Un Noël Surprenant ! Edition 2021

Synopsis

Vous l'attendiez avec impatience. Elles sont de retour, Chesca et Saphir plus déterminées et maman que jamais auprès de leur compagnon et de leurs bambins. Ces naissances étaient attendues comme le messie, le miracle de deux couples. Plongeons une fois encore dans ces derniers jours de ces deux couples pour un Noël surprenant ! D'autres bonnes nouvelles les attendent ce soir de Noël ! A vous de les découvrir !


~ 18 décembre, Marineford, 09h14, Salle de réunion ~

Quelques jours avant l'événement le plus attendu de l'année, une grande partie des gradés de Marineford sont réunis pour fêter une succession de réussites pour la Marine. Plusieurs îles qui étaient sous la domination de l'équipage de Barbe Blanche ont été récupérées et des pirates de grands renoms arrêtés et enfermés à Impel Down. Une telle occasion ne se manque pas pour Sengoku qui distribue allègrement des verres d'alcool et de jus d'orange aux non-buveurs. Parmi les gradés présents, tous les vice-amiraux sont présents avec des visages couverts de cicatrices avec Onigumo, Stainless, Onigumo, Garp, Smoker, Momonga, Strawberry, Tsuru et quelques nouveaux visages. Seul l'amiral Aokiji est présent parmi les trois, les deux autres étant débordés par leur devoir paternel avec leur minuscule progéniture, ce qui ne manque pas de faire rire Onigumo.

- Pour qui joues-tu la porte-parole aujourd'hui Saphir ? rigole-t-il. La dernière fois, tu as pris des notes pour Sakazuki et Borsalino ! J'espère qu'ils te rémunèreront à la hauteur de ton énergie ! Parce que vu comment vous dépensez votre énergie au bureau, je me demande quand vous aurez le temps de travailler correctement !

Saphir lui envoie le plus beau regard noir qu'elle puisse lui faire. Depuis qu'elle est arrivée à Marineford et encore plus depuis l'année dernière, cet idiot d'Onigumo n'arrête pas de la harceler de ses remarques déplacées. Et à chaque fois quand son homme de magma est absent. Elle boit une gorgée de la boisson sucrée avant de s'adresser à lui.

- J'ai l'impression que depuis le temps que tu me taquines sur nos prouesses sexuelles avec Sakazuki, puisqu'il en est question dans tes sous-entendus, que tu es un homme frustré. Va donc voir Tashigi et les nouvelles infirmières arrivées fraîchement plutôt que de t'abimer le palais à me chercher. Si tu recommences, tu sais ce qu'il t'arrivera. Je ne tiendrais pas ma langue, ni tes vilains catalogues classés X dans ton trieur nommé "Dossier Confidentiel". Capiche ?

Les autres vice-amiraux ricanent à la répartie de Saphir tandis que Onigumo vire au rouge, peu habitué à se faire renvoyer la balle. Mais son visage se recouvre d'un nouveau sourire malsain, faisant craindre le pire.

- Par ailleurs, on te voit plus souvent que Sakazuki, Borsalino et l'autre harpie. C'est quand même bien étrange tu ne trouves pas ? Je suis certain qu'ils t'envoient faire la basse besogne tandis qu'ils font des petites emplettes ou encore mieux.. Des petits calins qui réveillent tout le Quartier Général à 2 heures du matin !

- Parle encore une seule fois d'eux et je te jure que tes arraignées dégeulasses ne te sauveront pas de ce qui va suivre, crache Saphir.

- Héhéhé. Comme si t'allais m'approcher de moi et de mes araignées, ricane-t-il froidement. Tu cries encore plus fort face à elle que quand t'es au pieu avec ton gars !

- Onigumo, ça suffit, réclame Sengoku d'une voix autoritaire. Ce qui se passe entre Saphir et Sakazuki ne regarde personne alors tais-toi et ne gâche pas la fête veux-tu !

- Compris chef, marmonne-t-il sans conviction.

Les vice-amiraux soupirent de soulagement mais aussitôt l'amiral en chef a tourné le dos pour rejoindre Garp et Tsuru un peu plus loin que Onigumo se rapproche de Saphir, les yeux démoniaques. Saphir ne bronche pas face à sa minable tentative pour l'impressionner. Elle a brisé des paires de noix de coco pour moins que ça alors cet énergumène ne va pas lui faire quoi que ce soit. Surtout avec le compagnon surprotecteur qu'elle a désormais. Il se penche vers elle, rapprochant leur visage à seulement 10 centimètres, si proches qu'elle peut sentir son haleine de phoque et apercevoir les dents jaunâtres de son interlocuteur trop collant.

- Une dernière chose et ensuite, je te laisse tranquille, Saphir-chan, murmure-t-il. L'an passé, ton chéri avait dépassé les bornes pour une petite remarque à ton sujet… T'en souviens-tu ?

- Non. Tout ce qui se rapproche à toi et tes commentaires désobligeants passent dans la trappe parce que tu es comme ce qui a dans le fond d'une poubelle : un déchet.

- Mais oui mais oui…. Je vais te rafraîchir la mémoire dans ce cas. Je t'avais dis ceci : "Dis-moi Saphir-chan, tu n'aurais pas grossi par hasard ?" Permets-moi de répéter cette remarque très désobligeante, je m' excuse par avance mais quand on apprécie quelqu'un, on lui dit la vérité, n'est-ce pas ? Ma chère Saphir, dit-il suavement avec un ton ironique. Depuis l'année dernière, j'ai la nette impression que t'as encore plus grossi. Pourtant avec tout l'entraînement sur le terrain et dans le lit avec l'amiral Sakazuki, tu n'aurais pas dû prendre autant de poids. Tu ne serais pas en train de couver une nouvelle bombe à retardement ? Ou une deuxième tournée de bébé au caractère explosif mélangeant entre toi et le volcan sur pattes ?

- Absolument pas ! tonne Saphir énervée qu'il insinue des choses pareilles en plein rassemblement.

- Onigumo, arrête de te mêler de sa vie privée , grommèle Smoker. Ça devient gênant !

Onigumo hausse les épaules face à la remarque de son collègue mais il continue de fixer Saphir dans les yeux avant de se détourner. Saphir garde un regard glacial jusqu'à ce que tout le monde détourne le regard et que les conversations partent enfin vers autre chose. Elle a l'habitude qu'il la taquine sur son couple, son amie Chesca également. Mais cette fois, quelque chose la chagrine fortement. A bien y penser, cela fait quelques semaines qu'elle aurait dû avoir ses règles et elle n'a jamais eu de retards depuis son adolescence. Un sentiment d'anxiété lui prend rapidement la gorge et elle finit son gobelet avant de le jeter dans la poubelle la plus proche et s'éclipse de la petite fête. Saphir jette un coup d'œil à sa montre : 09h29. Elle avait dit à son compagnon qu'elle resterait à la réunion jusqu'à 12 heures, alors elle va en profiter pour effacer l'étrange doute qu'il l'habite désormais.

D'un pas décidé mais discret, Saphir fonce dans le centre-ville de Marineford et plus particulièrement vers une pharmacie en périphérie de la ville pour ne pas être vue. Elle fait rapidement ses achats et elle retourne aussi vite et discrètement possible au QG en passant par de petites ruelles avant d'aller se glisser dans les toilettes pour femmes près des bureaux. Saphir fait le nécessaire pour le test dans une cabine au fond des toilettes et se rhabille en le secouant nerveusement. Elle espère sincèrement se tromper… Les minutes lui semblent une éternité et elle fixe le test de ses yeux, comme si elle souhaitait le détruire. Après plusieurs minutes le résultat apparaît enfin : une deuxième barre verticale apparaît clairement à côté de la première. Saphir déglutit quand elle comprend le résultat positif : elle est de nouveau enceinte d'un deuxième enfant et sa première pensée lui sort aussitôt de la bouche :

- Bordel de merde.


Au même moment, du côté de Sakazuki,

Aujourd'hui c'est le tour du papa Sakazuki de prendre soin de leur enfant, Rowan, petit garçon modèle à l'image de ses parents. Né le 18 juin dernier, Rowan est âgé de 7 mois et il commence à ressembler à son père dans les traits physiques et avec les yeux de sa mère Saphir. Sakazuki s'affère à préparer une biberon pour Rowan tandis que celui-ci barbotte dans une petite bassine à peine remplie d'eau tiède. D'un œil, il le surveille tandis qu'il met le biberon dans l'escargot-onde et part à l'autre bout de la pièce pour préparer un body pour son fils. Il ouvre le tiroir dédié uniquement à Rowan et observe la large panoplie de vêtements pour enfant que Saphir a achetés et qu'on leur a offerts à la naissance du petit. Il cherche un body classique mais tous ont des motifs spéciaux ou une phrase humoristique cousus dessus le faisant longuement soupirer. Il finit par choisir un body blanc avec trois petits mots coussus : "canon comme maman".

- Tu es adorable et magnifique comme ta maman, lui chuchote-t-il.

Sakazuki va déposer le body sur le lit avant de retourner auprès de Rowan pour lui faire une brève toilette avec un savon spécial bébé. Avec toute la douceur du monde, il vient s'asseoir à côté de la bassine et commence à l'aider à faire une toilette à son enfant qui joue tranquillement dans l'eau. Il commence à prendre de l'eau et lui glisser sur ses cheveux bruns sombres, surprenant Rowan qui relève la tête pour le regarder de ses yeux turquoises intenses. Sakazuki se stoppe net, quand leurs yeux se croisent et Rowan ouvre la bouche….

- Paaaaaaa !

Sakazuki soupire un peu déçu malgré lui. Chaque jour, il espère que son fils prononcera ses premiers mots devant lui pour s'en vanter auprès de tout le monde. Saphir ne l'entend pas de cette oreille et lui demande de patienter. Après tout, il n'a que 7 mois, ce n'est pas la priorité pour le moment, lui répète-t-elle sans cesse. Peut-être pour elle, mais lui, il tient absolument que leur fils soit un prodige et qu'il sache faire tout ce qu'un enfant doit savoir faire avant les autres. Par fierté personnel sûrement mais au moins, cela calmerait les folles rumeurs qui court sur cet enfant.

A cette pensée des soldats qui osent lancer des rumeurs, Sakazuki se sent réchauffé, inquiétant légèrement Rowan qui commence à geindre face à l'augmentation de la chaleur. Akainu se stoppe et il savonne doucement Rowan partout avant de le nettoyer et de l'essuyer dans une grande serviette. Rowan se cale contre lui, rassuré par la chaleur corporelle de son père mais néanmoins supportable. Lentement, il vient lui caresser les cheveux sur sa tête et l'embrasse tendrement en chuchotant.

- Tu ressembles bien plus à ta mère qu'on ne le pense. Vous aimez tous les deux, vous caler ainsi contre moi quand vous êtes fâchés ou inquiets. Personne ne peut dire que tu n'es pas mon fils. Tu l'es et je suis fier de toi, même si tu n'as rien fait pour le moment car le moment viendra, tu seras le prochain amiral en chef de la Marine et tu me dépasseras !

Rowan ne comprend strictement rien aux paroles de son père mais pour faire plaisir, il rigole à voix déployée et s'accroche à la chemise à fleurs de son tendre géniteur. Akainu ressent cette étrange passion que lui inspire son fils chaque jour l'envahit encore et encore comme une drogue qui ne cesse de l'obséder. Il le serre chèrement contre lui avant de se relèver pour se diriger vers le lit où il prend le body. Il finit d'essuyer Rowan qui rigole à chaque fois qu'il le chatouille sur ses petits pieds ou sous les aisselles. Sa bonne humeur et son rire décroche un sourire en coin de Sakazuki qui ne peut s'empêcher de le soulever à la hauteur de son visage pour l'embrasser partout. Rowan glousse encore plus fort face aux chatouilles de son paternel, bien décidé à entendre sa voix enfantine. Le papa heureux comme un pape continue de câliner son fils, loin de se douter de ce qui arrive… Rowan rit de plus en plus fort avant de commettre une grosse bêtise… Avant de partir à la réunion, Saphir avait nourri de son lait maternel le jeune Rowan qui avait réclamé à manger comme chaque matin à 5h54 pour le désespoir de ses deux parents.

Rowan fait un bruit pas très élégant et recrache la nourriture avalée le matin même, au visage de Sakazuki qui perd aussitôt son sourire en recevant ce cadeau improvisé. Rowan se débat un peu dans ses bras, gémissant pour être reposé sur le sol tandis que Sakazuki le remet sur ses genoux et s'essuie le visage, dégoûté par la substance qui coule sur sa chemise et son pantalon. Heureusement que personne n'a vu ça, se dit-il mentalement. Il finit d'effacer les traces de ce crime odieux sur sa personne et reprend sa tâche initiale qui était d'habiller Rowan du petit body. Il commence à s'attacher à cette longue tâche quand on connaît le petit Rowan qui n'aime pas rester sur le dos même pendant quelques secondes trouvant la position inconfortable. Sakazuki sifflote un air d'une berceuse pour essayer de le garder concentré sur lui et lui enfile le body après 10 minutes à galérer avant de se rendre compte d'un oubli fatal : celle de la couche.

- Hey merde, se dit-il à voix haute. Je n'ai plus qu'à recommencer.


Du côté du bureau de l'amiral Kizaru ~

A l'inverse de son ami, Kizaru et moi sommes débordés et désorganisés depuis la naissance de notre fille Lily, petite bombe émotionnelle. Le bureau est dans un bordel incroyable, comme personne ne peut se l'imaginer. On en interdit l'accès tellement qu'on en a honte de notre état physique et de l'état général de l'endroit. On reçoit les soldats dans le bureau voisin, celui de Kuzan et on récupère les dossiers des soldats à la porte, cachant le bazar. Le bureau déborde de tout part de dossiers et d'affaires pour bébés entre couches sales et biberons vides. Toute la pièce regorge de sacs de couches, de draps et de vêtements pour la petite Lily comme si elle vivait ici quotidiennement.

Alors que Lily semble calmée d'une énième crise de pleurs incontrôlable depuis le début de la journée, Borsalino s'assoit lourdement dans son fauteuil, fatigué. Moi, je m'appuie contre le bureau, essuyant la sueur sur mon front. Nous restons quelques minutes à reprendre notre souffle et nous observons la petite Lily, notre fille qui s'est endormie dans un berceau improvisé à côté du bureau. Nous n'osons pas ouvrir la bouche de peur de réveiller notre ange. On se jette un regard entre le soulagement et l'inquiétude. Combien de temps cette sieste allait-elle durer ? 10 minutes ou 3 heures ? Je m'assois à moitié sur le bureau et parle à voix basse.

- Elle s'est calmée. On se demande pas de qui elle tient ses colères et ses cris pour un oui ou un non.

Borsalino se redresse vexé dans son fauteuil et me fait clairement comprendre qu'il veut sortir du bureau pour parler. Je lève les yeux au ciel avant de m'exécuter, nous sortons sur la pointe des pieds, fermons le bureau à clé et nous partons ensemble en direction du petit jardin derrière le Quartier Général.

La tension dans notre couple est à son comble. Nous ne passons du temps ensemble que pour gérer Lily et toutes les paperasses qui s'accumulent sur nos bureaux. Nous marchons silencieusement jusqu'au jardin où il s'assit sur sa chaise longue et je vais m'asseoir sur celle appartenant à Aokiji. Nous fixons l'horizon qui s'étale devant nos yeux cernés avant qu'il ne reprenne la parole d'un ton sec.

- Je peux savoir que tu sous-entendais pas ta dernière phrase, Chesca ?!

- Tu le sais très bien. J'ai un tempérament calme et je suis détaché alors que toi, tu n'arrêtes pas de bouder et de faire le gamin dès qu'on te vexe. La preuve est maintenant, tu me fais une scène pour rien.

Ses yeux marrons me fixent avec une froideur sans nom, comme jamais il ne m'a fixé. Mais depuis la naissance de Lily, nous fonctionnons ainsi. Nous nous disputons sans arrêt avant de nous réconcilier dans le lit dans de torrides ébats qui ne règlent rien nos conflits.

- Je suis fatiguée Borsalino ! J'aimerais que tu l'entendes un peu ! A chaque fois que je tente de mettre un peu d'organisation dans notre quotidien, tu fous tout en l'air dès le premier soir ! Les collègues vice-amiraux sont très gentils certes mais ils n'ont pas d'enfants eux ! Alors s'il te plait, arrête de les suivre à chacune de leur soirée dans un premier temps ! Sais-tu combien de temps je passe par jour à m'occuper de Lily, de m'occuper de MES dossiers avant de courir à ton bureau prendre des dossiers en retard que me réclame Sengoku ?! Je dépasse les 13 heures par jour alors que tu n'en passes que 5 ou 6 heures maximum ! Je veux le meilleur pour Lily et notre couple mais si tu ne mets pas du tien dans les prochaines semaines, je demande le divorce et la moitié de tes bien avant de quitter la Marine !

La menace n'est pas sérieuse du tout, mais cela a le don de faire blêmir Borsalino en un quart de seconde à la seule idée d'être à nouveau seul et célibataire dans cet endroit.

- Je veux juste que tu fasses un effort et qu'on reprenne un quotidien plus serein. Regarde comme Saphir et Akainu se débrouillent très bien. L'un travaille au bureau et l'autre s'occupe du petiot tout en gardant son denden à proximité en cas d'urgence. Ca fait un moment qu'on les a pas vu et ni Rowan. La dernière fois qu'on a diné ensemble remonte à avant qu'on accouche Saphir et moi, tu te rends compte ? On a oublié de vivre un peu !

- C'est vrai, soupire Borsalino. Il faudrait qu'on se fasse une soirée tous les quatre ensemble et demander aux anciens de prendre les deux enfants en garde le temps de la soirée, qu'en dis-tu ?

- Ça m'irait. A demande à Saphir et Sakazuki quand ils sont disponibles… Je peux déjà regarder sur mon agenda.

Je fouille l'une de mes grandes poches et en sors mon agenda de poche dans lequel je note les infos et les rendez-vous à ne pas manquer. Je commence à tourner les pages et arrive à la date d'aujourd'hui. Mon cerveau bugue un instant quand je vois la date, croyant rêver.

- Non déjà ?! hurlais-je. On a totalement zappé la réunion de ce matin ! Et en plus….. On a oublié Noel qui est dans quelques jours seulement ! On n'a rien acheté !

Je relève la tête pour croiser les yeux de Borsalino qui est tout aussi choqué que moi. Le temps est passé si vite qu'on a oublié de faire nos achats pour Noël. Je le referme aussitôt et cours en direction de Marineford pour retrouver Saphir. Misère de misère ! Le temps est passé si vite et l'absence de neige sur Marineford nous a confortés dans notre confort de l'automne ! Je trottine à travers les couloirs, cherchant désespérément Saphir à l'aide de mon haki, je la remarque enfin à l'autre bout du Quartier Général dans les toilettes pour femmes. L'endroit ne se prête pas réellement à une rencontre pour proposer un rendez-vous entre vieux amis, mais tant pis ! Je fonce devant la porte et entre en trombe dans les toilettes.

- Saphir-chan !

Saphir sursaute violemment et elle relève la tête alors qu'elle est appuyée sur un lavabo devant un miroir, le teint blême. Je m'approche d'elle, les sourcils levés.

- Hey Saphir-chan, t'as l'air malade. Ça va pas ?

- Je… Je crois que je suis à nouveau enceinte, soupira-t-elle.

- Ah. Mais avec le petit ange que vous avez eu comme premier bébé, ça va le faire !

Saphir me fait les yeux ronds alors que je la fixe, complètement désinvolte et j'en-foutisme. Je craque mes doigts avant d'enchaîner sur la raison de ma visite un peu imprévue.

- Bref ! Passons au sujet urgent ! Il est très possible que moi et Borsalino ayons oublié de faire nos achats pour la fête qu'on appelle globalement Noël. Alors je voulais te proposer d'aller en ville ensemble, qu'en dis-tu Saphir ?

- Attends, je viens de t'annoncer que je suis de nouveau enceinte et tu passes à autre chose comme ça ? commence à s'énerver Saphir, une veine sur le front.

- Qu'est ce que tu veux que je dise ? Je ne suis pas ton homme, alors je ne vais pas sauter de joie ou pleurer de désespoir à sa place. Je ne suis que ta copine de Marineford. Et souviens-toi que j'élève déjà un petit monstre alors en voir un de plus dans le Quartier Général, tu vois ça ne m'enchante pas du tout.

- Que ça t'enchante ou pas, je m'en fous ! me tacle Saphir. Mais tu pourrais me montrer un peu de compassion ou de sympathie, je sais pas !

- C'est des notions que j'ai perdues depuis la naissance de Lily, rétorquais-je. J'ai perdu l'odorat avec les couches très odorantes et mon sens de l'esthétique dans ma garde-robe vu que Lily me vomit dessus sans arrêt. Faut aller voir Tsuru si tu veux un avis neutre, elle n'a pas perdu complètement les pédables à cause des enfants elle. Elle en a de la chance !

Saphir reste pétrifiée face à mon ton neutre et détaché. Après plusieurs mois à supporter le petit bébé que j'ai mis au monde, j'ai quelque peu évolué sur mes manières et mon empathie, en surprenant plus d'un collègue.

- Bref, t'es partante ou je dois trouver une autre partenaire de courses de dernières minutes ?

Un court instant, Saphir fixe le vide derrière moi avant de hocher la tête. Nous quittons tranquillement les toilettes discutant des courses à venir, passant les deux appartements prendre nos affaires avant de nous diriger vers la ville.


~ Un quart d'heure plus tard ~

Les sacs accrochés aux bras, Saphir et moi arrivons en ville, la tête pleine d'idées de cadeaux à acheter. Saphir n'a pas grand chose à acheter hors les cadeaux pour la fête du Père Nöel Secret alors que moi, j'ai tout à faire. J'ai dit à Borsalino qu'il devrait venir m'aider si je n'arrive pas à tout porter mais il était si débordé qu'il m'a lancé un regard de biais, me conseillant fortement de faire appel à Smoker ou Momonga. Ça va les ravir, je les sens bien !

Notre petite dispute est oubliée et nous avançons dans le centre-ville de la Marineford pour chercher nos cadeaux de Noël. Je fouille mes poches à la recherche de ma liste de cadeaux. Je n'ai pas eu le temps de commander en avance alors je vais me contenter de cadeaux classiques et non personnalisés.

Pendant plus de deux heures, Saphir et moi faisons mutuellement nos courses, parfois seules et parfois ensemble, rigolant face à des cadeaux ridicules. Nous rigolons de bon cœur quand nous voyons des parents grondés leur enfant au milieu du rayon de magasin de jouets. Même si nous nous imaginons déjà dans quelques années à leur place avec nos enfants grandissants. Nous finissons nos courses chez un fleuriste pour un magnifique bouquet de rose rouge et un petit bonzaï pour remplacer celui de Sakazuki, coupé "par accident" par un Kuzan bourré. Plutôt suite à un pari, mais chut. C'est un secret.

J'aide Saphir à porter ses nombreux sacs et paquets cadeaux avant que nous nous mettions à repartir à pied vers le Quartier Général. Nous marchons en silence dans l'allée centrale quand Saphir se stoppe nette prise d'un doute soudain. Je continue à marcher avant de me rendre compte que je ne l'entends plus marcher derrière moi. Je me retourne et la fixe bizarrement alors qu'elle fixe devant elle, les yeux écarquillés et le visage figés dans une expression stressée. Je fais demi-tour et m'avance jusqu'à elle, un sourire narquois aux lèvres.

- Qu'y-a-t-il cette fois ? Tu as vu ton bel homme à poil dans un flash ?

- Chesca, fait Saphir avec la voix tremblante. Tu crois que Sakazuki va m'en vouloir ?

- T'en vouloir ? De quoi il pourrait t'en vouloir ? J'ai loupé un truc…

- D'être à nouveau enceinte, soupire Saphir de plus en plus stressée. Il avait déjà du mal avec ma première grossesse, alors la deuxième ! Il va être malade quand je vais lui annoncer !

- Saphir, est-ce qu'une seule fois, toi ou Sakazuki, vous vous êtes protégés pendant vos ébats ? soupirais-je.

- Non ? Mais je ne vois pas le rapport !

- Ah, en parlant de rapport ! Je ne vais pas te rappeler comment on fait les bébés, tu l'as expérimenté comme moi ! A force de rapports sexuels, y'a une graine qui se plante en toi et vu comment vous êtes actifs dès que Rowan dort, c'était prévisible !

Le visage de Saphir s'empourpre très vite en comprenant mes paroles mais elle ne rit pas comme d'habitude. Au contraire, elle commence à respirer plus lourdement et à hyperventiler, si bien que je crois à une comédie dans un premier temps. Je dépose mes sacs sur un banc et je viens lui retirer ses affaires pour la serrer dans mes bras. Saphir laisse échapper un sanglot contre moi alors que je la sens tendue et horriblement malade à l'idée de l'avouer à Sakazuki.

- Qu...Qu'est-ce que je dois faire ?! chuchote-t-elle contre moi. Je dois lui dire…. ou peut-être… avorter ?! Ou lui cacher et m'en aller loin ?!

- Chuuuuut ! Pour l'instant, tu ne fais rien du tout. Ta grossesse ne se voit pas.

- Bien sûr que si elle se voit ! peste-t-elle. Onigumo m'a fait encore une grossière remarque en réunion ce matin. Il a trouvé que j'avais pris du ventre et effectivement, c'est vrai ! J'ai pris des kilos et si lui l'a vu, Sakazuki va le remarquer et il va me poser des questions ! Je ne suis pas prête pour ça Chesca !

Elle commence à se débattre dans mes bras mais je ne cherche pas à la retenir, je suis trop fatiguée pour cela alors je la lâche et la laisse s'asseoir sur le banc, sanglotant. Elle essaie de calmer sa violente crise d'angoisse tandis que je l'observe, impuissante et presque…. indifférente. Car oui, Saphir est mon amie depuis longtemps mais j'ai tellement de soucis que de devoir supporter la douleur des autres m'est impossible maintenant. Je suis en train de devenir un monstre sans sentiments. Je l'observe debout devant elle, sans bouger, les bras ballants, ne semblant pas quoi faire mais ne l'exprimant pas. Des passants passent à côté de nous, les regards inquiets mais je les envoie gentiment balader d'un regard glacial. Certains essayent tout de même de s'interposer entre nous, croyant que je suis la cause de la crise d'angoisse et de pleurs incessants de Saphir mais je les repousse physiquement, en grinçant des dents.

Je tourne le dos très peu de Saphir mais suffisamment pour que Saphir commet une énorme erreur. Dans mon dos, elle a réussi à attraper son denden dans son sac et compose le numéro de son homme, Akainu Sakazuki. C'est seulement au bout de la troisième sonnerie que je perçois le son trop familier du denden. Je me retourne aussitôt et me jette sur Saphir.

- Qu'est-ce que tu fous Saphir ?! hurlais-je.

- Je… j'appelle Sakazuki ! sanglote-t-elle. Je ne peux pas lui cacher la vérité plus longtemps !

- Putain, non c'est pas le moment ! Il va me tuer !

Mais pour mon grand malheur, Sakazuki décroche quasi aussitôt et j'entends sa voix grinçante à l'autre bout du fil.

- Saphir ?! Il se passe quelque chose ? Où es-tu ?! grogne-t-il. Tu n'es plus à la réunion, j'entends les bruits de la ville derrière toi!

Saphir essaye de parler malgré les sanglots qui la secouent et je suis obligée malgré moi, de lui arracher le denden des mains avant de me racler la gorge pour parler à Akainu.

- Akainu-kun, bonjour ! C'est Chesca ! Effectivement, on n'est plus à la réunion, on s'ennuie ! J'ai proposé à Saphir de m'accompagner en ville pour finir nos courses pour Nöel. On a très certainement oublié de te prévenir, désolé ! Je ne recommencerai plus promis !

- J'arrive immédiatement ! peste-t-il. J'entends Saphir qui pleure derrière toi ! Et n'essaye pas de m'entourlouper avec ton baratin, salle sorcière !

Puis il raccroche aussi vite qu'il a décroché, me faisant pâlir. Putain. J'avais oublié que le denden de Saphir avait l'option de géolocation activée. Il sait où nous sommes et fuir n'est clairement pas une bonne idée. Je n'ai plus qu'à attendre le papa gâteau. Je soupire dépitée et aide Saphir à s'asseoir sur le banc à nouveau et tente de la calmer sans succès. Je pousse les sacs au sol et me cale à côté pour la prendre dans mes bras, essayant d'atténuer ses pleurs. Mais je n'ai pas le même pouvoir de zenitude que Sakazuki avec sa douce femme, alors je la serre comme je peux et attends patiemment que le doulciné se ramène ce qui ne tarde pas.

J'entends des pas lourds et rapides qui se rapprochent de notre position et je n'ai pas besoin d'utiliser le haki de l'observation pour détecter qu'il s'agit de mon "meilleur ami" alias Akainu Sakazuki. Il arrive jusqu'à nous et il me bouscule pour prendre Saphir dans ses bras, comme une mariée, l'embrassant tendrement sur le front et lui chuchotant des mots doux. Je reste assise dans un coin du banc tandis que les tourtereaux se câlinent l'un et l'autre et que les pleurs de Saphir s'atténuent. Malgré tout, Saphir n'arrive pas à décrocher un mot, gardant ses yeux baissés sur ses mains et sur son ventre qui s'arrondit. Sakazuki ne saisit pas le message et il la serre contre lui et son regard froid se dirige vers moi.

- Sale guenon, qu'as-tu fait encore à Saphir ?! Je commence à en avoir marre de ta présence et de tes bêtises !

Je ne réplique pas à son attaque, habituée à ce qu'il lâche ses nerfs sur moi à chaque fois qu'il le peut. Je me contente de le fixer comme à mon habitude, espérant qu'il finisse de m'engueuler rapidement. On risque d'attirer l'attention. Alors qu'il me fixe avec toute la haine qu'il a pour moi, Saphir essaie d'attirer son attention en tirant sur sa chemise pour lui chuchoter de se calmer mais rien à faire, il ne se distrait pas de sa proie favorite : moi. Il reprend son engueulade de plus belle, poussant la voix encore plus forte et menaçante.

- Saphir aurait dû être à la réunion avec les haut-gradés ce matin et que vois-je ?! Au lieu d'y être, elle est avec TOI, en ville et en pleurs ! C'est étrange, mais encore une fois, j'ai la preuve de ta mauvaise influence sur Saphir ! A chaque fois qu'il y a un mauvais coup à faire, tu l'entraines avec toi systématiquement !

L'attaque est directe sans que je puisse y objecter. J'aurais bien quelque chose à y répondre, mais le regard terrifié de Saphir m'en empêche. Après tout, c'est à elle de lui annoncer la chose, pas à moi. Et ce n'est pas ma faute non plus. Restons calme et zen.

- Tu ne cesses de désobéir à moi, Borsalino ou les autres gradés qui sont tes supérieurs hiérarchiques et tu entraînes Saphir avec toi ! Ça devient une mauvaise habitude que je ne peux plus tolérer ! Je vais demander dès aujourd'hui, ta rétrogradation à l'amiral en chef Sengoku ! Peut-être acceptera-t-il enfin de t'envoyer faire un petit stage à la prison d'Impel Down comme nettoyeuse de latrines comme les matelots ?!

Une boule au ventre se forme à l'annonce de cela. Impel Down…. En voilà une destination qui ne me fait pas rêver. Peu de recrues sortent vivantes ou indemnes de cette expérience traumatisante. Et puis j'ai un enfant…

- Je pense très fortement que Sengoku aussi sera ravi de t'envoyer là-bas ! J'en ai plus qu'assez de devoir supporter tes enfantillages et ta progéniture ! Je la tolère uniquement car c'est l'enfant de Borsalino mais s'il s'agissait d'un enfant d'un autre gradé, je l'aurai renvoyé du QG avant même sa naissance ! L'un comme l'autre vous êtes incapables d'élever un enfant correctement et vous avez les capacités mentales de mômes sortis de l'école primaire !

Je jette un regard mouillant à Saphir essayant de trouver un peu de soutien. Là, il commence à toucher des fils sensibles : Borsalino et mon enfant. Bien que je sois d'accord sur certains points. Nous sommes très en difficultés dans l'éducation de Lily et nous avons tous les deux du mal à joindre le privé et le professionnel contrairement à lui et Saphir. Cette dernière baisse les yeux, incapable de gérer son compagnon furax et dont le corps commence à chauffer de manière incontrôlable. Son costard rouge devient luisant et certains de ses membres deviennent de la lave sous le coup de la colère. Je ne peux cacher ma terreur plus longtemps et je suis obligée de me lever et de reculer de ma position.

S'affiche alors CE sourire démoniaque et narquois que les soldats de la base redoute. Celui de l'amiral Akainu, le chien rouge qui réussit son coup de maître. Effrayer son adversaire avant de l'effrayer au sol pour l'achever.

- Voilà enfin ton vrai visage. Tu n'es qu'une sale guenon qui gueule sa fierté d'être une femme libre et indépendante ! Mais sans ton singe, tu n'es rien d'autre qu'une femmelette qui n'a pas sa place dans la Marine mais dans un foyer ! Tu n'es rien d'autre que ça, une femme au foyer qui s'est incaparé d'un poste de secrétaire inutile et couteux à la Marine !

Il s'arrête dans son énième reproche et il me fixe avec une envie de meurtre sans nom tandis que j'intégre lentement ses paroles. Chaque mot semble briser une part de ma croyance dans la Marine et les valeurs que je défends fermement depuis mon arrivée dans la Marine. Je le respecte mais cette fois, je ne le supporte plus. Je regarde Saphir droit dans les yeux, espérant qu'elle réagisse d'une quelconque manière. Je l'entends faiblement chuchoter dans l'oreille de son homme.

- Sakazuki, s'il te plait… Arrête de crier. Tu me fais honte.. Et Chesca… C'est moi qui ait accepté de la suivre en ville, elle avait besoin de compagnie, c'est dur pour elle aussi.

Sakazuki reste insensible et sourd à ce faible murmure de Saphir. Ses yeux semblent me lancer des éclairs et s'il le pouvait, des météorites pour me réduire en cendres pour le compost de ses plantes. Je reprends le peu de courage qu'il me reste et je serre les poings avant de regarder Sakazuki droit dans les yeux.

- Tu sais quoi ?! T'as raison ! Je suis une putain de guenon qui aime se faire sauter par son singe ! Je reste dans la Marine parce que j'aime mon singe et que je me suis plus attachée aux collègues qu'au boulot en lui-même ! Oui, je suis une MAUVAISE mère parce que je n'arrive pas à gérer Lily qui est plus sensible que Rowan ! Elle demande plus d'attention et je lui consacre plus de temps car je suis mère avant d'être vice-amirale ! Vas-y, défoule ta haine sur moi autant que tu veux, mais tu veux que j' te dises ?! Y'a une chose pour laquelle je ne suis pas responsable !

- Ah ouais, laquelle ?! ricane-t-il. La destruction de MES bonsaïs dans mon jardin !?

- Moi, je ne suis pas capable d'engrosser Saphir pour une deuxième fois engendrant un autre enfant parfait ?! Tu peux me reprocher tous les malheurs du monde mais ça, va te faire foutre pour que je sois coupable !

Ça y est, j'ai éclaté. Et la vérité est sortie, malheureusement pour Saphir qui aurait très certainement voulu lui dire. Je la vois pâlir sur-le-champ et elle se débat violemment dans la seconde qui suit ma bombe pour quitter les bras chauds de Sakazuki. Il s'est figé comprenant ce que j'ai dit mais le temps qu'il puisse agir, Saphir s'est dégagé de ses bras et commence à courir à toute vitesse vers le QG. Je craque à ses pieds et essuie les larmes qui ont commencé à se former avant de prendre mes sacs et de me détourner vers le QG à mon tour. Qu'il se démerde pour les autres sacs ! Je pars rejoindre Borsalino dans son bureau dans un état second et les yeux rouges et tremblantes. J'ai connu des engueulades mais là, je ne suis pas prête de me retrouver dans la même pièce que ces deux-là !


~ Au même moment, Appartement de Saphir et Akainu ~

Saphir arrive en courant depuis le centre-ville de Marineford et elle s'enferme aussitôt dans leur appartement. Elle ferme la porte à double-tour et s'écroule derrière la porte, éclatant en sanglots pour de bons, laissant de lourdes larmes coulées sur ses joues. Elle se recroqueville sur elle-même et, croisant les bras sur ses genoux, elle pose sa tête entre pour pleurer sans s'arrêter. Elle ne sait pas combien de temps elle reste ainsi, mais personne ne vient la déranger. Personne sauf quand quelques gémissements se font entendre depuis la chambre de Rowan. Elle ravale ses larmes, essuie longuement ses yeux rougis par l'angoisse. Saphir marche lentement jusqu'à la chambre de Rowan et elle y entre en douceur pour s'avancer jusqu'au berceau de son enfant. Rowan est réveillé, les deux yeux grands ouverts et n'arrête pas de gesticuler demandant de l'attention. Saphir prend une longue inspiration et reprend calmement le contrôle de ses émotions pour ne pas effrayer Rowan. Quand elle se sent prête, elle tend les bras et prend son fils dans ses bras pour le bercer et lui offre un sourire tendre en lui caressant la joue.

- Coucou mon prince. Bien… dormi ?

Rowan glousse légèrement sous la caresse de sa mère et tend ses petits bras pour essayer d'attraper les cheveux brillants de sa mère. Avec délicatesse, elle vient lui embrasser son petit poings et elle va s'asseoir sur le double lit. L'avoir dans ses bras l'apaise : son angoisse et son anxiété se sont envolées dès qu'elle l'a eu contre elle. Elle est si concentrée sur le visage rayonnant de Rowan, qu'elle n'entend pas le verrou de la porte principale des appartements se déverrouiller et s'ouvrir calmement.

- Saphir ? demande Akainu depuis la pièce d'à côté.

Saphir se mord la lèvre inférieure alors qu'elle sent son cœur s'emballer. Bordel, elle ne s'attendait pas à ce qu'il revienne aussi vite vers elle. Rowan sent son appréhension monter en flèche et il se cale contre sa poitrine, essayant d'attirer son regard. Saphir sait qu'elle ne peut pas repousser la confrontation alors, elle se relève et retourne déposer Rowan dans son berceau malgré ses petits cris mécontents. Elle lui embrasse le front d'un baiser tendre et chaud et le recouvre d'une couverture avant d'aller au-delà de son mari. Elle quitte en silence la chambre et referme la porte derrière elle, avant de rester face à la porte. Saphir sent le regard de Sakazuki dans son dos qui la fixe incrédule.

- Saphir.. Est-ce que tu peux m'expliquer ce qui s'est passé là-bas avec l'autre guenon qui te sert d'amie ? Enfin, ancienne amie vu qu'elle ne restera pas ici longtemps, soit-en certaine !

- Je ne t'expliquerai rien du tout, bredouille Saphir. Je ne te dois rien !

- Quand pensais-tu me l'annoncer ? commence-t-il en augmentant la voix.

- Ne commence pas avec ce ton, Akainu Sakazuki ! Je ne te dirais rien ! Je ne te dirais rien tant que tu n'auras pas fait d' excuses pour le comportement que tu as eu en ville tout à l'heure !

- Envers l'autre mégère ?! Elle t'a influencé et elle t'a corrompu avec ses idées de vieille folle ! Je ne te laisserais plus la voir !

Saphir se retourne vers lui, les yeux brillant de colère avant de s'avancer pour l'attraper par la cravate, le forçant à se pencher et lui envoie la gifle la plus puissante qu'elle puisse lui mettre. Il la regarde les yeux remplis d'incompréhension face à la colère grandissante dans les yeux de sa bien-aimée. Elle ne relâche pas sa prise sur sa cravate et parle avec agressivité.

- Cette première baffe, c'était pour avoir osé élever la voix contre moi alors je t'ai dit que je portais ton deuxième enfant !

Soudainement, elle lui donne une deuxième gifle sur l'autre joue, le figeant un peu plus face à elle, le visage décomposé.

- Celle-là, c'est pour avoir insulté Chesca, de mégère et de vieille folle à l'instant ! Et je t'interdis d'essayer de régler ma vie comme une horloge en décidant à ma place de mes fréquentations ! C'est grâce à elle que j'ai pu prendre autant d'assurance et elle a besoin de moi ici !

- Saphir, j'essayais juste de…. , tente de se justifier Akainu entre les gifles.

- Tais-toi, réclame Saphir sèchement. D'ailleurs, je vais m'occuper de ta bouche.

Saphir le choppe par la cravate pour le tirer jusqu'à l'armoire la plus proche pour fouiller dans l'un des tiroirs et en sortir une paire de chaussettes odorantes. Les sourcils d'Akainu se relèvent, ne comprenant pas ce qu'elle veut faire. Elle l'agrippe à pleine main et se rapproche de lui. Lui croyant que la dispute est terminée, il soupire de bonheur et tend le visage pour un tendre baiser. Ou pas. Saphir relâche sa cravate et lui prend la mâchoire à la place pour lui ouvrir cette grande gueule et lui enfonce la paire de chaussettes dégueulasses à l'intérieur. Sakazuki essaie de se redresser pour retirer cet objet écoeurant mais Saphir le stoppe net dans son élan en le chopant par la cravate, comme un chien.

- Comme ça, tu ne pourras plus dire des saloperies sur moi, Chesca, Borsalino ou leur enfant. De quel droit as-tu pu les insulter de la sorte ?! N'as tu pas vu à quel point elle se retenait de te répondre à chaque fois !? Elle a ravalé sa fierté jusqu'au bout en prenant sur elle pour essayer de plaire à tes "principes" ! Et voilà ce que tu as gagné ! Je lui ai dit avant qu'on parte en courses que j'étais enceinte de notre deuxième enfant et quand je t'ai appelé, je faisais une crise d'angoisse ! Elle essayait de m'aider quand tu lui as sauté à la gorge ! Qu'est-ce que t'en dis maintenant de la grosse mégère ?! Je n'aurais pas pu rêver mieux comme amie au sein du Quartier Général et tu viens de tout ruiner !

Akainu regarde sa compagne en rage, le visage signifiant toute sa colère contre lui. Elle ne détache pas son regard de lui et finit par le repousser, dégoûtée par son comportement. Saphir lui tourne le dos et se dirige à nouveau vers la chambre de Rowan avant de tourner la tête avant d'y passer.

- Si tu veux me reconquérir, t'as intérêt à aller t'excuser auprès d'elle et fissa ! Sinon moi et Rowan, on s'en va loin de toi et de ta Justice ! A toi de voir Sakazuki !

Puis elle claque la porte, laissant Sakazuki seul dans l'entrée, le regard bloqué sur la porte fermée devant lui et l'énorme dilemme qui se dessine devant lui. Admettre ses fautes ? Ou perdre sa femme ?


~ Quelques minutes plus tôt, Bureau de l'amiral Kizaru ~

Les bras remplis de sacs, je cours à travers les couloirs de Marineford, bousculant les soldats à mon passage, qui râlent bruyamment. Je les ignore royalement et je continue ma folle course jusqu'au bureau de mon bien-aimé. Sans frapper, je déverrouille la porte d'une main tremblante et m'introduit très vite dans le bureau, claquant la porte derrière moi.

Borsalino sursaute et jure en relevant la tête, contre le soldat qui ose faire du bruit alors que Lily dort paisiblement depuis mon départ. Mais son regard s'adoucit aussitôt quand il me voit, sans m'apercevoir immédiatement de mes yeux rouges et débordant de larmes. Je lâche les sacs qui tombent sur le sol tandis qu'il se lève et se téléporte devant moi, les yeux inquiets. Il n'a pas le temps d'ouvrir la bouche pour m'adresser la parole que je me suis jetée dans ses bras, éclatant en sanglots, sans autre explication. Je sens ses longs bras me soulever comme une mariée et se téléporter sur le canapé sur lequel il s'assoit, me gardant chaudement contre sa chemise. Je reste calée ainsi pendant un long moment, laissant mes émotions déborder. Ses mains chaleureuses me caressent tendrement le dos, chatouillant ma colonne vertébrale, me procurant un mélange de plaisir et m'envoyant un sentiment de protection. J'essuie mes larmes et je cale ma tête dans son cou, respirant encore fortement mais déjà dans un meilleur état. Il patiente tranquillement en silence attendant que je prenne la parole. Nous sommes ainsi. Si l'un ou l'autre craque pour une raison, nous nous écartons un moment pour nous éteindre fortement et discuter ensemble des difficultés rencontrées. J'ai peu accordé de temps à Borsalino et lui de même depuis la naissance de Lily, je m'en veux terriblement.

- Chesca-chan, chuchote-t-il à mon oreille. Tu veux en parler ou tu préfères attendre ?

- Je peux parler sans filtre ?

- Sans filtre, mon chaton, comme d'habitude.

Je renifle bruyamment, essuyant la morve qui coule de mon nez avec ma manche et me redresse pour me retrouver assise sur ses genoux et le fixe droit dans les yeux à travers ses lunettes dorées.

- Tu es déjà au courant mais ton copain Sakazuki est un connard et décidément, je ne m'entendrais jamais avec lui ! Il m'en a encore mis plein la figure parce que je suis sortie avec Saphir en ville sans SON autorisation et qu'il a appris qu'il avait foutue Saphir en cloque une deuxième fois. J'ai craqué quand il a recommencé à me gueuler dessus. Il m'a menacé de me rétrograder mais je m'en fiche, je ne veux pas m'éloigner de toi et de Lily. Je t'en supplie, protège-moi de lui. J'ai trop peur qu'il s'en prenne à moi et Lily, prétendant que je suis une nuisance pour toi et le QG.

- Tu sais très bien qu'il le fait exprès pour nous embêter, chuchote Borsalino en caressant mes joues.

- Non, je t'assure. Pas cette fois, il a exprimé toute sa haine envers moi, insinuant clairement que je suis la cause de tous les problèmes qui sont causés à Saphir et que je ne suis rien d'autre qu'une dépense inutile au QG. Borsalino, je ne veux pas rester ici si je dois encore supporter cet homme. Si tu veux que je reste dans la Marine, il faudra te faire à l'idée que je quitte Marineford.. Pour mon bien et celui de Lily. Jamais je ne t'obligerais à t'éloigner de ton copain.

- Je ne veux pas que tu t'éloignes ! tranche-t-il. Je vais aller en discuter avec lui !

Il vient me serrer avec force contre son torse pour me câliner avec toute la douceur dont il peut faire preuve même si je le sens bouillir intérieurement. Je referme les yeux et je finis par me détendre, enfin soulagée de ses maux qui me hantent. J'écoute son cœur battre dans son torse et finis par m'endormir, épuisée par le stress et les nuits trop courtes. Borsalino me berce tendrement encore quelques minutes avant de m'allonger sur le canapé de son bureau et il dépose sa longue cape sur moi, m'embrassant le front avant de quitter sombrement le bureau. Il remonte ses manches sur ses avant-bras tout en se dirigeant vers le bureau de Sakazuki. Parfois, il l'aime bien mais cette fois-ci, c'est plus possible ! Tous les soldats qui croisent son chemin s'écartent aussitôt et partent à l'opposé du bureau de l'amiral Akainu. Quand ces deux-là se frittent, il vaut mieux aller loin !

Borsalino arrive très vite devant la porte et l'ouvre violemment, sans frapper et l'envoyant frapper contre le mur dans un bruit fracassant. Sakazuki relève ses yeux de ses dossiers, l'esprit ailleurs et il remarque immédiatement la colère dans les yeux de son ami. Il se lève les deux mains sur le bureau et il se racle la gorge pour prendre la parole en premier.

- Borsalino, je sais que je n'ai pas été très tendre avec ta compagne, mais écoute-moi…

- T'écouter ?! tonne Borsalino. Tu as hurlé sur Chesca comme si elle était une criminelle et tu voudrais que je t'écoute ?!

- Borsalino, laisse-moi m'expliquer s'il te plait, tente Sakazuki.

- NON ! Toi, tu m'écoutes et tu la fermes ! Je sais que tu n'as jamais apprécié Chesca mais elle est ma vie comme Saphir est la tienne aujourd'hui ! Si tu ne peux pas la supporter mais elle n'est pas coupable de tout ce que tu l'accuses ! Je sais que tu n'aurais jamais pris les devant pour t'excuser ! C'est ta Saphir qui te l'a demandé, n'est-ce pas ?!

- ….

- Ouais, je vois ! Quand tu sais que j'ai raison, tu te tais ! grogne Borsalino. Je ne veux pas de tes excuses ! C'est à Chesca que tu devras les présenter et à Saphir ! Je suis certain qu'elle est blessée de ton comportement odieux ! Sur ce, j'espère ne pas te revoir d'ici Nöel !

Borsalino tourne les talons d'une manière magistrale essayant d'attraper la cape dans son dos et sa main vole dans les airs et elle vient percuter son derrière dans un bruit sourd d'une fessée. Il cligne des yeux avant de tourner la tête pour s'apercevoir que sa cape favorite n'est plus et qu'il s'est administré une fessée dans sa volonté de faire un geste classe. Sakazuki grince des dents, habitué à ce genre de bêtises mais reste silencieux. Le regard du singe est suffisamment clair pour le dissuader de faire un commentaire. Il attend que le singe jaune quitte son bureau et il se rassoit lourdement dans son siège, soupirant.

- Bon… Je crois que mes excuses ne sont pas facultatives. Faire des excuses à une guenon sauvage… Si j'avais su.


~ 20 décembre, Marineford, Appartement d'Akainu, 17h54 ~

Quelques jours sont passés depuis la dispute et Sakazuki a fini par venir s'excuser auprès de moi et de Borsalino, accompagné de Saphir. La scène n'a duré qu'une dizaine de minutes avant que nos enfants respectifs se saluent et commencent à jouer ensemble. En silence, nous assistons à leur scène de jeu enfantine et soupirons en commun. C'est finalement Saphir qui rompt le silence des adultes.

- Quand je pense qu'il y a un an, deux papas étaient complètement malades à l'idée de changer des couches et de voir un mini-eux.

Je rigole légèrement alors que les deux concernés ont les joues rougissantes en marmonnant des mots dans leur barbe. Saphir observe son compagnon Sakazuki et elle s'en approche avant de s'asseoir sur ses genoux et caresser ses joues. J'en fais de même avec Borsalino et nous quatre, nous observons dans le calme nos deux enfants qui jouent avec des peluches. Leurs rires résonnent dans l'espace apaisant tous les esprits tourmentés. Je surveille du coin de l'œil Akainu et Saphir, curieuse de savoir comment le chien a réagi suite à ma bombe. Nous n'en avons pas discuté depuis la dispute en ville. Mais de ce que je vois, Sakazuki l'a accepté car ses deux mains sont sur les hanches de Saphir et la caresse avec douceur.

- Penses-tu que je suis un bon père aujourd'hui ? chuchote-t-il à son oreille.

- Tu es l'homme idéal qui gère parfaitement ses obligations parentales et sexuelles, fait-elle avec un sourire divin.

- Même s'il a douté très longtemps au point d'aller pleurer dans les bars avec Kizaru, marmonnais-je.

- Borsalino ! tonne Sakazuki en le fusillant du regard. Tu lui as raconté à ta guenon ?!

- Nooooon ~ Mais mon moooi du passé et bourrééé sûrement ! fait-il évasivement.

- Qu'est-ce que tu es agaçant ! peste Sakazuki. Je ne te confierais plus rien !

Nous roulons des yeux moi et Borsalino tandis que Saphir glousse face à notre entêtement. Saphir caresse en douceur ses mains chaudes sur ses hanches et elle parle à son intention.

- Moi je ne suis pas au courant de ce qui s'est passé cette soirée-là, tu veux bien me raconter ?


-FLASH-BACK-

~ Quelques mois plus tôt, Marineford, Centre-ville, 22h51 ~

Dans le bar le plus réputé de l'île, deux amiraux boivent de longues gorgées de saké et de divers alcool pour se rafraîchir le gosier en cette période de travail pénible. Les températures dépassent les attentes et les soirées ne sont guère plus fraîches pour le grand malheur de l'ensemble des soldats de l'île. Akainu est le premier à finir son verre et dépose lourdement son verre sur le bois de la table avant d'émettre un étrange bruit intérieur. Kizaru glousse manquant de s'étouffer et s'essuie les lèvres couvertes de mousses.

- Où sont tes bonnes manières, Sakazuki ? Tu te lâches quand on est ensemble mais devant Saphir, nadaaa !

- La ferme, le singe, marmonne Sakazuki entre deux rots. Putain… Je suis…. Hic ! Je suis terrorisé Borsa….lino… Je crois que je suis plus sûr de moi, avec…. Saphir…

La phrase entrecoupée n'échappe pas à son collègue, un poil moins saoul que lui. Borsalino se redresse sur sa table et entrecroise les doigts, les coudes sur la table et pose son menton sur l'ensemble bancal.

- Hein ? Que veux-tu par là ?

- Je ne suis pas certain de…. vouloir un enfant à cause de ma nature, mes antécédents, mon caractère et… je crois que je doute encore plus quand je la vois souffrir le martyr à cause de cet enfant. Cet enfant qui a le même sang de démon que moi, son père…. infâme. Cette grossesse…. Saphir l'a attendu et …. moi aussi, je crois.

Borsalino regarde son collègue et ami de toujours, à nouveau rongé par les doutes qui l'habite chaque jour. Aujourd'hui, il est aux petits soins avec sa femme dont le ventre s'arrondit toujours un peu plus. Le terme de la grossesse n'est plus loin pour le couple mais leurs nerfs commencent également à en pâtir et Sakazuki le premier.

- Cet enfant… Il est le mien, je le sais car Saphir ne me tromperait jamais. Mais, suis-je capable de l'aimer ?

- Pourquoi pas ? questionne Kizaru en douceur.

- Tu connais d'jà la réponse, idiot de singe. Tu te souviens de notre rencontre ? Et celle avec Saphir ?

- Hmm.. Vaguement.

- Le point commun, c'est que j'vous ai rendu la vie horrible jusqu'à ce que je me fatigue et que j'accepte de travailler avec vous…

- Aaaah ouiii ~ Mais quel est le rapport avec Saphir chan et la grossesse ?

- Je ne suis pas capable d'aimer sans faire mal aux autres qui m'entourent, voilà le rapport, grogne Sakazuki. Je-Je crois que je ne suis pas prêt à être père.

Soudainement, Sakazuki se relève de son siège, bousculant la table et envoyant valser des bouteilles encore remplies. Borsalino tente de sauver ce qui est possible et maintient la table alors que sa tête lui tourne affreusement. Sakazuki gesticule péniblement pour essayer de se dégager de sa chaise mais les forces lui manquent et il finit par s'y écrouler. Les deux hommes restent silencieux alors que plusieurs clients aux tables voisines les observent bizarrement, éloignant leur table de la leur.

- Putain, Borsalino, commence à grogner Sakazuki la tête contre la table. J'ai déconné. Je veux ce gosse mais comment l'aimer alors que je suis un monstre ?! Je n'ai rien de bon à lui apporter ! Je ne serais jamais un bon père et je n'ai jamais été un mari correct avec Saphir !

- Baaah… c'est vrai que tu es mééchant avec elle quand elle veut bien faire, marmonne Kizaru. Et pendant que tu fais l'amour, t'es aussi sauvage que moi, j'pense… Tu crois qu'on mérite nos femmes ?!

- Pff.. J'crois surtout qu'on mérite d'être des putains de célibataires loin de responsabilités de parents ! Toi, t'es un idiot de coureur de jupons, et moi…. moi…. un monstre qui préfère faire ma Justice plutôt que m'occuper de mes affaires ! Je… je n'ai jamais eu besoin de personne ! Pourtant, je viens de faire en sorte que quelqu'un ait besoin de moi ! Cette femme… Saphir… j'ai su dès le premier jour de notre rencontre qu'elle allait me rendre fou… Et me voilà là, à me maudire d'être devenu accro à elle…. Je l'aime… Oui, je suis fou d'elle ! Mais ce gosse… j'ai peur…. J'ai peur pour elle, pour lui… pour moi…!

Les sentiments de Sakazuki lui comprennent la poitrine si fort qu'il se met à sangloter misérablement sur la table devant les yeux impuissants de Kizaru. Ce dernier est dans les vapes du même alcool que son ami…. Alors il décide de l'imiter et s'allonge sur la table, reniflant et retenant ses larmes par empathie pour son ami. Bordel, que c'est dur d'être ami avec un sensible au cœur de pierre ! se maudit-il alors qu'il sombre dans un sommeil.

Fin du Flash Back


Mécontente de la fin de son récit, je frappe l'arrière de la tête de Kizaru.

- Même dans les moments critiques, t'es le pire. t'es le plus sensible de vous deux. Mais finalement tout s'est bien passé, je me trompe ?

- C'était une séquence d'émotion que j'oublierais jamais, glousse Saphir en se caressant le ventre. Je crois que je n'avais jamais vu une porte s'ouvrir aussi violemment avant de te voir débarquer dans l'infirmerie, paniqué.

- Mhh, marmonne le concerné. Je t'ai entendu crier de mon bureau, bien sûr que je m'inquiétais !

- Dis plutôt que tu avais mis des babyphones dans nos appartements pour surveiller mes faits et gestes, petit coquin, le taquine Saphir. Et c'est moi la gamine dans notre couple ?

- Je crois qu'on l'a jamais vu autant aux anges après ça, soupirais-je. Un papa poule sans arrêt en train de courir entre le bureau, l'infirmerie, les magasins, les couches et j'en passe… Si Borsalino y mettait du sien aussi, je crois qu'il aurait perdu sa bedaine naissante en moins de temps qu'il l'a pris. La grossesse chez les hommes….

Le concerné préfère détourner les yeux, gêné par mon allusion alors que Saphir et Sakazuki nous regardent étrangement. Je souris, fière de mon effet.

- Ooh, c'est vrai que vous étiez dans votre monde quand c'est arrivé. Près du petit ange, alors que moi, j'ai dû subir un nouveau caprice de Monsieur Borsalino.

- Laisse moi deviner, c'est quand tu es venue me voir pour me parler de son comportement bizarre ? dit Saphir.

- Ouaip. Il agissait littéralement comme moi, à tous les caprices près.

- Cheeesca, on n'est pas obligé d'y revenir, j'ai honte ! gémit Kizaru en se frottant les joues rougissantes. C'était pas moooi.

- Oui oui, c'était ton corps, donc toi. Je vais vous raconter mon calvaire, puisqu'on a pas eu le temps d'en discuter depuis !


~ FLASH BACK ~ Marineford, Appartement de Kizaru, 12h21 ~

J'en suis à mon troisième mois de grossesse. Si j'avais su que porter l'enfant d'un demi-géant c'était aussi pénible, j'aurais pas signé. Je suis encore apte à travailler au bureau mais je limite au maximum mes déplacements car marcher devient plus compliqué. Les moments de stress sont évincés, je ne participe plus aux réunions hebdomadaires et je ne suis plus en charge des compte-rendu et des dossiers confidentiels. Je suis cantonné à mon travail administratif avec le traitement des dossiers du QG, du classement et quelques affaires de surveillance autour du QG. Je jette un coup d'œil à l'horloge au-dessus de la porte et je me relève doucement, prenant garde à ne pas me cogner contre un angle ou un meuble. Je dois porter sur "ordre de Monsieur Borsalino Kizaru" des vêtements de grossesse hors de prix qui sont bien trop grands. Et pour compatir avec cette souffrance vestimentaire, il a décidé de commander des costards plus larges pour me soutenir. Tu parles. C'est surtout qu'il n'arrête pas de bouffer des sucreries à la cantine à cause de l'anxiété qui lui ronge les tripes. Parfois, je me demande qui de nous deux est le plus stressé à l'idée de faire naître un petit bébé. Bref.

Je marche à mon rythme jusqu'au réfectoire après l'heure de pointe pour éviter des coups dans le ventre. J'y arrive sans encombre et je pars prendre un plateau dans un coin avant d'aller me servir d'une entrée de carottes râpées, un poisson pané garni de frites comme plat principal et un tiramisu comme dessert accompagné d'une boisson chaude chocolatée. Je soulève doucement mon plateau et tourne la tête pour regarder s'il reste des collègues dans l'assemblée. Mais à peine ai-je eu le temps de faire un pas en direction d'une table de vice-amiraux qu'une main vient dans mon dos. Je pivote la tête pour apercevoir Momonga, radieux malgré une mine fatiguée. Sans un mot il vient me prendre le plateau et m'accompagne à sa table. Je m'assois à sa gauche et en face de Smoker qui sirote son café. Je salue Tashigi et Onigumo présents à la table. Momonga dépose mon plateau et je souffle tout en m'asseyant.

- Laisse-moi deviner, Borsalino vous a fait une crise de nerfs ?

- Il a demandé à ce qu'on t'allège, répond Smoker. Y compris pour ce genre de tâches.

- Je lui en parlerais, vous êtes assez surchargé avec les débordements sur Grandline et les fouteurs de trouble au sein du QG pour en plus, vous occuper de mes faiblesses.

- Crois-moi que je préférerais mille fois m'occuper de toi plutôt des dossiers, réplique Momonga avec un sourire réconfortant.

- Plait-il ?! claironne une voix derrière nous.

Momonga se crispe soudainement alors qu'il prend conscience qu'il est en danger. Je me retourne pour observer mon mari, l'amiral Kizaru, les deux mains dans les poches, derrière nous, fixant Momonga de ses yeux menaçants. Il est de pire en pire depuis le début de ma grossesse.

- Kizaru Borsalino Senior, s'il te plaît, ne recommence pas, soupirais-je. Tu me gènes devant tout le monde avec tes crises de jalousie amplifiée de tes exigences que tout le monde doit prendre soin de moi. Sengoku est déjà assez sur les nerfs alors n'en rajoute pas.

- J'essaie de me mettre à ta place ! gémit Kizaru en trépignant.

Une scène burlesque se passe devant mes yeux et ceux avec mes collègues. Kizaru commence à sautiller sur place, tapant du pied et gémissant comme un gamin. Je me sens aussitôt rougir face à ce comportement de gamin. Je me lève pour l'attraper par le bras et le tire en-dehors du réfectoire et le fixe agacée.

- La semaine dernière, tu faisais semblant d'être malade, te faisant vomir, trichant sur ta température avec le thermomètre sur le radiateur et quoi encore ?! Tu bouffes trois fois plus qu'avant comme si tu me cachais le plus gros secret de ta vie ! Maintenant, tes crises de jalousie en public contre mes collègues, tu te les gardes ! Sinon, t'auras le droit à une ordonnance restrictive contre toi jusqu'à la fin de ma grossesse et les 6 premiers mois !

Les mots et mes menaces semblent lui passer au-dessus de la tête, ses yeux sont mouillants et il me regarde comme un enfant pris en faute. Je peste à demi-mot avant de faire demi-tour vers le réfectoire, mon estomac crie famine ! Borsalino n'a pas le temps de me retenir qu'une voix l'interpelle.

- Borsalino Kizaru ! tonne Sengoku. Dans mon bureau, immédiatement !

Ce dernier se réveille de sa transe et il part à contre-coeur vers le bureau de son supérieur. Il va encore entendre le vieux à la moustache pester contre son insouciance permanente, mais après des années de bons et loyaux services, il ne s'en fait plus ! Je retourne m'asseoir à ma place au réfectoire près de mes collègues tous silencieux, face à la scène de ménage. C'est finalement Momonga qui reprend la parole d'une voix blanche.

- Chesca, que se passe-t-il entre toi et Borsalino si tu veux bien nous en parler ?

Je ne réponds pas tout de suite, me concentrant sur mon plateau. Une émotion vient me serrer la poitrine et je ne contrôle plus grand chose. Ma vue se trouble soudainement et un torrent de larmes coule sur mes joues et j'éclate en sanglots. Momonga, Smoker viennent m'entourer et je sens leur main me caresser tendrement le dos comme simple mot sur l'instant. Ma crise fatigue-angoisse semble durer des heures de mon côté, je laisse tomber ma façade de femme forte et assumée. Je renifle et attrape les serviettes de papiers tendus par Smoker qui grimace en voyant mon visage couvert de morve. Je me mouche bruyamment et je m'essuie avant de parler à voix basse.

- Si vous saviez ce qu'il me fait vivre au quotidien depuis l'annonce de ma grossesse. Au début, c'était bon enfant, enfin je croyais. Il me soulageait de tout, me permettant de me projeter sur les mois suivants pour l'organisation. Mais après 5 semaines, j'ai perçu ses "bonnes manières" autrement. Je crois qu'il projecte que je devienne une femme au foyer et que je dois me faire au fait que le travail en bureau, faut que j'oublie. C'est impossible pour moi ! j'ai pris confiance en moi grâce à ce job et grâce à vous tous. Vos sourires, vos remarques, votre présence. Je crois que vous n'avez pas idée à quel point, je suis heureuse et complète grâce à l'ensemble des rencontres que j'ai faites dans la Marine. Franchement, même si moi et ce singe, on n'avait pas conclu, je n'aurais en rien regretté mon choix de carrière.

Les collègues m'adressent des sourires réconfortants alors qu'ils me laissent me soulager de toutes les peines que j'ai dans la poitrine. J'avale ma salive et laisse mes mains glisser sur mon ventre arrondi.

- C'est une grande peur pour moi. J'ai peur de ne pas être à la hauteur.. Et Borsalino, lui, attend ce bébé depuis si longtemps. Il a eu beaucoup de conquêtes, de femmes, puis d'ex-femmes. Et aucune n'a accepté de lui donner une succession. Pourquoi moi, j'en serais plus capable ?!

Un sentiment de malaise m'envahit, je tente de me lever pour m'échapper dans mes appartements, les yeux rouges à force de larmes. Smoker m'arrête en me prenant par les hanches et il m'attire dans la salle de repos réservée aux haut-gradés. Quelques collègues vice-amiraux nous regardent bizarrement. Garp mange un donut et se lève de son siège pour venir dans notre petit coin. Il s'assoit face à moi, me cachant face aux regards des autres.

- Encore une crise, gamine ? me demande-t-il sombrement.

- Encore ? s'étonnent Smoker et les autres.

- C'est malheureusement courant que je la vois dans un état pareil depuis quelques semaines. Encore des scènes fâcheuses avec l'autre clown ? Tu veux que je retourne lui parler ?

- Non non, ce n'est pas nécessaire, Garp. Merci de l'offre. Je… je vais juste aller dans mes appartements, commander une grosse pizza de Tonton Tony avec un burger et un soda XXL et je dormirai. Je suis sûrement à bout de nerfs ces temps-ci. Les dossiers n'arrêtent pas d'affluer et je suis dépassée. Je déteste la période de Noël rien que pour ça.

Je finis de m'essuyer le visage, puis me relève avant de prendre congé de mes collègues loin de cette salle. Je pars en direction de mes appartements pour m'isoler et manger un plat à ma faim. Je file me peloter sous une grosse couette et passe ma commande d'une pizza, d'un soda et d'un bon burger avec une boisson chaude. Je souffle et patiente tranquillement dans le lit, jouant avec une balle rebondissant contre un mur.

~ ¾ d'heure plus tard, appartement de Chesca & Kizaru ~

La balle m'échappe des mains et vient rouler sous notre lit deux places. Je pousse un soupir d'agacement avant de me redresser de ma position confortable et me penche tête à l'envers pour regarder sous le matelas. En soulevant la couverture, je plisse les yeux pour apercevoir un carton de livraison visiblement ouvert mais fraîchement arrivé. Curieuse comme à mon habitude, je tends le bras et l'attrape pour l'attirer à ma portée au bord du lit. J'entrouvre le paquet et découvre des emballages déchirés de gâteaux, donuts et autres sucreries bourrés en calorie. Je cherche en vain un petit reste à me mettre sous la dent mais il ne reste plus rien. Et d'habitude, Kizaru déteste ce genre de choses car cela perturbe son transit et lui augmente son taux de cholestérol dans le sang. Enfin bon, comme je le dis souvent, pas besoin de ça, avec les desserts ultra sucrés qu'il prend au réfectoire malgré les menaces des infirmières du QG. Je me retiens de hurler son nom pour lui mettre une énième raclée mais une douleur dans l'estomac me stoppe nette. Trop de stress et d'agacement peuvent rendre mon quotidien pénible plus qu'il n'en faut déjà. Je me contente de repousser le carton plein de saloperies sous le lit et me rallonge en attendant mon précieux.

Toc toc toc.

Je me relève et m'habille d'un peignoir à peu près habillé pour ouvrir la porte au livreur. Un jeune garçon habillé de l'uniforme de la pizzeria tient un coffret contenant la précieuse commande. Je lui donne l'argent et je récupère ma bouffe sans autre forme de politesse. C'est seulement un raclement de gorge qui me ramène à la réalité de la "socialisation". Je tourne la tête pour apercevoir Saphir, les bras croisés me fixant d'un air préoccupé.

- Tu as un instant, Chesca ? J'aimerais m'entretenir avec toi.

Je grimace sans cacher ma gêne. Bordel. S'il y a bien un moment dans ma grossesse que j'aime ma solitude, c'est au moment de déguster mes plats favoris. Mais face au regard de la renarde, pas le choix, je cède. Je me dégage de l'entrée et Saphir entre dans nos appartements. La commande en main, je claque la porte et je retourne m'installer sur le lit, déposant ma nourriture sur une petite table de chevet et commence à ouvrir, laissant la douce odeur se répandre dans la pièce. Saphir prend un siège et l'avance face à moi, le visage moins crispé mais un air toujours inquiet.

- Je sais que tu détestes qu'on se préoccupe de l'état de ton couple mais des rumeurs circulent dans le QG avec des disputes de plus en plus récurrentes entre toi et Borsalino. Alors je veux m'assurer qu'il n'ait pas franchi une étape plus radicale voire violente avec toi, explique-t-elle calmement.

- Non, nous n'en sommes pas arrivés aux mains. Ça n'arrivera pas. Mais disons que je suis inquiète. Son comportement n'arrête pas d'évoluer au fur et à mesure de ma grossesse.

- Comment ça ? Il agit différemment ? me questionne Saphir.

- Tout le monde ricane dans le QG à cause de ça. Il a pris de la bedaine, la touchant sans arrêt, il se goinfre comme Garp pris d'une famine terrible et il me fait des crises de jalousie à tout bout de champ. Je ne sais pas ce qui lui prend mais ça commence à me fatiguer. J'ai déjà la grossesse de notre bout de chou à supporter mais ses caprices en plus, ce n'est pas possible !

- Tu es en train de me dire que son comportement et ses habitudes ont changé depuis ta grossesse ?

- Quelques semaines après. Comme s'il essayait de se mettre à ma place, même trop… Je sais qu'il essaie de faire de son mieux pour exaucer mes moindres désirs mais je ne veux pas d'un homme empathique et avec des caprices de gamins. Il est déjà ingérable habituellement..

- Je n'ai jamais vu Sakazuki agir de la sorte, je pense que tu devrais consulter un médecin. Je peux te conseiller le docteur Khalifa, sur la place de la Justice. Il gère aussi les situations délicates dans les couples et tout le secteur lié aux enfants et bébés en bas-âge. Il sera sûrement t'aider.

- Il faut déjà que je le convainque de se déplacer jusque là-bas et ça c'est pas gagné mais je suis tellement à bout que je crois que je n'ai pas le choix.. Merci de ton aide Saphir-chan. J'espère que notre situation ira mieux…

- Pas de soucis. Appelle le médecin et tiens moi au courant pour le rendez-vous, je prendrais ton poste le temps de ton absence, me réconforte Saphir.

Nerveuse à l'idée de me confronter à mon compagnon et ses sautes d'humeur, je caresse doucement mon ventre arrondi.

- On va découvrir ce qu'a ton papa ensemble. Tu vivras avec nous deux, c'est promis.

~ Une semaine plus tard, cabinet du Docteur Khalifa, 14h35 ~

Le prestigieux médecin nous fait entrer moi et Borsalino, dans un petit cabinet très cosy, avec un large canapé et des fauteuils individuels en face d'un bureau bien rangé. Une note de nostalgie me vient quand je me souviens que mon bureau était aussi soigné que le sien. D'un geste de la main, il nous invite à nous asseoir, ce que nous faisons. Borsalino se vautre dans le canapé tandis que moi, je préfère m'asseoir dans un fauteuil plus proche du bureau. Un fort sentiment de malaise s'installe dans le bureau alors le médecin s'assoit à son bureau et il observe nos comportements, assis loin de l'autre. Il finit par reprendre la parole en premier et m'observe tout d'abord, ses yeux marrons me fixant par-dessus ses lunettes rondes.

- Bonjour Madame Ainsworth, c'est vous qui avez pris l'initiative de ce rendez-vous, c'est bien cela ? me demande-t-il d'une voix posée.

- En effet, Monsieur. Je suis enceinte de notre enfant depuis plusieurs semaines et je suis au bord de la crise de nerfs à cause du comportement pénible de mon mari ici présent.

Le docteur tourne la tête vers Borsalino affalé sur le canapé prenant toute la place, montrant fièrement son ventre ou plutôt sa grosse bedaine sous son costard qui peine à tenir sous les kilos en plus. Je baisse les yeux, gênée et honteuse de son comportement, je continue alors mon récit.

- Depuis l'annonce de cette grossesse, quelque chose a changé en plus. Je ne saurais vous décrire toutes les sautes d'humeur et les caprices qu'il me fait.. Mais si je devrais faire une comparaison, c'est l'imagine qu'on a d'une femme enceinte qui arrive à son terme en tout point. Mais la femme enceinte ici, c'est moi. Lui n'a fait que "planter sa graine", soupirais-je. Alors en désespoir de comprendre ce qu'il lui arrive, je viens vous voir sur les conseils d'une amie du boulot.

- Je vois. j'ai déjà ma petite idée mais je vais m'entretenir en tête à tête avec mon patient, vous permettez ?

- Pas de soucis. Je vous attends à côté.

Je me lève et fais demi-tour pour retourner dans la salle d'attente, laissant les deux hommes en rendez-vous. J'entends Borsalino me supplier de rester comme un enfant qui réclame sa mère de lui donner plus d'attention mais le médecin attire son attention à l'aide d'une soucoupe de bonbons sur le bureau. Borsalino se jette dessus pour en prendre une bonne poignée sous mon regard ahuri. Le Dr Kalifa me fait signe de la tête, m'indiquant que je peux quitter son bureau, l'esprit léger. Je quitte son bureau et retourne m'asseoir dans la salle d'attente au milieu d'inconnus. Je fixe un couple dans un coin de la salle qui tente de calmer leur enfant perturbateur qui fait des bruits obscènes à chaque personne croisant son regard. Je me détourne d'eux et aperçois une dame âgée, enveloppée sous une tonne de vêtements chauds tandis qu'elle se retient de tousser et se mouchant sans arrêt.

~ Salle d'attente, 14h55 ~

Le médecin revient me chercher et me fait signe de le suivre, je m'empresse de lui poser toutes mes questions.

- Alors, qu'avez vous trouvé ?!

- Oh, ma foi, rien de grave. Je vais vous expliquer cela avec l'intéressé. Il semble être redevenu lui-même après quelques remises en questions. Suivez-moi.

Je le suis jusqu'à son bureau et retourne m'asseoir sur le même fauteuil. J'entends alors un petit gémissement de Borsalino. Je relève la tête et croise ses yeux implorant, que j'ignore pour me concentrer sur le docteur qui s'est également assis derrière son bureau.

- Fort heureusement pour vous et lui, aucun traitement ne sera nécessaire si ce n'est une thérapie avec une infirmière ou une personne de son choix.

- Pardon ? m'exclamais-je. Vous pourriez m'en dire un peu plus avant de me déballer ça ?

- J'y viens justement, miss. Votre mari ne souffre d'aucune maladie grave, il a seulement pris son rôle de père trop à cœur, causant les symptômes qui se rapprochent ceux d'une femme enceinte. En réalité, en son fort intérieur, il était devenu une femme enceinte. On appelle ça une couvade ou grossesse sympathique.

Devant mon visage perplexe, Borsalino prend la parole gêné et visiblement sorti de sa transe.

- Je suis désolé, je ne m'en rendais pas compte de ce que je faisais… je te l'assure.

- On définit une couvade ou grossesse sympathique le fait qu'un futur papa vive physiquement et psychologiquement la grossesse de sa femme à sa manière. Il va en quelque sorte, prendre la place de la femme enceinte en ayant le sentiment d'avoir les symptômes d'une femme réellement enceinte, comme s'il vivait le phénomène. Bien sûr, aucun homme ne peut être enceint mais c'est comme s'il l'était. Il imite sa femme tellement qu'il est empathique et solidaire des difficultés qu'elle traverse, comprennez vous ?

- Bordel, le bureau va se foutre de ta gueule quand ils vont l'apprendre. Tu me faisais tout ce cirque parce que tu te mettais à ma place de grosse vache ? Hey bah, t'es encore plus perché que la première fois qu'on s'est rencontré !

~ Fin du flash-back ~


Saphir éclate de rire alors que Sakazuki se retient de rire face à la mine déconfite de Borsalino qui préfère bouder en croisant les bras, le nez en l'air. J'attends calmement que nos amis se calment et je pivote la tête pour voir, nos deux enfants jouer ensemble, encore innocents. Saphir suit mon regard et elle vient prendre ma main d'un air tendre.

- On sait que tu fais de ton mieux avec Borsalino pour élever Lily. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un ange comme enfant. Je suis sûre qu'elle va s'assagir avec l'âge. Elle montre seulement qu'elle a besoin de beaucoup d'attention de votre part.

- Oh, j'espère que c'est que cela, soupirais-je. Les soirées avec vous et les autres collègues en dehors du boulot me manquent terriblement. Juste oublier mes obligations le temps d'une ou deux journées pour prendre à nouveau du temps pour moi et Borsalino. J'en rêve depuis plusieurs semaines mais avec Sengoku qui nous a refusé nos derniers congés à cause du retard, j'ai pris sur moi…

- Il a refusé vos demandes de congés ? s'étonne Sakazuki en se calmant aussitôt. Quand ça ?

- Le mois dernier, il nous a pris à part après une réunion pour nous dire que c'était cuit pour prendre nos semaines en même temps avec Borsalino. Kuzan avait déjà posé sa demande depuis juillet et Sakazuki pareil. Tu connais Borsalino, il s'y prend à la dernière minute même si je le lui rappelle sans arrêt. Alors voilà le résultat, ses congés refusés, on a essayé de négocier pour une semaine début janvier, mais refusé également. "Trop d'absents après le Nouvel An !" nous a-t-il répondu. Enfin bref, nous voilà coincé au QG jusqu'à février sans repos.

- J'essayerais de négocier ça avec lui tout à l'heure, déclare solennellement Akainu. Je crois que personne dans ce QG ne remarquerait notre absence… et cela vous ferait le plus grand bien.

Une veine apparaît sur mon front tandis que je digère sa phrase. Il me regarde sans comprendre avant que je ne croise les bras, vexée.

- Je ne sais pas comment prendre ta proposition. Soit qu'on a mérité notre pause, soit que tu insinues très bien que Borsalino et moi sommes des incapables depuis la naissance de Lily.

- Les deux, répond-il avec un calme exemplaire.

- Saphir, retiens-moi de le buter !

Saphir éclate de rire, et malgré nous, nous la suivons dans la joie. Après tout, c'est bien l'humour de son compagnon et lui, n'a pas changé malgré les heureux évènements qui ont chamboulé notre quotidien.


~ 25 décembre, 18h45, Marineford, Baie extérieure ~

Le soleil s'est couché depuis quelques heures sur la base et l'île de Marineford mais la soirée est douce pour le bonheur des marines venus fêter Nöel entre collègues pour une soirée qui s'annonce exceptionnelle une année encore. Les soldats et gradés invités à cette soirée se pressent d'entrer dans le QG tandis qu'un certain amiral fait une sieste à l'extérieur, un masque sur les yeux. Il est réveillé par un raclement de gorge prononcé. D'un geste las, il le retire pour voir son supérieur, l'amiral Sengoku taper sur sa montre d'un air agacé. Aokiji se redresse en baillant longuement et se lève lentement.

- Ohlala. Je croyais qu'on attendait 19h pour la surprise de la glace. Ça a changé hey ?

- Non, c'est toujours prévu à 19h mais j'aimerais que tu sois présentable ! Ce n'est pas une manière d'accueillir les collègues que de dormir sur le sol comme à ta triste habitude Kuzan ! peste Sengoku.

Kuzan ne répond rien, habitué aux remarques de son chef et il s'approche tranquillement de l'eau pour y plonger la main.

- Mhh.. Comme prévu, l'eau est calme et à bonne température. Je vais pouvoir la geler en un instant sans risque pour les utilisateurs de fruit de démon.

- Parfait. Je n'ai pas envie que Garp et les vice-amiraux plongent sans arrêt pour sauver les malheureux noyés. Il ne manquerait plus que ça ! Soit vigilant, nous arrivons avec le reste des invités ! tique Sengoku en tournant le dos repartant vers la salle de réception.

Sengoku s'est habillé d'un costard blanc entier, et a finalement décidé à abandonner la coloration de ses cheveux et de sa barbe pour la première fois. Personne ne l'a vu de la journée et il redoute quelques réactions. L'humiliation des années précédentes avec ce père Noël secret l'avait beaucoup affecté. Cette année, il le sait. Il connaît le coupable et il compte bien se venger !

~ Pendant ce temps, Salle de réception de Marineford, 18h33 ~

Saphir, Akainu et le petit Rowan arrivent dans la salle de réception aménagée pour l'occasion. Les murs sont décorés d'immenses guirlandes et un sapin orne un coin de la pièce, avec ces majestueuses décorations brillantes et son étoile dorée. Les yeux de Rowan s'éclairent de bonheur alors qu'il gesticule entre ses parents pour essayer d'aller vers cette nouveauté. Saphir et Sakazuki soupirent de concert tandis qu'ils s'approchent du sapin pour y déposer leur cadeau pour le Père Secret. C'est à ce moment que Sengoku débarque dans la salle de réception, curieux de surveiller les mystérieux Père Noël Secret. Cette année, il ne laissera rien passer ! Plusieurs vice-amiraux avec Garp, Smoker, Momonga, Onigumo et d'autres dont il a oublié le nom sont déjà présents.

Il aperçoit le couple Saphir et Saphir avec son petit-fils préféré qu'il découvre avec émerveillement le concept de Nöel. Il touche avec maladresse les guirlandes et les boules de Noël qui brillent de mille feux devant ses yeux. Rowan essaye d'attraper des cheveux d'ange pour les porter à sa bouche mais son père est plus rapide et lui retire des mains avant qu'un incident ait lieu. Mais Rowan ne comprend pas et il commence à sangloter face aux agissements de son parent. Saphir le soulève pour le serrer dans ses bras alors que Sengoku arrive à leur niveau et commence à lui faire des grimaces. Rowan relève les yeux vers son papy et il retrouve le sourire en gloussant et tend ses bras vers lui.

- Comment va le petit Rowan ?! Tu as l'air de péter la forme mon petit gars !

Rowan glousse et Saphir finit par tendre les bras à contre-cœur pour que Sengoku le prenne dans ses grands bras. Même si elle connaît par cœur le vieil homme, elle ne peut s'empêcher de stresser quand il le prend dans ses immenses bras musclés. Ce n'est qu'un petit bout de chou minuscule. La proximité ne plaît pas à Sakazuki qui se retient de reprendre son fils aux bras de cet homme qui voit sûrement un autre personnage à la place de son garçon et il n'en est pas question. Il vient serrer Saphir contre lui alors que Sengoku joue avec le petit Rowan, lui faisant l'avion sous les rires de Rowan qui adore ce genre de jeu. Sakazuki souffle à l'oreille de Saphir.

- Tu te souviens de la scène qui nous avait fait après Nöel dernier pour éviter qu'il y ait des enfants à Marineford ? Par mesure de sécurité ou je-ne-sais-quoi…

- Je m'en souviens très bien. Borsalino lui avait répliqué qu'il changerait très vite d'avis et ça n'a pas manqué. Parfois, Borsalino a de bonnes réflexions, c'est dingue, rigole Saphir.

- D'ailleurs, il est absent, remarque Sakazuki en jetant un coup d'œil autour. Pourtant, je pensais qu'il serait le premier ici pour laisser le sale boulot à sa guenon.

- Sakazuki ! grogne Saphir. Qu'est-ce que je t'ai dit à ce propos ?!

Il grogne de mécontentement alors qu'il reporte son attention sur les collègues qui s'approchent pour faire la discussion. Saphir en profite pour se glisser en dehors de la salle de réception pour aller en direction de notre bureau, certain de nous y trouver.

Pour cette année et en vue des températures froides, Saphir s'est choisi une robe mi-longue jusqu'à hauteur de ses genoux. Cette dernière est à la fois noire sur une partie de la robe et avec des carreaux rouges et noirs autour de son tour et en diagonale de la robe à partir de ses hanches jusqu'aux genoux. Le tissu est épais et a un aspect polaire sur toute la surface, la réchauffant quoiqu'il arrive même si une tempête devrait s'acharner brusquement ce soir sur le QG. Même si avec son homme de magma, elle ne craint pas le froid. Elle marche jusqu'au bureau de Kizaru où elle s'arrête devant la porte et frappe plusieurs coups. La porte s'ouvre de quelques centimètres sur mon visage fatigué.

- Chesca-chan, tu n'as pas oublié la soirée de Noël j'espère ? fait Saphir avec son sourire ravissant et sa tenue resplendissante.

- On essaie de se préparer et de préparer Lily mais cette dernière a décidé de ne pas se prêter au jeu. Borsalino est parti se préparer dans la salle de bain et j'essaie de calmer Lily.

- Besoin d'un coup de main ? propose Saphir.

- Franchement, oui, mais je doute que tu y arrives. Lily a hérité de nos caractères de cochon à l'un et l'autre. C'est vraiment le pire de nous deux qui est ressorti en elle.

J'ouvre un peu plus la porte pour permettre à mon amie de toujours d'entrer dans le bureau de Borsalino, en désordre comme toujours. Elle ne fait aucun commentaire et elle s'approche du berceau de la belle Lily et vient aussitôt la chatouiller tout en me faisant un clin d'œil.

- Je m'en occupe, prépare toi pendant ce temps.

Je n'essaie pas de la contredire et fonce à toute vitesse dans la salle de bain, bousculer Borsalino qui finit d'arranger sa cravate alors que je me déshabille pour prendre une douche et me refaire une beauté pour cette soirée qui s'annonce magnifique. Chaque année, j'attends avec impatience cette soirée pour passer du bon temps avec mes collègues en oubliant tous les soucis du quotidien. Même si cette année, je vais devoir garder un oeil à la fois sur mon mari Kizaru, grand buveur en ces soirées arrosées et ma fille Lily très curieuse et trop naïve à son âge. J'entends Borsalino sortir de la salle de bain me laissant la place. Cette année, il a décidé d'être plus solft dans ses habits et ila opté pour un costard trois pièces, entièrement blanc assorti d'un chapeau "Borsalino" blanc et dorée à la manière d'ubn mafieux, avec des lunettes noires pour cacher ses yeux. Je finis ma douche et me sèche avant d'attraper un paquet soigneusement caché dans un tiroir avec mes vêtements pour cette soirée. Je voulais le surprendre pour ce jour extraordinaire. J'espère ne pas le décevoir.

~ Point de vue Saphir ~

Saphir joue tranquillement avec la petite Lily pendant que Borsalino choisit un petit body, un gilet, des chaussettes et des petites chaussures adaptés pour cette soirée. Après quelques minutes où Lily tend ses bras vers sa tata préférée, elle finit par céder et vient tendrement la câliner contre ma poitrine. Aussitôt, Lily se calme et elle vient jouer avec ses cheveux sur ses épaules, l'observant de ses yeux marrons le visage de sa tata fétiche. Elle tente d'articuler quelques mots mais se contente d'un long rire contagieux qui finit par l'atteindre. Borsalino revient avec les vêtements qu'il lui tend avec un sourire jusqu'aux oreilles.

- Puisque que tu t'entends si bien avec elle, pourrais-tu l'habiller ? S'il te plait ?

Saphir hoche la tête alors que Borsalino fait un peu de rangement en m'attendant. Saphir attrape les vêtements choisi par son papa et hausse un sourcil face aux choix : un doby blanc avec une phrase : "on ne touche pas à la princesse à son papa", une paire de chaussettes, des petites chaussures confortables et un bonnet en forme de tête de singe.

- Borsalino…. Ce n'est pas une tenue pour une fête de Noël.

- Je ne veux pas qu'elle attire les regards ! gémit Borsalino.

- C'est une enfant. Personne n'est normalement attiré par les enfants, retire-toi ça de la tête. Si Chesca t'entends, c'est toi qu'elle va enfermer.

Saphir repose la petite Lily dans son berceau avant de se diriger vers le tiroir dédiée à la petite Lily. Elle fouille un peu dans les affaires et déniche une robe blanche avec des reflets dorés, avec des manches semi-longues. Elle sort également une paire de chaussettes blanches et une paire de bottes et un gilet chaud. Elle prend l'ensemble et se dirige vers Lily. Elle commence doucement à jouer avec Lily tout en lui enfilant les habits sans grande difficultés sous les yeux effarés de Borsalino. Alors qu'il s'apprête à faire un commentaire, la porte de la salle de bain se déverrouille enfin.

~ Point de vue Chesca ~

Je m'observe une ultime fois dans le miroir de la salle de bain, me recoiffant sans arrêt. Depuis la naissance de Lily, je ne m'étais jamais habillée d'une robe et maquillée autant pour reprendre mon rôle de femme fière. Je mets une dernière mèche de cheveux derrière mon oreille avant de déverrouiller la porte et de l'ouvrir. Je prends une inspiration et je sors de la pièce, d'un pas incertain. Je tourne la tête pour apercevoir Borsalino qui me dévisage la bouche ouverte, et Saphir qui s'occupe de notre petite Lily. Je souris avant de m'approcher timidement. Pour cette année, j'ai décidé d'innocer en terme de couleur : je porte une longue robe viollette pleine de pailettes argentée, me recouvrant jusqu'aux chevilles et offrant un plongeant sur ma poitrine et un collier avec un pendentif avec trois coeurs entremelés. Kizaru referme sa bouche alors qu'il s'approche et vient se pencher pour m'observer et ses yeux se posent sur mon collier, bien placé sur ma poitrine. Ses joues se teintent de rouge alors qu'il bafouille quelques mots.

- Il n'y avait pas deux coeurs avant ?

- Si. Mais quand j'avais fait la commande l'année dernière au bijoutier, j'avais commandé également un deuxième exemplaire avec trois cœurs avec l'arrivée de notre enfant. Car toi et elle, vous êtes les choses plus précieuses que mon cœur.

Borsalino glousse avant de m'embrasser tendrement sous les yeux attendris de Saphir qui a fini d'habiller Lily qui s'est calée dans ses bras, apaisée. Elle caresse son dos avec passion alors que nous échangeons un long et tendre baiser. Je me cale contre lui, habillé de son costard étonnamment classe.


~ Un quart d'heures plus tard, salle de réception ~

La majorité des invités sont présents dans la salle de réception, profitant de la chaleur du bâtiment avant la première surprise concoctée par l'amiral en chef Sengoku. Personne ne s'étonne de l'absence d'un certain amiral qui patiente à l'extérieur, les mains dans les poches et les yeux vers l'horizon, réfléchissant à l'avenir.

Moi, Borsalino et Saphir arrivons à notre tour dans la pièce et je prends l'ensemble des cadeaux que je m'en vais déposer sous le sapin. Je m'approche de ce dernier et commence à mettre les différents paquets sous les branches quand j'entends quelqu'un se racler fortement la gorge à mes côtés. Je pivote la tête et m'aperçois que l'amiral en chef Sengoku s'est faufilé jusqu'à moi sans que je ne m'en rende compte. Je me redresse et le salue poliment.

- Bonsoir Chef.

- Bonsoir, Miss Ainsworth, me répond Sengoku avec un sourire forcé. Vous participez à nouveau au Père Noël Secret cette année ?

- Hé bien oui effectivement. Ce sont mes cadeaux, ceux de Borsalino et ceux de Saphir.. Y a-t-il un problème ?

- Disons que depuis votre arrivée à Marineford, je suis victime d'un Père Noël Secret très malicieux qui se permet de me ridiculiser avec des cadeaux particuliers.

Je ne fléchis pas sous son regard perçant qui cherche à me déstabiliser alors je lui réponds d'un haussement d'épaules, l'air de rien.

- Si vous saviez que c'était moi, pourquoi avoir attendu trois ans pour m'en parler ?

- Je ne le savais pas, c'était un test pour trouver le coupable ! s'exclame Sengoku avec un air triomphant. Tu t'es bien moqué de moi avec tes cadeaux empoisonnés !

Quelques oreilles curieuses se tendent alors que Sengoku se réjouit fièrement de m'avoir démasqué. Je finis de mettre mes cadeaux et je laisse mon sac de côté alors que je tourne les talons, impassible. Cette année, je n'ai pas eu le temps de réfléchir à un cadeau pour lui et avec la fatigue, je n'en ai pas eu envie. Sengoku cligne des yeux alors que je lui échappe sans le moindre remords ou des excuses.

Je retourne me glisser dans les bras de Kizaru, qui s'est rapproché d'Akainu qui surveille Rowan jouant avec les vice-amiraux à quelques mètres. Saphir lui tient le bras, essayant de le rassurer avec son étreinte chaude et apaisante. Mais le regard du chien rouge ne se détache pas des collègues, surveillant chaque mouvement ou gestes qui pourraient être déplacés. Lily, elle se trouve dans les bras de Garp qui s'amuse à lui faire l'avion et à le jeter en l'air sous les rires des invités. Borsalino me caresse les épaules et je vois Sengoku qui se rapproche d'un pas décidé vers notre groupe. Je fais mine de m'intéresser à une conversation entre Saphir et Momonga sur une "surprise" prévue pour cette année par Sengoku et Kuzan.

- Je l'ai aperçu à l'extérieur près de la baie, il semble attendre quelqu'un, commence Momonga. J'ai l'impression qu'il fréquente une femme depuis peu. Je le vois très présent en ville dans son bar favori.

Saphir et moi échangeons un regard complice. Si Kuzan avait enfin trouvé une jeune femme à son goût, nous allons très vite la convertir à nos bêtises pour devenir un trio à l'image des amiraux de la Marine. Sengoku se racle la gorge pour s'adresser à l'ensemble des invités présents :

- Bien ! Je suppose que tout le monde est arrivé à la fête ! Avant de passer à notre traditionnel Père Noël Secret, je vous invite à me suivre à l'extérieur vers la baie ! Kuzan nous y attend pour une surprise !

L'ensemble des invités prend de quoi se vêtir chaudement en cette soirée d'hiver et nous suivons en cœur l'amiral en chef qui mène notre groupe vers l'extérieur. Garp continue de garder la petite Lily dans ses bras, la réchauffant de ses bras et la couvrant de bisous, sous le regard jaloux de Kizaru. Ce dernier n'a pas eu cette chance à la dernière étreinte avec Lily, qui lui a copieusement vomit son déjeuner au visage, prise d'un fou rire suivi d'un vomissement imprévu. Rowan est en revanche, retourné dans les bras tendres et protecteurs de son père qui l'habille d'un manteau alors que Saphir continue de papoter avec Momonga pour en savoir plus sur la mystérieuse demoiselle.

- Je n'en sais vraiment pas plus mais j'espère que nous allons faire sa connaissance ce soir. A moins qu'il ne s'agisse d'une relation d'un soir.

- Kuzan sait se faire discret quand il a des relations temporaires d'un soir. Il n'aurait pas pris le risque d'être aperçu en ville à la recherche de quelqu'un ! J'espère que c'est une fille de notre âge, comme ça, avec Chesca, on sera trois et on sera le futur trio de la Marine !

Momonga et Smoker sourient à cette image. S'il y a bien un mérite à nous accorder, c'est celui d'avoir décoincé les deux amiraux les plus convoités de la Marine. En imaginant que le troisième soit désormais en concubinage, cette nouvelle devrait affoler les journaux du coin dans les prochains jours. Saphir sautille gaiement derrière Sengoku et nous le suivons à l'extérieur jusqu'au point de rendez-vous à la baie. Il est désormais 19h07 et nous découvrons que la baie autrefois remplie de navires de guerre est vide. Et qu'elle est devenue une immense patinoire lisse et brillante. Kuzan est à quelques mètres près de la berge et il finit d'installer des éclairages à l'aide de soldats de garde ce soir. Nous nous avançons jusqu'à lui pour découvrir cette patinoire improvisée et les magnifiques statues sculptées dans la glace tout autour en force d'animaux emblématiques de la Marine. Kuzan donne ses dernières instructions aux soldats avant de se diriger vers nous, un sourire aux lèvres.

- Tasi-chan, tu peux venir s'il te plait. Nous allons accueillir mes collègues, ? dit-il.

- J'arrive Kuzan, répond une voix féminine non loin.

Kuzan s'approche de notre groupe et une femme aux cheveux rouge-foncé apparaît d'un petit garage de glace, avec à la main des paires de patins. Elle a de magnifiques yeux verts qui reflètent la douceur incarnée. Elle est habillée d'une robe bleue scintillante, lui arrivant jusqu'aux genoux et aux manches transparentes et bleues jusqu'aux poignets. Ses longs cheveux sont déposés sur ses frêles épaules alors qu'elles se soulèvent à la vitesse de sa respiration. Saphir et moi, nous nous avançons en première ligne pour essayer d'observer cette nouvelle arrivée. Kuzan vient tendrement prendre la main de Tasi et nous sourit.

- Bonsoir à tous. Avant que l'on passe une soirée agréable sur la patinoire créée par mes soins, j'aimerais vous présenter ma compagne, Tasi.

- Hum, bonjour, répond la concerné d'une voix timide. Enchantée de vous rencontrer. Kuzan m'a beaucoup parlé de vous tout comme sa grande famille.

- Comme sa grande famille ? glousse Kizaru en apparaissant derrière Kuzan, pour lui ébouriffer la tignasse. Toi qui n'aimes pas parler de sentiments avec nous !

- Borsalino, arrête ! peste Kuzan, gêné.

- Hum. Enfin, enchantée de vous rencontrer, Miss, reprend calmement Sengoku en se caressant la barbichette. Nous sommes heureux pour vous deux tant que votre relation ne nuit pas au travail de notre cher faisan bleu.

- Pas besoin qu'il soit en couple pour qu'il soit absent ou qu'il fasse sa feignasse au bureau, marmonne Akainu.

Saphir frappe le bras de Sakazuki pour le faire taire alors que la concernée penche la tête, n'ayant pas compris le sens de ses mots. Je m'approche avec joie et je viens la prendre par le bras pour la tirer avec Saphir un peu à l'écart pour des présentations entre femmes.

- Moi, c'est Saphir ! me coupe la concernée, un grand sourire aux lèvres, ses cheveux volant autour de son visage. Je suis la compagne de Sakazuki, l'amiral Akainu que tu vois là-bas avec le garçon dans les bras, notre fils Rowan. Il est un peu excessif, colérique et possessif mais il ne t'arrivera rien tant que tu ne me blesses pas, ne me drague pas et que tu ne touches pas à notre bout de choux ! Sinon, il est adorable, tu vas voir !

- Argh. On n'a pas la même définition du mot "adorable". J'étais d'accord sur les mots précédents "excessif, colérique et possessif" et j'aurais même rajouté qu'il est un volcan sur pattes qui peut exploser même si tu le regardes de travers et si tu mattes sa femme. Donc, évite de croiser son regard et son chemin tout court. Y'a que Saphir et mon compagnon, l'amiral Kizaru Borsalino qui puissent le calmer.

Un blanc gênant suit ma tirade alors que Saphir et moi regardons le visage de Tasi se décomposer à la lueur de notre folie. Saphir me rapproche de moi pour passer un bras autour de mes épaules et elle me tapote la tête.

- Ne l'écoute pas, elle déconne ! Chesca adore dramatiser les choses quand il s'agit de mon compagnon Sakazuki. Ehehehe. N'est-ce pas Chesca ?! Tu ne pensais pas réellement CA ?!

Tasi ne le remarque pas, mais un lourd regard noir et froid m'est jeté par les yeux d'habitude si joyeux de Saphir qui semblent vouloir me descendre sur place. Elle vient également me pincer mes grosses hanches par derrière, me faisant grimacer. Mon point faible ! A contre-coeur, je finis par hocher la tête.

- J'avoue, je le diabolise un peu mais parfois il me fait un peu peur. Il est pas comme Kizaru qui adore me dorloter et me soigner. Parfois il est à cran et moi aussi alors on s'accroche. Sinon, tu te présentes ? On connait ton joli nom et ton visage mais ça ne nous dit pas comment vous vous êtes rencontrés vous deux !

- Moi, c'est Tasi. Je vis ici depuis que je suis petite et je n'ai jamais osé m'aventurer très loin de mon domicile. C'est seulement depuis le mois de novembre et la tombée de rares flocons de neige que j'ai pris les devants. Je suis sorti prendre un verre seule dans le bar "Le Chat Noir" pour essayer de rencontrer des personnes et me faire des connaissances. Je l'ai remarqué dès ma première venue au bar à une table isolée, le regard perdu dans sa boisson. Je savais très bien de qui il s'agissait et ma curiosité a pris le dessus sur ma timidité. Et après deux soirs, je suis venue à sa table et on a commencé à nous connaître et voilà, aujourd'hui… Nous vivons ensemble en concubinage.

- Oooh, adorable ! s'exclame Saphir.

- C'est tout à fait lui ça. Il ne fait pas le premier pas, mais il semble si agréable et gentil que tout le monde a envie d'en savoir plus sur lui. En tout cas, félicitations, tu viens de prendre le dernier des cœurs les plus convoités de Marineford !

- Ah oui ? s'étonne Tasi.

- Il y a beaucoup de fangirls qui rêveraient de leur coller aux basques matin et soir pour les câliner et leur voler des objets pour être au sommet de leur fanatisme. Une plaie ces gamines. Mais sinon, que fais-tu dans la vie ma chère Tasi ?

- Je n'ai pas de travail fixe sur l'île, j'aimerais travailler dans le secrétariat mais j'enchaine des petits postes entre les différents commerces pour remplacer des personnes absentes ou en congé. J'hésite à quitter l'île pour chercher ailleurs…

Saphir et moi la regardons avec un air outré, sous le regard perplexe de Tasi. Je viens lui passer un bras autour des épaules et je souris en lui montrant son compagnon.

- Il ne te l'a pas dit mais c'est une vraie feignasse au boulot. Saphir et moi sommes les assistantes techniques de nos compagnons et moi, plus précisément vice-amirale à ses côtés. Je suis sûre qu'on peut te créer un poste à ses côtés. Si tu as grandi ici, tu seras immédiatement acceptée par tout le monde dans la base ! Même si c'est un univers principalement masculin, on s'y fait ! Les collègues sont sympas et la bouffe s'y est largement améliorée depuis notre dernière grève ! On a bien rigolé cette fois-là mais on te racontera ça une autre fois !

- Votre attention, s'il vous plaît ! tonne la voix de Sengoku.

Saphir, Tasi et moi nous nous rapprochons à nouveau des collègues devant l'amiral en chef Sengoku. Ce dernier se tient fièrement devant nous et tient dans ses mains une feuille dépliée et froissée. Je souris discrètement en le voyant relire sa feuille. Cette année encore, c'est Tsuru qui a fait son discours.

- Je vous remercie d'être venue aussi nombreux pour cette nouvelle année que nous célébrons ensemble les festivités de Noël. Je remercie particulièrement les membres de la restauration qui nous ont concocté des plats gastronomiques qui nous attendent au chaud. Mais je tenais à faire une surprise particulière pour cette année très éprouvante. Kuzan m'a soumis l'idée que j'ai approuvé, pour une fois qu'il dédaigne participer à cette fête !

A cette phrase, le concerné roule des yeux sans faire de vagues. Il a l'habitude des brimades.

- Pour la fin du mois de décembre, la baie de Marineford sera inaccessible pour les navires de guerre afin qu'elle puisse accueillir une immense patinoire qui est sans risque pour les utilisateurs de FDD. Kuzan, peux-tu nous faire une démonstration ?

- Hum. Je ne garantis pas de l'élégance de ma prestation, mais si vous le souhaitez.

Son regard balaye l'assistance et ses yeux se posent sur Tasi. Il lui tend la main avec un sourire chaleureux, l'invitant à le rejoindre. Tasi sent ses joues s'empourprer alors qu'elle s'avance et lui prend la main. Les deux tourtereaux s'en vont vers la patinoire et ils s'avancent sur l'épaisse glace. Notre groupe s'avance pour observer l'immensité de la patinoire. Nous sentons la brise glaciale nous caresser les joues alors que le jeune couple glisse sur la glace. Kuzan serre la main de sa compagne alors qu'elle lui fait face désormais. Leurs regards sont fixés ensemble : Tasi et Kuzan se rapprochent pour se prendre dans les bras l'un de l'autre pour entamer une danse glissante sur la piste glacée. Les deux amoureux glissent en silence sur la patinoire avec élégance et sensualité, les deux envoûtés par leur danse et leur amour. J'entends des collègues qui commentent les gestes maladroits de Kuzan, mais je leur écrase les pieds, agacée.

Eux sont célibataires et brusques quand ils essayent de discuter avec des femmes. Le pire d'entre eux est Onigumo qui est un macho et fier de l'être. Bien qu'il fasse de l'humour, il a tendance à être désagréable et j'ai bien peur qu'il nous fasse fuir cette nouvelle amie. Car oui, sans la connaître, elle l'est déjà pour moi et Saphir. Le jeune couple s'aventure plus tard sur la glace en dansant comme s'ils s'étaient entraînés. et je décide d'entraîner à mon tour Borsalino qui se crispe. Je lui adresse un sourire rassurant et l'invite à venir sur la glace serrant sa main. Il hésite un peu et sous mon regard de chaton, il finit par craquer et il me suit sur la glace. Nous nous mettons en face l'un de l'autre avant de nous fixer dans les yeux et de danser un slow, nos pieds glissant d'eux-même sans le moindre effort. J'entends de la musique s'activer dans la baie, activée avec du retard par les soldats de Kuzan qui observent la scène, tous incrédules. Saphir peine un peu plus à convaincre Sakazuki qui fixe la glace avec une méfiance sans égard. Lui qui est fait de lave, il craint la glace par sa capacité à réduire ses capacités de FDD et à le refroidir ou le tuer en cas de contact trop violent. Sengoku s'approche de lui et pose une main sur son épaule, rassurant.

- Kuzan m'a assuré qu'il a gelé la baie sur une profondeur assez importante qu'il n'est pas sûr qu'elle dégèle avant les premières chaleurs du printemps. Alors, sois sans crainte. Il ne mettrait pas tous ses collègues en danger, juste pour te piéger. Je le connais mieux que tu ne le crois. Amuse-toi seulement Sakazuki en oubliant vos vieilles rancunes.

Malgré ses craintes, Sakazuki finit par acquiescer la tête et il suit timidement Saphir sur la glace, un pas après l'autre. Les trois couples bougent au rythme de différents slows et danses calmes qui passent sous le regard attendris de nos collègues célibataires qui font temporairement office de nounous pour nos deux enfants. Garp et Sengoku tiennent Rowan et Lily contre eux et nous montrent du doigt pour calmer les pleurs des enfants, inquiets du froid. Le petit Rowan se contente de rire et vient brusquement s'agripper à la barbichette de Sengoku qui retient un gémissement de douleur. Décidément, cet enfant pouvait être turbulent au moins où il s'y attendait le moins !

Garp dépose Lily devenue incontrôlable dans ses bras, essayant de le mordre. Il relève la tête pour voir la mine déconfite de Sengoku qui se masse le menton, douloureux par la prise imprévue de Rowan. Lily profite de l'inattention du grand-père pour marcher à quatre pattes vers la patinoire et elle commence à s'avancer sur la paroi glaciale. Aussitôt ses menottes sur la glace, elle pousse un cri de surprise et elle commence à pleurer, se tenant les mains. Garp sursaute en l'entendant et quand il tourne la tête, il l'aperçoit quelques mètres sur la glace. Borsalino et moi tournons également la tête face aux cris de Lily et nous la voyons, se débattant sur la glace essayant de s'échapper de cet enfer. Elle ne porte que des vêtements de fête qui ne tiennent pas si chaud face à de la glace. Nous nous séparons de notre danse sensuelle pour nous rapprocher d'elle en vitesse. Mais la glace a décidée d'être plus capricieuse et à peine ai-je fait un pas en sa direction, que je sens mes pieds glisser et je chute douloureusement sur le derrière. Je suis rapidement suivi de Borsalino qui lutte pour se maintenir debout mais qui finit par se téléporter sur la terre ferme, le cœur battant. Je le fusille du regard de ma place, avec mon bassin endolori et je me rapproche à quatre pattes de Lily qui continue de pleurer à chaudes larmes.

Saphir, Sakazuki, Tasi et Kuzan se rapprochent et m'aident à me relever alors que Tasi prend délicatement Lily dans ses bras. Elle caresse les petites mains de Lily et souffle dessus pour les réchauffer. L'effet est immédiat et Lily retrouve le sourire, riant aux éclats. Kuzan en profite pour pencher sa tête par-dessus son épaule et souffle près de son oreille.

- Toi qui me disais n'avoir aucune expérience avec les enfants, me voilà surpris. Tu n'as aucune expérience mais tu as un don, c'est certain. Tu as devant toi, un vrai démon qui fait vivre un cauchemar à l'ensemble du QG depuis son arrivée. Et toi, tu arrives à la calmer si vite. Tu ferais une mère parfaite. Enfin, si tu le souhaites.

Tasi rougit aux paroles de son compagnon sous le regard de l'ensemble des marines présents. Personne d'autre elle n'a entendu les propos de son compagnon. Plus elle passe de temps avec lui, plus elle le sait, c'est le bon. Sengoku claque des mains, ramenant tout le monde à la réalité.

- Nous aurons le temps de profiter de la patinoire pendant un long moment pour les prochaines semaines ! Je propose donc que l'on retourne au chaud pour profiter du banquet et que nous passions à la distribution des cadeaux !

Tout le monde hoche la tête et notre groupe part en arrière en direction de la salle de réception pour passer à la suite de la soirée.


~ 10 minutes plus tard, Salle de réception de Marineford ~

Nous nous débarrassons de notre manteau dans un coin et nous nous rassemblons autour du grand sapin de Noël. Garp et Sengoku se jaugent du regard avant qu'ils n'engagent une partie de chifoumi pour décider qui portera le joli costume de papa nöel cette année. Nous soupirons tous devant le regard perplexe de Tasi. Kuzan pose délicatement ses mains sur ses épaules et lui sourit tendrement.

- Chaque année, l'un et l'autre se disputent pour avoir le rôle.

- Pour ne pas l'avoir plutôt, réplique Sakazuki. Rowan, reste là s'il te plait.

Le petit Rowan est aux côtés de ses parents mais il tente de s'approcher de Tasi qui joue avec Lily dans les bras. Rowan fait la moue mais il reste fixé sur la petite qui le rend curieux. Il ne quitte jamais ses parents alors rencontrer un mini comme lui mais en fille, il en rêve ! Les discussions et petits potins reprennent de plus belle. Saphir bouge mal à l'aise contre Sakazuki sentant le regard du vice-amiral le moins apprécié de Marineford : Onigumo. Il est habillée d'un costard des plus banals entièrement noir avec un chemise blanche. Smoker et Momonga ont quant à eux essayer d'être plus originaux avec des tenues à leur couleur : violet et gris. Ce dernier a un rictus mauvais sur le visage, prêt à être méchant une fois de plus.

- Saphir-chan, susurre-t-il. J'ai entendu une rumeur selon laquelle tu porterais à nouveau un petit enfant en toi ?

- Cela ne te regarde pas, Onigumo, tente de s'interposer Momonga. Laisse Saphir tranquille une année veux-tu ? Je ne sais pas ce que tu as contre elle mais tu es agaçant avec cette obsession !

- Chuuuut Momo-chan, ricane Onigumo. Je sais que tu adores les potins, tout comme Smoker, Stainless et toute la bande ! N'oubliez pas que votre mercredi après-midi entre collègues n'est destiné qu'à ça !

Les concernés se taisent alors que je les regarde furieuse. Saphir touche ses cheveux, nerveuse mais elle ne baisse pas le regard face à cet énergumène. Tasi s'apprête à intervenir mais Kuzan lui fait signe de ne rien faire. Il connaît Onigumo depuis son arrivée dans la Marine et il n'a pas envie que sa compagne soit une future victime de ce crétin. Saphir prend la main de Sakazuki dans la sienne, croisent leur doigt ensemble et pose les mains sur son ventre.

- Je ne sais pas qui a bien pu écouter à notre porte, mais c'est vrai. J'attends un deuxième enfant de Sakazuki et je n'en fais part qu'à mon compagnon, Chesca et Borsalino. Je n'avais pas envie de l'officialiser tout de suite.

- Ehehehe. Hey bien, c'est une surprise ! Je te l'avais bien dit que tes kilos en plus n'étaient pas naturels avec tout le sport que tu fais avec ton chef !

- Onigumo ! commence à grogner Sakazuki. Un mot de plus et…..

Onigumo l'ignore royalement dans la menace qui risque d'exploser à quelques mètres.

- Pour une femme inutile et maladroite de ton genre, tu vas nous pondre combien de petits monstres de votre genre avec ton sang et celui du volcan ! Et puis toi, Sakazuki, si ça se trouve, tu vas mourir avant d'avoir vu ton dernier rejeton ! Mais pas d'inquiétude, j'en prendrais bien soin quand tu seras mort !

La réaction d'Akainu ne se fait pas attendre et il écarte Saphir de son chemin pour foncer sur Onigmugo et lui lance un coup de poing vers le visage. Mais c'était sans compter l'arrivée inopinée de Garp au sein de notre réunion improvisée. Il venait annoncer que c'était lui le papa Noël cette année et sa récompense est bien différente de son attente. Il reçoit le coup de poing dans la mâchoire mais le vieil homme en a vu d'autres et il ne trébuche pas. Il se contente de regarder Sakazuki qui s'est figé, le regard noir mais désolé à la fois. Garp se masse la joue, les yeux revolvers mais sans l'intention de se venger.

- Hey Sakazuki ! Je sais pas ce que t'as dit Borsalino ou les autres mais c'est pas moi qui ait mangé les biscuits de Noël qu'a fait Saphir l'année dernière. De toute façon, c'était du béton armé !

Un blanc gênant intervient à la suite de la phrase de Garp alors que Saphir vire au rouge de rage.

- What the fuck ?! C'est toi qui les avait jeté à la poubelle ?!

- Beeeuh, ils étaient dégeulasses, réagit Garp. Même la chèvre n'en a pas voulu c'est te dire !

Sengoku arrive pour mettre un terme à la dispute et soupire, le déguisement en main du Père Nöel en main.

- Garp, mauvaise nouvelle. Le déguisement s'est rétréci au lavage de l'année dernière, il n'est plus à ta taille. Il n'ira qu'à une demoiselle si l'une d'entre vous accepte.

- Je prends le rôle, répond Saphir en s'approchant de Sengoku.

Sengoku lui tend les tissus et Saphir part dans une pièce annexe pour se changer, alors que Borsalino et Kuzan tranquillisent Sakazuki qui n'a qu'une seule envie : se faire Garp pour l'injure qu'il lui a fait. Attendant le retour de Saphir, je me rapproche de Tasi et de Tsuru qui a pris Lily qui lui caresse les cheveux blancs.

- Toujours aussi agitée depuis notre dernière rencontre. Chesca, as-tu rencontré le pédiatre que je t'avais conseillé la dernière fois ? me demande Tsuru d'une voix douce.

- Non, Tsuru-sama. Je n'en ai pas eu le temps.

Je baisse les yeux, honteuse de moi-même sous le regard interrogatif de Tasi.

- Un pédiatre ? Pourquoi faire ? demande Tasi. Si ce n'est pas indiscret de demander.

- Lily est une enfant particulière, elle semble avoir des symptômes d'hyperactivité. Borsalino avait indiqué qu'il avait eu des signes dans son enfance mais il avait réussi à calmer ses crises en faisant de l'activité physique et en se plongeant dans les livres.

- Ohh, je vois, fait Tasi d'une voix douce. As-tu pensé un peu à toi depuis l'arrivée de la petite ? Je vois le maquillage léger sur ton visage mais il semble cacher quelque chose de plus grave…

Je la regarde, les yeux scintillant avant de lâcher des larmes et qu'elle ne vienne me prendre dans les bras. J'entends brièvement Tsuru me dire qu'elle s'occupe de la petite Lily pour cette soirée et de me détendre ce soir. Tasi et moi restons enlacées plusieurs minutes, elle me caresse le dos avec une tendresse immense alors que nous nous connaissons à peine. C'est à cet instant que Saphir, ou plutôt la mère Noël revient dans la pièce, habillée du traditionnel costume rouge et blanc et d'une longue barbe blanche. Elles nous voient enlacées et un petit sentiment de jalousie la traverse immédiatement. Cela ne fait qu'une heure que nous nous fréquentons et voilà qu'on s'enlace déjà comme de bonnes amies. Pas question qu'on lui vole une amie, foi de Saphir !

Saphir garde son calme alors que l'attention de l'ensemble des Marines se dirige vers sa fine silhouette dans ce costume de Mère Nöel. Sakazuki hausse un sourcil malgré lui. Bien que le rouge soit sa couleur favorite, la tenue ne met pas en valeur sa femme ou plutôt sa future femme. Car en effet, ce soir, il a prévu un cadeau de taille pour Saphir : sa demande en mariage officielle. Le coffret contenant la bague est précieusement rangé dans une poche de sa veste à l'abri des regards indiscrets. Il attend juste le bon moment pour la faire.

Sengoku apporte un siège d'un amiral décoré en immense fauteuil aux couleurs de Noël avec des guirlandes clignotantes. Saphir le remercie d'un signe de tête et s'y assoit, avant de relever les yeux vers notre groupe qui s'est regroupé sagement autour d'elle, des verres à la main ou grignotant des toasts. Elle se racle la gorge pour prendre une voix différente et sourit.

- Bonsoir mes amis ! Alors, on a été sages cette année ? ronronne Saphir.

- La plupart d'entre nous l'ont été pour cette année. Je mettrais un doute sur un couple en particulier, répond Sengoku en nous jetant un coup d'œil à moi et Borsalino.

Tasi et moi nous nous sommes séparés à l'arrivée de Saphir mais je me sens bouillir de l'intérieur. Ce vieux va me mener la vie dure maintenant que j'ai été son Père Noël Secret qui lui a pourri la vie. Garp coupe rapidement notre échange de regards noirs en sautillant sur place et levant la main comme un enfant.

- Moi moi j'veux être le premier !

- Voyons Garp, d'abord les enfants, interrompt Tsuru en s'approchant avec Lily.

- Ooh, c'est ma magnifique Lily-chan ! s'exclame Maman Noël en la prenant sur ses genoux. Que tu as grandi ! Je t'observe depuis là-haut grandir ! Que tu ressembles beaucoup à ton papa et à ta maman ! Un magnifique visage et des yeux envoûtants !

Lily la regarde bizarrement avant d'attraper la barbe pour essayer de lui arracher. Heureusement qu'elle n'a pas beaucoup de poigne et Saphir réussit à garder le costume en place.

- Hum hum… Je vais te donner ton cadeau, hein ma grande ! Je vais demander de l'aide à mon lutin de compagnie !

Tout le monde se regarde bizarrement. Un lutin de compagnie ? Quésako ?

Sengoku comprend plus vite que nous et pousse Garp vers le sapin. Il se gratte la tête, perplexe mais il s'exécute quand même. Il fouille parmi les cadeaux et en sort un paquet qu'il tend à la maman Noël. C'est Lily qui réceptionne le paquet et commence à déchirer le papier sous les sourires de l'assistance. Du paquet, elle en sort des vêtements mixtes avec des body complets, des bavoirs et quelques jouets pour l'occuper. L'un d'entre eux l'attire et elle l'attrape pour le montrer fièrement : une girafe à mâcher pour enfant.

- Oh oh ! Je crois qu'elle a trouvé son jouet pour les prochaines heures ! Allez, ma grande, joue bien et sois sage avec tes parents oh oh !

Tsuru se rapproche et prend Lily dans ses bras, alors que je viens prendre le reste des cadeaux pour les mettre à proximité en cas de besoin. J'observe du coin de l'œil Sakazuki qui bouge d'une jambe à une autre, une main sous sa veste, semblant trifouiller un objet. C'est au tour du petit Rowan aidé par son père de s'avancer vers sa mère déguisée. Saphir le prend délicatement par les aisselles et vient s'asseoir sur ses genoux. Rowan regarde l'étrange personnage avec une mine plus effrayée que Lily et il commence à gémir et se débattre. Sakazuki fait rapidement signe à Garp d'attraper un paquet et Saphir le berce pour le calmer.

- Chut, mon petit. Tu vas recevoir un magnifique présent ! N'es-tu pas heureux de me rencontrer oh oh ?

Rowan ne semble pas apprécier le câlin que tu lui offres cette "inconnue" et essaie tant bien que mal de se dégager. Alors Saphir attrape en vitesse le cadeau tendu par Garp et le lui donne avec un sourire tendre. Rowan reste méfiant et Saphir l'aide à ouvrir le paquet pour découvrir deux peluches : un chien rouge avec un costard semblable à celui de Sakazuki et une peluche en forme de dragon, à la belle chevelure rousse et portant un uniforme de la Marine. Rowan les caresse stupéfait avant de les serrer contre lui. Sakazuki souffle rassuré avant d'adresser un sourire à Saphir, avant de le reprendre dans ses bras, le berçant contre sa chaleur. Saphir enchaîne alors la distribution des cadeaux des adultes.

- Bon, quelqu'un d'autre veut venir sur mes genoux mes enfants ? rigole Saphir.

- Oui moooi ! gémit Borsalino.

Tout le monde se retourne vers lui, tous exaspérés par son attitude de gamin. Et dire qu'il n'a pas encore bu une seule goutte d'alcool, la soirée risque d'être longue. Je passe une main dans mes cheveux gênée, alors que Tasi glousse de rire face au visage triste du singe.

- Pff… Il est sérieux ? me souffle-t-elle.

- Malheureusement, je crains que oui.

Sakazuki s'approche de Kizaru et lui marmonne quelque chose à l'oreille qui fait encore plus couiner Kizaru qui se met à trépigner en tapant du pied.

- Maaaais !

- Borsalino, c'est non, grogne Sakazuki. Ne touche pas à Saphir. N'oublie pas qui est sous le déguisement. Et surtout pas devant notre fils et ce monde.

- J'veux juste une photo !

- Sakazuki-kun, laisse-le, soupire Saphir en se levant. Mais c'est lui qui s'assoit en premier. Sinon je risque d'avoir deux jambes en moins.

- Ouiiii !

Kizaru se précipite et il s'assoit avant que Saphir revienne s'asseoir avec une grimace. Que c'est gênant, se dit-elle. Mais elle ne veut pas ruiner l'ambiance de Noël. Nous laissons Sengoku prendre quelques clichés avant que Borsalino soit satisfait et laisse Saphir en paix. Il vient me rejoindre et il vient me susurrer à l'oreille.

- Je t'avais dit que j'arriverais à la serrer dans mes bras devant Sakazuki.

Gougat, est ma seule pensée !

Ça me revient maintenant. Il m'avait provoqué un jour de fortes tensions quand j'avais dit qu'aucune autre femme ne voudrait de lui tellement qu'il était collant et brusque. Et cet idiot m'avait juré qu'il arriverait à câliner Saphir avant la fin de l'année et DEVANT son compagnon. Putain, mission réussie. Je le repousse, agacée et me concentre sur la distribution des cadeaux.

- Huumm…. Cadeau pour Madame Ainsworth Chesca ! annonce Saphir.

- Présente.

Je me recoiffe avant de me défaire de l'étreinte de Borsalino pour m'avancer vers Mère Nono. Elle me tend le paquet avec un sourire en coin. Je ne comprends pas et prends le paquet pour l'ouvrir devant tout le monde. C'est un cadeau pour adultes. A l'intérieur d'un paquet translucide, j'ai une tenue coquine et sucrée composée d'un soutien-gorge et d'un string de bonbon. J'entends des ricanements autour de moi alors que je vire au rouge. Je me doute que Sengoku n'aurait pas appliqué une telle vengeance, il n'y a que Saphir pour ça ! Je bafouille un bref merci avant de cacher l'ensemble dans un paquet et d'aller le mettre dans un sac à l'écart. J'entends Onigumo faire des remarques sur une potentielle descendence à venir du singe jaune dans quelques semaine après ce cadeau…

- Ensuite, un cadeau pour Monsieur Onigumo !

- Ahaha. Quelqu'un a pensé à moi cette année ?! ça fait plaisir enfin ! s'exclame le concerné.

Il s'avance jusqu'à Saphir et lui prend le coffret à peine emballé qu'il déchire. C'est un étrange coffret sans inscription avec uniquement une flèche indiquant un sens d'ouverture. Il s'exécute avec quelques difficultés et ouvre une petite trappe. Aussitôt, deux grosses mygales sortent de la boîte et lui montent sur les poignets, lui arrachant un hurlement de stupeur et de peur. Il en lâche la boîte qui s'écrase lamentablement sur le sol avant qu'il ne reconnaisse deux de ses protégées : Miranda et Katya. Tout le monde éclate de rire autour de lui alors qu'il essaie de reprendre un air neutre mais tout de même dépité. Je vois Akainu croiser les bras, un sourire démoniaque jusqu'aux oreilles, nous faisant clairement comprendre qu'il est l'auteur de ce cadeau empoisonné. Onigumo tourne les talons et va se chercher un verre pour se changer les idées. Tout le monde rigole quelques minutes de bon cœur avant qu'on ne passe au cadeau suivant.

- Cadeau suivant pour Monsieur Kizaru Borsalino !

- Ouiii, à moi ! sautille Kizaru.

Il revient vers Saphir qui lui donne un cadeau qui semble bien épais et lourd. Kizaru s'empresse de le déballer et pour son grand malheur, quelqu'un lui a offert des livres sur la paternité. Son visage se décompose à la vue des titres : "Être un bon père pour les nuls", "10 astuces pour que son enfant soit sage et bien éduqué", et enfin "Dictionnaire des enfants : premier livre d'un parent débordé !"

- Oooh, c'est pas gentil ça ! s'outrage Kizaru.

Il regarde autour de lui, cherchant le coupable des yeux mais tout le monde prend un air innocent. Kizaru fait mine de les regarder en feuillant les premières pages avant d'aller les ranger dans notre sac dans un coin, les pas traînant sur le sol. J'aperçois Tsuru frapper Sengoku derrière la tête, le regard mauvais alors qu'elle marmonne.

- Sengoku, espèce d'idiot. Borsalino fait de son mieux, je te l'ai déjà expliqué. Ce n'était vraiment pas nécessaire de lui faire un tel "cadeau" !

Sengoku hausse les épaules, peu affecté sachant que demain, Borsalino aurait oublié et que les livres seront très probablement mis au fond d'un tiroir ou d'un feu de cheminée.

- Sengoku-kun, à votre tour ! appelle Saphir.

Le concerné s'approche et un épais cadeau lui est tendu. Il me jette un regard en coin, méfiant avant de l'ouvrir pour en découvrir une peluche en forme de singe dodue. Il cligne des yeux, incapable de comprendre. Garp lui tape dans le dos en riant.

- La dernière fois, tu étais en extase devant la cage des gros singes alors je t'en ai offert un ! Il remplacera ta chèvre quand elle partira !

- Grrrrr…. ! est la seule réponse de Sengoku. Gros malin…

- Tsuru-sama, à votre tour !

Tsuru s'avance et comme tous les autres, prend son cadeau et le déballe sous les yeux curieux. Une boîte de bonne facture apparaît et Tsuru reconnaît la marque et elle jette un regard vers Garp et Sengoku. Pas besoin de savoir qui est son Père Noël Secret, il n'y a que ses deux amis qui connaissent son petit péché. Elle l'ouvre délicatement et sur des crins de velours, plusieurs cravates avec de belles couleurs sont présentes. Elle les touche du bout du doigt avant de relever les yeux et sourit.

- Merci Messieurs, vous avez toujours bon goût.

A cet instant, une scène improbable se produit : Sengoku et Garp deviennent comme des enfants auxquels on a fait un gros compliment et rougissent, en regardant le plafond. La scène nous fait sourire. C'est ça la Magie de Noël !

- Nous avons aussi des cadeaux pour vous, Madame Noël !

Je m'en vais prendre un cadeau sous le sapin, et Tsuru également. Je lui tends en premier mon cadeau, avec un mal fou à contrôler mon sourire. Saphir me surveille d'un œil suspect mais elle s'attache vite à l'ouvrir… pour découvrir des jouets sexuels : une laisse, un harnais et divers objets avec des notices. Malgré la barbe, je vois le visage de Saphir devenir aussi rouge que son costume alors qu'elle cache le contenu avec les mains. Je ricane malgré moi.

- Quand j'ai vu ça dans un magasin récemment ouvert, je me suis dis que ca t'irait très bien parce que t'es la petite soumise d'Akainu !

- Mais moi, je sais dire non à mon homme, pas comme toi au moins ! se félicite Saphir. Mais, pour toi, je le serais héhéhé !

- Demande à Borsalino pour ça, la taquinais-je en tirant la langue.

- Mesdames, mesdames, nous gronde Tsuru. Pas devant vos enfants, voyons. Tiens, voici ma contribution avec Garp pour toi.

Saphir prend le deuxième paquet et le déballe pour en découvrir divers jouets, vêtements et livres pour bambins pour le jeune Rowan. Elle la remercie alors qu'on vérifie que tout a bien été distribué. Garp et Tsuru vont chercher des plateaux de toasts et tout le monde se sert à boire et à manger, riant des bons souvenirs de cette année.

C'est dans cette ambiance que Tasi en profite pour échapper à la vue de son compagnon pour aller chercher son cadeau à elle qu'elle a laissé en extérieur pour qu'il profite de son environnement naturel. Elle accourt près de la patinoire et sifflote un air classique pour appeler le futur compagnon de son concubin. Elle attend quelques secondes avant qu'une petite silhouette ne sorte de l'ombre pour se diriger avec de petits cris vers la jeune femme. Tasi s'accroupit et vient tendrement prendre l'animal dans ses bras. Il s'agit d'un bébé pingouin, avec un pelage noir et un trait lui entourant ses yeux et son bec rose. Tasi l'embrasse sur la tête avant de se diriger vers le QG, le cœur battant à mille à l'heure. Kuzan n'avait jamais émis l'idée ou l'envie d'avoir un animal auprès de lui, mais quand elle eut aperçu ce magnifique pingouin, dormant toute la journée dans une animalerie, il lui semblait reconnaître Kuzan, le faisan bleu. Le petit oiseau se cale dans ses bras, profitant de la chaleur procurée par sa jeune maîtresse alors qu'elle arrive aux portes de la salle de réception.

A l'intérieur, Kuzan s'est aperçu de son absence et la recherche d'un regard inquiet. Tasi prend une respiration pour calmer son cœur et elle revient auprès de lui. Kuzan tourne la tête pour la revoir enfin et il souffle, soulagé.

- Tasi, où étais-tu passé ? Je n'aime pas te savoir seule ces temps-ci. Préviens-moi si tu veux sortir, s'il te plait.

- Il était mort d'inquiétude comme jamais ce faisan ! rigole Borsalino, une flûte de champagne à la main.

- La ferme Borsalino ! Tu l'es tout autant quand ta chérie disparaît deux minutes alors qu'on est loin de Marineford, et pourtant, elle est majeure et intelligente que je sache.

- Ooooh, pas la peine d'être vexé à ce point !

- Hum, Kuzan, fait timidement Tasi. J'ai un cadeau à t'offrir moi aussi.

- Aaah, c'est quoi ? demande Kuzan. Que tiens-tu contre toi ?

A ce moment-là, le pingouin relève la tête et la pivote vers son futur maître qui cligne des yeux, face à cette petite bouille adorable. Tasi rougit un peu et laisse Kuzan venir à ses côtés, observant le petit être face à lui. Leurs yeux se croisent et Kuzan tend les bras pour prendre le pingouin contre lui qui frétille contre lui, tout heureux d'être le centre d'attention.

- Je te présente Camel, c'est un pingouin qui a été retrouvé perdu et désorienté sur une île tempérée. Nul ne sait comme il s'est retrouvé là-bas.. Mais une chose est certaine, il est entre de bonnes mains : les tiennes désormais.

- Ooh, Tasi-chan. C'est le plus cadeau qui m'a été donné, fait Kuzan d'une voix tremblante, serrant l'animal contre son torse. Je ne sais pas quoi te dire. Je n'ai jamais osé prendre un animal…

- Tu as déjà du mal à gérer ton boulot, tu risques de laisser dépérir ce pauvre animal, grogne Akainu.

Saphir écrase le pied de son homme pour le faire taire. Pour une fois que son collègue a trouvé le bonheur avec une femme, il pourrait se taire et le laisser en paix ! Sakazuki la regarde de travers mais il se tait, pour laisser les deux tourtereaux en tête à tête. Kuzan se penche vers Tasi pour l'embrasser d'un tendre et langoureux baiser. Nous allons pour nous détourner d'eux, histoire de les laisser profiter d'un instant de répit mais Kuzan a prévu une autre surprise. Serrant le pingouin contre son torse, il offre un sourire rayonnant à Tasi avant de mettre un genoux à terre, de sortir une boîte en velours.

- Tasi, parfois je doute de moi-même et de mes capacités à aimer. Mais depuis notre rencontre, mon cœur n'arrête pas de battre la chamade dès que je pense à toi et dès que tu es à mes côtés, me remplissant de bonheur. Je ne veux pas te laisser partir loin de moi, alors, je te le demande solennellement ce soir. Tasi, je t'aime du plus profond de mon être. Acceptes-tu de devenir ma femme ?

Un silence s'installe dans la salle de réception alors que nous regardons Kuzan, genoux à terre, tenant la boîte contenant une magnifique bague avec une pierre ressemblant à un petit glaçon. Tout le monde est surpris mais Kuzan semble si rayonnant avec elle. Elle semble un ange tombé du ciel. Tasi semble toute aussi surprise que nous tous. Elle fixe Kuzan, la bague et ses yeux deviennent humides jusqu'à déborder en un torrent de larmes de bonheur.

- Kuzan… Mon existence a pris un tout autre sens lorsqu'on s'est rencontré. Tu m'as permis de voir la vie autrement et je t'en suis infiniment reconnaissante. Et maintenant, je veux la voir encore différemment, en tant que Madame Aokiji.

Tasi prend la bague dans le coffret et la met à son doigt avant que les deux amoureux ne s'embrassent amoureusement sous nos applaudissements et sifflements. J'entends Saphir soupirer un peu mais applaudissant avec entrain. Je grimace légèrement. C'est vrai que cela fait quelques mois qu'elle attend sa demande en mariage et toujours rien. Leur couple a beau être solide mais je crois qu'elle tient à devenir sa femme officiellement. Borsalino vient me serrer contre lui en ronronnant.

- Une future collègue tu crois ? me chuchote-t-il.

- Je l'espère. Je lui ai dit qu'un poste serait négociable avec le chef si elle le veut et si elle s'en sentait capable. Kuzan serait ravi à mon avis.

Les deux amoureux finissent par se séparer de leur baiser et restent enlacés alors que les vice-amiraux viennent féliciter chaleureusement leur mentor et collègue et sa fiancée. J'entends un long grognement et je tourne la tête avec Borsalino, pour voir Sakazuki, nerveux, passer une main dans ses cheveux bruns. Son comportement grognon est habituel me direz-vous mais cette soirée, il semblait détendu et heureux… Il marmonne à voix basse pour lui-même.

- Misère, ce foutu faisan a eu la même idée que moi.. Moi qui espérais faire une belle surprise à Saphir….

Saphir l'ignore royalement et elle s'en va se servir un verre de jus de fruits. Je me détache de Borsalino pour essayer de la suivre mais il m'en empêche pour me montrer son ami.

Sakazuki prend son courage à deux mains et plonge une main dans sa poche pour en sortir une boîte peu volumineuse. Il la cache dans son dos en attendant le retour de Saphir, qui tarde. Cette dernière traîne nonchalamment près des tables grignotant des toasts pour oublier sa déception. Elle l'avait tant espéré cette demande, encore une fois pendant ces derniers mois. Elle a donné naissance à leur premier enfant, elle porte leur deuxième et tout ça pour un homme qu'elle aime par-dessus tout. Et malgré tout, il ne veut pas faire sa demande. J'aperçois une petite larme s'écouler sur la joue de Saphir alors que Tsuru s'approche d'elle pour parler à voix basse. Les deux femmes partent à voix basse, je n'entends pas le moindre mot.

Borsalino surveille Sakazuki qui essaie tant bien que mal de patienter, mais ne voyant pas Saphir revenir, il décide d'aller vers elle. Il la voit en discussion avec Tsuru, Saphir la tête baissée et Tsuru caressant les cheveux de sa dulcinée comme pour la rassurer. Un sentiment de culpabilité l'envahit quand il se rend compte du malaise que son comportement a dû créer chez elle. Il se dirige vers Saphir et serre sa main sur la petite boîte qu'il tenait en main…. et qui a tout bonnement disparu. Il se retourne aussitôt pour regarder autour de lui, voir qui pourrait lui faire une blague aussi grossière ! Cette bague est le symbole de leur union et il ne laissera personne s'en emparer !

Au même moment, Rowan a vu l'étrange jouet dans la main de son papa et s'en est emparé pendant qu'il était dans les nuages. Il essaie de l'ouvrir sans y arriver et se dirige alors à quatre pattes vers sa maman. Rowan arrive aux pieds de Saphir et Tsuru, s'assoit et pousse un cri pour les avertir de sa présence. Les deux femmes coupent net leur conversation et Saphir observe son fils, un sourire aux lèvres et tenant une étrange boîte.

- Rowan chéri, qu'as-tu encore déniché ? souffle Saphir. Viens voir maman mon coeur.

Elle se penche pour venir le prendre contre sa poitrine et lui prend l'objet des mains de son fils qui pousse un cri. Saphir le berce contre lui pour le calmer quand Sakazuki arrive à ses côtés.

- Vous n'auriez pas vu une boîte bleutée ?!

- Hum.. Celle-là peut-être ?! s'emporte Saphir en lui tendant la boîte.

- Oui c'est elle, s'étrangle Sakazuki mal à l'aise par l'intonation de Saphir. Hum… Comment l'as-tu eu ?

- Rowan me l'a apporté de lui-même, soupire Saphir. Tu comptais faire un cadeau à quelqu'un ?

- Oui, à toi.

Saphir cligne des yeux et le regarde en face, le teint rougissant. Elle serre toujours Rowan contre elle qui tète son pouce, sa tête posée contre la poitrine de sa maman pour se reposer. Sakazuki met un genou à terre devant Saphir et ouvre la boîte devant sa magnifique compagne. Tsuru s'écarte et va prévenir le reste de l'assistance. Rapidement, tout le monde se tait et s'est retourné vers le couple.

- Saphir. Toi et moi, c'est une évidence maintenant. Je suis incapable de vivre sans la magnifique prunelle de tes yeux et tes manières qui me font vibrer au quotidien. A notre rencontre, tu étais mon opposé à tous les niveaux et j'étais certain que tu ne ferais pas long feu dans mes rangs. Mais tu ne t'es pas démonté et toi tu es la seule qui a osé à me remettre à place. Jamais une femme n'avait eu autant d'impact sur mes convictions et ma personnalité. Aujourd'hui, je sais que la vie sans toi m'est insupportable et j'espère que cela est réciproque. Alors en ce soir de Noël, je me mets à genoux devant toi et notre fils, pour te faire ma demande : Saphir, acceptes-tu de devenir ma merveilleuse épouse ?

Les yeux de Saphir s'illuminent à la vision de son homme, un genou à terre lui présentant une magnifique bague avec un magnifique diamant rougeâtre. D'intenses larmes coulent sur son visage, elle se rapproche et vient caresser le visage de son tendre mari.

- Depuis le temps que je l'attendais, tu connais déjà ma réponse, Sakazuki. Oui, je veux devenir Madame Sakazuki pour le reste de notre vie. Tu es l'homme qui a réussi à l'élèver au rang de femme forte et de mère aujourd'hui de notre fils Rowan et d'un furur enfant.

Saphir prend la bague pour la mettre à sa main, sous un tonnerre d'applaudissements général et de sifflements. Sakazuki et Saphir se rapprochent pour échanger un baiser plus chaud que la braise, si bien que Rowan tente de les séparer avec ses menottes sous nos rires. Saphir se recule un peu et lui sourit affectueusement.

- Tu sais, maman ne t'appartient pas. Elle appartient à papa et toi, tu nous appartiens à tous les deux !

- Et crois-moi que tu en auras vite marre avant tes 18 ans de nous avoir dans les pattes ! chuchote Sakazuki.

Kuzan en profite pour aller mettre la musique à l'aide du matériel fourni gracieusement par des camarades travaillant dans le secteur de l'évènementiel. Une douce musique de slow retentit dans la salle de réception, berçant les esprits en cette soirée réussie de Noël. Les différents couples restent enlacés les uns contre les autres, intimidés d'être les premiers à lancer une danse. J'échange un regard avec Saphir et Tasi qui me font clairement comprendre qu'elles n'iront pas en première sur la piste de danse. Kizaru tente de m'y forcer mais je campe sur mes appuis, les pieds bien collés au sol. Je déteste être le centre d'attention à Noël. Surtout en présence d'un certain Onigumo.

Au bout de quelques minutes de gêne intense et d'un silence, c'est Sengoku et Tsuru qui s'avancent, main dans la main au milieu de la salle de réception pour entreprendre un slow ensemble. Ils sont rapidement suivis de Garp qui vient gentiment inviter notre petite Lily qui rigole à la vue de son papi adoré. Elle lui saute dans les bras et le papy-gâteau la soulève pour l'entraîner sur la piste pour danser avec notre enfant. Kizaru glousse et se penche à mon oreille.

- Même Lily-chaaan est plus enclin que toi à danser.

A contrecoeur, je le laisse traîner sur la piste de danse improvisée pour danser sous un rythme lent et sensuel. Nous nous mettons en place et j'en profite pour me caler contre son torse, fermant les yeux pour me reposer quelques minutes. La soirée est bientôt terminée et demain, on retourne au travail. Je sens la main de Borsalino se resserrer sur moi, une main me tenant par les hanches et l'autre serrant ma main tandis qu'il chantonne la chanson "Can't Stop Loving You" au creux de mon oreille. Je souris tendrement qu'il s'en souvienne et je reprends les paroles en même temps que lui. Notre couple est rapidement suivi de celui de Saphir avec Sakazuki et de Rowan, qui refuse catégoriquement de se détacher de sa maman adorée pour le désespoir de Sakazuki. Ils viennent danser à nos côtés et ceux de Sengoku et Tsuru qui restent enlacés l'un contre l'autre silencieux mais les yeux plongés les uns dans les autres.

Les autres collègues profitent tranquillement du buffet rigolant et discutant de divers sujets autour de la piste de danse. Kuzan en profite pour mettre en place son ultime surprise. A l'aide d'une télécommande, il active un micro seigneur fait maison avec de la fine neige créé par ses soins avec de la glace pilée. La machine se met doucement en route et commence à laisser tomber des flocons dans la salle de réception. Kuzan s'approche de Tasi, intimidée et l'invite également à venir danser au milieu des différents couples qui évoluent sur la piste. Chaque couple se perd dans les yeux de son conjoint, profitant de l'instant de détente et de tendresse. Un petit être vient s'installer tout seul sur la piste, s'ambiancent seul mais heureux de voir de la neige : Camel le pingouin sautille gaiement au milieu des grandes jambes qui l'entourent. Les vice-amiraux présents rigolent et ils viennent nous rejoindre alors que la musique change pour de la musique plus festive. Les différents couples s'écartent légèrement et tous ensemble nous formons un cercle pour un concours de danse jusqu'au bout de la nuit. Pour le grand malheur des soldats de garde ce soir-là, qui durent endurer plusieurs heures de musiques folkloriques et des chants jusqu'à tôt le matin.


Pour ma part, je peux vous assurer que depuis mon arrivée, je n'ai jamais connu une soirée aussi réussie en présence de personnes qui me sont chères. Malgré nos différends et nos disputes. Maintenant, je n'ai qu'une seule chose à dire : à l'année prochaine !


Des review's ? Malgré le retard ?

Chesca-Shan