Bonjour mes petits lutins !

Aujourd'hui, un chapitre différent car il y aura deux personnages OC : Chesca mon personnage et Saphir, le personnage d'une amie.

Je l'ai écrit sur demande. J'espère qu'il plaira tout de même.

Amicalement vôtre,

Chesca-Shan


CHAPITRE NOEL 2019


Le 20 décembre, à 13h48, au Quartier Général de Marineford,

Je finis de m'habiller chaudement avec un gros pull, deux sous-pulls, un gros pantalon d'hiver, de grosses chaussettes, mes grosses bottes avant d'enfiler avec plus de difficultés mon manteau.

- Tu as besoin d'aide Chesca-chan ? ronronne Kizaru en s'approchant, les mains dans les poches.

- Pas de refus. Avec toutes ces couches de vêtements, j'ai du mal à bouger les bras.

- Au moins, tu ne tomberas pas malade, mon chatooon, me répète-t-il pour la énième fois depuis le début de la tombée de la neige sur le QG.

Car oui depuis le 1er décembre, le QG de Marineford est recouvert d'une épaisse couverture de neige, empêchant le fonctionnement normal de la base. Pourquoi cela ? Parce que notre amiral en chef n'avait tout simplement jamais prévu qu'il puisse neiger sur cette partie des mers. Chose ridicule si je peux me permettre mais comme tout le monde s'en fout de mon avis, je le garde pour moi. Bref.

Avec l'aide de mon compagnon, j'arrive enfin à enfiler mon manteau et mon écharpe autour de mon cou. Il recule de quelques pas, un sourire idiot collé aux lèvres. Je soutiens son regard assez énervée et tape du pied pour montrer mon agacement.

- Rigole tant que tu le peux.

- Tu es mignooonne ! On dirait un bonhomme de neeige ! glousse-t-il comme un enfant.

- … PARDON ?! Tu oses me comparer à un truc aussi moche et gros ?! Viens ici que je t'en colle une, Borsalino !

Ce dernier se contente de rire avant de disparaître dans un flash aveuglant. Je grogne, frustrée qu'il m'ait échappée avant de jeter un coup d'œil à l'horloge. Cet après-midi, Saphir et moi allons faire nos dernières courses pour Noël dans le centre-ville. Je tente de me diriger péniblement vers la porte pour sortir de nos quartiers, mais je me sens si lourde avec autant de vêtements.

- Raaw, fais chier ! Tant pis pour le pull, il est trop encombrant !

Je retire maladroitement le manteau avant d'arracher le pull de mon dos dans un grognement de satisfaction. Brusquement, j'entends quelqu'un tousser dans mon dos, me forçant à me retourner pour voir Saphir appuyée contre la porte, m'observant avec un rictus moqueur.

- Borsalino a raison en fait. T'es une vraie gonzesse qui met trois heures à s'habiller en essayant tous les vêtements dans sa garde-robe.

Goutte de sueur sur mon front tandis que je digère l'information.

- Quand a-t-il dit ça ? A qui … ? Et où ?! Que je le zigouille pour haute trahison.

- Alors, je crois qu'il nous a balancé ça lors de la dernière réunion, devant tous les collègues et devant Sengoku avant que tu ne rentres de ta mission, rigole Saphir. Il avait l'air fier de sa blague.

- Tss.. il va mourir ce soir. Je pensais lui acheter un cadeau mais je vais plutôt pencher pour un cadeau empoisonné.

- Maaaais… il a rajouté pour sa défense, que tu ne lui coutais pas cher en termes de vêtements et en maquillage, continue Saphir sans se défaire de son sourire radieux.

- Je suis une femme naturelle et indépendante qui n'a pas besoin de choses futiles et inutiles comme une immense garde-robe, nà !

- Ouais, bah la femme indépendante, elle va se bouger le derrière parce que je l'attends pour commencer notre après-midi shopping entre filles ! rétorque Saphir, les mains posées sur les hanches.

Durant un instant, je l'observe, attendrie par la scène avant d'éclater de rire devant sa mine étonnée.

- Hey bah… Les entraînements avec l'amiral Akainu t'ont bien durci ! Et dire que c'était moi qui me maternais quand tu es arrivé à Marineford…

- Tu ne vas pas recommencer avec ça, gémit Saphir avec son visage d'ange et les yeux mouillants. T'avais promis qu'on n'en ferait lus jamais mention !

Je m'approche tranquillement, bien plus à l'aise dans mes vêtements, et je me jette sur elle et lui ébouriffe les cheveux avec un sourire jusqu'aux oreilles.

- Tatata… T'es ma petite fierté ! Mon premier soldat que j'ai briefé depuis mon arrivée ici et je ne regrette pas mon choix !

- Lâche-moi ! peste Saphir en essayant de se retirer de ma prise.

Je l'observe amusée, du haut de mes 1 mètre 80, c'est-à-dire d'une tête de plus que ma chère Saphir, qui continue d'essayer de se dégager de ma prise. Sans prévenir, je la libère de ma prise et l'observe chuter en arrière, sur son derrière, les cheveux en bataille. Mon sourire jusqu'à mes oreilles ne s'affaiblit pas tandis que je la regarde se relever et tenter de se recoiffer. Je rigole d'un rire éclatant, avant d'attraper mon sac à main que je glisse sur mes épaules, pour me diriger vers la sortie de nos quartiers. Je suis rapidement rattrapée par Saphir, qui croise son bras gauche avec mon bras droit, le visage radieux. Je lui rends un sourire éclatant, avant d'ouvrir la porte et de m'engager dans le long couloir du QG. A peine le pied mis dans celui-ci, qu'un courant d'air froid glacial nous frappe au visage, nous arrachant une grimace.

- Pouaf… ce n'est toujours pas ça l'isolation ici. Le QG est un vrai gruyère quand il s'agit de garder la chaleur !

- Sauf dans le bureau d'Akainu, glousse Saphir.

- Et les cuisines… A ton avis, pourquoi Garp y est aussi souvent ces temps-ci ? ricanais-je.

- Mhh... Pour les jolies cuisses des cuisinières ? me demande naïvement Saphir.

J'ouvre de grands yeux et la regarde, mes yeux sourcils parfaitement froncés, formant presque un monosourcil.

- Attends… quoi ?

- T'as jamais remarqué que Garp est TOURJOURS le premier à arriver au réfectoire à chaque repas et qu'il est TOUJOURS le plus proche des cuisines, me fait remarquer Saphir, avec un sourire en coin. Je pense qu'il a craqué sur la chef des cuisinières, Stella.

- Elle a un sacré caractère cette bonne femme. Je regarderai ça de plus près ce soir, au dîner… Si ta théorie s'avère juste, on pourrait peut-être arranger les choses, qu'en dis-tu ?

- A quoi penses-tu ? minaude Saphir, avec des yeux curieux, resserrant ma prise sur mon bras

- Patience patience… Attendons ce soir pour savoir si c'est vrai.

- Maaais ! gémit-elle. Je veux savoir !

Je souris mystérieusement en ignorant les plaintes incessantes de la plante rousse à mes côtés. Nous marchons tranquillement dans le couloir du QG, avant de sortir par l'entrée principale du QG. Cette fois-ci, c'est un vent encore plus glacial qui nous accueille, nous piquant les yeux. De mon bras valide, je tâche de me protéger la vue, en avançant prudemment dans le chemin sec tracé par des matelots le matin même. Saphir et moi marchons lentement sur le sol verglacé du QG et nous descendons l'escalier qui mène à la cour centrale devant la base. La descente de l'escalier d'habitude si rapide à traverser semble nous durer une éternité à cause de nos petits pas, timides et prudents allant d'une marche à une autre. Après pas loin d'une dizaine de minutes, nous arrivons enfin à la dernière marche. Saphir me lâche soudainement et va littéralement se jeter dans la neige à quelques mètres de nous. Je m'avance toujours prudente, et la regarde s'allonger sur le dos pour faire l'ange dans la neige.

- Ça fait si longtemps que je rêvais de faire ça ! Regarde Chesca-Chan, il est beau mon ange ! s'enthousiasme-t-elle.

- Oui oui… Mais relève-toi, tu vas prendre froid… et pas question qu'on revienne plus vite au QG parce que tu as pris froid.

- Rooow, t'es vraiment pas drôle !

Elle se redresse toujours le derrière dans la neige et un sourire diabolique vient sur ses lèvres tandis que je la dévisage, méfiante de ce changement. Sur mes gardes, je recule de plusieurs pas.

- C'est quoi cette tête … ? Tu prépares quelque chose de louche.

- Mooi ? Noon... ! glousse Saphir en ramassant un tas de neige avant de la compacter en une boule.

- Ah non ! On est là pour faire des courses, pas pour se frigorifier les mains !

Je me retourne pour partir en courant, mais Saphir a le temps de former sa boule de neige et de me l'envoyer dans la nuque, m'arrachant un cri de surprise.

- Pas le cou ! Ça va couler dans les vêtements !

Je gesticule dans tous les sens, les bras tordus dans le dos essayant tant bien que mal de retirer les résidus de flocons collés sur mon écharpe et les quelques vicieux qui arrivent à la traverser pour se glisser dans mon cou. Tandis que je remue tel une âme en perdition sur des charbons brulants, j'entends des rires derrière moi. Des rires d'hommes. Malgré ma position délicate, je me retourne pour m'apercevoir que tous les collègues vice-amiraux nous observent, des souris jusqu'aux oreilles depuis les fenêtres du réfectoire, un étage plus haut. A la seconde où nos pupilles se rencontrent, les sourires idiots s'effacent pour laisser place, à des lèvres pincées comme signe du fou rire qui s'annonce. Les yeux fixés sur eux, je retire les derniers flocons envahissants de mon col et prend ma voix la plus sinistre.

- Vous, je vous attends de pied ferme à l'extérieur mes gaillards ! Rira bien qui rira le dernier !

Je leur tourne le dos d'un air hautain pour me diriger vers la ville. Mais c'était sans compter la boule d'énergie qui m'accompagne. Pendant que j'étais occupée à faire les gros yeux aux collègues, Saphir s'est doucement remise sur pied et s'est rapprochée de moi, les mains rouges. D'un sourire diabolique, elle se jette sur moi et vient coller ses deux mains gelées sur mes joues, me surprenant. Je pousse un cri de fillette avant de me retourner, les yeux aussi ronds que des assiettes de porcelaine. Saphir ricane de sa malice en se frottant les deux mains pour se réchauffer. Je me frotte les joues, les lèvres pincées pour paraître vexée.

Mais ma mine boudeuse avec les joues gonflées et rondes à la manière d'un hamster qui stocke sa bouffe dans ses joues n'a pas l'effet escompté. Nos regards se croisent le temps d'une seconde et Saphir repart dans un fou rire. Je lui fais la plus belle grimace que je puisse faire, avant de reprendre le chemin en direction de la ville. Il faut plusieurs minutes à Saphir pour se rendre compte qu'elle est désormais seule, à rire devant le QG. Elle aperçoit ma frêle silhouette marcher avec difficulté sur le chemin déneigé par les soldats. Mes chaussures n'ayant pas de crampons, je me sens glisser à chaque pas que je fais. Je me rattrape aux différents objets se trouvant à ma portée mais c'était sans compter la maladresse du renard qui m'accompagne.

Oubliant le principe scientifique « sur la neige tassée, on glisse très fortement », Saphir se vautre sur le sol, finissant le cul dans la neige et dévale la rue, hurlant aux passants de se pousser. Ce que réussissent à faire 99% d'entre eux. Pourquoi seulement 99% ? Je suis le 1% restant, n'ayant pas eu le temps de bouger. J'ai juste le temps de tourner la tête pour voir un truc glisser sur le sol, droit sur moi en criant. Je suis heurtée à l'arrière des mollets, me faisant basculer en arrière, lui tombant lourdement dessus la stoppant net dans sa course effrénée. Saphir en grogne de douleur, tandis que je tente tant bien que mal à me redresser sur mes appuis. Après une dizaine de minutes à galérer, nous finissons par être aidées par des passants, tordus de rire par notre chute. Je les fusille du regard essayant de les calmer, mais rien n'y fait. Nous sommes devenues les risées en ville en seulement quelques minutes.

Je me recoiffe d'un geste élégant pour remettre ma mèche correctement derrière mon oreille et me dirige vers le magasin le plus proche pour commencer nos petites emplettes entre dames. Je sors ma liste de courses pour les derniers cadeaux pour Noel :

- Un peignoir jaune, pour que Monsieur arrête d'utiliser le mien quand je suis absente.

- Un duo de tee-shirt complémentaire : un tee-shirt « Si je suis bourré/perdu, amenez-moi à Chesca » et un tee-shirt féminin : « Je suis Chesca »

Je ralentis ma marche pour que Saphir me rattrape et nous rentrons ensemble dans un petit commerce de vêtements. D'un hochement de tête, nous partons chacune dans des rayons différents. Je dois chercher un cadeau pour le père Noel secret d'ailleurs… Cette année, je suis le père Noel secret de Sengoku. Bien qu'il soit toujours présent pour nous écouter et nous soutenir, nous ne savons rien de lui. Alors connaître ses goûts, ses couleurs et ses envies à Noël. La galère quoi.

Mais bon, la personne qui est tombée sur Sakazuki est plus à plaindre que moi. Lui qui se braque pour un oui ou un non que je tremble de peur pour la pauvre victime…

Je navigue sans but entre les rayons avant de m'arrêter dans un rayon homme, où un étrange coffret attire mon œil. Je m'approche jusqu'à écraser mon nez sur la vitre et lit la petite description : coffret complet pour entretenir sa barbe et ses moustaches en toute discrétion ! Un sourire carnassier se dessine sur mon visage tandis que je relève la tête pour chercher un vendeur. Le seul présent dans le magasin est derrière sa caisse, tordu en deux en train de lire son journal. Je tousse bruyamment pour attirer son attention, le forçant à sortir de sa lecture. Je l'entends pousser un soupir d'ennui tandis qu'il vient à mon niveau, derrière la vitrine.

- Bonjour, puis-je vous aider …. ? s'enquit-il poliment.

- Je souhaite prendre ce coffret… et je vais prendre en complément de quoi teindre des cheveux ou une longue moustache, s'il vous plait.

- De quelle couleur souhaitez-vous votre couleur de teinture ?

- Je veux un brun naturel… Un peu comme les cheveux de l'amiral en chef Sengoku.

La comparaison fait titiller le vendeur, mais il ne fait aucun commentaire supplémentaire. Il prend un exemplaire du coffret à l'arrière du magasin, ainsi qu'un pot de teinture de plusieurs litres. Je repars dans le magasin pour fouiller quelques rayons à la recherche de mes autres cadeaux. Je reviens après une quinzaine de minutes, les mains vides mais la tête pleine d'idées pour les prochaines années. Saphir m'attend déjà près de la porte, visiblement pressée de sortir de cet endroit. Je règle la somme due pour les deux modestes cadeaux et les fais emballer par ce dernier. Le chef étant présent au QG en cette période de fête, je préfère ne pas prendre de risques. Le vendeur finit par me tendre un sac contenant les deux cadeaux emballés, et je quitte tranquillement le magasin en compagnie de Saphir. Nous regardons autour de nous à la recherche du prochain magasin. Mais étrangement, je remarque que Saphir est très agitée.

- J'ai quelques courses à faire plus loin. J'te rejoins plus tard !

Puis, sans m'attendre, elle court dans une ruelle, pour disparaître dans cette dernière sous mon regard étonné.

- Qui peut-elle avoir comme partenaire pour le jeu du père Noël secret … ? Ça m'intrigue de plus en plus cette histoire.

Laissant momentanément ma vilaine curiosité de côté, je pars en direction du centre-ville. Je fais attention à marcher le plus lentement possible afin d'éviter une tragique chute. Après une marche qui me semble interminable, j'arrive enfin au magasin spécialisé pour les grandes tailles. Un magasin qui est indispensable pour tous les haut-gradés mesurant plus que la taille normale d'un être humain, normalement composé. J'essuie correctement mes pieds avant d'entrer dans l'immense magasin. Malgré le fait que je m'y rende régulièrement pour amener les costards de mon compagnon, je suis toujours impressionnée par la propreté de l'endroit ainsi que la tranquillité qui y règne. Tout le bruit assourdissant de l'extérieur est étouffé par les murs de cette imposante bâtisse. Je regarde autour de moi, à la recherche de l'unique vendeur qui est également le propriétaire du commerce. J'entends un peu de mouvements au fond du magasin et m'y dirige. Je m'appuie contre le comptoir et tapote deux fois sur la sonnette. Quasiment aussitôt, le propriétaire, Monsieur Cot apparaît devant moi, un large sourire au visage.

- Madame Chesca ! Je croyais que vous aviez oublié notre rendez-vous cette semaine !

Sa joie est contagieuse à vrai dire. Il contourne le comptoir et nous nous faisons la bise, comme deux bons vieux amis.

- Pour rien au monde mon cher monsieur. Nous sommes débordés au QG ces temps-ci, nous obligeant à repousser les quelques courses qui nous restent.

- Je comprends bien. Noel est dans quelques jours ! Vous venez chercher vos colis ! Le dernier vient d'arriver aujourd'hui même, vous avez de la chance !

Il retourne à l'arrière de son comptoir, et attrape plusieurs colis. Je m'approche du comptoir et inspecte rapidement les étiquettes.

- Le peignoir jaune aux mensurations demandées et nous avons les deux tee-shirts personnalisés. C'est parfait ! Ils sont comme je les imaginais !

- Heureux qu'ils vous conviennent ! Je vous les emballe ?

- Avec plaisir. Ce sera ça de moins à faire pour moi.

Il prend les colis pour partir au fond de son magasin pour les emballer. Je pars au nveau de la caisse et sors l'argent nécessaire pour le paiement. Après quelques minutes silencieuses à attendre seule dans le magasin, je le revois revenir mes deux paquets dans les bras. Il les dépose sur le comptoir et je règle la facture en liquide et prends mes paquets que je range dans mon sac.

- Passez une agréable journée, Madame, me salue-t-il poliment.

- Vous de même, Monsieur. Bonne journée à vous.

Je quitte le magasin avec mes précieux cadeaux et me dirige vers la direction dans laquelle est partie Saphir. Je traverse de nombreuses ruelles, illuminée par les guirlandes multicolores scintillantes sur les vitrines des magasins. A plusieurs reprises, je m'arrête devant ces dernières pour observer quelques produits. Je me retiens de rentrer dans un magasin de lingerie, ayant une brutale envie de renouveler mes sous-vêtements avant de soupirer pour me décourager moi et mes hormones.

- Ça suffit… Avec les fêtes, il va être déchainé… Ils ne tiendront même pas jusqu'au réveillon du Nouvel An. On verra l'année prochaine.

Je continue de me balader dans la rue principale, éclairée par les guirlandes et les éclairages de Noël dans les arbres. J'arrive enfin à la grande place du marché où un immense sapin de Noël a été installé. Je m'avance lentement jusqu'au milieu de la place admirant le décor paradisiaque. Devant moi, l'immense sapin se dresse fièrement sur environ 4 mètres de haut, décoré de belles guirlandes et de boules multi-couleurs de la taille d'une main. Certaines branches penchent sous le poids combiné des boules et de la neige fraichement tombée sur ces dernières. Alors que j'admire le sapin, quelqu'un se glisse derrière moi et pose ses mains gelées sur mes joues me faisant frissonner. Je relève la tête pour voir le visage souriant de mon compagnon, fier de sa blague.

- Cheesca-Chaan est dans les nuages, me susurre-t-il à l'oreille.

- Plutôt dans la neige. Les nuages sont trop bas vu ma taille, mais toi, tu n'en es pas si loin, le taquinais-je en lui tirant la langue.

- Toujours autant de répaartie, j'aime ça ! glousse-t-il tandis que je lui fais face. Vos courses se passent bien…. ?

- Pour moi, elles sont terminées. Saphir est partie de son côté je-ne-sais-où, chercher son cadeau pour le Père Noel secret.

- Oooh…. Et le tieeen alors, qui est-ce ma Chesca-Chaan ? me demande-t-il avec ses yeux de chaton, et la voix mielleuse.

- Tatata… Si le jeu s'appelle « Père Noel Secret », c'est que l'on ne doit pas révéler le nom de notre partenaire. Joue le jeu jusqu'à Noel… Tu le sauras bientôt.

J'ignore ses gémissements, me suppliant de lui relever, en me promettant de ne pas faire de crise de jalousie, m'arrachant un micro-sourire malgré moi. S'il savait.

Pas de quoi être jaloux du Bouddha.


Du côté de Saphir.

Réfugiée dans la boutique du fleuriste, Saphir s'approche de la vendeuse avec un petit bonsaï en pot et plusieurs roses en plastique réalistes. Nerveuse qu'on la voit ici, Saphir bouge d'un pied à l'autre sous le regard étonné de la vendeuse.

- Tout va bien mademoiselle ? s'enquit-elle gentiment.

- Oui oui… ! C'est pour un cadeau de dernière minute pour Noel, mais si on me voit ici, on va deviner pourquoi…

- Souhaitez-vous que je les emballe ? demande-t-elle en pointant du papier cadeau sur un établi plus loin.

- Oh oui si c'est possible ! bredouille Saphir. Mais le bonsaï ne va pas en souffrir ?!

La vendeuse sourit tendrement et va emballer les précieux présents avant de revenir pour le tendre à Saphir.

- Ce n'est qu'un peu de papier, mademoiselle. Veillez simplement à le garder loin de toute source chaude et à l'arroser régulièrement en attendent de l'offrir à son destinataire. Celui-ci est un bonsaï d'intérieur et il faut également veiller à le tailler souvent afin qu'il garde sa petite taille.

- L'arroser, le tailler et le garder loin d'une source de chaleur, répète à voix basse Saphir. C'est compris ! Merci beaucoup !

Elle prend les deux paquets avec délicatesse dans les bras avant de quitter en trombe le magasin pour se diriger vers la place du marché.

XXXXXX

Au même moment sur la place du marché.

Je protége mes sacs, des mains baladeuses de mon compagnon qui a très bien compris qu'il s'agissait de cadeaux pour lui pour la majorité. Il tente de m'amadouer avec sa moue triste, mais rien n'y fait, je ne cède pas.

- Patience mon grand. Noël n'est plus que dans quelques jours.

- Maaais ! geint-il les larmichettes aux coins des yeux.

- Arrête tout de suite ton cinéma. Il y a des enfants qui nous regardent bizarrement avec leurs parents. Tu ne donnes pas le bon exemple en faisant l'enfant, soupirais-je.

Alors que dans le meilleur des scénarios, il m'aurait tourné le dos pour partir bouder jusqu'à la date fatidique de Noël, Borsalino décide de briser le mythe de Noel avec une unique phrase :

- Bah…. De toute façon, tout le monde, le Père Noël n'existe pas, glousse-t-il. Qui est assez bête pour croire à ça ….. ?

Gros silence sur la place, tandis que des enfants nous regardent avec des yeux ronds. Je réfléchis calmement comme lui foutre une raclée sans que cela s'apparente à de la violence conjugale. Bordel de merde. Alors qu'un silence pesant s'installe, on commence à entendre des petits sanglots des plus jeunes enfants. Je sens le regard noir de certains parents dans mon dos, tandis que les familles quittent précipitamment la place. Une fois disparu de notre vue, je frappe Borsalino dans les côtés, furieuse.

- C'était vraiment nul de ta part de l'annoncer en place publique Borsalino !

- …. J'ai le droit d'ouvrir mes cadeaux alors ? s'excite-t-il en m'ignorant moi et mes yeux noirs.

- Absolument pas. Je devrais même te confisquer les cadeaux pour cette boulette que tu viens de faire. Ça t'apprendra, vilain.

- Même paaas cap ! rigole-t-il avant de reprendre son sérieux d'un coup comme s'il se souvenait d'un détail crucial.

Il se penche vers moi, le regard étrangement sérieux et pointe le magasin dans lequel Sakazuki fait ses derniers achats.

- Tu crois ça ? me chuchote-t-il. Sakazuki qui offre des livres.. ?

- Peut-être qu'il est le Père Noel secret de quelqu'un qui aime lire des livres.. C'est le hasard des choses, tu sais.

- Ce n'eeest pas pour son Père Noel secreeet… Il m'a avoué qu'il étaait tombé sur Smoker pour çaa…. Il lui a acheté des cigaares haut de gamme, continue-t-il de chuchoter. Tu n'aas rien vu de suspect chez Saphir-chaan ?

- Hum. Pas plus que d'habitude. Toujours aussi heureuse et enjouée. A tel point qu'elle m'a balancé de la neige et qu'on a fait de la luge ensemble, la normale.

Alors que Borsalino se redresse peu convaincu de mes arguments, Sakazuki sort de la boutique avec un énorme sac rempli de ce qui me semble être des livres de collection. J'hausse un sourcil, la curiosité piquée. Mais à peine a-t-il fini d'arriver à notre hauteur, que quelqu'un m'interpelle de l'autre côté de la place.

- Chesca !

Nous tournons tous les trois la tête pour voir Saphir débarquer avec un étrange paquer dans les bras. Mes yeux se posent aussitôt sur le paquet et l'étrange emballage. D'une couleur pétante verte, il se distingue d'un papier ordinaire par la présence de petites ouvertures pour laisser entrer l'air. Une plante est donc cachée sous ce papier. D'un coup d'œil vers Borsalino m'indique que lui aussi est arrivée aux mêmes conclusions que moi. Et pas besoin d'être un grand détective pour deviner à qui est destiné ce cadeau. Une seule personne apprécie les plantes vertes au QG.

L'amiral Akainu.

Etrangement, notre conclusion est renforcée par l'attitude des deux personnages qui se figent lorsqu'ils s'aperçoivent mutuellement de la présence de l'autre. Saphir s'approche timidement de nous, soudainement plus calme et réservée, les joues légèrement plus rouges. Du côté d'Akainu, ce n'est pas plus bavard. Il resserre sa prise sur son cadeau et se gratte la tête comme s'il se retenait de dire quelque chose. Je jette un coup d'œil à Borsalino dont le sourire s'est agrandi. Je fais mine de n'avoir rien vu et vient délicatement prendre la main de Borsalino pour le tirer vers le QG.

- Bon, c'est pas tout mais je me les gèle. Alors si ça ne dérange personne, on va rentrer tranquillement à la maison !

- Partez demain, grommelle Akainu en trainant des pieds. On vous rejoint.

Borsalino et moi échangeons un regard complice avant d'hocher la tête et de partir devant eux. Je serre la main de Borsalino tout en nous éloignant d'un pas tranquille. Nous marchons en silence pendant plusieurs minutes, pour prendre suffisamment de distances, avant de bifurquer dans une ruelle pour nous cacher.

- Tu penses à la même chose que moi ? chuchotais-je.

- Oh que ouiii ! ronronne Kizaru, en applaudissant du bout des doigts, comme un enfant à Noël. Ils sooont amoureux !

- Nous allons vérifier ça tout de suite, ils arrivent. Recule un peu, ils vont nous voir.

Nous reculons dans l'ombre de la petite ruelle, et retenons notre respiration tandis que les deux silhouettes de nos amis s'approchent de notre position. E, la chance nous sourit ce soir, car au bout de la ruelle, est étendu une branche de gui. Et c'est à cet endroit exact que nos camarades s'arrêtent, main dans la main. Sakazuki s'arrêtent à hauteur de la branche, l'observant un instant, sous le regard curieux de Saphir. Mon regard n'arrête pas de naviguer entre les deux amoureux devant nous.

Je suis réellement curieuse de l'élément déclencheur qui les a rapprochés. Quand on voyait leur relation lors de leur premier mois, c'était difficilement imaginable de les voir aussi proches et surtout SOUS UNE BRANCHE DE GUI A NOEL ! Bouillante d'impatience dans l'ombre, je me retiens de sautiller et serre plus fortement la main de Borsalino qui semble aussi excité que moi de voir la suite.

Sakazuki sort de ses pensées, puis il baisse la tête vers Saphir, et vient tendrement lui monter le menton pour qu'elle le regarde. La suite, vous la connaissez tous. Le corps imposant de Sakazuki se penche vers elle, et il dépose ses lèvres sur celles de Saphir, les scellant avec tendresse sous une branche de gui. Mon cœur se remplit de joie pour l'heureux couple qui célèbre son premier Noël ensemble… Je souris tendrement aux gestes tendres mais maladroit de Sakazuki qui caresse la joue de Saphir pendant leur échange langoureux. J'en profite alors pour tirer la cravate de mon compagnon, qui baisse enfin les yeux vers moi, l'air abruti avec son sourire jusqu'aux oreilles. Je le force à se pencher et murmure à son oreille.

- Et le mien… ? Il tarde un peu.

Sans me faire attendre d'avantage, il vient me soulever à l'aide de ses bras musclés, et vient m'embrasser avec toute l'ardeur qu'il a pour moi. Je pousse un léger soupir de satisfaction tandis que nous échangeons également le baiser célébrant notre union, sous une magnifique pleine lune nageant dans une mer d'étoiles. C'est alors qu'un vent se lève doucement autour de nous et des flocons de neige font à nouveau leur apparition dans le ciel et tombent avec lenteur l'île la recouvrant d'un nouveau manteau de neige fraiche pour Noël.


Le 25 décembre, à 20h41 au QG de Marineford,

Accrochée au bras de Borsalino, nous avançons en amoureux vers la salle de réunion, nos cadeaux pour le Père Noel Secret dans nos sacs de courses. Lui est habillé d'un smoking blanc 3 pièces, tandis que j'ai décidé d'opter pour une longue robe bleu marine ains que de chaussures noires à talons. Par-dessus ma robe, j'ai décidé de porter un petit gilet de laine blanche pour couvrir mes épaules dénudées par l'absence de manches et de col à ma robe à bustier.

Nous marchons d'un pas tranquille dans le couloir nous menant à notre destination finale. Lorsque nous franchissons les portes de la salle, nous sommes envahis par la délicieuse odeur des petits plats préparés avec soin par nos chefs cuisiniers. Borsalino part en direction de ses collègues amiraux, en présence de l'amiral en chef mais je le stoppe dans sa progression et tend la main.

- Passe-moi tes cadeaux. Je vais les déposer sous le sapin avec les miens.

- Oooh ! Pas de refus ! ronronne-t-il heureux comme un gamin.

Il me tend le sac contenant les cadeaux pour le Père Noel, avant de partir vers le sapin de Nöel installée au fond de la salle de réunion par la génialissime Tsuru. Je dépose tous nos cadeaux et dépose nos sacs sur une chaise avant de retourner vers les collègues. Tous habillés de smoking noir parfaitement repassés, Momonga, Smoker, Dalmatian, Onigumo, Strawberry, Stainless forment un cercle de vieux amis près du buffet principal. Je m'incruste entre Smoker et Momonga et salue les collègues d'un hochement de tête, avant de prendre un verre de champagne.

- Bonsoir Chesca, me salue Strawberry. Jolie robe pour une belle occasion…

- Arrête de la draguer, ricane Onigumo. C'est la copine de ton chef, j'te rappelle.

Strawberry pique un fard et détourne le regard tandis que je pousse un long soupir face à l'entêtement d'Onigumo à voir des dragueurs partout.

- Bonsoir à toi aussi Oni. Tu t'es décidé à venir à la soirée finalement ? Ce n'est pas toi qui te vantais d'avoir tous les soirs des choses de prévus avec des copains jusqu'au Nouvel An ?

- Hum. Je vous aurais manqué si j'avais loupé votre petite soirée, marmonne-t-il sans conviction avant de boire sa flûte de champagne.

- Alors là, pas du tout, renchéris-je. Tu sais que je suis arachnophobe, et j'étais soulagé que tu sois absent. Mais je suis finalement déçue de ta présence.

Gros yeux d'Onigumo et de mes adorables collègues. Je lui offre mon plus beau sourire avant de tourner les talons pour rejoindre mon compagnon. Ce dernier est entouré par ses deux collègues Akainu, Aokiji ainsi que Garp, Tsuru et l'amiral en chef Sengoku, débarrassé de son immonde chapeau-mouette. En revanche, il est toujours accompagné de sa bichette « La Chèvre » qui mâche joyeusement, comme à son habitude du papier journal, sur son petit coussin violet aux pieds de son maître. Je me glisse entre Garp et Kizaru avec ma flûte et écoute distraitement la conversation, l'esprit étrangement occupé par l'absence de Saphir. Mais ma curiosité étant trop forte, mes lèvres s'ouvrent d'elle-même pour poser la question :

- Sakazuki, tu as mangé Saphir ou quoi ? D'habitude, elle ne te lâche pas d'une semelle, et là, pouf… Pas là.

- …

Blanc dans le cercle des anciens. Bah oui. A part moi, ils sont tous vieux et ont dépassée ou ilq s'approchent, sans exception, de la date de péremption des produits de base qui est de 50 ans. Le malaise dans le groupe est palpable mais je n'en ai rien à faire et fixe Sakazuki qui me regarde de son regard le plus dangereux possible. Malheureusement, depuis que Saphir est parmi nous, je suis désormais intouchable, et il le sait. S'il devait m'arriver un moindre pépin, Saphir me défendrait corps et âme et j'en fais de même si elle devait avoir un souci avec un soldat du QG ou même du Gouvernement Mondial en personne. C'est ça la véritable amitié.

- Oooh, tu as perdu ta langue, Sakazuki ? renchérit doucement Borsalino avec une voix mielleuse dans un sourire complice. Chesca t'a posé une question, il me semble… Où est Saphir… ?

- Elle est sûrement en train de finir de se préparer dans son appartement, grogne-t-il comme unique réponse.

- Tu es sûr … ? persiste Borsalino sans cesser de sourire.

- Demande à ta guenon d'aller vérifier si tu doutes de moi Borsalino, peste Sakazuki.

- Ooooh ! fait Borsalino d'une voix outrée sans l'être réellement.

Au même moment, notre cercle s'agrandit car mes collègues vice-amiraux décident de nous rejoindre, se trouvant idiots, tout seuls dans leur coin près du buffet comme des malpropres. Désormais, tout le monde observe l'amiral le plus craint du QG crispé par de simples questions sur sa subordonnée préférée. Alors que j'hausse les épaules comme pour passer à autre choses, je vois du coin de l'œil Borsalino qui a un sourire jusqu'aux oreilles, fier de savoir ce que les autres ne savent pas. Je sais qu'il en meure d'envie… Il meure d'envie de tout raconter à tout le monde. J'ai bien essayé de négocier pour qu'il attende qu'on discute avec nos amis, mais il ne tient que rarement ses promesses. C'est pire qu'un enfant.

- Qu'importe. Elle ne va pas tarder à nous rejoindre, repris-je. Elle ne manquerait pas une soirée comme celle-ci.

- Ça ne t'inquiète pas de ne pas la voir arriver ? poursuit Kizaru en ignorant les regards noirs de son ami et de l'assistance, ennuyée par la discussion futile.

S'il savait. Cette discussion est loin d'être sans intérêt. Mais ça, ils l'ignorent encore.

- Borsalino, à quoi joues-tu encore ? soupire Tsuru.

- Je joue au jeu de l'amour, ma chère Tsuru, roucoule Kizaru, en fixant Sakazuki pour observer sa réaction, qui ne fait pas s'attendre.

Sakazuki qui était en train de boire, s'arrête dans son geste et ses deux yeux marrons se posent froidement sur Borsalino, une envie meurtrière le traversant. Tout le monde absorbe l'information sans comprendre le sous-entendu. Borsalino renchérit alors, tout à fait à l'aise contrairement à moi.

- Pourquoi te caches-tu avec Saphir-chan … ? Vous êtes si mignooon ensemble ! On vous a vu avec Chesca, l'autre jour sous la branche de gui en ville… ! Tu embrasses mieux que moi ! Moi qui te croyais sans cœur, me voila rassuré.

Je vois le poing de Sakazuki se resserrer autour de sa flûte, et ses joues devenir étrangement plus roses. Vu le peu d'alcool qu'il vient de boire, je doute qu'il soit déjà pompette. Je crois que la discussion est déjà bien trop avancée pour qu'il puisse nier quoi que ce soit. Qu'est-ce que je fais… ? Je mets les pieds dans le plat maintenant que Kizaru m'a mis dans l'histoire ou pas ? J'hésite à me faire tuer là ou après la soirée. Je prie mentalement pour que Saphir arrive rapidement pour que l'ambiance se détende.

Alors que j'attendais que Sakazuki explose de colère, c'est finalement Sengoku qui brise le silence, en souriant de son sourire paternel.

- Borsalino, cesse d'embêter Sakazuki en insinuant de telle chose. Tu n'aimerais pas que l'on te fasse la même chose devant une assemblée de collègues à sa place.

- Mais, c'est vrai ! s'indigne Borsalino en fronçant les sourcils face aux sourires de toute l'assemblée croyant à une énorme blague. Sakazuki et Saphir s'aiment ! Même moi, je n'y croyais pas parce que tout le monde sait que Sakazuki a un cœur de pierre !

- Je t'emmerde Borsalino avec mon cœur de pierre, rétorque Sakazuki agacé. Mêle-toi de ce qui te regarde pour cette fois.

- Chesca-chan, aide-moi un peu ! couine Borsalino en utilisant ses yeux de chatons.

- Tatata. Tu t'es mis dans la panade tout seul, tu te débrouilles pour en sortir tout seul, pèpère.

Borsalino me fixe, l'air découragé par mon manque de réactivité face à la situation. Je l'ignore royalement, et bois mon champagne tandis que les conversations reprennent tranquillement dans le cercle. J'écoute d'une oreille distraite mes collègues discuter sur les différentes actualités qui font les gros titres des journaux en cette fin d'année : les exploits de l'équipage du petit-fils de Garp, le Gouvernement Mondial et ses décisions arbitraires, les dragons célestes et enfin le manteau de neige qui augmente chaque jour passant. Contrairement à moi, la plupart de mes collègues n'avaient jamais vu de neige de leur vie. L'ambiance est redevenue calme pour mon grand soulagement et celui de Sakazuki, qui ne cesse de regarder sa montre. Ce petit toc n'échappe pas à la vigilance de Borsalino qui vient se pencher vers lui pour parler à voix basse.

- Alors, raconte-moi tout, Sakazuki. Comment ça s'est passé avec la gamine ? Vous l'avez déjà fait ... ? lui souffle-t-il entre deux gorgées de champagne.

- Borsalino, fous moi la paix et occupe-toi de tes oignons, grogne Sakazuki.

- Oh allez, pas de chichis entre nous ! glousse Borsalino, son sourire de macaque retrouvé. Tu as bien suivi mes aventures avec Chesca alors tu peux me partager votre histoire d'am….

Sakazuki l'empêche de finir sa phrase en lui écrasant avec violence son pied, forçant Borsalino à se taire pour mieux pester de douleur contre son ami.

- J'ai manqué des choses ? fait brusquement Saphir qui apparaît à ma droite, un verre de jus de pommes à la main.

Toutes les discussions se stoppent simultanément pour observer Saphir. Elle a également choisi de mettre une robe pour la soirée, mais bien différente du style de la mienne. Elle porte une robe rouge avec un col en dentelle noire au niveau du cou et des épaules. La robe lui arrive jusqu'aux genoux et elle est ornée de motifs blancs de Noël avec un petit village entouré de sapins et sous une mer étoile. Tous les regards sont fixés sur elle, tous l'air de se demander si Borsalino n'est désormais pas trop vieux pour la Marine. Saphir nous observe sans comprendre pourquoi l'ambiance est, devenue soudainement froide, et presque hostile à son arrivée. Sengoku tousse bruyamment pour ramener toute l'assistance à la réalité et chacun reprend ses discutions comme si rien n'était. Tout le monde sauf Borsalino, qui sourit en observant les deux amoureux se lancer des regards discrets.

- Chesca, où est-ce que je mets les cadeaux ? me demande Saphir, un gros sac à la main.

- Sous le pied du sapin, là-bas, lui montrais-je. On attendait ta venue justement.

- Oh désolé ! s'excuse-t-elle avant de courir déposer ses cadeaux, et de revenir tout aussi vite.

Elle se cale à mes côtés, et je prends en cours de route la discussion de mes collègues vice-amiraux qui n'ont, visiblement pas oublié les sous-entendus de Borsalino. Onigumo joue tranquillement avec son verre avec ses doigts, le regard fixé sur Saphir qui montre des signes de nervosité face à l'étrange ambiance.

- Alors Saphir… En cette fin d'année, pas de petit copain à nous présenter ? susurre-t-il.

- H-h-hum... N-n-non, pas encore, bégaye-t-elle, les joues rougissantes. Et puis, en quoi ça te concerne d'abord ?

- Oh. Pas la peine de le prendre comme ça, ma belle Saphir, continue-t-il en jetant des regards vers Sakazuki pour observer la réaction.

Ce dernier est coincé entre Sengoku et Tsuru, les écoutant à raconter leur exploit du temps passé. Onigumo sourit légèrement et se concentre toute son attention vers Saphir, qui sent les regards combinés de tous les vice-amiraux réunis sur elle. Elle bouge d'un pied à un autre, très mal à l'aise.

- Disons que quelqu'un… dont je tairais le nom mais qui porte régulièrement du jaune, a suggéré que le terrible et l'insensible Akainu aurait des sentiments à ton égard et que ce serait réciproque, alors comprends-tu que je suis très curieux…

Je vois du coin de l'œil, Saphir qui retient un petit hoquet de hoquet, et tente de paraitre neutre.

- L'amiral Akainu est mon supérieur et mon formateur, commence-t-elle à plaidoyer.

- Oh, mais l'amiral Kizaru l'était pour ton amie Chesca et on voit où on en est aujourd'hui, ricane-t-il.

Stainless, Momonga et Doberman soupirent à l'unisson face à l'insistance de leur ami à en savoir davantage. Je grince également des dents face aux douloureux souvenirs qui remontent à l'époque où tout le monde avait découvert notre union avec Borsalino. Le plus dur avait été de convaincre Sengoku que notre liaison n'allait pas impacter notre travail au quotidien. Bien au contraire, aujourd'hui, le travail de Borsalino sur ses heures de travail a quasiment triplé depuis le début de notre relation il y a maintenant 6 ans.

- Evite de ravier les mauvais souvenirs de cette période, grimaçais-je.

- Pardon petite princesse, reprend Onigumo. J'enquête juste. J'admets qu'après réflexion, Sakazuki est bien plus calme et ne brûle plus autant de soldats qu'avant.. On dirait que ton arrivée parmi nous est une bénédiction finalement.

Saphir et moi respirons un bon coup, plus détendues qu'il n'avance pas plus d'arguments. Je m'en vais pour aller prendre quelque chose à manger au buffet, quand Saphir me retient par le bras, les yeux suppliant de rester auprès d'elle. Je soupire et l'entraine avec moi jusqu'au buffet sur lequel on prend chacune un lourd plateau de victuailles. Nous reprenons le chemin inverse pour venir distribuer des toasts aux ventres affamés de nos collègues. Je laisse Saphir servir les vice-amiraux tandis que je me glisse entre Sakazuki et Borsalino pour tendre le plateau. Tout le monde se sert allégrement en riant aux blagues des uns et aux autres. L'ambiance se détend tranquillement, et je laisse Saphir discuter avec Smoker, Momonga et les autres pour me faufiler dans les bras de Borsalino. Ce dernier baisse les yeux vers moi, tout sourire.

- Tu as froooid mon chaton ? roucoule-t-il.

- Oui et non. Je veux juste un peu d'attention de ta part, le taquinais-je.

- Tu en auraaas toute la soirée mon chaton et même ce soir !

- Vantard va. La soirée vient tout juste de commencer, tu as déjà vidé plusieurs verres d'alcool alors je suis curieuse de te voir en fin de soirée.

- Je t'aiderais à le porter s'il a abusé, belle demoiselle, intervient Kuzan d'un clin d'œil dragueur.

- Si tu n'es pas dans un état pire que le sien, pourquoi pas ! Je ne refuse jamais aucune aide.

Avec Kuzan, nous échangeons un sourire complice sous l'œil meurtrier de Borsalino, jaloux de cette soudaine complicité.


Au même moment, du côté de Saphir,

Saphir joue nerveusement avec verre, dansant toujours sur ses pieds, attendant mon retour au sein du cercle. Malheureusement, quand elle voit que je reste dans les bras de mon homme, elle pousse un petit gémissement plaintif tandis qu'une ombre menaçante s'approche d'elle.

- Alors petit renard, on est seule maintenant ? gazouille Onugumi. Tu n'as plus ta fidèle mie pour te soutenir et te garder loin de nos petits potins. Alors… Raconte tout… C'est vrai ce que l'on raconte ? Akainu aurait trouvé sa petite chose en toi…

- Ce n'est pas tes affaires, Onigumo, chuchote Saphir, à voix basse pour ne pas être entendue par le reste des vice-amiraux.

Malheureusement pour elle, tous ont arrêtés leur potin pour se consacrer entièrement sur Oigumo et Saphir, qui devient de plus gênée par autant d'attention. Le cercle se referme discrètement autour de Saphir sans qu'elle ne s'en rende compte, la cachant des yeux du deuxième cercle des haut-gradés à côté. Onigumo juste un regard discret à Akainu et se penche vers Saphir, pour la regarder dans les yeux.

- Tout se sait ici… Allez, raconte-nous à quel point, il est aussi monstrueux et cruel avec toi qu'avec les autres soldats. Il doit t'en faire voir des vertes et des pas mures quand il est en colère.

- L'amiral Akainu n'est pas le monstre que vous croyez ! commence Saphir, en le fusillant du regard. Les seuls monstres que je vois, ce sont les idiots de soldats et leurs supérieurs irrespectueux dont tu fais partie ! Maintenant, foutez-moi la paix avec vos questions sur ma vie privée !

Saphir se recule pour s'éloigner d'Onigumo, puis tourne les talons en bousculant au passage, Stainless et Doberman qui la regardent faire sans la retenir. Onigumo la regarde partir avec insistance vers le buffet pour prendre un verre d'alcool. Saphir reste près du buffet quelques minutes pour tâcher de calmer les rougeurs qui brulent sur son visage puis, elle revient maladroitement sur ses pas, se dirigeant vers le cercle des anciens. Elle traverse la pièce sous le regard de l'ensemble des vice-amiraux. C'est à cet instant précis que la maladresse légendaire de Saphir décide de refaire surface : elle traverse sans faire attention la pièce et elle s'emmêle les pieds et trébuche envoyant le contenu de son verre rempli sur le costard de Garp qui pousse un petit cri de surprise, surprenant tout le monde sur le son aigu sorti de sa grande gueule. Le silence se fait aussitôt tandis que nous regardons Garp, dont le côté de son costard dégouline de vin rouge et de l'autre côté, Saphir étalée au sol, morte de honte.

Je soupire avant de me retirer des doux bras de mon compagnon pour l'aider à se relever, tandis que Garp rigole à gorge déployée de la chute de Saphir. Saphir s'approche toute penaude de Garp, se tordant les mains, inquiète du sort qui lui est réservée. Garp s'esclaffe davantage avant de l'attraper par les épaules pour lui ébouriffer les cheveux de son poing de l'amour « gentil ».

- Ahaha…. ! T'en loupes pas une pour te faire remarquer la rouquine ! Qu'est-ce qu'on s'ennuierait sans toi au QG !

L'ambiance semble très détendue par cette chute inattendue de Saphir… Avant qu'Onigumo dépose une véritable bombe à retardement en quelques phrases…

- Finalement, j'me suis peut-être trompée… Toujours aussi maladroite avec tes mains et tes pieds, la rousse, fait lentement Onigumo, le sérieux retrouvé.

Ses yeux bruns la fixent avec une émotion de froideur sur le visage, qui en fait frissonner Saphir. Ce regard, elle l'a déjà vu. Elle l'a vu la première fois qu'elle a rencontré les vice-amiraux pendant une réunion. Le regard qui la décrypte et la juge tandis qu'il semble réfléchir à ses prochaines paroles plus blessantes. Un froid glacial nous traverse tous, et je recule avec Saphir, sentant la menace arriver.

Malgré le silence pesant dans la salle de réunion, une forte chaleur se fait ressentir… Sans que Sengoku puisse s'interposer, Akainu s'est avancé jusqu'à Onigumo pour l'attraper avec toute la violence dont il est capable et le soulève du sol, la main serrant son cou. Les vice-amiraux reculent immédiatement voyant l'homme de magma furieux, laissant apparaître sa lave sur son costard, devenant de plus en plus rouge. Sengoku tente de s'avancer pour empêcher un meurtre de sang-froid, mais il est stoppé d'un même élan par Kizaru et Garp. Nous sommes tous figés devant la scène surréaliste, tandis qu'Onigumo tente de se débattre de la prise de son supérieur.

- Toi… Je trouve que tu as la langue bien pendue pour un gamin qui a foutu le bordel dans tout le monde dès sa première semaine avec tes petits copains vice-amiraux.

Les concernés déglutissent : Momonga, Doberman, Stainless se font plus petit tandis que Sakazuki les fusille du regard, l'air agacé, puis il revient sur le visage d'Onigumo, transformé par la crainte.

- Dois-je rappeler la fois où toi et tes petits copains avaient « sans faire exprès » détruit tout le matériel d'entrainement en voulant faire les malins ?! Ou encore la fois où vous avez fait échouer un navire flambant neuf de la Marine, après avoir pris la mer complètement souls ?! tonne-t-il avec sa voix menaçante.

Silence des vice-amiraux qui baissent les yeux tous honteux de ces souvenirs. Sakazuki secoue avec fermeté Onigumo pour planter son regard brûlant dans celui d'Onigumo.

- Ose encore une fois parler sur ce ton à Saphir et je te rétrograde de ton rang pour celui de colonel dans le Nouveau Monde ! Est-ce bien clair pour toi, soldat Onigumo ?!

Puis sans prévenir, il jette Onigumo au sol, avant de se diriger vers moi et Saphir. Je m'écarte poliment de Saphir, pour se réfugier dans les bras réconfortant de Kizaru qui m'accueille nerveusement. Sans faire attention aux regards sur eux, Sakazuki recoiffe doucement Saphir, dont les cheveux se sont emmêlés dans sa chute pour dégager son visage. Les joues de Saphir sont rouges, colorées par la gêne d'être au centre de l'attention. Borsalino et moi soupirons tendrement, en voyant la scène si tendre entre ce couple des plus surprenant.

Conscient d'être sous les projecteurs d'une salle entière de ses collègues et supérieurs, Sakazuki se contente d'une main sur la joue de Saphir pour la rassurer, sans un mot, comme à son habitude j'imagine. Puis, il se redresse lentement avant d'observer la foule silencieuse. Oh Oh ! Ça sent le discours poignant ça. Je me retiens de trépigner d'impatience tout comme Borsalino. Son regard si intense et froid nous balaie tous en une seconde avant qu'il ne se décide de prendre la parole. Saphir prend son courage à deux mains, et prend la main gauche de son compagnon pour la serrer aussi fort que possible, stressée par la suite.

- A partir de maintenant, je ne tolèrerais plus aucun commentaire désobligeant sur Saphir ! Il serait judicieux de rappeler à chacun d'entre vous que vous avez été matelot de première classe ! tranche-t-il d'une voix dure. Que je ne reprenne personne à ennuyer Saphir avec vos allussions douteuses et vos commentaires déplacés ! Même moi Borsalino avec ta guenon !

- T'es pas drôle, grognais-je. Pas d'exception pour son vieux frère ?

- Pas d'exception pour toi également la sauvage, me confirme-t-il.

- Tant pis, je trouverais un autre moyen de vous embêter… Mais sinon, félicitations à vous deux. On en oublie la politesse après le grabuge que Onigumo a causé !

Saphir et Sakazuki détournent le regard d'un mouvement synchronisé, regardant dans la même direction comme par hasard. C'est Sengoku qui ramène le calme en se raclant la gorge.

- Je n'ai rien à dire sur cette union, tant qu'elle ne nuit pas à votre travail et à l'ambiance au quotidien, c'est bien clair ?

- Très clair, monsieur, répond aussitôt Sakazuki et Saphir.

- Parfait ! Passons à al distribution des cadeaux dans ce cas ! reprend Sengoku. Garp, tu es le plus vieux ici, c'est toi qui distribues les cadeaux cette année !

- Pas question ! peste Garp. C'est pas moi qui a la barbe et le ventre du Père Noel… !

Devant toute l'assistance médusée, Sengoku et Garp commencent alors à s'engueuler sur qui fera le Père Noel. Je vois du coin de l'œil, les collègues vice-amiraux qui parient discrètement sur le gagnant du combat. Je soupire de concert avec Tsuru, et toutes les deux, nous nous avançons jusqu'au sapin pour la distribution des présents. En 20 minutes, tous les cadeaux sont distribués, et j'observe avec satisfaction le Bouddha qui cherche de ses yeux bruns, le coupable du cadeau que je lui ai offert. Borsalino sent mon amusement, et vient se pencher pour me susurrer à l'oreiller.

- Oooh… je vois bien que c'est toi qui es la coupaaable… J'espère qui ne devinera pas que c'est toi, sinon je ne donne pas cher de ta peau..

- Il ne devinera pas. Regarde-le, il soupçonne Garp. C'est bien son type de blague. Moi, je suis innocente dans cette affaire.

Enlacée par mon compagnon, nous observons nos collègues qui se remercient chaleureusement, et profitent calmement de la fin de la soirée. Dans un coin de la salle, je vois que Sakazuki sort le mystérieux sac contenant les livres achetés quelques jours plus tôt. Je l'observe s'avancer jusqu'à Saphir et lui tendre le sac sans plus d'explications. Toujours pas doué pour parler aux femmes, de ce côté-là, rien de nouveau ! Saphir prend le sac et découvre en son intérieur, de précieux manuels très rares sur les animaux, les plantes et des techniques de survie en milieu hostile. Elle les caresse du bout du doigt, ne croyant pas à ses yeux, avant de relever la tête et de sauter au cou de Sakazuki. Je glousse amusée par la scène et surtout par le visage cramoisi d'Akainu, qui la serre dans ses bras après quelques secondes de surprise. Après cette chaude étreinte, notre petit couple s'observe droit dans les yeux, oubliant l'instant présent. D'un geste doux, Saphir vient poser ses mains sur les joues d'Akainu, rapproche leurs deux visages et dépose avec douceur ses lèvres sur celles de son compagnon. Aussitôt, je détourne le regard me sentant comme une vilaine mamie qui regarde avec envie, les couples s'embrasser. Au-dessus, Borsalino rigole de son rire communicatif, ayant vu ma réaction de pudeur.

- Mon chaton serait-il devenu mignooon ? pouffe-t-il amusé par ma soudaine pudeur. Toi qui es très active en privéééé…. !

- Tiens ta langue le singe, on est en public, marmonnais-je.

- Mais je la tiens… d'ailleurs, elle a envie de quelque chose…. ! ronronne Borsalino.

Délicatement, il me soulève du sol, et me prend dans ses bras, à la manière d'une mariée dans les bras de son fiancé. Un bras au niveau de mes jambes, et l'autre dans mon dos, il me cale contre son torse tandis que je rapproche nos lèvres sans l'embrasser. Nos nez s'entrechoquent et se caressent, sans que nous n'en fassions davantage. Finalement, c'est un raclement de gorge prononcé qui nous sort de notre rêve. Je tourne la tête, pour voir que Sakazuki et Saphir se sont rapprochés de nous, main dans la main.

- Alors, tu n'arrives pas à conclure ce soir ? ricane sombrement Akainu.

- Sakazuki, ne le provoque pas ! gémit Saphir. La dernière fois que tu les as provoqués, ils ont hurlé toute la nuit…

- Parlons peu mais parlons bien, repris-je sans écouter. Vous l'avez fait…?

- Ça ne vous regarde pas, grogne Akainu, tandis que Saphir tourne au rouge.

- OOh, ça, c'est la réponse de quelqu'un qui ne l'a pas faait ! le taquine Kizaru en lui tirant la langue. Sinon, on vous aurait déjà entendu crier. Je suis sûr qu'il est encore moins doux que moi au lit !

De vagues grognements nous répondent et je rigole en voyant les deux amoureux, gênés par la question. Je ronronne et m'accroche au costard de mon homme en frottant ma tête contre son cou.

- Envie d'aller te reposer, ma belle princesse ? s'enquit Kizaru.

- Nous n'allons pas tarder non plus, renchérit Sakazuki en voyant Saphir bailler. Ça a été une agréable soirée. Même si c'est toi qui a provoqué le bordel de tout à l'heure, stupide Singe ! Je te le ferais payer un jour ou l'autre !

- Mais oui… Remercie moi en attendant, glousse le-dit singe, avant de tourner les talons vers la sortie, me portant toujours comme une mariée.

Saluant rapidement les collègues, Akainu et Saphir ne tardent pas à nous suivre dans les couloirs vides du QG. Au fur et à mesure que nous avançons dans le couloir, je sens mes paupières se fermer, me transportant dans le doux monde des rêves. Je souris avant de m'endormir et marmonne quelques mots à l'attention de l'heureux couple.

- Mhh.. J'serais maman avant toi, Saphir-chan.

Akainu nous lance un regard en coin, tandis que Borsalino disparait brusquement pour éviter sa future mort. Il soupire longuement et regarde Saphir, qui serre tendrement sa main, un franc sourire sur son visage d'ange.

- Dis… tu me promets qu'on formera une famille … ?

- Ne te laisse pas influencer par la guenon, marmonne Akainu en l'entrainant vers leur chambre. On aura toute la vie devant nous pour ça.

- Je t'embêterai avec ça jusqu'à ce que tu cèdes, chuchote Saphir avant de courir jusqu'à la salle de bain.

Akainu soupire en levant les yeux au ciel, maudissant une nouvelle fois son collègue.

- Et voilà repartis dans une nouvelle négociation…

Il entre à son tour dans leur appartement conjugal et ferme à clé la porte, ne souhaitant pas de mauvaises visites de collègues trop curieux en cette fin de soirée. C'est ainsi que dès le lendemain, tous les soldats du QG furent au courant de la bonne nouvelle : le terrible amiral Akainu avait enfin trouvé l'élue de son cœur : une magnifique jeune femme à la chevelure rousse, flamboyant sous les rayons du soleil.