Merci à 1 et Lys de Pandore pour les reviews et le message privé pour cette dernière.
Vous imaginez pas comme ça me fait plaisir.
Désolée du retard, je sais, j'ai dit tous les dimanches soirs, mais j'étais en week-end sans internet ni rien. Donc le voilà pour le lundi soir. J'espère que ça va vous plaire, retour dans le présent, avec un rapprochement à la fin du chapitre de nos deux personnages. Enjoy ;) Avant que l'on reparte, dimanche, sur un chapitre dans le passé, expliquant l'attachement de Voldemort/Tom pour notre Luna.
Petite précision : dans ma fanfic, Voldemort n'aura pas tenté de tuer Harry une fois que sa mère s'est sacrifié, ce qui fait qu'il est resté vivant tout le long et aura donc une histoire différente.
CHAPITRE 4
Le présent
Cela faisait deux jours qu'il l'avait enlevée à sa vie, à son père, à son futur. Depuis son arrivée, elle ne l'avait pas revue. Elle était cloîtrée dans une grande maison au bord d'une falaise. Au pied de cette dernière reposait une belle plage au sable blanc et fin, mais Luna n'avait pas le droit d'y aller, bien que l'endroit appartenait à la demeure. Un lourd sort gardait le lieu, empêchant la jeune femme de s'enfuir ou de transplaner. Elle était gardée par deux hommes, deux mangemorts qu'elle ne connaissait pas.
Le premier était un homme blanc d'une quarantaine d'année, se nommant Carry. Il avait l'air féroce sous ses airs de gendre idéal. Il lui parlait sèchement, la suivait à chacun de ses déplacements et lorsqu'elle était dans la salle de bain, il attendait patiemment derrière la porte. L'autre était plus jeune et arborait une cicatrice défigurant la partie gauche de son visage. Il ressemblait à un véritable tueur à gage et elle ressentait la froideur de son âme à chaque fois qu'il était dans les parages. Il surveillait avant tout la maison, mais lorsque Carry n'était pas à ses bottes, il reprenait la relève de son étroite tutelle. Il la regardait étrangement à chaque fois qu'elle passait devant lui, un mélange de lubricité et de haine non voilée. Luna lisant facilement dans les gens comprit qu'il détestait les femmes et devait être violent à leur égard. C'est par conséquent en toute logique que ce soit Carry qui la surveille. Ce dernier ne se permettait pas de la regarder ainsi, la considérant comme une simple gamine. Il avait néanmoins saisi l'importance de la blonde pour son maître.
Les deux mangemorts ne s'appréciaient pas et Carry avait mis en garde la jeune sorcière à son arrivée :
- Ne t'approche pas de Demiev, c'est un conseil d'ami.
Elle ne l'avait pas pris comme une menace et effectivement, ce n'en n'était pas une.
Peu après son arrivée, la plupart de ses affaires qui étaient chez son père avait été transplané jusqu'ici. Il ne lui manquait rien, pas même son tricot. Après avoir visité d'un air rêveur la maison, elle passait le plus clair de son temps dans sa grande chambre au style campagnard et dans les tons blancs et beiges. Elle lisait près de la grande fenêtre, sur laquelle une banquette blanche était nichée, donnant à l'endroit des airs d'alcôve. Elle contemplait les mouettes à travers la vitre et la mer descendre et monter tranquillement, une pointe de mélancolie sur son visage éthéré. Son père lui manquait et elle s'inquiétait pour lui, il devait être dans un profond désespoir.
Elle regrettait de ne pas lui avoir tout expliquer sur sa rencontre avec le jeune Tom Jedusor, ainsi peut-être aurait-il été rassuré. Mais le pouvait-on réellement lorsque c'était un puissant et violent sorcier qui vous réclamait tel un dû ? Lorsqu'elle avait plongé sa main dans la sienne pour qu'il puisse l'emmener, elle avait ressenti malgré elle, les picotements, les mêmes que son jeune lui faisait éprouver. Elle regardait leur main jointe avec interrogation, voulant prendre l'ampleur de ce qu'il se passait encore entre eux, cette connexion qui visiblement n'était pas morte. Mais elle n'avait eu le temps car d'un geste brutal, il l'avait collé à lui et son cœur avait loupé un battement.
Ils avaient transplané dans le hall de la maison et s'était quelque peu détaché d'elle, non sans libérer sa main :
- Tu ne peux t'enfuir ou transplaner, mais n'essaie même pas, tu ne veux mettre ton père en péril, je le sais, lui avait-il dit cruellement avant de disparaitre aussitôt.
Ce qui la taraudait davantage était de ne pas savoir ce qu'il se passait au-dehors. Que devenaient ses amis ? Que devenait son père et la maison ? Que se passait-il dans le monde des sorciers ? Quels étaient les coups de Voldemort pour décrocher le pouvoir ? Qui avaient trépassé et qui avaient survécu ? Elle essayé d'interroger Carry qui ne lui répondait que par une grimace ou lui intimait de se taire.
Ce nuit-là, après avoir regardé le coucher de soleil rougeâtre, son livre à la main, elle s'était endormie dans ses draps frais, son geôlier veillant derrière la porte entrouverte.
Il transplana jusqu'à la maison, impatient comme jamais de pouvoir enfin la revoir. Ne pas pouvoir être près d'elle alors qu'elle était toute disposée à lui, enfin, lui demandait beaucoup d'obstination. Trentre ans d'attente. Trente ans à l'attendre, à attendre qu'elle le connaisse enfin, qu'elle vive enfin cette année de leur rencontre, trente ans de manque. Il avait suivi à distance sa naissance et sa vie jusqu'à ses 17 ans. Il avait vu le défier, défier ses hommes, notamment dans le département des mystères lorsque Potter avait couru dans son piège, pensant son parrain en danger. Il avait donné ordre à ses mangemorts de laisser le garçon et Luna vivante, le premier qu'il la blesserait se verrait sévèrement puni. Elle en était sortie indemne, mais n'avait pas laisser indemne certains de ses hommes, dont Dolohov qui avait été blessé par elle. Malgré la colère qu'elle eut osé se retourner contre lui, il n'avait pu s'empêcher de ressentir une fierté certaine. Après tout, elle n'était qu'une gamine et Dolohov l'un de ses meilleurs et dangereux guerriers.
A peine transplané, Demiev lui tomba dessus. Voldemort l'exécrait, il était à ses yeux qu'une simple ordure, mais il savait qu'il était excellent. Il n'y avait pas mieux que lui pour tenir cette maison dans le cas où celle-ci serait attaqué. Après, il ne se leurrait pas, c'était un violeur, une brute et c'est là qu'entrait en jeu son choix de Carry pour la surveillance de sa fée. Mais Demiev ne lui aurait pas fait cet affront. Néanmoins, qui sait ? Pour l'heure, il n'avait que lui sous la main. La période était mal choisie, il mettait tous ses pions en place afin de prendre l'Angleterre sous sa coupe, sous peu il aurait le pouvoir, mais cela demandait des hommes et de l'organisation.
- Maître, bienvenue, tout s'est passé sans accro, rien à déplorer, RAS, dit le russe un tantinet obséquieux, mais surtout hargneux.
Il le fit taire d'un geste de la main.
- Monte la garde, laisse-moi, lui dit-il menaçant.
Voldemort a autre chose à faire, autre chose à penser. Plus pressant, plus intéressant, plus palpitant. Et l'objet de son excitation est là-haut, sûrement en train de dormir, après tout il est deux heures du matin. Il monte avec une patience calculée les escaliers, sa main caressant la rambarde en bois. Il essaie de retenir sa joie au fond de lui, cette même joie qui comprime quelque chose dans sa poitrine, l'empêche de respirer normalement. Il voit Carry devant la porte, il vient de se lever à sa vue, le salue cérémonieusement.
- Maître, chuchote-t-il en se prosternant devant lui. Elle dort et n'a pas cherché à s'enfuir. Elle a néanmoins plusieurs fois quémandé d'aller sur la plage. C'est tout.
Il ne lui lance pas même un regard, obnubilé par cette porte en bois blanche entrouverte. Il l'imagine déjà, profondément endormie dans son lit, ses cheveux longs étalées autour de son visage, un vêtement léger couvrant sa nudité en ses temps de moiteur. Il plante Carry là, ouvre la porte doucement, imperceptiblement, pénètre avec légèreté dans la chambre. La pièce est dans la pénombre et il remercie le fait de voir dans le noir, sa vision devenant grise. Elle est comme convenue endormie, il ne l'entend même pas respirer. Elle porte une légère robe de nuit, quelque peu décolletée, les draps repoussés entre ses jambes repliés. Sa bouche est légèrement entrouverte, une main posée sur sa joue. Une mèche de cheveux barrent délicieusement son visage. Il s'approche d'elle toujours avec cette lenteur et cette légèreté, ne souhaitant pas la réveiller avant de pouvoir la toucher, l'avoir dans ses bras.
Près d'elle désormais, il se penche, approchant son visage de sa peau, il veut la sentir, s'imbiber de son odeur dont il ne se lasse pas. Elle a toujours senti la mer et la prairie, c'est pour cela qu'il l'a voulu ici. Cet endroit lui ressemble. Il a envie de toucher sa peau, irrémédiablement, violemment même. Il grimace, se retenant, mais elle ouvre ses grands yeux, le regarde fixement. Elle sent sa puissance s'échouer contre sa peau, son aura se mélanger à la sienne dans un combat silencieux. Le voyant penché sur elle, elle cesse malgré elle de respirer. Elle l'observe l'observer. Elle est prête à se relever, il l'en empêche d'une simple phrase :
- Ne bouge pas Luna, lui ordonne-t-il en chuchotant, implacable.
Elle reste inerte dans cette position inconfortable. Il s'assied au bord de son lit, elle sent le matelas s'enfoncer, ses jambes tombent de quelques centimètres et les genoux de la jeune femme finisse leur course sur le dos du mage noir. Elle n'a pas pu les retenir, Luna ne pense pas à contrôler son corps comme le font les autres. Il regarde ses jambes fautives qui le touchent, examine ses deux genoux parfaits, sa peau blanche, remonte sur ses cuisses, sa robe de chambre ne cachant que sa culotte. Elle le regarde fixement, il sait qu'elle voit assez bien la nuit, pas autant que lui mais suffisamment pour qu'elle puisse voir chacun de ses traits. Elle est sur le point de dire quelque chose, il l'entend aspirer de l'air plus fortement mais rien ne sort, seulement un souffle. Il s'arrache de la vision de sa féminité pour plonger dans ses beaux yeux bleus lunaires. Elle semble toujours aussi détachée de tout ce qui lui arrive, d'ailleurs, elle ne semble pas remarquer le désir qu'elle éveille en lui, ou feint de ne pas le voir.
Ce qu'il remarque et le dérange est cette pointe de crainte dans ses yeux. Il ne lui avait jamais vu lorsqu'il était étudiant. Il avait vu bien des choses sur son visage, dont la colère une fois mais jamais de crainte. Il sait qu'un monde les sépare et cela lui fait monter une colère sombre et noire qui palpite dans ses veines. Subitement, il attrape son bras, la force à s'allonger sur le dos, se penche vers elle, respirant avec difficulté. Elle plonge ses yeux dans les siens sans commune mesure, davantage écarquillés sous l'effroi de son geste abrupte, il l'entend respirer maintenant. Un souffle court mais son visage ne trahit aucun émoi.
- Sommes-nous condamner à ne jamais être d'accord, Luna ?
Elle balaie son visage de ses pupilles, aspire à nouveau de l'air, va-t-elle enfin chantonner pour lui ?
- Pas sur tout, non.
Sa voix est endormie, faible, à mille lieux d'ici. Un délice pour les oreilles de l'homme. Elle semble si fragile... Il remonte sa main posée sur son bras, caressant sa peau diaphane, passe par son épaule, sa nuque, pour enfin lui caresser la joue. Il trésaille sous ce contact, se sentant une fois de plus électrisé. Elle a la chair de poule mais surtout se contracte, imperceptiblement mais tout de même. Il le sent.
- Fut une époque, chuchote-t-il sur un ton étrange laissant deviner une pointe de perdition, où tu réagissais plutôt favorablement à mes touchers... Touche-moi, lui ordonne-t-il sèchement.
Elle lève une main vers lui, la pose sur son épaule, avant de la retirer pour la poser à son tour sur son visage, le caressant du bout des doigts comme pour examiner chaque ridule, chaque renfoncement, chaque grain...
- C'est que tu as tellement changé, dit-elle de son ton absent, les yeux toujours attentif à son examen.
- Je sais, lâche-t-il dans un souffle, tandis qu'il fermait les yeux pour mieux s'imprégner de la tendresse de la jeune femme pour lui.
- Il s'est passé tant de choses pour toi depuis.
Elle avait gardé son ton habituel, n'y mettant aucune intention de reproche pourtant cette remarque fit monter à nouveau la colère en lui, impitoyable. Il lui prit alors les poignets afin de les plaquer violemment sur le matelas, près de sa tête, se penchant un peu plus sur elle. Il sait qu'il serre trop fort et qu'elle en souffre, mais lui faire mal est son unique façon d'expier toute sa frustration pour l'heure.
- Et alors ? Éructe-t-il. Tu étais déjà là auparavant alors que tu le savais déjà que je n'étais pas à l'époque un enfant de chœur ! Et aujourd'hui cela deviendrait une raison de te détourner de moi ?
Elle dit non de la tête. Il n'arrive pas à deviner ce qu'elle pense réellement et cela le rend fou.
Il lance alors un sort informulé et entre dans sa tête sans plus de ménagements. Il voit sa solitude, sa tristesse, l'inquiétude pour son père mais déjà elle le chasse. Il sert un peu plus fort la prise sur ses poignets, penchant plus son corps sur le sien pour empêcher toute tentative de fuite. Il revoit alors la scène lorsqu'il était venu la chercher mais il n'arrive pas à décrypter ses pensées. Luna est si exceptionnelle dans sa façon de fonctionner que même lire dans sa tête pour retirer ses profondes pensées peut être infructueux. Elle prononce alors un léger "Tom" comme au bord du gouffre, il sort de sa tête et admire ses yeux devenus opaques à cause des souvenirs intensément et douloureusement revécu. Mais cela ne dure pas, déjà elle le regarde, toujours avec cette pointe d'effroi.
- Répond ! Dit-il en la relevant de force, l'asseyant sur son séant, la cognant contre son torse, telle une vulgaire poupée de chiffon. Est-ce une raison pour renoncer à moi alors que ce n'en était pas une il y a peine un mois pour toi ?
- Je... commence-t-elle de sa voix enfantine.
Mais il ne lui laisse pas le temps de terminer sa phrase.
- Me trouves-tu trop vieux désormais ? Lui demande-t-il sur un ton plus doux, après tout, bien qu'il se ressemble, il a beaucoup changé.
Elle hoche vivement de la tête pour lui signifier que non, le regardant intensément. Cela lui tire un rictus qui essaie de comprimer.
- Embrasse-moi alors.
Il lui tient toujours les poignets, il sent le bout de ses seins contre son torse, son souffle dans le creux de son cou.
- Pas comme ça, dit-elle de sa petite voix murmurante, un sourcil levé.
Il sourit alors, il la reconnait bien ici. Si délicate, si sensible. Cela lui avait tellement manqué, il prend la mesure du trou qu'elle avait laissé dans sa vie, lorsqu'elle avait disparu subitement de Poudlard. Il relâche alors l'étau de ses mains sur ses poignets. Il caresse ses bras, pose une main dans son dos pour la basculer de quelques centimètres avant de se pencher très près de ses lèvres. Elle lâche un souffle surprise.
- Comme ça alors ? Lui susurre-t-il avant de poser ses lèvres sur les siennes ressentant à nouveau la chaleur monter dans son corps. Il malaxe doucement ses lèvres avant d'introduire sa langue. Sentir à nouveau son goût. Elle ne répond pas entièrement au baiser mais son corps répond à sa place. Les yeux fermés, elle laisse sa langue jouer avec la sienne, elle le laisse sans résistance approfondir ce baiser évaluant les sensations que cela lui confère. Malgré le froid qui s'instille en elle, elle reconnaît sa bouche, sa saveur, sa langue volontaire, les picotements sur sa peau et son bas-ventre. Elle reconnaît tout cela et sait pertinemment que le désir n'est pas mort.
Elle se sent atrocement faible, ces retrouvailles l'épuisent, il demande beaucoup d'elle alors qu'elle ne sait absolument pas quoi penser. Pantelante, dans ses bras, elle le laisse alors faire, le laisse s'emparer de sa bouche, laisse leurs corps commencer à réagir. Lorsqu'il se retire enfin, elle a les bras ballants, la tête basculée, la bouche entrouverte, les yeux fermés, elle reprend sa respiration. Il la trouve si belle, si désirable qu'il se retient de ne pas arracher sa stupide robe de nuit blanche. Ce baiser le rend flamme, brasier de l'enfer. Il sent son cœur battre à tout rompre contre sa poitrine, jamais rien ne lui fait tant d'émotions. Il a l'impression d'être dans une montagne russe de sentiments en tout genre. Il se sent perdu, ivre même. C'est tout cela que lui fait ressentir Luna. Rien n'a changé décidément. Rien. Elle tremble dans ses bras, semble exténuée, à bout. Il se reprend alors, la pose délicatement sur le matelas, la recouvre avant de partir.
