Merci à Anastasjia et Saniawive de suivre cette histoire :D
Merci à Lys de Pandore pour ta review :)

CHAPITRE TROISIEME

Flash back

Il se réveilla en sueur cette nuit-là. La pluie battait contre les fenêtres de son dortoir avec insistance, comme pour l'implorer de s'éveiller enfin. Comme pour confirmer ce fait, dès qu'il posa un pied au sol, la pluie cessa de tomber drue, se calmant jusqu'à disparaitre. Il balaya les deux autres lits de la pièce d'un regard, dont l'un était occupé par Isaak. les rideaux refermés. Ses deux camarades dormaient encore. Le ronflement d'Archibald Goyle ne laissait aucun doute quant à ce sujet.

Il traîna jusqu'à la salle de bain, épuisé mais incapable de se rendormir, afin de se passer de l'eau fraîche sur le visage. Il se regarda dans le miroir, épiant ses cheveux bruns décoiffés. De ses doigts fins mouillés, il se recoiffa. Ses yeux marrons laissaient poindre la fatigue mais également une incroyable imperturbabilité. Quand il entendit un léger carillonnement. Fronçant des sourcils, il se retourna, à l'affût de ce son improbable au coeur de la nuit.

Il revint dans la chambre mais le carillonnement venait d'ailleurs. Curieux, il enfila son peignoir aux couleurs des serpentards, argent et vert, sa baguette étant déjà rangée dans la poche de son pantalon de nuit. De toute manière, il ne se rendormirait pas de sitôt, autant voir ce qu'il se tramait en dehors, cette petite promenade aura peut-être le salut de lui rendre le sommeil.

Il traversa les escaliers, la salle commune, et une multitude de couloirs, à la recherche de ce tintement régulier, qui se faisait de plus en plus fort sans pour autant être désagréable à l'oreille. Il se sentait de plus en plus las et fatigué, ce qui eut pour conséquence de rendre la réalité un peu plus imparfaite, diffuse, avec l'affreuse sensation de marcher comme dans un rêve. Mais Tom ne faisait pas attention à cela. Il cherchait l'origine du son et ne s'apercevait pas de l'état second dans lequel cela le plongeait. Lorsqu'il ouvrit une porte, il tomba sur une grande salle de pierre blanche, vide, et en son centre, de multiples lucioles virevoltaient, dans un doux chant. C'était les carillons qu'il entendait.

Elles émettaient une lumière bleutée. Ce qui le frappa était l'apparition qu'elle couronnait. De longs cheveux si blonds qu'ils semblaient d'un blanc irréel volaient gracieusement autour d'une jeune femme, agenouillée sur le sol. Il ne la voyait que de dos mais il la reconnut instantanément. Elle retourna son visage vers lui. Ce dernier si blanc presqu'opalescent ne faisait apparaitre qu'une expression de curiosité, ses grands yeux bleus le fixant. Il se figea, quelque chose le troublait et il n'aurait su dire quoi. Il la dévisagea silencieusement pendant quelques instants, quand il se frappa mentalement. Il fit un pas vers elle, fermant la porte derrière lui, voulant en découdre, savoir ce qu'il en était vraiment de cette fille. Mais même ce pas qu'il fit était incertain, il se sentait anormalement pas lui, trop lourd, comme si tout ce qui l'entourait risquait de s'évaporer d'un instant à l'autre. Ce devait être elle qui créait cette étrange atmosphère.

- Es tu un fantôme Luna Lovegood ? l'interrogea-t-il.

Elle esquissa un léger sourire qui intrigua un peu plus le jeune homme.

- Ne nous sommes tous pas un au fond ? lui demanda-t-elle réthoriquement à son tour de sa voix chantonnante, visiblement amusée.

Il avança alors encore vers elle, la lumière bleutée commença à l'éclairer également lui donnant à son tour cet aspect spectral.

- Toi non plus, tu n'arrives pas à dormir ? lui demanda-t-elle en se levant pour lui faire face.

Elle avait toujours cet air innocent sur le visage, elle était bien la seule à le regarder de cette façon, elle ressemblait à un ange. Tom réfléchissait : si elle lui posait une telle question, c'est qu'elle était capable de sommeil, puis il l'avait heurtée la dernière fois, donc non, elle n'était pas un fantôme.

- Même si je ne suis pas sûre d'être réveillée, rajouta-t-elle face à son silence en regardant un point derrière lui, absente, mais en fait elle ne regardait rien.

Ce regard également, il l'avait rarement vu, seulement chez les fous qui ne voyaient plus rien de la réalité, seulement leur propre monde intérieur. Ce qu'elle venait de dire faisait sens néanmoins. Il y avait de fortes probabilités qu'il soit dans un songe. En effet, depuis qu'il parcourait le château à la recherche de ce son entêtant, il se sentait de plus en plus lourd, et ici, la réalité semblait fausse. De plus, comment expliquer, que, si loin de son dortoir, il avait entendu avec autant de clarté un si léger tintement ?

- Je pense que tu as raison, ceci n'est qu'un songe, lui dit-il en croisant ses mains dans le dos, comme il avait habitude de faire ; de façon trop cérémoniale.

Elle le regarda avec insistance, toujours avec ce léger sourire aux lèvres, ce qui le perturba une fois de plus. Personne, hormis ses professeurs, n'osaient le scruter de la sorte. Il leva le menton, hautain, la scrutant à son tour, les yeux plissés. Pour une fois, Tom Jedusor n'était pas en colère qu'une personne lui manque de respect ou de déférence, peut-être était-ce dû au fait, qu'il ne pouvait pas en vouloir à un rêve, et encore moins à une fille étrange.

- On a de la chance, reprit-elle, les stelliciums sont venus nous éclairer, ce sont des bestioles très rares tu sais ?

Il regarda les lucioles de plus près, il en avait jamais vu de cette espèce, appartenant pour sûr au monde magique. Mais il ne s'en émouvait pas pour autant, rien de tout ceci n'était réel.

- Elles ne viennent que pour éclairer ceux qui sont perdus, rajouta-t-elle.

Il reposa son regard sur elle, la colère revenant à grand pas.

- Je ne suis pas perdu, je sais exactement où je vais, dit-il sèchement.

Aussitôt, il se trouva ridicule de s'énerver contre son inconscient.

- Moi je suis souvent perdue, dit-elle comme si elle n'avait pas remarqué son moment de brusque colère, tout en essayant de caresser une luciole qui vint se promener sur sa main tout aussi diaphane que son visage.

- Pourquoi ? Lui demanda-t-il.

D'ordinaire, le jeune sorcier ne s'intéressait pas aux autres mais il avait envie de savoir ce qui causait chez elle ce sentiment de perdition. Elle le regarda à nouveau, aucune expression n'habillait son pâle visage.

- Je ne comprends pas bien les autres. Non, en fait, je ne comprends pas bien mon sentiment de solitude.

Tom contracta sa mâchoire sans la lâcher des yeux. Il connaissait très bien le sentiment de solitude qui l'étreignait depuis sa naissance. Il avait vécu sans famille, se sentant anormalement puissant en comparaison des enfants de son orphelinat. Et même arrivé à Poudlard, il n'avait jamais réussi à trouver un intérêt aux autres. Lorsqu'il découvrit, il y avait deux ans, que c'était son père qui était un moldu et non sa mère, un étau froid s'était refermé sur son coeur. Il l'avait abandonné parce que sorcière, le condamnant pour toujours à cette indiscible tare qui le constituait : l'incapacité d'aimer les autres. Très vite, il avait fait de son sentiment de solitude une force, refusant par tous les biais d'être faible.

- Glorifie ta solitude, lui dit-il presque son un ton consolateur qu'il n'avait jamais entendu sortir de sa bouche.

- Comment t'appelles-tu ? Lui demmanda-t-elle du tac au tac comme si elle n'avait pas entendu sa phrase.

- Tom.

Subitement, elle regarda la porte derrière eux de ses grands yeux. Il se retourna à son tour, supposant qu'elle avait entendu quelque chose mais il ne distingua aucun son. Au bout de quelques secondes, elle se détendit.

- Je vais devoir y aller, Tom, tu devrais faire de même si tu ne veux pas faire perdre de points à ta maison. J'ai été très contente de te parler cette nuit.

Puis elle s'en alla d'un pas léger, s'assombrissant tandis qu'elle s'éloignait des lucioles, ouvrit la porte et disparut. Il resta là quelques instants à regarder les bestioles illuminer virevolter doucement.

- Hey ! Voldemort ! Réveille-toi.

Il ouvrit difficilement les yeux, n'aspirant qu'à dormir un peu plus, le sommeil l'avalait tout entier et il était un ennemi terrassé sur ce terrain là. Il distingua Isaak au-dessus de lui.

- C'est le grand jour ! Rajouta le jeune homme d'un ton surexcité.

Aujourd'hui était le jour où Poudlard accueillait deux autres grandes écoles magiques dans le cadre de la coupe des trois sorciers : Durmstrang de Bulgarie et Ilvermorny des Etats-Unis. Si tous les élèves étaient excités par l'arrivée de nouvelles personnes dans leur quotidien, Tom lui était impatient pour une toute autre raison. Il y voyait l'occasion rêvée de se faire de précieux contact outre l'Angleterre pour son avenir en tant que leader de la magie. Il ne fallait négliger aucun soutien possible. Il en espérait plus de Durmstrang que d'Ilvermorny, mais qui savait ?

Il se leva sans rien laisser paraître de sa fatigue immense, comme s'il avait peu dormi réellement la nuit d'avant.

- C'est quoi ça ? Questionna Isaak en tendant la main vers le rideau de son lit.

Tom reconnut une des étranges lucioles qu'il avait vu cette nuit auprès de Luna.