Le retour de flamme

Harry Potter se fit le plus discret possible quand il sortit du tribunal.

A la base, le brun voulait se venger de son oncle par magie mais Pétunia l'en avait fortement déconseillé car il serait beaucoup plus savoureux qu'il soit condamné par cette justice qu'il avait voulu corrompre en arrosant de pots-de-vin les notables et les agents de Sa Majesté pour qu'ils regardent ailleurs quand il s'en prenait à sa femme et son neveu. Il avait donc accepté qu'elle dépose plainte en son nom mais à la vue des preuves, la justice avait décidé d'organiser un procès à huis clos, puisque l'une des victimes était mineure. Cela avait soulagé Harry car si le procès avait été public, il se doutait que ça allait revenir aux oreilles des sorciers et il n'avait vraiment pas besoin de ça.

Maintenant que Vernon était condamné pour les quinze prochaines années, Harry avait un autre problème à régler. Il se rendit donc à l'accès de la banque Gringotts dans le monde non magique et attendit qu'un guichetier lui fasse signe d'avancer.

-Honorable, salua Harry. J'ai rendez-vous avec le gardien du clan Potter.

Écœuré par l'ampleur des trahisons dont il était victime, le brun avait décidé de faire lui-même ses recherches au lieu de se fier à ce que certains auraient pu lui dire. Ainsi, il avait découvert qu'il n'y avait pas que le Chaudron Baveur pour aller sur le Chemin de Traverse vers le monde non magique et vice-versa, que Gringotts n'avait pas qu'une entrée et que la zone sorcière de Londres ne se limitait pas au Chemin de Traverse. Soigneusement déguisé, il avait pris le temps de découvrir le quartier à son rythme et de ne pas passer à côté de lieux importants.

Il fut conduit vers un bureau où un gobelin l'attendait.

-Bienvenue, monsieur Potter, salua le gobelin. Je suis Rick, gardien du patrimoine du clan Potter. Je m'attendais à vous voir à votre dix-septième anniversaire en compagnie de votre tuteur magique, pas avant.

Harry se fendit d'un sourire machiavélique.

-Il s'avère que ce point me pose un problème, susurra Harry. En tant que Potter reconnu comme tel, ma tutelle doit être confiée à un membre de ma famille de sang ou de magie, si la volonté de mes parents ne pouvait être respectée. Or, j'ai beau avoir épluché tous les numéros du Journal de Britannia, ni la mort de mes parents ni l'ouverture de leur testament n'ont été officiellement annoncés, ce qui me fait penser que leurs volontés n'ont pas été entendues. Or, j'ai été confiée à ma tante non magique vivant dans le monde non magique alors qu'en tant que sang pur, il est interdit par la loi que je sois exclusivement élevé dans le monde non magique. Enfin, même si ma tante, qui est devenue ma tutrice légale, est non magique, je ne comprends pas pourquoi j'aurais également eu un tuteur magique, en sachant qu'une tutelle ne peut être scindée entre plusieurs personnes qui n'ont aucun lien de sang ou magique.

Rick sourit à son tour. Le gamin avait visiblement fait ses devoirs et avait noté les incohérences de son dossier.

-Il n'empêche que je m'attendais à vous voir qu'à votre dix-septième anniversaire pour votre héritage, poussa Rick.

-Vraiment ? railla Harry. Mon héritage aurait dû m'être accessible dès que j'aurais maîtrisé ma dynamique, peu importe mon âge. C'est le cas donc nous allons faire affaire aujourd'hui, gardien Rick.

Le gobelin rugit de rire.

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Albus Dumbledore marchait dans le Chemin de Traverse, majestueux, mais en lui, c'était une autre histoire.

Un an qu'Harry Potter avait disparu dans la nature et tout autant qu'il n'avait pas pu mettre la main dessus. Il avait été tenté de faire croire qu'il l'avait envoyé à l'étranger mais quelqu'un avait déclaré qu'il avait simplement refusé de revenir à Poudlard cette année et ça lui avait échappé des mains. Il n'avait même pas pu faire une déclaration officielle car avant même qu'il y ait pensé, le Chicaneur publiait une interview exclusive où le jeune homme déclarait vouloir prendre du temps pour lui.

Bref, il ne pouvait plus y revenir.

Sans le Survivant physiquement sous la main, il ne lui était plus possible de gérer le patrimoine Potter mais également Black, en tant que tuteur magique de l'héritier. Il avait veillé à ce que Sirius Black signe un testament où il désignait Harry Potter comme héritier et comme il était déjà son tuteur magique, il pouvait tranquillement se servir de ce patrimoine immense laissé à l'abandon. Sa mort avait été un bonus qu'il n'avait pas laissé passer.

Sa seule chance pour récupérer le gamin était qu'il avait fait dire par son meilleur ami que tout héritage devait être récupéré à la majorité. Ce n'était pas exactement la vérité mais comme la majorité de la population sorcière était de dynamique bêta et qu'il ne fallait pas être Merlin pour la maîtriser, depuis qu'il était à la tête de Poudlard, cette date était communément retenue. C'était pour cette raison qu'il se présentait à la banque dès la première heure en ce 31 juillet et qu'il comptait justifier sa présence en déclarant qu'il attendait son pupille pour qu'il puisse reprendre sereinement son héritage.

-Monsieur Dumbledore ? fit le gobelin Gripsec au bout d'un moment. La banque va fermer.

Le vieux sorcier écarquilla les yeux de stupeur. Déjà ?!

-Est-ce que monsieur Potter est passé ? demanda Albus, inquiet

-Non, monsieur, répondit Gripsec.

-C'est étrange, nous avions pourtant rendez-vous, déclara Albus.

Cette dernière phrase ne reflétait pas la vérité mais c'était pour le spectacle. Tout occupé à répondre aux salutations, aux questions et aux demandes d'autographes des badauds, il n'avait pas vu le temps passer et n'avait pas pu surveiller correctement l'entrée de la banque sur l'artère commerciale sorcière. Il était tout à fait possible qu'en voyant la foule, l'adolescent ait décidé de faire demi-tour et d'attendre qu'il y ait beaucoup moins de monde.

Un sourire tendu sur les lèvres, Albus Dumbledore salua les sorciers qui étaient venus le voir et rentra à Poudlard.