Confiance en soi : rentrée sous haute tension
-Notre mère était vraiment choquée de voir tante Muriel sur le quai de la gare, sourit Ginny.
-Est-ce qu'elle a voulu prendre sa détestable habitude d'hurler quand ça ne lui convient pas ? demanda Daphnée
-Sûrement, haussa des épaules Ginny. Mais un seul regard noir de Muriel l'a fait taire. Elle a ensuite décrété qu'elle voulait avoir Ron et moi chez elle pour l'été, comme elle l'avait prévenu il y a quelques semaines, et qu'il lui semblait avoir convenu que ce n'était pas la peine qu'elle aille les chercher, puisqu'elle allait s'en charger.
-Elle a essayé de venir nous voir chez Muriel mais comme elles ne se sont jamais entendues, Muriel lui avait interdit l'accès à sa maison sans son autorisation, ajouta Ron.
-Vous avez quand même vu vos parents, non ? demanda Blaise
-Nous avons passé des journées par ci par là mais nous n'avons pas dormi à la maison de l'été, répondit Ron.
-Et donc ? pressa Astoria. Quelle dynamique ?
-Bêta, répondit fièrement Ginny. Mais visiblement, quelque chose dans mon enfance m'a fait osciller avec la dynamique alpha. Reste à savoir si c'est à cause des sorts de Dumbledore ou la possession de Voldemort.
Daphnée, Hermione, Ginny, Luna, Ron, Neville, Draco, Théo et Blaise s'étaient retrouvés très tôt sur le quai 9 ¾. Ils avaient profité qu'il n'y ait personne pour se choisir l'un des compartiments les plus spacieux et le garnir des sorts pour garantir leur tranquillité.
-Je pencherai plus sur la possession, fit Harry. Les recherches que j'ai menées ont montré que l'influence de Voldemort a eu un impact sur ma magie.
Harry Potter avait décidé de faire son grand retour à Poudlard. Sous sa cape d'invisibilité, il avait accompagné Luna sur le quai sorcier puis dans le train. Mis à part la bande, personne ne savait qu'il était là mais il comptait passer ouvertement les portes de la Grande Salle.
-Peu importe, déclara Ginny en secouant la tête. Je connais ma dynamique et je commence à la maîtriser.
Tous sourirent et la conversation continua. Ils n'ouvrirent la porte que quand les préfets – Hermione, Ron, Draco et Astoria – durent se rendre à leur réunion et même la vendeuse ne trouva pas grâce à leurs yeux.
Quand le train arriva enfin à Pré-au-Lard, ils attendirent que tous les élèves quittent le quai pour sortir à leur tour. Ils grimpèrent dans les deux calèches qui les attendaient et au fur et à mesure de leur progression, ils se turent, sentant l'appréhension montant en eux.
Mais quand ils se présentèrent dans le hall, ils étaient prêts.
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-Monsieur Potter, fit Minerva McGonagall. Veuillez rester à la fin du cours, je vous prie.
Harry ne montra pas son agacement croissant. Depuis qu'il avait fait son apparition à Poudlard, voilà trois semaines, il avait été harcelé de toutes parts pour savoir ce qu'il avait fait pendant cette année sabbatique. Malheureusement pour les journaux, quand ils avaient voulu se renseigner de leur côté – ou qu'ils avaient voulu l'inventer, comme pour Rita Skeeter – ils s'étaient heurtés aux avocats du clan Potter qui leur avaient fait payer chèrement leur indiscrétion. Pire, quand des élèves s'y mirent, ils reçurent le même traitement pour atteinte à la vie privée.
L'intervention du département de la justice avait totalement brisé les relations entre Harry Potter et Albus Dumbledore. Le directeur avait voulu s'opposer à l'intervention des aurors quand le harcèlement du jeune homme avait commencé mais ce dernier avait tenu bon et ses avocats en avaient remis une couche en rappelant qu'il ne s'agissait pas d'un problème scolaire et donc, qu'il n'avait pas à dicter sa conduite à lord Potter.
L'annonce des titres du jeune homme avait retenti comme un coup de tonnerre dans la Grande Bretagne sorcière. Il n'avait pas hésité à les jeter à la figure du directeur pour lui ordonner de cesser de se mêler de sa vie, car en tant que lord Potter-Black, il ne dépendait de personne. De plus, il était rare que des lords encore scolarisés exercent en même temps leurs responsabilités. Mais ce qui avait réellement choqué la société, c'était qu'Harry, dans une nouvelle interview, avait annoncé qu'il remerciait Albus Dumbledore de tous les efforts qu'il avait fait pour les clans Potter et Black mais que désormais, il tracerait sa route à ses conditions. Depuis, dès qu'il s'agissait de la guerre contre Voldemort, le plus jeune faisait la sourde oreille.
Le brun s'approcha de son professeur alors que la salle de classe se vidait.
-Professeur ? appela Harry
-Monsieur Potter, j'aimerai discuter avec vous en tant que directrice de maison, déclara Minerva. Vous êtes lord et encore scolarisé, pourquoi ne confiez-vous pas vos charges au directeur ?
-Pour plusieurs raisons qui me sont personnelles, déclara froidement Harry. Il s'agit de mon héritage, de mes biens, de mes affaires, je suis en droit de choisir ce que j'en fais.
-Mais le professeur Dumbledore est hautement qualifié pour vous aider ! protesta Minerva
-Est-ce que vous savez pourquoi votre frère vous a retiré le titre de dame McGonagall ? lâcha Harry
Minerva eut un mouvement de recul. Même si l'aristocratie écossaise n'était pas celle du reste de l'archipel, personne n'ignorait dans les cercles sang pur cette décision inédite qu'avait prise le seigneur Mercure McGonagall, le frère du professeur McGonagall, peu après qu'elle ait intégré Poudlard, en lui retirant la direction du clan familial à ses côtés. Le frère et la sœur étaient désormais brouillés mais visiblement, jamais la sorcière ne s'était remise en question.
-Ceci est une histoire privée, gronda Minerva.
-Tout comme la gestion de mes clans, renvoya Harry. Comprenez donc que je n'ai pas à discuter avec vous de ce que je compte faire ni de la raison pour laquelle je ne confie pas mes biens à une personne avec laquelle je n'ai aucun lien magique ni de sang, actuel comme passé, le fait qu'il soit mon directeur d'école comme il n'est que votre employeur n'entre pas dans cette catégorie. J'ai pris mes dispositions et comme votre frère, elles ne comprennent pas laisser un inconnu gérer mes clans comme si c'étaient les siens, sans me consulter, de surcroit. Le sujet est désormais clos et si l'envie vous reprenait de revenir sur le sujet, je n'hésiterai pas à faire appel à la justice, directrice de Gryffondor ou pas, ce qui serait problématique à plus d'un titre pour vous car dans ce cas, le directeur Dumbledore ne pourra rien faire pour vous et comme vous êtes désavouée par votre propre clan, si vous persistez dans ce comportement, la conclusion la plus évidente sera votre renvoi de Poudlard à la fin de l'année scolaire et surtout, votre exclusion de tout organe d'éducation de la Grande Bretagne sorcière. Avant que vous ne m'accusiez, je ne vous menace pas, je vous préviens simplement de la conséquence de vos actes. Bonne journée, professeur.
Harry tourna les talons et quitta la salle de classe, laissa Minerva McGonagall complètement hébétée.
