on repassera. Cela n'avait jamais été mon fort de toute les manières.
Je décidai, à ce moment-là, d'accepter ce que je ressentais, mon attirance pour Lexa compris.
Je sais, je sais… mauvais timing pour ce genre de réalisation.
- Oh, dit-elle tout simplement.
- Comme vous le dîtes… Oh.
- Clarke…
- Je suis désolée, Lexa, l'interrompis-je, d'un geste de la main. Je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise. Promis, je vais baisser d'un ton.
- Clarke… répéta-t-elle.
- Je sais, je sais, contrai-je une nouvelle fois. Nous avons une mission à mener et ce n'est pas vraiment le moment. Je comprends. Je suis prête, que devenons-nous faire ?
Lexa ne répondit pas immédiatement me jaugeant du regard, l'expression indéchiffrable.
- Ok, dit-elle. Soulevez votre haut. Je vais commencer par vous installer le boitier d'enregistrement.
Hochant la tête, je soulevai lentement du bout des doigts le bas de mon chemisier. Je laissais apparaitre progressivement la partie inférieure de mon ventre, puis mon nombril, m'arrêtant à la limite de mon soutien-gorge. Je m'exécutais en ne lâchant pas du regard Lexa qui s'efforçait de ne pas détourner le sien. D'une main, elle récupéra le matériel nécessaire, tout en avançant d'un pas dans ma direction, la faisant se rapprocher dangereusement.
- Levez les bras, s'il vous plait, ordonna-t-elle, en continuant d'avancer toujours plus près.
Finalement, ce fût moi qui baissa les armes la première, décidant de fixer le bout de mes chaussures. Sans un mot, je venais coincer mon vêtement dans l'armature de mon sous vêtement pour ne pas qu'il ne gêne Lexa puis je m'exécutai. J'espérais à cet instant que je n'avais pas oublier de mettre du déodorant le matin même.
Lexa fit une courte halte. Elle sembla hésiter une fraction de seconde puis du coin de l'œil je vis l'expression de son visage changer se morphant en un masque d'assurance et de confiance en soi. Poursuivant son chemin jusqu'à ce qu'elle ne s'arrête qu'à quelques centimètres de moi. Elle se tenait si près que je pouvais sentir la chaleur de son corps irradier.
Rougissant jusqu'aux oreilles, je gardai obstinément la tête baissée. Lexa encercla alors ma taille de ses bras, pénétrant définitivement dans ma sphère intime. Elle vint placer son visage non loin de mon cou.
Retenant mon souffle et fermant les yeux d'anticipation, je ne compris pas tout de suite ce qu'elle était en train de faire.
Un clic sonore attira mon attention puis une sensation de serrement autour de ma cage thoracique me permit de réaliser qu'elle venait de finir d'installer le boitier d'enregistrement.
Et rien d'autre.
Ouvrant les yeux, je m'efforçai de rappeler à l'ordre mes satanées hormones. J'allais finir par l'embrasser ici et maintenant, histoire de juste satisfaire ma libido d'adolescente.
Surprise par cette pensée, l'adrénaline qui courrait mes veines n'arrangeait sans doute pas mon état.
Je devais absolument me reprendre.
D'un geste de la main, elle s'assura que le matériel était bien fixé. Satisfaite, elle se décala légèrement se tournant vers le bureau pour récupérer un autre élément du dispositif. Lexa retrouva sa place quelques seconde plus tard, se positionnant encore plus près de moi. Elle brancha un fil au boitier qui reposait sur mon diaphragme, le faisant remonter sous mon sous vêtement et le fixa dans le creux de mes seins.
Sentant ses doigts danser sur ma peau, je retins de justesse un grognement de plaisir qui se transforma en raclement de gorge. Je refusai toujours d'affronter son regard, fixant un point dans le vide derrière elle.
CONCENTRATION, CONCENTRATION.
- Tout va bien ? demanda Lexa, les mains toujours sur moi
- Hum hum, répondis-je, en baissant la tête.
- Clarke ?
- Hum ?
- Regardez-moi, s'il-vous-plait, continua-t-elle.
Voyant que je ne répondais pas à sa demande, elle glissa une de ses mains sous mon menton afin de relever mon visage, me forçant ainsi à la regarder. De l'autre, elle ramena mes bras l'un après l'autre contre mon corps. Ses doigts glissèrent le long d'un de mes avants bras tout en remontant sur mon biceps avant de venir se poser sur mon épaule.
Nous restâmes ainsi, dans cette position pour ce qui me sembla une éternité. J'ouvris la bouche pour parler mais aucun son n'en sortit, imitant à la perfection un poisson hors de l'eau. Je la refermais presque aussitôt priant intérieurement pour ne pas paraitre aussi stupide que je devais en avoir l'air.
Lexa caressa lentement ma mâchoire du bout de ses doigts jusqu'à ma joue la prenant pleinement au creux de sa paume. Cela provoqua un long frisson de plaisir qui secoua l'ensemble de mon corps. Ce qui me frappait le plus à cet instant même, était son regard qui était à la fois si sérieux et si intense. Une expression indéchiffrable était fermement ancrée sur son visage. Ses yeux faisaient des aller-retours entre les miens et ce qui semblait être ma bouche. Inconsciemment, je venais coincer ma lèvre inférieure entre mes dents.
Levant mes sourcils d'étonnement, je vis ses pupilles se dilater à mon geste, couvrant une bonne partie de ses iris verts et les rendant sombres comme la nuit. Bouillonnement d'anticipation et d'incrédulité, je me pinçais discrètement la cuisse.
Et sans me laisser le temps de plus tergiverser, elle m'attira vers elle d'un coup de main derrière ma nuque, prenant possession de ma bouche de la sienne.
Au contact, je fermais instinctivement les yeux, laissant échapper un petit gémissement.
ENFIN ! s'écria cette petite voix qui me servait de conscience et qui attendait ça depuis longtemps apparemment.
Notre échange s'approfondit encore plus lorsque je vins encercler le cou de Lexa de mes bras. Ses mains glissèrent lentement le long de ma silhouette, l'une prenant fermement possession de ma taille et l'autre réaffirmant sa prise sur ma nuque.
N'ayant quasiment plus d'espace entre nos deux corps, nos formes s'épousaient parfaitement comme s'ils avaient toujours été fait pour cela. Je sentais que Lexa me poussait lentement en arrière, me forçant à reculer jusqu'à ce que mes jambes ne touchent le rebord de mon bureau. Je m'écartais légèrement d'elle, haletante de surprise au contact du bois contre mes cuisses, je rompis le baiser. Ne me laissant pas le temps de reprendre mes esprits, elle replongea vers mon visage capturant à nouveau mes lèvres dans un échange presque désespéré. Sa main qui reposait sur ma taille se faufila jusqu'à mon genou et dans un geste presque sans effort, m'assit plus confortablement sur le dessus de mon bureau. Elle en profita pour ramener ma jambe autour de ses hanches. Ainsi, elle se positionna encore plus près de moi, laissant nos centres quasiment se toucher.
Oh, mon Dieu…
Lexa continua son exploration de mon cou, l'effleurant de ses lèvres. J'étais bien incapable de réfléchir de façon rationnelle. Ma conscience m'avait déserté depuis bien longtemps et se trouvait désormais bien au Sud de mon anatomie. Elle attendait avec impatience une libération qui semblait tarder à arriver.
Bien sûr, aucune de nous deux n'entendit les discrets coups à la porte de mon bureau, ni même cette satanée porte s'ouvrir ou encore moins le juron étouffé de Murphy. Néanmoins ce dernier insista d'un raclement de gorge, attirant enfin notre attention.
Lexa s'éloigna d'un coup dans un mouvement souple, elle essaya de mettre autant de distance possible entre nous. Pendant toute l'action, elle me fixa du regard une main sur la bouche. J'avais soudainement froid, réalisant seulement maintenant la chaleur que nous avions partagé.
Réalisant rapidement la situation, je me redressai aussi gracieusement que ma position le permettait, baissant le tissu de ma chemise. D'une main tremblante, j'essayai de remettre de l'ordre dans mes cheveux avant de me tourner complément vers mon supérieur. Je me détachais maladroitement du bureau, un sourire contrit aux lèvres.
Je m'apprêtai à parler lorsque je croisai ses yeux. Une lueur d'amusement brillant dans ces derniers. Ouvrant la bouche, je la refermai aussitôt.
Décidément, cela allait devenir une habitude.
Quelque chose me disait que je n'avais pas fini d'en entendre parler.
- Hum, Détective, commença Murphy, un sourire en coin. Votre partenaire, le Détective Oliver vient d'arriver et vous attend à la réception.
- Oh ? répondit Lexa, en regardant sa montre. Déjà ?
- Il parait que le temps passe vite lorsque nous sommes en bonne compagnie, continua mon supérieur, tout en remuant ses sourcils dans un mouvement suggestif. Il prenait clairement plaisir devant notre inconfort.
- John, grognai-je, reprenant mes esprits.
Ce dernier pouffa, reculant d'un pas tout en levant les deux mains en signe de reddition.
- Ha, s'esclaffa-t-il, ne cachant plus son hilarité. Je vais dire au Détective Oliver que vous finissez ce que vous étiez en train de faire et que vous la rejoignez à la réception, dès que possible.
- John, répétai-je, en me mettant une main sur le visage, essayant de cacher mon embarras.
- Vous avez quinze minutes, dit-il. Si j'étais vous, je ne perdrais pas une minute.
Ne nous laissant pas le temps de répondre, il fit demi-tour, faisant un pas en direction de la sortie.
- Petit conseil pour la prochaine fois, ajouta Murphy sans se retourner. Fermez la porte à clé.
Et sans autre, il claqua cette dernière derrière lui dans un bruit sonore, me laissant seule avec Lexa qui se trouvait quasiment à l'autre bout de la pièce. Nous restâmes silencieuses pendant de longues minutes, nous jetant des coups d'œil timides après ce qui venait de se passer entre nous.
Quoi dire ? Comment agir ?
Il devait bien avoir une ligne de conduite pour ce genre de situation. N'en revenant toujours pas, je secouai la tête, essayant de trouver le courage qui était enfouit bien profondément sous mon embarras.
- Lexa, dis-je, avant de venir me racler la gorge.
- Je suis désolé, Clarke, contra-t-elle quasiment immédiatement, venant se poster non loin de moi. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris.
- Lexa.
- N'en parlons plus ok ? Continua-t-elle. Restons concentrer sur la mission à venir.
- Mais…
- Non, s'il vous plait, Clarke.
- Ok, concédais-je. Mais une fois celle-ci finie, vous et moi, avons à parler.
- Très bien, admit-elle. En attendant, laissez-moi vérifier que votre équipement est fonctionnel. Puis si vous le voulez bien, revoyons ensemble les détails notre plan d'action.
Ah oui ! Comment avais-je pu encore oublier cette satanée mission ?
Mais voilà, ce qui arrivait quand les lèvres de l'objet de mon affection capturaient toute mon attention….
Une véritable Dory.
Cependant elle avait raison, business en premier, plaisir ensuite… Enfin, surtout si Lexa le voulait bien, et là, rien n'était moins sûr.
A suivre...
