Chapitre 4 : Les douces délices du destin
Je n'arrive pas à y croire. Quelle mouche m'a piquée ? Qu'est-ce qui m'a pris, exactement ? Pourquoi lui ai-je demandé de faire ce stupide travail avec moi ?
Je sais très bien ce qu'il va se passer – il ne va rien faire et je vais devoir tout faire toute seule. Il ne sera jamais disponible. Il essayait déjà de justifier ses absences !
Non.
Je sais ce que je vais faire.
Je vais aller le trouver, lui dire que tout cela était une erreur. Lui dire que je ne veux – que je ne peux – faire ce travail avec lui. Il devra trouver quelqu'un d'autre.
C'est avec ces pensées irritantes que Bella cherchait Edward dans la cafétéria.
Zieutant dans toute la salle pendant deux bonnes minutes, elle tomba enfin sur lui, installé au fond, à une table vide dans un coin. Dos à elle.
Pfft. Je peux remercier ma bonne mémoire visuelle.
« Je reviens, » lança-t-elle à Rosalie avant de rejoindre le brun.
Son amie acquiesça lentement avant de retrouver leurs amis à leur table habituelle – se situant à l'autre bout de la pièce.
C'est avec détermination qu'elle s'avançait vers lui. Plus elle se rapprochait, plus elle pouvait sentir une émotion étrange au fond d'elle, une émotion inhabituelle.
Encore ces impressions ?! Putain. Je suis maudite.
Bruyamment, elle déposa son plateau repas sur la table, faisant sursauter le solitaire. Elle le surplombait de sa taille, le regardant en haussant un sourcil, hautaine. Les yeux émeraudes du garçon s'encrèrent dans ses prunelles argent, et la douleur qu'elle aperçue déchira ses intentions en millions de petits morceaux.
Il est… malheureux ?
Et plus étonnant encore… ça me fait quelque chose ?
Un coup de poignard en plein cœur, était ce qu'elle ressentait.
Quel sentiment étrange.
« Pourquoi tu ne manges pas ? »
Son ton fût plus froid que voulu, mais elle ne s'en souciait cependant pas.
Edward regardait tristement la table vide devant lui, haussant simplement les épaules.
Non.
Non, non, non, non, non.
Je ne peux pas.
Effectivement. Elle était à présent physiquement incapable de lui dire qu'elle ne veut pas travailler avec lui.
A la place, d'autres mots inattendus sortirent de sa bouche.
« Tu as déjà réfléchis à un sujet ? » articula-t-elle finalement, l'indifférence feinte.
Comme si elle avait toujours voulu lui demander ça.
Derrière deux émeraudes, une once d'espoir.
« Je… » dit-il, la voix rauque.
Il se racla la gorge.
« Je pensais à faire à propos du Jazz. L'évolution du Jazz aux Etats-Unis. »
D'accord. Ca rentre dans les critères d'évaluation, sans aucun doute. Le thème est respecté. Nous devons effectuer un travail autour de la culture américaine, le jazz en faisait clairement partie.
En apprendre plus sur la culture Américaine ne l'intéressait pas, mais elle doit bien avouer être surprise.
« Tu aimes le jazz ? »
Il hocha doucement la tête.
« Si ça ne te plait pas, on peut faire sur le sujet que tu veux je… ce n'est rien. »
« Non. C'est parfait. On commence samedi 14 heures, chez moi. »
Sans attendre un mot de plus, elle tourna des talons et rejoignit ses amis.
Quelle poisse ! J'étais forcée de me le farcir samedi. J'espérais au moins qu'il arrêterait ses rougissements puérils et qu'il gagnera une paire de couilles.
Pourtant, malgré ses pensées sanglantes, elle faisait de son possible pour ne pas penser au point commun qui les liait – l'amour du jazz.
Soupirant, elle déposa encore une fois bruyamment son plateau repas sur la table avant de s'asseoir, à sa table cette fois.
« Tu faisais quoi ? » demanda gentiment Cholé.
Un soupir lui échappa tandis que ses yeux rencontrèrent le ciel.
« Je dois me le farcir pour un travail de groupe » dit-elle en pointant le brun à la capuche du menton. « Il me fait trop pitié, je n'ai pas su refuser. Charité tout ça. Il aurait raté sans moi. » s'indigna-t-elle, glaciale.
Elle voulu prendre (enfin) une bouchée de son repas tranquillement mais le regard meurtrier de sa meilleure amie l'en empêcha.
« Quoi ?! » s'exclama-t-elle.
« T'es sérieuse ? »
Un haussement de sourcil et un geste de la main lui demandait de développer.
« Tu es sérieusement en train de dire qu'il t'a eu par pitié ? Charité ? Tu ne peux donc pas avoir une once de gentillesse en toi ? Faire quelque chose de bien parce que c'est la meilleure chose à faire ?! »
« Quoi ? Mais je n'y crois pas ! Pourquoi je me mettrais de moi-même en groupe avec quelqu'un pour faire un stupide travail ? »
« Ce n'est pas ça le problème ! » s'énerva-t-elle.
« C'est quoi alors ? »
« Le problème, c'est que tu es égoïste et tu ne penses qu'à ton petit travail, tes petites notes, ta petite personne. Mais tu es juste odieuse, tu… »
« Tu rigoles ! » s'apostropha-t-elle à son tour. « J'ai accepté de faire ce travail avec lui ! »
« Oui ! Mais pas pour la bonne raison ! Et puis, tu le connais ? Tu sais pourquoi il aurait raté ? »
« Tu le sais toi, peut-être ?! »
« Oui ! Je fais attention aux autres, contrairement à une certaine personne ! »
Soudainement, Rosalie prit son plateau repas et se leva de sa chaise. Elle alla rejoindre le garçon à la capuche quelques tables plus loin, s'installant même à ses côtés.
Bella pensait que Rosalie ne racontait que des conneries. Evidemment, elle n'est pas nombriliste, elle fait attention à son environnement et jamais de la vie elle ne l'a vue s'installer avec lui pour déjeuner. Ou même lui parler.
Tournant la tête vers sa table, elle vit la surprise se dessiner sur les visages de ses amis. Elle jurerait que quelques-uns avaient leur bouche ouverte.
« Quoi ? » souffla-t-elle.
« C'était chaud, » s'exclama Jessica.
« C'est quoi votre problème ? » s'indigna une dernière fois Bella, avant de commencer enfin son repas.
Désolé ! C'était un petit chapitre et j'ai mis du temps avant de poster. Merci pour les reviews, je vais essayer d'être un peu plus rapide la prochaine fois :)
Qu'en pensez vous pour l'instant ?
A bientôt !
