Explications
Les dynamiques sont au nombre de trois : alpha, bêta et oméga. Elles existent pour toutes les créatures vivantes mais n'impactent que les créatures magiques, y compris les sorciers.
Les dynamiques s'affranchissent de politique, de métiers, d'héritage, de mariage … Elles n'importent réellement que dans un seul domaine : la reproduction.
Les bêtas n'ont pas de traits de caractère particuliers et sont la dynamique la plus répandue à travers le monde. Ils ne peuvent féconder ou tomber enceint que d'une personne d'un genre opposé, qu'importe la dynamique. Un bêta mâle ne peut féconder qu'une femelle et une bêta femelle ne peut tomber enceinte que d'un mâle ou d'un alpha femelle. Un bêta mâle ne peut tomber enceint et une bêta femelle ne peut féconder un mâle.
Les alphas sont généralement des dominants, des forts caractères. Ils sont les seuls à pouvoir féconder la personne avec laquelle ils ont des relations sexuelles, peu importe le genre ou la dynamique. Les alphas femelles peuvent parfaitement tomber enceinte et porter leurs propres enfants, du moment que leur compagnon est mâle. Ils représentent environ 20 % de la population sorcière mondiale.
Les omégas sont assez souvent casaniers et « maternels » dans un sens mais il ne faut surtout pas en faire une généralité. Ils sont les seuls à pouvoir porter la vie, peu importe leur genre. Un oméga femelle peut donc tomber enceinte d'un mâle ou d'un alpha femelle. Un oméga mâle peut féconder une femelle et peut tomber enceint d'un alpha femelle comme d'un mâle …
Harry ressassait dans sa tête ces phrases qui avaient bouleversées sa vie quelques semaines plus tôt. Le jour de son seizième anniversaire, Pétunia était entré dans sa chambre et avait été surpris de le voir toujours aussi déprimé. Elle avait pris sa température puis l'avait examiné de la tête aux pieds. Quand elle avait compris qu'elle ne trouverait pas ce qu'elle chercherait, elle lui avait ordonné de faire ses bagages et quand il avait rassemblé péniblement ses affaires de sa chambre dans son sac à dos et était descendu pour récupérer sa malle dans le placard, il avait découvert que sa tante quittait également la maison avec toutes ses affaires. Ils avaient chargé la voiture personnelle de Pétunia qu'elle n'utilisait que ponctuellement et ils quittèrent définitivement la maison. Ils se rendirent dans une autre maison à l'autre bout du pays et avait été surpris de tomber nez à nez avec un elfe de maison. Le choc, couplé avec sa mauvaise hygiène de vie depuis les évènements du ministère, lui fit perdre connaissance.
Quand il se réveilla, Pétunia lui raconta sa véritable histoire de famille. Les Evans avaient un pied dans le monde magique car elle était l'une des rares familles non magiques à avoir des dynamiques actives. La brouille entre Lily et elle n'était que l'éclatement de la frustration des membres de la famille à ne pas appartenir totalement au monde magique. La rousse rassemblant assez de magie pour être admise à Poudlard, la blonde lui en avait toujours voulu.
Mais l'histoire ne s'arrêtait pas là. Même si elle avait fini par détester sa sœur, jamais elle n'aurait fait de mal à son neveu ou lui aurait caché son histoire. Elle s'était doutée de quelque chose quand, au seizième anniversaire du brun, il n'y avait pas eu de révélation de sa dynamique, suivi d'une très grande fatigue et une dépense de magie importante. Elle avait donc emmené son neveu dans le domaine des Evans et avait prié les elfes de maison de l'examiner de fond en comble et elle aussi. Ils avaient découvert que si elle avait été ensorcelée pour haïr son neveu et le maltraiter le plus durement possible, ce dernier avait vu sa dynamique bloquée, ce qui constituait un crime aux yeux de la Magie et aurait pu conduire à sa mort rapide avec sa puissance magique.
Avec ces informations, Harry avait dû faire des choix qu'il n'avait pas hésité à prendre. Il avait demandé à être débarrassé de ce sort vicieux puis, une fois sa magie libérée, apprendre correctement le monde magique même si pour cela, il ne retournerait pas à Poudlard de sitôt. Le rituel avait été très dur et s'il devait se fier à la lueur d'inquiétude dans les yeux de sa tante, il n'était pas passé loin.
Le brun était actuellement cloué au lit pour les trois prochains mois et était littéralement envahi de grimoires en tout genre. Il avait appris que les elfes de maison du clan Evans ne l'avaient pas libéré que du sort qui empêchait la révélation de sa dynamique mais également de d'autres qui limitaient ses capacités intellectuelles et magiques. Quand il s'était réveillé après le rituel, il avait été pris d'une envie irréfrénable d'apprendre tout le monde magique en un minimum de temps. Il avait très vite remarqué que les ouvrages n'étaient pas britanniques, surtout pour les plus récents, et qu'ils présentaient une version plus détaillée et plus approfondie des cours qu'il avait pu suivre à Poudlard, quand on parlait des matières enseignées dans le château.
-Harry ?
-Bonjour, tante Pétunia, salua Harry en laissant tomber son livre sur le lit. Tout va bien ?
-Ça pourrait aller mieux, souffla Pétunia en s'asseyant sur son lit. J'aimerai te parler de Vernon et de Dudley.
Harry fronça des sourcils. Il avait été étonné de ne pas voir les deux hommes mais avait préféré laisser ça de côté.
-Je n'ai jamais eu le choix d'épouser Vernon, révéla Pétunia. Dudley n'est d'ailleurs pas mon fils biologique.
-Comment ça se fait ? ne put s'empêcher de demander Harry
-La personne qui nous a ensorcelés a soigneusement manipulé nos vies, répondit Pétunia. Mon « mariage » avec Vernon est intervenu moins de six mois avant la naissance de Dudley, ce qui veut dire qu'on voulait que tu aies un cousin de ton âge qui pourrait te martyriser. Comme tu as dû t'en rendre compte, je n'ai jamais eu la moindre influence sur son éducation non plus.
Harry hocha la tête. Effectivement, si Pétunia passait tous les caprices de Dudley, ce dernier n'avait jamais réellement respecté sa mère et se faisait toujours confirmer ses paroles par son père. Pendant son immobilisation forcée, il y avait réfléchi et en avait conclu qu'il s'agissait d'une autre forme de soumission abjecte.
-Que comptes-tu faire ? demanda Harry
-Lui rendre la monnaie de sa pièce, déclara Pétunia d'un air machiavélique. Comme tu n'étais pas le seul à avoir le monopole de la « tendresse » de Vernon, je vais attendre que tu sois majeur dans le monde sorcier pour le traîner devant la justice. Quant à Dudley, il s'avère que je possède quelques preuves de ses délits et ses crimes, si on essaie de le faire passer pour un gentil garçon qui s'est retrouvé entre ses parents qui ne « s'aimaient » plus. Si on peut faire plonger Marjorie dans le même temps, on n'entendra plus parler des Dursley avant un très long moment.
Harry éclata de rire.
