Nouveau chapitre : Petite note pour faire part des modifications physiques et psychologique des personnages, j'espère que cela ne gène pas et, si c'est le cas, je modifierai ^^
Chapitre 3 : Seconde chance
Une violente sensation de vertige la surprit, la réveillant en sursaut. Son rêve avait été des plus étranges. Elle s'était imaginée tomber dans un trou sans fin, entourée d'un voile blanc et oppressant.
Se redressant, la main sur le cœur, elle reprit doucement son souffle. Elle regarda furtivement son réveil – six heures cinquante-trois.
Soulagée, elle se recoucha sur le dos, tentant de se détendre. Elle contemplait le plafond, sa main toujours sur son cœur.
Elle pouvait voir sa chambre d'adolescente, deux murs violets et les autres noirs. Une décoration très sobre qui déplait à sa mère mais elle s'en fiche. C'est ce qu'elle aime, et elle ne donne aucune importance aux opinions des autres.
Sachant que dans huit minutes son réveil sonnera, elle décida que rester coucher ne servait à rien. Elle prit son téléphone et, plissant des yeux, regardait ses notifications.
Un mail frauduleux et des nouvelles publications sur Instagram. Rien de passionnant.
Elle leva les yeux au ciel. Une journée de plus au lycée, une journée routinière de plus. Vivre tous les jours la même journée était une véritable source d'angoisse.
Nous étions lundi – et elle savait déjà exactement comment cette journée allait finir.
Mais ce qu'elle hait plus que tout, est de partager le trois-quarts de ses cours avec des étudiants en art. Pourquoi mélanger les mathématiques à ces espèces de pseudo philosophe hippie ?
Résignée, et motivée à terminer ses études le plus rapidement possible, elle se leva.
Tombant face à mon miroir, elle se contempla. Longuement.
Bella étudiait les ondulations que prenaient ses cheveux brun foncé, presque noirs, tombant jusqu'au bas de son dos. Malgré une nuit agitée, ils restaient bien coiffés.
Le contraste de ses cheveux foncés avec ses yeux gris lui donnait une apparence froide naturelle. Avec des sourcils arqués, ses traits étaient durs.
Ses yeux en amande rencontrèrent le ciel. Seuls des cernes rouges étaient témoins de sa mauvaise nuit.
Je vais à l'école, je n'ai pas besoin d'être amicale avec qui que ce soit. Bon sang. J'y vais uniquement pour avoir mon diplôme, faire mon travail pour qu'enfin je puisse aller à l'université apprendre des choses vraiment utiles, se dit-elle, comme tous les matins.
Prenant un jean skinny noir et un pull rouge, elle partit en direction de la salle de bain. Elle aimait se maquiller, particulièrement mettre ce rouge à lèvre couleur sang. Elle était assez satisfaite d'avoir les lèvres en cœur si bien dessinées, la basse étant plus pleine que l'autre.
Sans perdre une seconde supplémentaire, elle descend vers la cuisine. La maison était grande, assez pour que son père médecin généraliste ait un cabinet à lui.
En bas des escaliers, elle atterrit dans le salon. Cheminée, grand piano noir, bibliothèque et tout le nécessaire. En face, se trouvait la salle à manger et enfin la cuisine, tout ouvert. Des grandes baies vitrées donnaient vue sur la plage.
Le luxe.
Elle remarque être bien trop matinale, étant seule au rez-de-chaussée. Elle en profita pour faire le petit déjeuner – pancakes, œuf au plat et jus d'orange frais.
Elle aimait cuisiner. Ça la mettait de bonne humeur, contrairement à conduire.
Et pourtant, depuis maintenant un an et demi, elle a sa petite Mercedes noire dans le garage.
7 heures 30 et elle entendit des bruits de pas empressés dans les escaliers. Son petit frère, s'empressait dans la cuisine, en retard.
« T'es à la bourre connard. »
Les grands yeux bleus de James se levèrent, presque paniqués, avant de soupirer.
« Tu te débrouille pour aller en cours, » finit-elle.
Tournant des talons, elle rejoignit sa salle de bain pour finir sa petite routine. Au moins, James pouvait profiter de ce que j'avais cuisiner, se dit-elle.
Vous souvenez-vous quand elle disait détester conduire ? Eh bien elle détestait encore plus conduire avec quelqu'un à ses côtés. Elle se dit que, bientôt, il aura lui aussi sa voiture.
Dix minutes plus tard, elle se retrouve sur le parking du lycée. Encore une journée de merde, bien chiante, l'attend. Elle me prépare psychologiquement en rejoignant Rosalie.
Son amie discutait en compagnie de quelques camarades, ses amis. Lorsque Rosalie vit son amie arrivée, elle se précipita vers elle afin de rejoindre leur salle de classe.
« Alors ? Toi et Emmett ? » demanda-t-elle à Rosalie, feignant la curiosité.
Elle savait, évidemment, exactement ce qu'il se passait. Elle voulait seulement en avoir le cœur net.
« Je n'y crois pas ! Tu as vu ce qu'on a fait à la soirée du nouvel an ? »
Elle secoua la tête, souhaitant avant tout connaitre son point de vue.
« Oh, vraiment ? » lui demanda Rosalie, aguicheuse.
« Ta gueule, » répliqua Bella gaiement.
Rosalie sourit, complice.
« Il m'a embrassée. On a passé le restant des vacances ensemble, c'était génial. »
Feignant l'indifférence, elle pouvait apercevoir le petit sourire de son amie, et ses yeux bleu ciel briller.
« Vous êtes en couple, alors ? »
Rosalie cacha son visage dans ses mains, tentant de dissimuler ses rougissements.
Un rire franc s'échappa de la fille aux yeux gris.
Les cours passaient lentement et sans grande surprise. La plupart de ses cours étaient envahis de garçons en sur ou sous poids, aux cheveux gras et rien d'autre que les jeux vidéo à la bouche. Elle était même étonnée d'y croiser de temps en temps des filles.
Les options mathématiques et scientifiques n'étaient pas les plus séduisantes, ni les plus abondantes, il faut le dire.
Elle aimait beaucoup la poésie, lire, apprendre de nouvelles choses mais ce n'était pas utile selon elle. Rien de tout cela apporte quelque chose de concret, personne ne gagne beaucoup d'argent en travaillant dans ces secteurs. Inutile et totalement débile, donc.
Et dire que son frère fait une option « dessin ». Jamais il ne deviendra un peintre connu, qu'il se mette le doigt dans l'œil, se dit-elle.
Plus tard, ce qu'elle voulait, était de gagner sa vie posément, être sa propre patronne et avoir personne pour lui donner des ordres ou lui dire quoi faire. Jamais elle ne pourrait survivre en tant qu'employée, l'idée même lui donne envie de vomir.
Sans surprise, tous les mecs de son option la trouvent « intimidante ».
Connards de geek.
Son dernier cours de la matinée était un cours obligatoire - histoire.
Ce n'était pas l'option qui la dérangeait le plus, elle gonflait sa culture générale après tout. Elle possède de grandes facilités pour ce cours, il ne me demande pas beaucoup d'efforts et c'est ce qui la dérange. Il n'y a pas ce challenge. Aucun intérêt, donc.
C'est avec indifférence qu'elle s'installa à une table près de la fenêtre. Habituellement, personne ne vient à ses côtés sauf pour ce cours. Elle partage sa paillasse avec un certain Edward. Mis à part pour des exercices en groupe, ils ne se sont jamais parlé.
Il est toujours calme, renfermé sur lui-même. Il ne l'a jamais regardé dans les yeux sans rougir stupidement.
Ils n'avaient jamais eu une véritable conversation, même lors de ces petits travaux. Elle lui avait toujours dit quoi faire et – oh miracle ! – il s'y est toujours exécuté.
Sans. Dire. Un. Mot.
C'est pourquoi lorsque le professeur leur demanda de réaliser un travail, qui comptera pour la moitié de la note finale, elle fut surprise d'entendre sa voix.
« Tu… Tu vas faire ce travail ? »
Elle leva un sourcil, rencontrant deux yeux verts fuyants.
« Il compte pour la moitié de la note, » répondit-elle, glaciale.
Les joues du garçon prirent une tinte rosée écœurante.
« Non, je sais, je veux dire… Tu veux le f-faire – seule ? »
« Oui, » répondit-elle rapidement.
Ils avaient le choix d'effectuer ce travail par deux ou seul et, comme personne ne suit son rythme de travail et qu'en plus elle est toujours la plus intelligente, elle préférait réaliser ses travaux elle-même. Bella ne laisse personne décider de son destin, elle ne pourrait en vouloir qu'à elle-même si elle échoue.
Ce qui ne lui arrive jamais, évidemment.
Après cette brève conversation, elle me leva et quitta la classe.
Elle avait faim, l'heure du déjeuner arrivait à point.
La cafétéria était pleine à craquer.
Sa place toujours disponible, elle ne perdit pas de temps avant de s'installer. Très vite, tout son groupe d'amis arriva et la conversation commença gaiement.
Ils parlaient de vacances, de la soirée du nouvel an, des potins…
Pourtant elle senti que quelque chose n'allait pas.
Elle ne pouvait dire exactement quel sentiment étrange elle ressentait, comme si elle avait oublié quelque chose. Un sentiment très familier et pourtant si frustrant.
Elle n'avait pas l'habitude de ressentir cette boule au fond de son estomac et pourtant, la chose oubliée l'angoissait. Avec un œil furtif, elle contempla la salle. Celle-ci était remplie, Bella pouvait reconnaitre certains visages, des personnes qui avaient cours avec elle, leurs amis – ces gens qu'elle croisait depuis des années.
Mais ce sentiment ne la perdit pas. Elle commençait vraiment à se sentir mal. Cette boule au fond de son être remontait doucement vers le haut de son estomac et l'envie de vomir lui prit d'un seul coup.
Sans perdre une seconde, ne prenant que son sac à dos, elle sortit en courant de la cafétéria, direction les toilettes. A son plus grand malheur, une file s'était formée devant les toilettes des filles.
Elle ne prit qu'une seconde à réfléchir, regardant l'entrée vide des toilettes des hommes.
Et puis merde, pensa-t-elle.
Elle ouvrit subitement la porte destinée aux hommes et s'engouffra dans une toilette, son déjeuner rapidement perdu.
Bella ne se sentais pas malade, ce matin. Elle se demandait ce qui a pu se passer. Peut-être que le pain n'était plus bon ? Le jambon ou le fromage pourri ?
Elle n'y croyait guère.
Vraiment étrange.
Une fois son estomac vide, elle s'assit dos à la porte. Fermant les yeux, elle frotta la sueur de son front avec les manches de son pull.
C'était tout juste. Encore un peu et je vomissais devant tout le monde.
Elle resta ainsi pendant quelques minutes lorsque sanglot étouffé se fit entendre.
Avais-je bien entendu ? Elle était confuse. Quelqu'un pleurait ? Dans les toilettes ? Pourquoi ?
Je n'avais entendu personne entrer, était-il déjà présent ?
Un deuxième sanglot étouffé apparu et elle sursauta. Oui, quelqu'un pleurait vraiment dans une toilette à côté.
Elle ne savait quoi faire, totalement perdue. Savait-il qu'une fille était là ? Depuis quand était-il là ?
Dois-je dire quelque chose ?
Après quelques secondes, un léger mais franc « Tout va bien ? » finit par franchir ses lèvres.
Elle n'avait clairement pas l'habitude de parler sentiments. Pleurer, c'est pour les faibles.
Les sanglots s'arrêtèrent et plus aucun son ne résonnait dans cette pièce.
Il commence à m'énerver, lui, pourquoi vient-il ici pour pleurer et ensuite ne pas répondre lorsqu'on lui parle ? Purée, c'est vraiment qu'une mauviette, qui que ce soit.
« Je sais que tu es là et je sais que tu pleures, » souffla-t-elle. « Rien ne sert de te cacher. »
Elle ouvrit la porte et sorti des toilettes pour se laver les mains et se rafraichir le visage. Elle prit une bouteille d'eau de son sac et bu un peu pour passer le mauvais gout.
« Je ne partirai pas, » fini-t-elle.
L'inconnu inspira. Elle pouvait entendre les soubresauts de sa voix lorsqu'il répondit enfin.
« Je vais rater anglais. »
Le choc l'envahit. Elle reconnut cette voix, une voix entendue pour la première fois il y a tout juste une heure.
Un doux ténor mielleux, appartenant à un brun aux yeux vert.
« Edward ? »
Elle voulait frapper à sa porte mais elle l'entendit la déverrouiller et en sortir. Il était grand, quinze bons centimètres en plus que son mètre 71. C'était bizarre de voir les yeux de ce garçon rougis sur une peau si pâle.
« Je suis désolé, je ne voulais pas… »
« Non, » le coupa-t-elle.
Je déteste encore plus les gens qui ne s'excusent pour rien.
« Pourquoi tu vas rater anglais ? »
Il soupira, plaçant sa main contre sa nuque.
« Je suis si nul ! Le travail demande beaucoup de temps et de préparation, et c'est un exposé oral et… et je n'ai pas le temps ! Je travaille pour me payer ces études à l'université, je suis déjà en train de rater ce cours, si je n'ai pas la moyenne je ne vais pas pouvoir entrer dans l'université que je veux et… »
« D'accord, j'ai compris, » le coupa-t-elle encore.
Ce mec est littéralement en train de s'arracher les cheveux.
« Fais-le avec moi, » enchaina-t-elle, haussant les épaules.
Ces mots sortirent trop rapidement de sa bouche, elle-même se surprit à lui proposer son aide. Ses yeux émeraudes s'agrandirent et ses tremblements s'arrêtèrent pendant une seconde.
« V-vraiment ? »
Ouais, Bella. Vraiment ?
« Tu devras suivre quelques règles. »
Il acquiesça vivement.
« Tu fais ce que je dis, je veux ta partie du travail à temps, je veux écrire le travail et je veux que tu t'occupes du Power Point pour la présentation, il devra me plaire. Aucun retard, aucune excuse, ne sera toléré. »
« D'accord. »
« Je veux que tu sois disponible à tout moment. »
« Sans soucis, juste je travaille… »
« Pas mon problème. Tu fais le taff que je te donne, c'est le deal. »
Elle sortit son téléphone et lui demanda d'y introduire son numéro. Il s'y exécuta, ne réfléchissant pas une seconde.
« M-merci, » dit-il en lui rendant le téléphone.
« T'as intérêt à faire ça bien. »
Tourant des talons, elle sorti.
Qu'ai-je fait ?
C'était tellement contraire à son comportement, qu'elle se surprenais.
Ce qui vient de se passer est vraiment étrange.
Merci et Review pour la suite ? :) Ca me motive à poster xD
