Rentrée chaotique

Ronald Weasley monta dans le train l'amenant pour sa sixième année, l'air sombre.

L'avertissement de Tonks n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd et dès la fin de la réunion écourtée, sa mère avait emballé tout ce qu'ils avaient amené dans cette maison. Juste à temps car deux jours plus tard, après une troisième nuit à vider le manoir, ils avaient eu la surprise de voir plusieurs silhouettes avec les armoiries de Gringotts s'engouffrer dans la demeure qu'ils venaient de quitter quelques minutes plus tôt.

Reprendre leurs habitudes dans leur maison qu'ils avaient quitté un an plus tôt avait été difficile pour ses parents mais ils s'étaient rapidement adaptés. Comme ils n'y avait que Ginny, Hermione et lui, ils auraient pu avoir chacun leur chambre mais les deux filles préférèrent rester ensemble.

A la plus grande rage du roux, sa meilleure amie, sa sœur et lui avaient découvert pourquoi ils n'avaient pas eu de réponse à leurs lettres de la part d'Harry. Hermione avait trouvé un sort pour localiser une lettre qu'elle enverrait et à sa stupeur, une fois la lettre partie du Terrier, elle était arrivée au manoir Black et n'en avait plus bougé. Ce fut Ron qui pensa à Dobby pour récupérer leur courrier et par précaution, Hermione avait rédigé une lettre à l'attention de Gringotts pour leur expliquer la situation. Jugeant leur requête légitime, la banque avait accepté de rendre les missives à l'elfe de maison et était même allé jusqu'à leur indiquer que le sort de redirection de leur courrier vers Harry Potter avait été lancé par Albus Dumbledore, ce qui avait fait grincer des dents les trois jeunes.

En parlant du vénérable directeur de Poudlard, ce dernier avait quand même mis deux semaines pour leur annoncer qu'Harry Potter avait disparu. Ce qu'il ne savait pas, c'était que les trois adolescents étaient au courant depuis le lendemain de leur départ du manoir Black. En effet, Kingsley Shacklebolt avait été rapidement mis au courant des soupçons de sa collègue et s'était rendu à son tour au domicile des Dursley en tant que policier moldu et en posant des questions sur la disparition de la mère de famille, il avait appris celle de l'adolescent brun. Il était ainsi venu au Terrier pour interroger ses plus proches amis et avait également appris le vilain tour que leur avait joué le chef de l'Ordre. N'aimant pas ce qu'il découvrait, il leur avait demandé de se préparer pour la guerre qui venait d'éclater s'ils tenaient à être aux côtés d'Harry car ce dernier n'aurait clairement pas le temps de les sauver et il n'était pas sûr qu'il puisse se sauver lui-même correctement. Devant cette remarque pleine de bon sens, sachant pertinemment que leurs cours de défense leur seraient inutiles, les trois adolescents avaient passé le reste de leurs vacances à éplucher leurs livres de cours et leurs bibliothèques personnelles et à interroger leur entourage à l'abri des oreilles de Molly Weasley pour connaître les meilleurs moyens de se défendre.

Une fois dans le train, Ron avait enfin pu souffler loin de sa mère. Il l'aimait, ce n'était pas le problème, mais elle avait tendance à oublier qu'ils n'avaient plus quatre ans mais douze de plus et que Voldemort comme ses mangemorts n'allaient pas attendre qu'ils aient leurs ASPIC pour s'en prendre à eux. Quand il avait entendu ses frères Bill et Charlie se plaindre à mi-voix des cours qu'ils avaient dû prendre après leurs ASPIC pour faire le métier de leurs rêves, il ne s'était jamais rendu compte que le programme de Poudlard n'était clairement pas adapté en temps de guerre et même en temps de paix. Quand, avec Hermione et Ginny, ils avaient interrogé Bill concernant les sorts qu'il pouvait connaître, il s'était simplement contenté de leur fournir les cours de sixième année de sa petite-amie française Fleur Delacour et les siens pour leur permettre de comparer sereinement. Tous les trois étaient tombés de haut quand ils avaient compris que les autres pays étaient bien plus avancés que la Grande Bretagne et le coup de grâce avait été que le niveau britannique des ASPIC était le niveau des BUSES dans le reste du monde. Mais quand ils avaient voulu rattraper leur retard, sa mère leur était tombé dessus en décrétant que les vacances n'étaient pas faites pour travailler.

Plongés dans leurs pensées, Hermione, Ginny et Ron n'entendirent pas la porte de leur compartiment s'ouvrir. Toutefois, quand ils sentirent une présence, ils se redressèrent et écarquillèrent les yeux en reconnaissant Neville Longbottom. Leur condisciple avait eu une poussée de croissance significative et exsudait de confiance en lui. Galamment, il laissa Luna Lovegood s'installer avant de prendre place à son tour. Ils se saluèrent et se racontèrent en substance leurs vacances jusqu'à ce qu'Hermione craque.

-Il t'est arrivé quelque chose, cet été ? demanda Hermione

-J'ai eu seize ans, répondit Neville, comme si c'était évident.

-Oui, mais ton anniversaire, il arrive tous les ans, insista Hermione. Non, j'ai l'impression qu'il t'est arrivé quelque chose d'autre.

-Vous plaisantez, j'espère ? ricana Neville

Mais quand il comprit que non, tous les trois ne plaisantaient pas, il se tourna vers Luna qui avait perdu son air rêveur. Distraitement, il renifla puis écarquilla les yeux.

-Hermione, Ron, c'était quand votre seizième anniversaire ? s'inquiéta Neville

-Septembre l'année dernière, répondit Hermione. Je serais majeure le 19 septembre.

-Le premier mars, répondit Ron.

-Je vais aller chercher la personne qu'il faut, déclara Luna en bondissant sur ses pieds.

L'instant suivant, la blonde avait déjà quitté le compartiment.

-Est-ce que vous avez senti quelque chose de particulier ce jour-là ? pressa Neville

-Non, répondit Ron.

-Si tu nous disais ce qui se passe ? s'agaça Hermione

-Attendons Luna pour ça, fit Neville.

Cinq minutes plus tard, la blonde revint avec dans son sillage des personnes pas si inconnues que cela.

-Qu'est-ce que la fouine fait ici ? tonna Ron en se levant et en brandissant sa baguette

Hermione et Ginny en avaient fait de même, prêtes à se battre. Face à eux, Daphnée Greengrass, Draco Malfoy, Blaise Zabini et Théo Nott restaient stoïques.

-Ils sont là parce que nous allons avoir besoin d'eux, déclara Neville. Donc baissez vos baguettes, ils vont répondre à vos questions.

De plus ou moins bonne grâce, tous prirent place.

-Théo, isole-nous correctement, ordonna Neville. Je pense avoir mis le doigt sur une machination assez grave.

Le jeune homme hocha la tête et dessina dans les airs des symboles obscurs pour les deux roux mais pas pour les autres et pour la brune qui mit du temps à comprendre ce qu'il faisait.

-Je croyais que les runes de protection n'étaient vu qu'en études post ASPIC, s'étonna Hermione.

-A Poudlard, précisa Théo. Dans le reste du monde, c'est le programme des ASPIC.

-On ne va pas comparer les programmes scolaires, fit Blaise. Qu'est-ce que tu as découvert, Neville ?

-Neville ? souffla Ginny, ne sachant pas que leur ami avait des relations cordiales avec des Serpentards

-Sentez, répondit simplement Neville.

Tous se mirent à respirer un peu plus fort et visiblement, à se concentrer sur les résultats. Mais les uns après les autres, ils affichèrent un air choqué.

-C'est une plaisanterie ? hoqueta Daphnée

-Je ne crois pas, soupira lourdement Neville. Je viens de m'en rendre compte et je ne vous apprends rien en vous disant qu'on ne sent rien tant qu'on n'a pas passé le cap. Ça ne m'a pas alerté non plus parce que tout s'était passé correctement pour les jumeaux, de ce que j'en sais.

-McGonagall ne vous reçoit pas quand ça se passe ? demanda Draco

-Pas que je sache, répondit Neville en secouant la tête. Si ce n'est pas le cas, je comprends que ce soit passé à l'as. On n'a pas beaucoup de temps, de toutes les façons. Hermione va avoir dix-sept ans le 19.

-On va être obligé d'utiliser les grands moyens, il n'y a pas le choix, grimaça Théo. Est-ce que vous avez moyen de vous absenter sans vous faire voir ?

-Non, répondit Hermione.

-OK, je vais en parler avec le professeur Snape, décida Daphnée.

-Il n'est pas le plus grand fan des Gryffondors, rappela Ginny.

-C'est un cas de force majeure, assura Daphnée. Je saurais le convaincre.

-Mais pourquoi ? s'impatienta Ron

Tous gardèrent le silence avant que Neville ne se dévoue.

-Qu'est-ce que vous savez des dynamiques ?