Cet été de 1971 était froid. Enfin, disons, plus froid que d'habitude, dans les critères de l'Angleterre. John, un jeune garçon brun aux yeux verts gris, était en train de jouer de la guitare dans sa chambre quand il entendit quelqu'un sonner à la porte.
Un de ses parents avaient dû ouvrir car il entendait quelques voix venant de l'entrée, puis sa mère qui l'appelait. Le jeune homme soupira, posa son instrument sur le lit et descendit pour voir ce qu'il se passait. Il s'arrêta en bas des escaliers, penchant la tête d'un côté. Il ne connaissait pas la nouvelle arrivante.
Il s'agissait d'une femme qui avait entre trente et quarante ans à première vue. Elle était habillée d'une longue robe vert bouteille et ses cheveux châtains étaient relevés en chignon. Elle était plutôt grande, avait un air strict derrière ses lunettes carrées. Un petit sourire s'afficha néanmoins sur son visage lorsqu'elle vit le jeune garçon.
« Vous êtes bien John Richard Deacon ? » lui demanda celle-ci.
Le brun n'arrivait pas à répondre, sa timidité prenant le dessus, alors il opta pour un simple hochement de tête.
« Je suis le professeur McGonagall. » se présenta finalement la sorcière alors que Lilian, sa mère, les menait dans le salon pour discuter en étant plus à l'aise.
La femme prit la tasse de thé que lui tendit Mrs Deacon et en but une gorgée.
« Monsieur Deacon, je viens vous voir car vous avez des aptitudes qui permettent votre entrée à Poudlard. » expliqua la professeur, semblant chercher avec soin les mots qu'elle choisissait.
« Des...aptitudes ? » demanda le garçon d'une petite voix.
John aimait beaucoup bidouiller des objets électroniques, mais il n'avait jamais entendu parler d'une école qui s'appellerait Poudlard. Et si...on l'avait vu dans ces moments-là ?
Il s'était produit des événements étranges que le jeune homme ne savait pas expliquer lorsqu'il vivait une émotion forte surtout. Cela avait effrayé d'autres enfants pour un d'eux, et le garçon se doutait qu'il y était pour quelque chose.
« Je parle de vos aptitudes magiques. » sourit la sorcière.
« Comment sait-elle ? » pensa aussitôt le petit musicien.
« Attendez. » coupa Arthur, le père du garçon, qui ne comprenait pas. « John n'a jamais fait de magie à ma connaissance, et je ne suis pas sûr qu'il veuille devenir magicien. »
Le brun rougit. Il avait fait quelque chose qui s'apparentait à de la magie lorsqu'il avait cassé une de ses cordes de guitare et qu'il avait réussi à la réparer il ne savait toujours trop comment aujourd'hui. Il n'avait bien sûr rien dit à ses parents. Il y avait aussi ce moment où il avait déclenché une tempête de vent dans sa salle de classe, lorsqu'un de ses camarades était en train de l'embêter.
« Ce n'est pas de ce genre de magie que je voulais parler Mr Deacon. Me permettrez-vous de vous faire une démonstration ? » demanda l'arrivante.
La famille acquiesça. Le professeur McGonagall prit sa baguette et tapota la tasse qu'elle venait de finir. Elle se transforma aussitôt en colombe, arrachant un cri de surprise aux trois membres de la famille.
La sorcière retransforma l'oiseau en tasse, sans se départir de son sourire. Le père semblait au bord de la crise cardiaque. Lilian était émerveillée.
« Mais...je saurai faire ça ? » s'enquit John, qui avait du mal à réaliser mais était plutôt enthousiaste à l'idée de faire la même chose.
« Oui. D'ailleurs, je dois vous emmener sur le Chemin de Traverse afin d'y acheter vos fournitures. » indiqua Minerva. « Si vous acceptez d'aller à Poudlard bien entendu. »
John jeta un coup d'œil à ses parents – sa mère lui fit un signe positif de tête - avant d'acquiescer à son tour.
Le professeur indiqua qu'il avait une bourse d'études, et proposa d'emmener John sur le Chemin de Traverse. Lilian préféra rester auprès de son mari, qui ne semblait pas très en forme, mais demanda à la sorcière de ramener son fils pour 18 heures maximum. Elle était de toute façon trop préoccupée par Arthur pour se questionner sur un éventuel kidnapping, et la sorcière semblait plutôt digne de confiance.
La professeure de métamorphose les emmena dans une ruelle plutôt calme d'Oadby, où le garçon vivait, avant de sortir un vieux journal de son sac à main. John regarda l'objet l'air étonné. Qu'est-ce qu'un journal pourrait faire pour les aider à se rendre là où ils devaient aller ?
« Ceci est un portoloin. » indiqua la femme en voyant son regard interrogateur. « Il permet de voyager. Veuillez le toucher et ne le lâchez pas ! »
John s'exécuta, se sentant ridicule, jusqu'à ce qu'il ait l'impression d'avoir un crochet au niveau du nombril qui le tirait. L'atterrissage fut rude également et il tomba sur les fesses, avant d'être aidé par le professeur.
Le garçon regarda autour de lui. Il se trouvait dans une petite cour qui semblait appartenir à un bar s'appelant le Chaudron Baveur. La sorcière cependant, se dirigea vers le mur de brique rouges un peu plus loin et tapota trois fois une pierre bien précise avant que le mur ne s'ouvre, formant une arche qui menait à une large rue, avec au fond un bâtiment blanc. Le musicien ne savait pas où donner de la tête tellement il y avait de boutiques et de choses qui lui semblaient totalement impossibles.
La professeure l'emmena d'abord à Gringott's, le fameux bâtiment blanc, afin d'y ouvrir un compte à son nom pour y verser l'argent de sa bourse, et le professeur en récupéra une petite somme qu'elle mit dans une bourse et qu'elle tendit au jeune homme qui l'accompagnait, ainsi qu'une clé.
« Gardez cette clé bien précieusement, sans elle vous ne pourrez pas accéder à votre coffre. » expliqua la femme en la lui tendant. « Je vais également vous expliquez le fonctionnement de la monnaie sorcière. » Elle sortit trois pièces différentes de la bourse et les montra à John qui l'écoutait, fasciné.
Minerva prit la plus petite des pièces, qui était en bronze.
« Ceci est une Noise. » commença-t-elle en lui mettant la pièce dans la main. John la tourna et y vit un animal à cornes frappé dessus. « Si vous avez 29 Noises, cela équivaut à une Mornille. » La professeure lui passa cette fois une pièce un peu plus grosse, en argent. Il y avait un dragon frappé dessus. « Et si vous avez 17 Mornilles, alors c'est équivalent à un Gallion. » Elle lui donna la dernière pièce, la plus grosse des trois, qui était en or, également frappée d'un dragon.
« Je ne sais pas si je vais retenir tout ça tout de suite. » rougit le garçon. « Pourquoi ces chiffres ? »
La sorcière lui jeta un regard indéchiffrable, avant de sourire.
« Eh bien, à vrai dire, c'est une excellente question. » commença-t-elle. « Les sorciers sont tellement sûrs d'être supérieurs aux non-humains qu'ils n'ont jamais pensé à poser la question, puis c'est tellement rentré dans les habitudes que nous ne nous la sommes jamais posée ensuite. »
Le Gobelin qui les accompagnait fit un sourire carnassier. Il ne comptait pas répondre tant qu'on ne lui posait pas la question.
« Maître Gobelin ? Pourrai-je vous demander pourquoi ? » demanda l'enfant.
La créature se tourna vers lui l'air étonné. Pour une fois que quelqu'un leur posait la question, est-ce qu'il pouvait vraiment répondre ?
« Allons voir Maître Faglonirt, je ne sais pas si j'ai le droit de répondre à votre question. »
Minerva était un peu embêtée par ce contre-temps, mais elle aussi voulait à présent savoir le pourquoi du comment. Ils suivirent le Gobelin jusqu'à un bureau, où il toqua à la porte. Celui qui était à l'intérieur les invita à entrer.
« Oui, Fizzboot ? »
« Maître Faglonirt. » s'inclina Fizzboot. « Le jeune humain m'a posé une question à laquelle je ne sais pas si j'ai l'autorisation de répondre.
Faglonirt se tourna vers John d'un air étonné.
« Quelle était cette question ? »
« Heu... Je me demandais pourquoi 1 Gallion valait 17 Mornilles, et 1 Mornille 29 Noises, maître Faglonirt. » se rappela-t-il.
« Fascinant. » murmura le Gobelin. « Permettez-moi de vous répondre. » la créature sourit, sans animosité, à la grande surprise du professeur McGonagall. « Les Noises sont faites en bronze. Il faut 29 grammes de bronze pour qu'il vaille un gramme d'argent. Et donc, il faut 17 grammes d'argent pour avoir un gramme d'or. En tout cas, c'était à l'époque de la création des pièces sorcières, le cours a évolué depuis bien entendu. »
« Merci pour votre explication. » fit John en s'inclinant – apparemment c'était ainsi qu'il fallait le saluer.
Et alors qu'il repartait avec Minerva, les deux Gobelins se dirent que tous les sorciers n'étaient pas perdus.
Une fois les modalités administratives faites, ils se dirigèrent vers les diverses boutiques pour y faire les achats. Ils commencèrent par Madame Guipure, afin de se procurer les uniformes scolaires dont le jeune né-Moldu aurait besoin.
La vieille sorcière le fit monter sur un tabouret et laissa un ruban prendre les mesures pendant qu'elle s'occupait d'un autre garçon, brun et le teint halé, avec une dentition peu habituelle.
« Bonjour. » lui fit le garçon avec un accent que John n'arrivait pas à définir. « Je m'appelle Farrokh, mais je préfère qu'on m'appelle Freddie. »
« Je m'appelle John Richard Deacon, mais appelle-moi John. » plaisanta le garçon. « Tu vas aussi à Poudlard ? »
« Oui. Mais je viens de Zanzibar. Il n'y a pas d'école de magie là-bas. » indiqua Freddie.
« Oh. Ça doit te faire un long voyage pour venir en Angleterre. » réfléchit le plus jeune alors que le ruban avait fini de prendre ses mesures.
« Un petit peu. Mais du coup, ma famille a déménagé à Londres, ce sera plus simple que de refaire le voyage jusqu'à là-bas chaque été. » Il descendit du tabouret lorsque la femme eut terminé de s'occuper de lui et paya ses uniformes. « Je te laisse, je vais rejoindre maman, elle m'attend pour la suite. On se revoit à Poudlard ? »
John hocha la tête alors que la couturière s'approchait de lui pour pouvoir tailler les uniformes à sa taille et mettre tout ce qui était indiqué sur la liste dans un sac. Le musicien put payer ses achats lui-même avec la monnaie, sous l'œil attentif de son futur professeur.
Ils se rendirent ensuite chez Ollivander, afin d'acheter la baguette. John dut attendre que les enfants devant lui aient obtenu les leurs avant de se présenter à l'homme. Le fabricant de baguette semblait être doué pour lire les esprits car il accueillit l'enfant comme s'il le connaissait par cœur.
« Ah, monsieur Deacon. Bienvenue sur le chemin de traverse ! » John eut à peine le temps d'ouvrir des yeux ronds qu'Ollivander continuait. « Tendez le bras avec lequel vous écrivez s'il vous plaît. » Le brun leva le bras droit, un ruban vint faire différentes mesures, pendant qu'Ollivander cherchait des boîtes bien particulières dans l'arrière-boutique.
« Commençons avec celle-ci. » marmonna le vendeur en lui tendant un bout de bois.
John prit la baguette, mais il ne se passa rien de spécial. Alors qu'il se sentait bête, Ollivander lui fit essayer une autre baguette, mais il ne se passa toujours rien. Le fabricant lui fit essayer une dizaine de baguettes, sans succès, et il tenta une autre aile de sa boutique pour voir ce qui correspondrait à son client, surtout que d'autres élèves arrivaient derrière lui et qu'ils commençaient à s'impatienter.
L'homme revint avec une boite, l'air interrogateur. Il l'ouvrit et tendit la baguette qu'elle contenait au jeune garçon. Des petites étincelles en sortirent alors que l'enfant ressentait une petite brise tiède.
« Parfait. Cette baguette est en bois de noyer entremêlée de bois de pin, et contient une épine de monstre du Fleuve-Blanc. Elle mesure 26 centimètres et elle est mi-rigide. Parfaite pour les inventeurs. » expliqua Ollivander.
Il lui remit la boîte et lui fit payer la baguette magique, avant de s'occuper de ses autres clients.
John rejoignit le professeur McGonagall.
« Avant de continuer vos achats, je pense que vous auriez besoin d'une malle. Elles sont plus grandes que les valises et nous pourrons y mettre vos fournitures. Est-ce que cela vous va ? » Le brun acquiesça. Il se voyait mal porter tous les livres qu'il devait avoir à bout de bras. Lorsqu'ils entrèrent dans la boutique de malles, John eut un pincement au cœur. Il ne comprit pas pourquoi. La professeure de métamorphose le conseilla pour choisir une malle qui avait des sorts d'agrandissements et d'allègements intégrés. Ils la payèrent, y mirent les affaires qu'ils avaient déjà prises, puis se rendirent ensuite chez Fleury&Bott pour y acheter les livres.
Le libraire était habitué à voir tous les étés les élèves de Poudlard et il fallut seulement lui dire qu'ils avaient besoin des livres de premières années pour qu'il fasse léviter un sac contenant les livres en question et le tendre au garçon qui paya le prix demandé avant de les ranger dans sa malle.
La boutique de potions fut elle aussi plutôt rapide. Apparemment, les boutiques de l'allée magique attendaient tous les ans le mois d'août avec impatience, puisque presque tous les élèves de Poudlard y faisaient leurs achats. L'animagus chat expliqua au jeune Deacon que l'école leur envoyait début juillet la liste des livres que les élèves auraient sur leur liste, et que les ingrédients pour les potions ne changeaient jamais réellement. Ils envoyaient aussi le nombre attendu d'élèves pour chaque année. Pour Ollivander et Madame Guipure, c'était un peu différent, le premier n'ayant pas vraiment de choix sur la baguette qu'il donnait au sorcier, et la deuxième faisant les uniformes sur mesure.
Après avoir été cherché le télescope magique pour les cours d'astronomie, le professeur McGonagall les arrêta à la ménagerie magique pour voir si son futur élève voudrait d'un animal.
« Les hiboux et les chouettes sont très utiles pour envoyer du courrier, si vous voulez vous en servir pour envoyer des lettres à votre famille. Mais l'école dispose aussi d'une volière pour ceux qui n'en auraient pas. Si vous préférez un animal qui passe un peu plus inaperçu dans votre monde, vous pouvez vous procurer un chat. »
« C'est gentil professeur, mais ma petite sœur est allergique aux chats et je ne suis pas sûr que mes parents seraient d'accord de toute façon. Je verrais pour les années suivantes. » indiqua John, bien qu'il lorgnât sur les chouettes. Mais le professeur avait raison, lui qui n'aimait pas être au-devant de la scène, les gens allaient forcément le regarder s'il ramenait une chouette !
« Dans ces cas, je vais vous raccompagner chez vous. » décida la sorcière en prenant la malle avec elle.
Ils retournèrent dans la cour du bar, mais en étant de l'autre côté cette fois. Le portoloin les ramena dans la ruelle qu'ils avaient quittée plus tôt et ils retournèrent devant la maison des parents de John.
« Bien. La rentrée a lieu le premier septembre. Il faudra vous rendre à la gare de King's Cross à Londres où je vous attendrai pour dix heures trente. Voici votre billet pour le train. »
Minerva lui tendit un coupon jaunit puis lui indiqua qu'elle devait partir pour voir d'autres nés-Moldus et les aider à faire leurs courses.
John soupira et se dirigea vers la porte d'entrée, avant de toquer et d'ouvrir la porte.
« C'est moi je suis rentré ! » cria-t-il.
Il vit sa sœur se jeter sur lui en pleurant à chaudes larmes.
« Julia ? » demanda son grand frère, hébété.
Alors qu'il essayait de consoler sa petite sœur, sa mère arriva à son tour, les yeux brillants.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » la questionna John, son pincement au cœur revenant.
Il n'eut d'abord aucune réponse, juste Julia qui pleura de plus belle. Puis sa mère prit une grande inspiration.
« Ton père est mort. » annonça-t-elle avec des trémolos dans sa voix.
John s'effondra à cette annonce inattendue. Il comprenait soudain mieux la sensation qu'il avait ressenti en entrant acheter sa malle, la même qu'il avait eu quelques minutes plus tôt quand il avait demandé ce qu'il se passait.
« Il ne se sentait pas très bien quand tu es parti faire tes achats pour ton école, j'ai appelé les pompiers. Mais il s'est évanoui avant qu'ils n'arrivent et ils n'ont rien pu faire. » raconta Lilian qui avait du mal à refouler ses pleurs. « Il a fait une crise cardiaque. »
Cette fois, se rendant enfin compte de ce qui était dit, le garçon pleura, Julia toujours dans ses bras. Il se sentait terriblement coupable. C'est en apprenant son don pour la magie que son père était décédé. Il n'était même pas là pendant ce moment si important.
La veuve vint les prendre dans ses bras à son tour, laissant finalement ses larmes sortirent. John ne sut pas combien de temps ils restèrent ainsi, mais il finit par se lever et monter dans sa chambre avec sa malle, l'enfermant dans un placard avec plus aucune envie d'apprendre la magie. Il prit sa basse à la place, dernier cadeau de son père pour ses notes de fin d'année, et en joua pendant des heures pour oublier et laisser sortir ses émotions.
Quelques jours après l'enterrement d'Arthur, Lilian s'inquiétait. John mangeait à peine, juste le minimum, et surtout il n'était pas sorti avec ses amis depuis. Il n'avait pas touché non plus au contenu de sa malle, ce qui inquiétait peut-être le plus la veuve. Son fils était un bon élève, il avait beaucoup de facilités pour apprendre, et s'il butait sur quelque chose, il l'apprenait jusqu'à le savoir par cœur.
Elle se doutait qu'il y avait beaucoup de choses qu'ils ne savaient pas sur la magie et pourtant, le garçon n'avait pas ouvert une seule fois ses livres. Il n'avait pas non plus raconté ce qu'il avait fait le jour où il était parti avec le professeur de métamorphose, et il était plus en train de bricoler quelque chose dans le garage. En fait, il y passait ses journées.
Lilian prit sa décision. Elle récupéra la malle de son fils, la trouvant étrangement légère, puis se rendit avec dans le garage où se trouvait John avec sa basse.
Elle le laissa d'abord terminer son morceau, avant de s'approcher.
« John, laisse un peu ta basse et viens t'asseoir. » lui demanda-t-elle.
Le garçon lui jeta un regard fatigué. Il n'arrivait pas à dormir. Il posa délicatement son instrument de musique avant de suivre sa mère dans le salon, celle-ci portant toujours la grosse valise. John y jeta un œil avant de se renfrogner.
« Dis-moi ce qui ne va pas avec cette malle. » exigea Lilian d'un ton doux.
D'abord, John ne répondit pas. Sa mère insistant, il finit par répondre.
« Elle me rappelle que je déteste la magie. » marmonna-t-il.
La femme haussa un sourcil.
« Pourquoi ça ? Tu avais l'air plutôt enthousiaste de pouvoir apprendre à en faire. »
Le fils se tendit.
« C'est à cause de ça que papa est mort. » répondit-il en baissant la tête. « C'est en apprenant l'existence de la magie qu'il a fait une crise cardiaque. »
Lilian soupira. C'était donc pour ça.
« Ce n'est pas à cause de toi et de la magie. » commença-t-elle. « Les médecins m'ont appris qu'il avait plusieurs caillots qui avaient bouché ses artères, provoquant l'infarctus. Même sans apprendre tout ça, il l'aurait eu. »
Les larmes coulaient sur les joues du garçon. Il n'arrivait pour l'instant toujours pas à aimer la magie, mais il se sentait un peu moins coupable.
« Tu crois que je pourrais y emmener ma basse ? » demanda finalement John. « Je me sens un peu mieux quand je peux en jouer. »
Lilian acquiesça.
« Bien sûr, mais essaye de lire un peu les livres avant d'entrer dans ton école. Surtout que je ne pourrai pas t'aider si tu ne comprends pas quelque chose ! »
John fit un maigre sourire baigné de larmes, avant de récupérer un des exemplaires de sa malle. Il montra aussi sa baguette et ses uniformes à sa mère, avant de les ranger à nouveau à l'intérieur. Il n'en avait pas besoin pour le moment, et le professeur McGonagall avait bien précisé qu'il ne devait pas faire de magie en dehors de Poudlard.
Le dix-neuf août, jour de son anniversaire, John se leva avec un sentiment étrange. Ce serait le premier anniversaire qu'il fêterait sans son père. Habituellement, ce dernier l'emmenait dans un parc d'attractions pour la journée pendant que sa mère préparait le gâteau et la fête en elle-même. Le garçon ne savait pas trop comment la journée allait se passer cette fois. Il fut étonné d'entendre sa mère lui dire qu'il pouvait bricoler dans le garage s'il en avait envie, jusqu'à ce qu'elle vienne le chercher.
Après son petit-déjeuner, le garçon ne tarda donc pas et retrouva l'ampli qu'il était en train de fabriquer. Il bricola encore dessus pendant une partie de la journée, avant de l'essayer avec l'aide de sa basse. Le son qui en sortit sembla plutôt satisfaire le garçon et il nota quelque chose sur son carnet.
C'est à ce moment que Lilian vint le chercher pour qu'ils puissent fêter son anniversaire ensemble. Ils mangèrent tous les trois du gâteau, puis le jeune homme ouvrit ses quelques cadeaux. Sa sœur lui avait fait un bracelet qu'il mit immédiatement au poignet. Sa mère lui avait pris un livre sur l'électronique et son père avait prévu un fer à souder, des circuits vierges et d'autres objets spécialement pour les électroniciens. John en était à la fois ravi et triste. Son père lui manquait énormément.
La fin de l'été passa rapidement aux yeux de John. Il était très stressé par son entrée prochaine. Là-bas, il ne retrouverait pas ses amis de la primaire, et il avait beaucoup de mal à s'en faire de nouveau. De plus, entrer dans un monde dont il ne connaissait presque rien sans personne pour l'y aider lui faisait un peu peur. Il serrait sa basse contre lui le matin du premier septembre, alors que sa mère l'emmenait à Londres pour la gare de King's Cross, et s'y accrochait comme à une bouée de sauvetage. Ils étaient arrivés la veille à Londres et avaient dormi à l'hôtel le plus proche de la gare, car le trajet à Londres depuis la banlieue de Leicester était plutôt long et ni John, ni sa mère ne voulaient se lever au milieu de la nuit en espérant être à l'heure. Mais depuis, John se questionnait. Les sorciers faisaient aussi de la musique ?
Alors...
Je sais que Freddie, Roger, Brian et John ne sont pas né en 1960 mais plus en 1950... Mais je voulais qu'ils aillent à Poudlard et comme le groupe s'est formé en 1971 (enfin 1970 sauf pour John qui est arrivé en 71), j'ai modifié l'année de naissance. Ils vont donc être avec les Maraudeurs, mais l'histoire les mentionnera sans vraiment s'attarder sur eux.
Concernant le père de John, il est bien mort d'une crise cardiaque l'année de ses 11 ans, mais je me suis servie du fait qu'il découvre la magie qui déclenche du stress et donc l'infarctus. Pas cool pour John, mais c'est le cas dans la réalité (l'infarctus, pas la découverte de la magie) donc...
Je ne savais pas trop si ce que je dis dans le chapitre concernant la monnaie sorcière est vraie ou non, en fait, je n'ai pas réussis à trouver d'explications, donc je l'ai inventé...c'est ce qui me semblait le plus logique en tout cas.
J'espère que ça vous a plu, je ne vais pas poster la suite la semaine prochaine, mais peut-être dans deux semaines ou un mois (j'en suis au chapitre 6 actuellement, ça va dépendre de mon avancement) mais le chapitre 2 est prêt, donc il sera bien là.
