Tel quel, merci pour ta review :) Trop contente que mon histoire te plaise et que tu as lu d'un trait.
En espérant que ce chapitre vous plaise à tous :) Merci à tous ceux qui lisent cette histoire, ça me touche !
On y voit ce que Luna provoque chez le Tom jeune et ça c'est cool :)
Le passé
Des semaines passèrent sans qu'il ne rencontra plus Luna Lovegood fortuitement. Il était fort occupé entre ses études scolaires, personnels et les liens qu'il tissait avec Durmstrang, mais également à sa plus grande surprise, avec quelques élèves d'Ilvermony qui se sentait proche de sa cause.
Malgré tout, il se surprenait parfois à penser subrepticement à la serdaigle lunaire et à leur rencontre tout autant abracadabrantesque qu'elle. Quand ces pensées survenaient, il levait la tête pour vérifier qu'elle n'était pas là. Mais non, aucune chevelure blonde lui éblouissait les rétines.
Comme il s'en était douté lorsqu'elle eut disparu à la bibliothèque, le charme avait été rompu, trop de risques inhérents quant à la nature de ces entrevues. On ne pouvait changer la courbe de l'espace-temps à sa guise et quand ils avaient saisi ce qu'il se produisait, la force qui les avait réuni avait procédé à la fin de tout échange pour éviter un quelconque risque de brisure d'événements liés au futur.
Il était déçu, terriblement déçu même s'il n'en montrait rien. Elle aurait tellement pu lui servir... Il essayait d'ailleurs d'oublier ce qu'il avait ressenti lorsqu'elle avait disparu cinq semaines plus tôt. Sur le moment, c'était également elle qu'il avait peur de ne jamais revoir. Mais il trouvait ce genre de pensée stupide et digne d'un être faible. Peu importait comme il la trouvait rafraîchissante dans son petit univers fait d'études et de stratagèmes pour mener à bien son combat, il n'y avait nulle place pour ces considérations dans sa vie.
Alors, il s'était convaincu que ce n'était ce qu'elle représentait pour son avenir qui l'avait contrarié dans son départ. Elle n'était que la clef de son futur à peine effleuré que déjà disparu. C'était un cadeau bien trop beau, bien trop grand.
Il avait d'ailleurs effectué des recherches et les sauts dans l'espace-temps étaient extrêmement rares et ne pouvaient jamais remonté à plusieurs longues années. Pourtant, elle disait qu'il faisait très vieille mode, on ne disait cela que de choses éloignées dans le temps... En tout cas, il n'avait pu approfondir cette recherche-là, il était trop occupé, alors il avait clos le dossier, ne s'attendant plus jamais à la revoir. D'ailleurs, peut-être n'avait-elle été qu'un mirage de son cerveau surmené...
Ce soir-là, il était dans l'une des trois salles communes aux quatre maisons du château. Il venait d'y avoir, plus tôt dans l'après-midi, un match de Quidditch – Poufsouffle VS Serpentard – et sa maison l'avait remportée. C'était l'effervescence dans la salle commune des verts et argents, et il n'avait aucune envie de participer aux festivités.
Il n'y avait personne sauf quelques élèves, éparses, qui passaient bruyamment dans le couloir attenant, puisque la pièce n'était pas clôturée par quatre murs, mais l'un d'entre eux était percé d'arches donnant sur l'extérieur.
Il réfléchissait à ce qu'il devrait faire pendant les vacances de Noël : fréquenter une sorcière si riche que c'en devenait ridicule, une sorcière aux sordides passions de moldus. Tout cela pour récupérer la coupe de Poufsouffle.
Il était renversé sur le canapé, deux doigts sur ses yeux, un début de migraine l'empêchait d'effectuer toute autre activité réflexive intense. Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir et à son plus grand malheur, une personne entra dans la salle commune.
Il ouvrit légèrement les yeux pour connaître l'intrus qui troublait sa quiétude et lui ordonner de sa froideur menaçante habituelle de déguerpir sous peine de le regretter. Mais au lieu de quoi, il fronça des sourcils et reprit une position assise plus convenable.
- Luna ? Demanda-t-il, sa voix trahissant la surprise.
Une jeune femme aux longs cheveux d'un blond irréel était accroupie au sol et regardait consciencieusement sous l'un des fauteuils. Il était circonspect, peut-être après tout n'était-ce pas elle, bien que personne dans le château n'avait ce genre de chevelure mais il n'y croyait plus. La jeune femme, entendant le serpentard, releva sa tête vers lui, le regardant avec des yeux de chouette tout en restant à terre. A cette vision, il eut une réaction que le surprit lui-même : il se mit à sourire de contentement.
- Tom, dit-elle sans esquisser le moindre mouvement, elle semblait aussi surprise que lui.
Il se leva pour s'approcher d'elle, ses lèvres esquissant toujours ce sourire ravi.
- Je ne pensais pas te revoir un jour, commença-t-il prudent, choisissant ses mots avec soin afin de ne pas contrarier le sort qui les avait à nouveau réuni dans la même réalité. Je crois, qu'il serait plus vigilant et d'une nature avisée, qu'à l'avenir je ne te questionne plus et que toi tu fasses peu référence au temps duquel tu viens si tu ne veux pas disparaître à nouveau.
Elle le regardait toujours avec ses yeux ronds, aucune expression ne balayait son visage. Il se demandait à quoi pouvait-elle bien penser ? Puis, l'agacement échoua en lui de la voir dans cette position. Il l'interrogea :
- Mais que fais-tu par terre à regarder sous les meubles ?
Sa voix s'était faite plus dure, les intonations davantage impérieuse mais comme ce qui devenait une habitude, cela ne semblait n'avoir que peu d'effets sur la serdaigle.
- Je cherche mes affaires, répondit-elle avec simplicité. Des élèves m'ont fait une farce et les ont caché quelque part. Seulement, j'ai ai besoin.
Il fut surpris que sa voix ne fut empreinte d'aucune colère contre ses « farceurs ». Elle ne paraissait pas avoir compris que la farce n'en était pas une et à ses dépends qui plus est. A la voir au sol chercher comme une vulgaire mendiante ses propres possessions, l'agacement crût davantage et la colère s'empara de lui.
- Cesse donc d'examiner le sol comme ça, lui ordonna-t-il intraitable en lui tendant une main. Ne t'avilis pas volontairement, ne leur fait pas cet honneur.
Elle le regarda étonnée mais posa tout de même sa main dans la sienne. Elle était gelée mais ce qui le frappa était le fragile de sa peau. Si blanche, si légère, si fine qu'elle en était translucide et d'une douceur indescriptible comme si enfonçait ses doigts dans du beurre. Il observa sa main interdit tout en ne la relâchant pas, perturbé par ce touché mais elle était déjà debout et il n'eut d'autre choix que de lui rendre sa liberté.
- Tu ne voix donc pas que ceux qui t'ont fait cela se jouent de toi de façon malveillante ? Lui demanda-t-il sans détour et avec incompréhension car il ne supportait pas que les gens puisse seulement même à penser à avoir du pouvoir sur lui.
Il vit alors qu'elle portait des petits radis en guise de boucles d'oreilles. A moins que c'était la mode dans son temps – ce dont il doutait sérieusement car Luna n'était pas du genre à suivre une quelconque mode mais davantage un mode de vie qui lui était propre – il ne s'étonna guère que certains profitaient de son caractère pour la moquer. Les personnes quelque peu différentes des autres ne subissaient que brimades et rejets. Elle le fixait avec une moue d'incompréhension sur le visage.
- Qui voudrait être malveillante avec moi ? Il n'y a là aucun intérêt, dit-elle naïvement de sa petite voix au timbre enfantin.
Il leva les yeux au ciel avant de se masser les tempes, sa migraine gagnait du terrain.
- On ne cache pas les affaires des autres quand on est serviable. C'est un acte malveillante, du bizutage si tu préfères, expliqua-t-il mollement hargneux, en se rasseyant lourdement sur le canapé qu'il avait quitté quelques instants plus tôt. Je ne comprends pas que je doive t'expliquer cela !
Mais pourquoi était-elle si gentille et si complaisante ? Le monde ce n'était pas ça. Même dans le futur, il en était certain, il en allait ainsi de la nature humaine. D'ailleurs, pourquoi prenait-il la peine de lui expliquer cela ? Pourquoi lui, se montrait si complaisant à son égard ? Après tout, à la vue de sa chevelure, il avait réfléchi en un millième de secondes et avait même abandonné l'idée ne serait-ce que tirer la moindre petite bribe d'informations du futur via une conversation détournée avec elle. Il sentait comme une force interdire cela. Alors pourquoi lui parler ainsi ? Mais la voir si douce, si frêle au milieu d'un monde de requins et de jeu de force lui avait délié la langue, comme s'il voulait l'aider, lui qui n'aidait que lui-même et ne rendait que des services intéressés. Elle s'assit à ses côtés.
- Tu souffres de la tête ?
Il la regarda, les traits tirés avant de répondre à l'affirmative par une moue qu'il espérait claire. Elle fouilla dans sa poche et en retira un morceau de papier qu'elle déplia soigneusement.
- Tiens, c'est de la Grande Camomille, annonça-t-elle avec fierté. Elle dilate les vaisseaux sanguins et soulage les migraines.
Il regarda le contenu perplexe. C'était des fleurs séchés qui ressemblaient effectivement à des camomilles. Il fut pris d'un doute affreux. Et si elle avait été envoyé du futur pour le tuer, le tuer avant qu'ils ne puisse commettre ses méfaits ? Il trouvait cette idée capillotracté, digne d'un mauvais livre de polar magique mais tout était plausible après tout, n'était-elle pas devant lui en ce moment même ?
Elle prit une des fleurs séchées et la mit dans sa bouche avant de l'avaler, comme si elle avait lu ses doutes dans son esprit et cherchait à le rassurer.
- J'en ai toujours un peu sur moi, c'était ma mère qui m'en avais parlé quand j'étais petite, je n'aime pas avoir mal à la tête.
- Tu es sujette au migraine ? Se renseigna-t-il.
- Non, dit-elle avec hardiesse.
Il ne sut pas très bien pourquoi il réagit ainsi, peut-être que sa présence adoucissait son caractère mais face à l'absurdité de son raisonnement, il éclata de rire renversant son corps contre le dossier du canapé. Elle était si rafraîchissante !
- Tu n'en veux pas alors ? Quémanda-t-elle à nouveau, les yeux brillants de joie de l'avoir vu rire sans chercher pourtant à en y comprendre la raison pour autant. Comme si tout se suffisait à lui-même à travers les yeux de Luna.
- Si, dit-il en prenant quelques fleurs séchés entre ses doigts.
- N'en prends pas autant ! S'exclama-t-elle en fondant sur lui et lui arrachant presque des mains trois boutons de fleurs ne lui en laissant que deux dans sa paume. Ce fut alors la deuxième fois qu'ils se touchèrent et Tom, ne se scandalisa pas que quelqu'un se permettre un tel geste de familiarité – personne n'aurait jamais osé dans le château – et observa la douceur étrange de sa peau, tout autant venu d'ailleurs que son hôtesse. Elle était toujours froide. Mais elle s'était déjà retirée et rangeait avec précaution les plantes. Il les avala alors et tendit sa baguette sur elle.
- Tu es gelée, expliqua-t-il.
La seconde d'après, Luna sentit une chaleur se répandre le long de ses paumes remontant au fil de ses doigts. Et lui s'interrogea, perplexe, sur le geste qu'il venait d'effectuer. Pourquoi faisait-il tout cela ? Cela lui ressemblait bien peu. Elle palpa sa joue et eut un sourire joyeux constatant le feu de son touché.
- Merci Tom, déclara-t-elle avec une sincérité si intense qu'il en fut une fois de plus décontenancé.
Les gens ne se remerciaient la plupart du temps que de façon machinale. Les « mercis » sincères, qui venaient du fond du cœur, n'étaient que pour les services rendus exceptionnels. Pourtant, elle le remerciait comme s'il venait d'anéantir toux ceux qui lui menait la vie dure. Toujours aussi perplexe face à son propre comportement, cherchant une explication logique, il observa la jeune femme sous un jour nouveau.
Il examina attentivement son sourire, comme si s'affichait sous ses yeux un tableau à l'aspect rare et inédit. Il trouva son sourire charmant et la trouvait belle mais avec ses radis aux oreilles. Il lui arrivait parfois de trouver une fille jolie, esthétiquement certaines étaient parfaites dont une ou deux qu'il avait séduit à Poudlard. Mais chez Luna un feu intérieur, une grâce propre à elle exsudait et sublimait son physique harmonieux la rendant particulière, plus atypique que les autres belles filles. Il eut un petit rire nerveux quand il comprit qu'elle le charmait, d'où la cause de son propre comportement. Pourtant, il n'avait jamais été ainsi avec ses anciennes conquêtes.
- Tu sais, commença-t-elle le coupant dans sa réflexion, je ne suis pas stupide. C'est juste que je préfère voir le meilleur chez quelqu'un. D'ailleurs, ce n'est pas une préférence puisque je le fais sans y réfléchir, de façon naturelle. Je vois toujours ce qu'il se cache derrière un visage ou un sourire de façade. Derrières des actes dont toi tu ne vois que la malveillance, moi je vois ce qui motive ces comportements. Par exemple, je sais ce que sont deux filles de cinquième année de ma maison qui ont caché mes affaires. Il y en a une qui fait car elle déteste ma façon d'être qu'elle qualifie de « folle » selon ses dires car ça lui rappelle sa mère qui à cause d'une maladie mentale ne s'est jamais occupée d'elle. Elle est simplement triste, vois-tu ? J'ai essayé dans le passé de me montrer avenante avec elle pour réchauffer son cœur mais parfois les gens ne sont juste pas prêts. Et la seconde fille est sa meilleure amie qui souffre d'un sérieux complexe d'infériorité vis-à-vis d'elle alors elle fait tout ce qu'elle lui dit de faire même si elle ne me porte aucun grief.
Tu comprends pourquoi je ne peux avoir de ressentiment car en fait elles n'en ont pas vraiment après moi mais avec leur propre démon intérieur, comme chacun de nous.
Il était estomaqué. Il l'avait écouté débiter son discours, ahuri par l'intelligence de Luna. Elle n'avait pas été envoyé à Serdaigle pour rien ! Elle avait donc derrière ses allures d'égarement total et un intérêt de surface au monde qui l'entourait un sens d'observation vif et profond. Elle était maligne, très maligne, bien qu'il ne partageait pas ses opinions et ses conclusions. Elle faisait preuve de bien trop de sagesse bienveillante, ce qui ne pouvait conduire à rien de bon pour elle.
- Peut-être effectivement, qu'elles ont leur raison de se conduire ainsi, on a tous nos raisons. Pour autant, en attendant c'est toi qui paie et ça c'est injuste puisque tu ne leur as fait aucun tort, dit-il froidement.
- Oui, c'est injuste, c'est vrai, dit-elle de sa voix cristalline comme si elle parlait de la pluie et du beau temps. Mais ce genre de choses ne m'atteignent pas, jamais. Le plus difficile pour moi est la solitude que cela engendre.
Il la considéra quelques instants, il la croyait. Elle semblait pure de tout pensée nuisible et de toute trace de duplicité. Elle ressemblait, de par son aspect éthéré et lumineux et sa bonté sans faille, à un ange. Lui qui cernait rapidement les gens, il n'avait jamais connu une personne qui n'avait pas à cacher un morceau de noirceur dans son âme, une chose honteuse à ne jamais ouvrir sous les yeux des autres.
Elle était bien intrigante, elle apportait dans sa vie, avec sa grâce d'oiseau, de la lumière, accolant à chaque objet qu'elle regardait une légèreté qui n'existait pas auparavant. Elle lui fit un léger sourire, haussant les sourcils. Il se sentait incapable de lui faire le moindre mal, il y avait quelque chose à préserver chez elle et il ne voulait rien briser, comme si cela équivaudrait à un point de non-retour si extrême qu'il en serait maudit, comme si la salir apposait à celui qui oserait lui porter la main, le sceau d'une malédiction éternelle.
Il fallait dire que le caractère hautement improbable de ses venues accentuait ce trait de mystère qui l'enveloppait et décharnait définitivement en lui ce qui l'avait constitué jusqu'à présent : dureté et cruauté. De plus, il ne parvenait pas à détacher ses yeux de sa vision, comme s'il était le témoin privilégié d'une quelconque révélation céleste.
- Si ces deux filles étaient devant moi, je leur ferai passer l'envie de te nuire, déclara-t-il avec amertume, les yeux éclairée d'une sombre lueur assassine.
Elle pouffa de rire, éclatant ainsi la bulle de gravité qu'il venait de distiller dans l'air de sa menace. Oui c'était bien cela, elle chassait les ténèbres et de son touché enchantait ce qui l'entourait.
- Mais non, dit-elle simplement.
Puis elle disparut à nouveau, le laissant seul et interdit. A chaque fois qu'il la voyait, il avait la forte sensation d'avoir rêvé, comme si elle n'était que dans sa tête, une simple création qui réchauffait son âme meurtri par une cinglante solitude. Pourtant, il l'avait bien vu, il l'avait touché sans parlé de que son camarade qui l'avait également vu lorsqu'elle s'était cognée à lui dans les couloirs la première qu'ils s'étaient parlés.
Elle était, quelque part, irréelle, pas de son monde, pas de son époque. Peut-être était-ce pour cela qu'il se permettait un comportement humain avec elle... Elle semblait avoir craqué sa seconde peau afin de révéler ce qui considérait comme de la faiblesse : le meilleur de lui-même.
Il souffla, ne sachant comment réagir. Une partie de lui le tançait d'arrêter ce manège ridicule qui ne lui apporterait qu'amollissement de sa personne et a fortiori porterait préjudice à ses plans. Mais il se disait qu'après tout, hormis la détente qu'elle lui assenait et le plaisir qu'elle faisait couler en lui, quel mal pourrait-elle lui faire ?
Puis quand il lui parlait, il ne se sentait tout d'un coup plus seul, après tout elle aussi se sentait à l'écart du monde de par ce qu'elle était au plus profond d'elle, ce qui était son cas à lui aussi. Il lui faudrait arriver à convenir de rendez-vous avec elle, la voir plus régulièrement si cela était possible. De plus, il voulait vérifier qu'elle venait bien du futur. Son nom de famille était Lovegood, il n'avait qu'à retrouver ses ascendants et y déceler une ressemblance pour vérifier une bonne fois pour toute cette théorie qu'elle ne pouvait par elle-même affirmer.
